Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 21. März 2026Haupt-Feeds

«Où va aujourd’hui la poésie?»

21. März 2026 um 18:30

Ce samedi 21 mars 2026, à Vérone (Italie), l’Académie mondiale de poésie célèbre la Journée mondiale de poésie proclamée par l’Unesco, lors de sa 30e Conférence générale qui s’était tenue en 1999 à Paris. Le thème général choisi cette année pour cette célébration qui coïncide avec la commémoration du 25e anniversaire de la fondation de l’Académie, est «Où va aujourd’hui la poésie?» pour un échange entre des poètes, membres correspondants de l’Académie, en provenance de 10 pays. Nous reproduisons ci-dessous un résumé de l’intervention du Chancelier fondateur de l’Académie, le Prof. Mohamed Nadir Aziza connu sous son pseudonyme littéraire, Shams Nadir.

Mohamed Nadir Aziza

Chers amis, Nous voici, aujourd’hui, réunis à la veille de la commémoration du 25e anniversaire de l’Académie mondiale de Poésie pour essayer de répondre à une difficile question :«Que peut la poésie, aujourd’hui, au seuil de ce siècle brutalisé et de ce présent bousculé par la perte du sens, la montée des violences et des inégalités, l’uniformisation des comportements et des modes de vie, quand ce n’est pas par la stridence des bombes, des missiles et des drones qui détruisent bâtiments et habitants et étranglent le chant des oiseaux ?».

Deux Prix Nobel de littérature s’étaient déjà posé la question : Eugenio Montale se demandait : «La poésie est-elle encore possible ?» A quoi Jean-Marie Gustave Le Clézio répondait : «Le flot de la poésie continuera de couler ?»

Il est vrai que, malgré les épreuves, la poésie demeure, cette «animatrice du songe des vivants et cette gardienne de l’héritage des morts» comme la définissait Saint John Perse. Aux mots qui se sclérosent dans la vie quotidienne, la poésie répond en venant les tirer de leur assoupissement et de leur torpeur.

Dans son célèbre discours prononcé à Stockholm, lors de la remise du Prix Nobel de littérature, le grand écrivain, Albert Camus dont il est difficile de distinguer la poésie de la prose dans son écriture cristalline, disait : «Chaque génération se croit vouée à refaire le monde ; la mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande : elle consiste à empêcher que le monde se défasse.»

Quel rôle pour nous, les poètes, dans ce monde où le radeau de l’humanité tangue et où chancelle l’espérance ?

Comment clore l’histoire tribale des hommes marquée par les luttes entre les nations et les communautés ethniques ou religieuses ? Comment reprendre le fil d’Ariane pour nous aider à retrouver la sortie du Labyrinthe ? Comment réapprendre à jouer de la lyre d’Orphée pour redonner vie à notre terre meurtrie, empoisonnée par les pollutions de diverses natures et délivrer Eurydice des Enfers.

Pour essayer de peindre, avec les couleurs de l’arc-en-ciel, les murs gris de notre monde blême, mettons-nous à l’écoute de la leçon que nous prodigue un grand poète : le colibri des légendes amérindiennes, le plus petit oiseau du monde.

Un jour, disent ces légendes, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés observaient impuissants le désastre. Seul, le petit colibri s’activait, allant chercher inlassablement quelques gouttes d’eau avec son bec pour les répandre sur le feu.

Agacé par cette agitation qui lui semblait dérisoire, le tatou sort de sa carapace et interpelle le petit oiseau : «Colibri, tu n’es pas fou. Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre pareil feu !». Le colibri lui répondit : «Je le sais, mais je fais ma part».

A l’instar de ce sage des forêts, sur les débris de la violence déchaînée par la déraison qui nous encercle, sachons retrouver le geste ample du semeur pour parsemer de graines, de fleurs multicolores la terre, sève nourricière, afin de faire refleurir le printemps.

L’article «Où va aujourd’hui la poésie?» est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