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Jospeh M.  Sammut: « La clé, c’est l’éducation et le tri à la source pour permettre le recyclage »

26. September 2026 um 12:22

« Agir pour une Méditerranée sans plastique » : tel est le thème de la 9ᵉ édition du Forum mondial de la Mer, qui s’est tenue les 24 et 25 septembre 2026 à Bizerte. Ce rendez-vous majeur a rassemblé décideurs, experts, entrepreneurs et acteurs de la société civile autour d’un constat commun : la pollution plastique constitue un enjeu de santé publique, de justice environnementale et de régénération pour l’avenir. 

L’ Ambassadeur de la République de Malte en Tunisie Dr Jospeh M.  Sammut,  souligne dans une déclaration exclusive à l’Economiste Maghrébin que “ Le plastique est un mal nécessaire, la clé est l’éducation et le tri à la source” .

Il part du constat que la politique vise à instaurer une utilisation circulaire des produits et à éliminer autant que possible les plastiques à usage unique. Malheureusement, le plastique reste un « mal nécessaire » : le supprimer totalement perturberait l’économie, car il est un composant présent dans de nombreux produits et contribue à maintenir les coûts bas. Il s’agit donc d’un mal avec lequel nous devons composer.

L’essentiel réside dans l’éducation. “Nous menons des campagnes pour apprendre aux citoyens, autant que possible, à séparer leurs déchets ménagers en différentes catégories, afin que chaque matériau puisse être traité et recyclé dans la mesure du possible. Notre politique consiste donc à éduquer la population et à réutiliser le plastique autant que faire se peut”, a-t-il expliqué. 

Reste à savoir si cette démarche est-elle suffisante ? Quelle conclusion en tirer ? À ces interrogations, il a répondu qu à  Malte, « nous avons entamé ce projet dès les années 1970. Ce n’est pas une initiative récente. Nous avons commencé par sensibiliser les gens à ne pas jeter leurs déchets dans l’espace public, et nous en sommes aujourd’hui au stade du tri sélectif, organisé de manière très rigoureuse, afin de réduire au maximum les impacts sur l’environnement. »

S’agissant de la coopération avec la Tunisie, notamment dans le domaine environnemental, il estime qu’il s’agit « avant tout de politiques internes ». S’il existe des cadres de discussion et des organisations internationales, la mise en œuvre et le respect des règles relèvent, selon lui, de la responsabilité de chaque État.

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Commerce numérique : la Tunisie bénéficiaire du nouveau programme de subventions de l’UpM

26. September 2026 um 11:51

L’Union pour la Méditerranée (UpM) a octroyé des subventions dépassant un million d’euros à quatre projets de son troisième programme dédié au commerce numérique inclusif, la Tunisie figurant parmi les pays bénéficiaires de trois des quatre initiatives sélectionnées.

Financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), ce programme vise à renforcer les compétences numériques et managériales, à améliorer l’accès aux marchés en ligne et à favoriser l’inclusion économique, notamment des femmes entrepreneures, dans les pays du sud de la Méditerranée.

Parmi les quatre projets retenus, la Tunisie est directement concernée par :

  • We-train, porté par la Fondation René Moawad, qui accompagne les femmes entrepreneures tunisiennes (aux côtés de l’Algérie, de l’Égypte, du Liban et de la Palestine) via formation, mentorat et mise en réseau.
  • E-Fair, mené par COSPE, qui promeut le commerce équitable et l’économie sociale et solidaire en Tunisie et dans plusieurs autres pays de la région.

Un quatrième projet, mené par l’Université polytechnique de Palestine, et un cinquième (Export Ease Hub) se concentrent spécifiquement sur les femmes entrepreneures palestiniennes.

Meltem Büyükkarakaş, secrétaire générale adjointe de l’UpM, a souligné que ces subventions permettent de traduire les priorités régionales en actions concrètes, en dotant les femmes entrepreneures, les PME et les coopératives y compris en Tunisie,  des outils nécessaires pour accéder à de nouveaux marchés et créer des emplois.

Les lauréats ont été annoncés lors de la 3ᵉ réunion annuelle des acteurs du développement de l’UpM, tenue à Barcelone, confirmant le rôle de la Tunisie comme partenaire clé dans la construction d’un écosystème numérique régional plus inclusif et compétitif.

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Forum mondial de la Mer 2026 : diagnostics, leviers et appels à l’action

26. September 2026 um 10:27

« Agir pour une Méditerranée sans plastique ». Tel est le thème de la 9ᵉ édition du Forum mondial de la Mer, tenue les 24 et 25 septembre 2026 à Bizerte. Ce rendez-vous incontournable a réuni décideurs, experts, entrepreneurs et acteurs de la société civile autour d’un constat partagé : la pollution plastique est un enjeu de santé publique, de justice environnementale et de régénération future.

