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Tunisie : Des scénarios climatiques alarmants avant 2050, avertit le ministère de l’Agriculture

08. Dezember 2025 um 14:21

A l’occasion de la « Semaine du Plan national d’adaptation », le ministère de l’Agriculture a révélé de nouvelles données climatiques particulièrement préoccupantes pour l’avenir du pays.

Mohamed Chamseddine Harrabi, président de la commission sectorielle des changements climatiques au ministère, a livré un diagnostic sévère : sans accélération des mesures d’adaptation, la Tunisie pourrait faire face, avant 2050, à des bouleversements majeurs affectant l’agriculture, les ressources hydriques et la sécurité alimentaire, a-t-il dit dans une déclaration accordée à Mosaique fm.

Des projections thermiques et hydriques inquiétantes

Selon Harrabi, les modèles climatiques internationaux prévoient pour la Tunisie une hausse des températures d’environ 2°C à l’horizon 2050, soit plusieurs décennies avant l’augmentation globale attendue en 2100.

Cette accélération locale du réchauffement serait accompagnée d’une diminution marquée des précipitations, estimée entre -14 et -22 mm, impactant directement les zones irriguées et les principales filières stratégiques, notamment les céréales et l’oléiculture.

Le responsable alerte également sur la montée du niveau marin, qui pourrait menacer près de 50% des ressources hydriques côtières, accentuant la salinisation, la pression sur les nappes phréatiques et la vulnérabilité des terres agricoles situées près du littoral.

Cinq années d’études pour bâtir un plan national d’adaptation

Depuis 2020, le ministère travaille sur une série d’études scientifiques destinées à mesurer l’impact du changement climatique sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Les premiers résultats, jugés « alarmants », ont conduit à l’élaboration d’un Plan national d’adaptation financé par le Fonds vert pour le climat et mis en œuvre avec l’appui technique de la FAO.

Ce plan a déjà permis de renforcer la résilience des systèmes agricoles, de stimuler l’investissement dans les filières vulnérables, et de soutenir les agriculteurs des zones rurales les plus exposées.

Un secteur agricole à la croisée des chemins

Pour Mekki Abderrahmane, responsable des terres et de l’eau au bureau sous-régional de la FAO à Tunis, cette semaine d’événements marque la clôture du projet dédié au développement de la stratégie d’adaptation.

Financé durant trois ans par le Fonds vert pour le climat, le programme débouche aujourd’hui sur une vision nationale renouvelée, harmonisée avec les contributions déterminées au niveau national (NDC) et les objectifs du Plan de développement 2026–2030.

Selon lui, cette stratégie permettra au ministère de bâtir une agriculture plus résiliente, capable d’absorber les chocs climatiques tout en maintenant un niveau acceptable de sécurité alimentaire.

Les experts réunis lors de la « Semaine du Plan national d’adaptation » ont souligné l’urgence de renforcer les infrastructures hydrauliques, de développer des techniques agricoles adaptées à la sécheresse, d’orienter davantage de financements vers les systèmes alimentaires, et d’améliorer la gouvernance du secteur.

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Tunisie : Les agriculteurs bientôt autorisés à utiliser des drones

04. Dezember 2025 um 07:27

Le Parlement a adopté aujourd’hui un article additionnel, le numéro 135 du projet de loi de finances 2026, autorisant les agriculteurs à importer et utiliser des drones destinés aux usages agricoles. Le texte, approuvé par 60 voix contre 29 et 14 abstentions, ouvre la voie à une modernisation progressive des pratiques agricoles en Tunisie.

Selon les discussions tenues en commission et en plénière, l’objectif de cette disposition est d’intégrer davantage les technologies de précision dans l’exploitation des terres, notamment pour la surveillance des parcelles, l’optimisation de l’irrigation et l’amélioration des opérations de traitement phytosanitaire. Plusieurs députés favorables ont souligné que la Tunisie accuse un retard notable dans l’adoption de ces outils alors qu’ils sont devenus courants dans de nombreux pays méditerranéens.

Un pas important ?

Les opposants au texte ont toutefois exprimé des réserves, évoquant l’absence d’un cadre réglementaire clair encadrant l’utilisation aérienne de ces appareils, le risque d’abus ou de détournement, ainsi que la nécessité de former les exploitants et de prévenir les incidents liés à un usage non maîtrisé. D’autres députés ont appelé à renforcer la coordination entre les ministères concernés, notamment l’Agriculture, les Transports et la Défense, pour éviter tout vide juridique.

L’adoption de ce dispositif marque une étape importante dans la transformation numérique du secteur agricole. Le gouvernement devra désormais préciser les modalités techniques, les conditions d’importation et les règles d’exploitation afin de garantir un déploiement sécurisé, utile et adapté aux réalités du monde rural.

Lire aussi : Tunisie : Le ministère de la Défense s’attaque à la menace croissante des drones

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Cheptel bovin en chute de 20% : l’agriculture tunisienne face à une alerte majeure

24. November 2025 um 15:03

Le ministre de l’Agriculture a confirmé, lors d’une plénière conjointe ARP-CRD, une baisse significative du cheptel bovin. Sécheresse, coûts des fourrages et pressions structurelles fragilisent l’ensemble de la filière, poussant l’État à activer de nouvelles mesures pour stabiliser le secteur.