Lors du panel « Diagnostic et prospective-Horizon 2030 », les intervenants ont rappelé l’importance de l’enjeu environnemental. Bien qu’elle représente moins de 1% des eaux marines mondiales, la Méditerranée concentre environ 7% des microplastiques de la planète, avec des pics dépassant 1,25 million de fragments par km². Chaque année, entre 150 000 et 500 000 tonnes de macro-déchets plastiques et entre 70 000 et 130 000 tonnes de microplastiques rejoignent les mers européennes, la grande majorité finissant en Méditerranée.

Elyes Guesmi (WWF) a illustré ces chiffres par des données de terrain issues du programme « Adopt a Beach » : sur une simple placette de 100 m x 10 m, plus de 90 000 fragments de plastique, 23 000 bouchons, 17 000 pailles et plus de 70 000 mégots ont été recensés depuis 2021. Ces déchets, une fois fragmentés, contaminent la chaîne alimentaire, menacent plus de 130 espèces marines et affectent directement les secteurs du tourisme et de la pêche, avec des pertes estimées à plusieurs centaines de millions d’euros par an.

Plastique et climat : une seule et même crise

Luna Merino (Ocean & Climate Platform) a insisté sur le lien étroit entre la pollution du plastique et le changement climatique. Le plastique, issu de l’extraction et de la transformation du pétrole, émet des gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie : production, transport, usage, recyclage, incinération ou mise en décharge. Aujourd’hui, il contribuerait à environ 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ; selon l’OCDE, ce chiffre pourrait atteindre 15% d’ici 2050 dans un scénario  » business as usual ».

Elle estime comme suit:  » Il ne faut pas voir la crise du climat et la crise du plastique comme deux crises totalement distinctes. Il faut les traiter de façon simultanée, identifier les synergies en termes d’action et de politique publique ». Tout en appelant à un traité international contraignant avec des objectifs ambitieux de réduction à la source, en cohérence avec l’Accord de Paris.

Gouvernance, droit et limites de l’action nationale

Interrogée sur la transposition des engagements internationaux en Tunisie, Leïla Chikhaoui, professeure émérite en droit public et ancienne ministre de l’Environnement, a reconnu les difficultés d’application des textes. Un décret interdisant certains plastiques à usage unique a été adopté, mais son contrôle reste limité et le texte est en cours de révision. « Le but n’est pas d’interdire tous les plastiques, mais de trouver des alternatives et de repenser les chaînes de valeur économiques », a-t-elle souligné, rappelant que la pollution plastique « n’a aucune frontière et traverse les terres pour nous empoisonner ».

Antoine Lafitte  Acting Director at (Plan Bleu) a complété ce tableau par une prospective à 2050 : sans transformation radicale des systèmes de production et de consommation, la situation ne fera qu’empirer. Il a appelé à renforcer la gouvernance à tous les niveaux, à mettre en œuvre concrètement les cadres réglementaires existants et à poursuivre le travail scientifique pour mieux caractériser l’évolution du phénomène.

Innovation, coalitions et « carré magique »

Patricia Ricard, présidente de l’Institut océanographique Paul Ricard, a partagé les « succès stories » de son institution et insisté sur la nécessité de coalitions pluridisciplinaires pour répondre à la complexité des pollutions.  » Aucune entreprise n’arrivera seule », a-t-elle averti, appelant à miser sur l’innovation ainsi qu’à construire des alliances sectorielles incluant connaissances, ingénierie, sciences du vivant, sciences humaines et sociales, et données numériques.

Elle a proposé un  « carré magique » structurant tout projet disruptif autour de quatre piliers : la connaissance, le modèle économique et la création de valeur, la société civile (ONG, médias, syndicats) pour l’acceptation sociale et la diffusion, et enfin les institutions et territoires pour la gouvernance et la réglementation.  » Quand on arrive à faire une coalition avec ces quatre piliers, on active rapidement une dynamique financière importante, en partenariat public-privé et philanthropique », a-t-elle expliqué, en rappelant que les Objectifs de développement durable (ODD) offrent un cadre commun pour « jouer ensemble » la durabilité.

Un appel à la responsabilité collective

En clôture des débats, Pascal Lamy a souligné que  la lutte contre la pollution plastique est  » le sujet numéro un pour la Méditerranée  et qu’elle renvoie à une question de société :  » Qu’est-ce qu’on veut faire de ces espaces marins ? C’est un problème de santé global, un problème de justice, de régénération future. Préservons notre belle  Méditerranée pour nos communautés actuelles et futures « , a-t-il lancé.

Le fil conducteur du forum est clair : les cadres internationaux (Convention de Barcelone, Plan d’action pour la Méditerranée, futur traité ONU sur le plastique) doivent se traduire par des actions locales concrètes, portées par les municipalités, les associations, les entreprises et les citoyens, des deux rives.