Un diagnostic inquiétant dévoilé au Parlement

Devant les députés et les représentants des régions, Ezzedine Ben Cheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydriques et de la Pêche, a tiré la sonnette d’alarme : la Tunisie a perdu près de 20% de son cheptel bovin. Une contraction sévère, attribuée à la succession de saisons de sécheresse, à la pénurie d’eau et à la flambée mondiale des prix des fourrages.

Face à ce recul, le ministre a assuré que le département a enclenché une série de mesures destinées à rééquilibrer la filière et soutenir les petits éleveurs, décrits comme “le maillon le plus fragile” d’une chaîne soumise à de fortes tensions.

Des mesures pour sauver une filière sous pression

Pour répondre à la crise, plusieurs décisions structurantes sont mises en avant :

  • Création d’un Office national de fourrage pour mieux maîtriser les ressources hydriques destinées à l’élevage.
  • Fixation des prix des matières premières de fourrage importées, via le ministère du Commerce, afin de réduire les coûts supportés par les éleveurs.
  • Renforcement de la santé animale et amélioration des dispositifs de protection du bétail.
  • Aucune rupture dans la distribution d’orge subventionné, a tenu à préciser Ben Cheikh, démentant toute perturbation sur ce segment sensible.

Le ministre a également rappelé que la crise climatique s’est doublée d’une pression économique, transformant l’accès à l’alimentation animale en fardeau pour de nombreux éleveurs.

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Kais Saïed dénonce la bureaucratie et promet zéro tolérance contre la spéculation agricole

07. November 2025 um 09:23

Le président de la République, Kais Saïed, a réaffirmé son engagement total en faveur du secteur agricole, dénonçant à la fois les manœuvres spéculatives d’intermédiaires et la lourdeur bureaucratique qui freine les producteurs. Deux réunions successives tenues jeudi au palais de Carthage ont permis au chef de l’État de dresser un constat sévère sur la situation du secteur et d’appeler à des mesures immédiates pour protéger les agriculteurs tunisiens.

Appel à lever les obstacles et à simplifier les démarches

Lors d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur Khaled Nouri et la ministre des Finances Mechket Slama Khaldi, Kais Saïed a déploré la persistance de procédures administratives jugées obsolètes et contraignantes pour les agriculteurs. Il a notamment cité l’obligation de présenter des documents datés de plus de dix ans ou de s’acquitter de taxes jugées injustifiées.

Le président a insisté sur la nécessité de simplifier en urgence les démarches liées au transport, à la commercialisation et au stockage des produits agricoles, estimant que ces lourdeurs constituent un frein majeur à la productivité et à la compétitivité du secteur.

Des pratiques spéculatives « inacceptables »

Dans un autre entretien, tenu avec le secrétaire d’État chargé des eaux Hamadi Hbeib, le directeur général de l’Office national de l’huile (ONH) Moez Ben Amor, et le directeur général par intérim du Groupement interprofessionnel des dattes et des fruits Helmi Kalaï, le président Saïed a fustigé la baisse « délibérée » des prix d’achat des dattes imposée par certains intermédiaires.

Cette manipulation, selon lui, a conduit de nombreux producteurs à renoncer à leur récolte, notamment dans les régions de Jemna et de Blida. Il a précisé que ces pratiques ne concernent pas uniquement la filière dattière, mais s’étendent à d’autres productions telles que l’huile d’olive, les agrumes et divers fruits, mettant en péril la stabilité du secteur agricole national.

« Zéro tolérance » contre les lobbies et les fauteurs de troubles

Le chef de l’État a dénoncé les agissements de réseaux d’intérêts cherchant à semer la discorde et à manipuler les marchés agricoles. Il a promis une tolérance zéro face à ces pratiques spéculatives et de monopole, assurant que l’État mobilisera tous les moyens nécessaires pour protéger les producteurs et garantir la transparence du marché.

Kais Saïed a également pointé du doigt des « forces rétrogrades » tentant d’éroder la confiance entre les citoyens et l’administration en diffusant de fausses informations et en prétendant agir selon les instructions des autorités. « Ce n’est qu’un leurre », a-t-il martelé, rappelant que la politique de l’État consiste à accompagner les petits agriculteurs dans toutes les étapes – de la production à la vente.

Enfin, le président a exhorté les responsables administratifs à assumer pleinement leurs devoirs, appelant ceux qui ont failli à leurs obligations à se rétracter, tout en saluant « les jeunes patriotes prêts à poursuivre la bataille de libération nationale ».

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Tunisie-Italie : Lancement du projet TANIT pour valoriser les eaux usées traitées

04. November 2025 um 09:59

La Tunisie et l’Italie ont lancé officiellement, lundi, le projet TANIT, une initiative stratégique dédiée à la valorisation des eaux usées traitées. Inscrit dans le cadre du programme italien « Mattei pour l’Afrique », ce projet vise à renforcer la résilience hydrique et agricole du pays tout en soutenant la transition vers une économie plus durable.

Pour une gestion durable de l’eau

La cérémonie de lancement s’est tenue à Tunis, en présence du Secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques, Hamadi Habaieb, et d’une délégation italienne de haut niveau représentant l’ambassade d’Italie, l’Agence italienne pour la coopération au développement, le Fonds des dépôts et consignations italien et l’Institut agronomique méditerranéen de Bari.

Le projet TANIT s’articule autour de trois axes principaux :

  • Le traitement et la réutilisation des eaux usées à des fins agricoles.
  • Le soutien à la recherche et à l’innovation dans le domaine de la gestion hydrique.
  • La formation des acteurs agricoles pour une utilisation efficiente des ressources.

Un champ d’action national étendu

Selon Hamadi Habaieb, cette coopération « revêt une importance stratégique dans un contexte de stress hydrique croissant ». Le responsable a souligné que le projet permettra de mieux valoriser les ressources non conventionnelles et de soutenir les efforts nationaux pour une agriculture durable et résiliente.

Le projet concernera plusieurs stations d’épuration situées à El Attar, Melliane, Sfax, Enfidha et Agareb. Les eaux traitées du Grand Tunis seront réutilisées pour l’irrigation agricole sur une superficie totale de 11.500 hectares, répartie entre les gouvernorats de Tunis, Zaghouan, Sousse et Sfax. Les exploitations concernées se trouvent notamment dans les domaines publics agricoles de Bouargoub, Borj El Amri, El Khair, Semenja, Enfidha et Chaâl.

De son côté, la délégation italienne a réaffirmé l’engagement de Rome à accompagner la Tunisie dans ses projets de développement durable, tout en annonçant le renforcement du programme de coopération bilatérale 2025–2027. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de maintenir une coordination technique étroite pour assurer la réussite du projet TANIT.

Eau, agriculture et formation au cœur des échanges

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du partenariat stratégique entre Tunis et Rome, renforcé par la visite de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni à Tunis le 31 juillet 2025, où elle avait été reçue par le président Kaïs Saïed.

Cette visite visait à accélérer la mise en œuvre du Plan Mattei pour l’Afrique, tout en approfondissant la coopération dans les domaines migratoire, énergétique et agricole.

Les échanges entre les deux gouvernements ont notamment porté sur le projet TANIT et sur la création prochaine d’un centre régional de formation agricole, deux actions phares de la coopération tuniso-italienne. Ces initiatives traduisent la volonté commune d’inscrire le développement dans une approche durable et inclusive, centrée sur la sécurité hydrique et alimentaire.

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Agriculture : À La Manouba, l’intelligence artificielle pour préserver l’eau

26. September 2025 um 13:08

Une ferme de la région de Hanna, dans la délégation de El-Jedida (gouvernorat de Manouba), a accueilli le lancement officiel du projet pilote « Préservation de l’eau » basé sur l’intelligence artificielle, les systèmes d’information géographique et la télédétection. Ce programme s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale PRIMA, dédiée aux pays euro-méditerranéens, avec un financement annuel de 45 000 euros, sur un budget global de 2,6 millions d’euros alloué aux différents pays partenaires.

Le projet, initié et dirigé par la chercheuse universitaire Salwa Saidi, vise à comparer l’application de méthodes innovantes de suivi et d’analyse des ressources hydriques dans deux zones pilotes : Manouba au nord et Gabès au sud. L’objectif est d’évaluer l’impact des changements climatiques entre ces deux régions contrastées et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales.

Concrètement, l’expérimentation repose sur l’installation d’équipements de pointe dans des puits artésiens afin de mesurer en temps réel plusieurs paramètres de l’eau, notamment la salinité. Ces données, traitées à l’aide de l’intelligence artificielle et des systèmes d’information géographique, seront mises à la disposition des agriculteurs pour améliorer la gestion de l’irrigation et réduire les effets négatifs sur les sols et la production agricole.

Un projet au service des agriculteurs

L’expérience, soutenue par le ministère de l’Agriculture, l’administration générale des eaux et l’Université de Tunis El Manar, devrait être élargie à un plus grand nombre d’exploitants agricoles. Elle concerne en particulier des zones où les rendements de l’eau d’irrigation sont en baisse, où la salinité progresse et où les sols argileux (souvent engorgés) compliquent la production.

Pour Jamel Jaouadi, expert en pédologie et membre de l’équipe technique à la délégation régionale de développement agricole de Manouba, ce projet s’inscrit dans une stratégie de lutte contre la salinisation, la baisse des précipitations et le risque accru d’inondations. Il souligne également la dimension collaborative et scientifique de l’initiative, qui mobilise chercheurs, institutions publiques et partenaires socio-économiques pour renforcer la résilience de l’agriculture et contribuer à la sécurité alimentaire.

Lire aussi : La Tunisie prépare son « Sommet méditerranéen de l’intelligence artificielle »

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