Comme l’a résumé Nadia Hai, déléguée interministérielle à la Méditerranée au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de France que la force du forum réside dans la diversité de ses participants : autorités, institutions, ONG, société civile et secteur économique, dont le tourisme. Cette pluralité traduit une ambition commune face à l’urgence de la pollution plastique en Méditerranée. Les intervenants appellent les États riverains à prioriser la réduction de la production de plastique, avant le recyclage et la gestion des usages. 

Toutes ces réflexions nous amènent à interroger l’impératif de  protéger la santé, de préserver la biodiversité et sauvegarder la Méditerranée.  Quels leviers actionner, à quel niveau, avec quelles sanctions ?  La réponse, ont-ils insisté,  passe par une gouvernance renforcée, une innovation ouverte, une justice environnementale assumée et une mobilisation sans précédent de la société civile et de la communauté scientifique.

 

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Méditerranée sans plastique : Pascal Lamy souligne l’importance des acteurs locaux des deux rives

26. September 2026 um 09:21

« La lutte contre la pollution plastique constitue la priorité numéro un pour la Méditerranée ». C’est ce qu’a affirmé Pascal Lamy, président du Forum de la Mer, lors de la 9ᵉ édition de l’événement qui s’est tenu les 24 et 25 septembre 2026 à Bizerte.

Interrogé en marge du forum par L’Économiste maghrébin, il a insisté sur l’urgence d’une traduction concrète et rapide des engagements régionaux sur le terrain.

« La lutte contre la pollution plastique, c’est le sujet numéro un pour la Méditerranée. Ce n’est pas le seul : il y a des problèmes de ressources halieutiques, de bruit, de pollution par les hydrocarbures, d’invasion par des espèces nouvelles. Mais le problème numéro un, c’est la pollution plastique », a-t-il déclaré.

Un cadre d’action existant, mais des résultats insuffisants

Selon Pascal Lamy, le pourtour méditerranéen dispose déjà d’instruments de coopération, notamment la Convention de Barcelone et le Plan d’action pour la Méditerranée. « La question est de savoir si ce cadre d’action commun, mis en place depuis longtemps, produit des résultats concrets sur le terrain. La réponse est : pas assez, et pas assez vite, par rapport à l’immensité de cette pollution plastique« , a-t-il constaté.

 

Pascal Lamy affirme que le pourtour méditerranéen dispose déjà d’instruments de coopération, notamment la Convention de Barcelone et le Plan d’action pour la Méditerranée.

 

Pour inverser la tendance, Pascal Lamy appelle à mobiliser le niveau local. « Il faut que tous ces instruments, au niveau global, au niveau de la Méditerranée, dans la coopération entre l’Union européenne, rive Nord, et les pays de la rive Sud, se traduisent par de l’action locale. Il faut faire davantage confiance aux acteurs locaux ».

À ses yeux, les acteurs locaux doivent avoir des responsabilités, un espace de coopération, un soutien financier et des outils, plateformes, systèmes de données, mécanismes de mobilisation. « Il n’y aura pas de solution à ce problème de pollution plastique si chacune et chacun d’entre nous ne prend pas sa part de la tâche », a-t-il ajouté.

Responsabilité citoyenne et rôle des collectivités

Interrogé sur la responsabilité commune, à commencer par le citoyen, et sur la nécessité de mécanismes et de campagnes de sensibilisation via les réseaux sociaux, la radio ou la télévision, Pascal Lamy a répondu : « Il faut aider les associations, les organisations de la société civile, les municipalités qui décident de mobiliser un certain nombre de leurs actions. Il faut aider ce niveau local à émerger et à exercer sa responsabilité ».

 

« Il est très compliqué de faire agir les États ensemble ; c’est moins compliqué de faire agir ensemble, au niveau local, des gens qui sont mobilisés sur une cause commune, quel que soit leur niveau de richesse, leur vie professionnelle ou personnelle ».

 

Fort de son expérience, notamment en tant que président de la mission Océan à Bruxelles, il observe qu’ »il est très compliqué de faire agir les États ensemble ; c’est moins compliqué de faire agir ensemble, au niveau local, des gens qui sont mobilisés sur une cause commune, quel que soit leur niveau de richesse, leur vie professionnelle ou personnelle. La coopération locale est plus prometteuse, et c’est là, je crois, qu’il faut donner la priorité ».

Recommandations issues du forum

Pascal Lamy a résumé les principales recommandations qui peuvent émerger de ces deux journées : « Que tout ce qui est conçu au niveau global, au niveau européen, au niveau du pourtour méditerranéen, trouve une traduction locale, pour que les gens exercent la responsabilité qui est la leur et sans laquelle on n’arrivera jamais à régler ce problème de pollution plastique ».

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