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OCDE – PISA 2025 : la lecture décroche en France et dans le monde

09. September 2026 um 16:39

Les performances en lecture des élèves de 15 ans connaissent un net recul dans la plupart des pays de l’OCDE. En France, le score tombe à 456 points, contre 474 en 2022, confirmant une dégradation qui touche également les mathématiques. L’essor des écrans, les difficultés de concentration et les nouveaux usages de l’intelligence artificielle alimentent les interrogations.

Publié le 8 septembre 2026, le rapport PISA 2025 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) constitue l’une des évaluations internationales les plus larges jamais réalisées. Quelque 760 000 élèves de 15 ans, répartis dans 91 pays et économies, ont participé à cette édition.

Le constat est particulièrement sévère en matière de lecture. La moyenne des pays de l’OCDE atteint 466 points en 2025, contre 482 en 2022. Depuis 2015, le recul atteint 28 points, soit l’équivalent d’environ un an et demi d’apprentissage.

Selon l’OCDE, environ trois pays ou économies sur quatre disposant de données comparables ont enregistré une baisse significative des performances en lecture entre 2018 et 2025.

 

Lire aussi :PISA 2025 : l’Asie confirme sa domination, le Maroc à la peine et un Maghreb largement absent

 

Cette dégradation ne se limite d’ailleurs pas à la lecture. Les performances moyennes en mathématiques ont également fortement diminué, tandis que les résultats en sciences se sont davantage stabilisés sur la période récente. L’OCDE estime désormais qu’environ un élève de 15 ans sur cinq est en difficulté dans chacune des trois disciplines évaluées.

La France passe sous la moyenne de l’OCDE

La France n’échappe pas à cette tendance. Les élèves français obtiennent en 2025 un score de 456 points en compréhension de l’écrit, contre 474 points en 2022. Ce résultat place la France sous la moyenne de l’OCDE et parmi les niveaux les plus faibles jamais enregistrés par le pays dans l’enquête PISA.

Le recul français ne concerne pas uniquement la lecture. L’OCDE relève également une baisse des performances en mathématiques, tandis que le niveau en sciences reste globalement comparable à celui de 2022. Dans l’ensemble, les résultats français de 2025 figurent parmi les plus faibles mesurés par PISA.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant que les inégalités sociales continuent de peser fortement sur les performances scolaires. L’OCDE souligne que l’origine socioéconomique demeure un déterminant majeur des résultats des élèves.

La « lecture hâtive » gagne du terrain

Au-delà du recul des scores, l’enquête met en évidence une transformation des pratiques de lecture. Les adolescents sont de plus en plus exposés à des flux continus d’informations numériques, favorisant une consultation rapide des contenus plutôt qu’une lecture approfondie.

Cette évolution alimente les inquiétudes sur la capacité des jeunes à comprendre des textes complexes, à hiérarchiser l’information et à distinguer les sources fiables des contenus trompeurs.

L’OCDE relève notamment que moins de la moitié des élèves des pays membres déclarent vérifier systématiquement la crédibilité des sources d’information tout en privilégiant les données scientifiques par rapport au simple « bon sens ».

L’intelligence artificielle, nouvel enjeu scolaire

L’arrivée massive des outils d’intelligence artificielle ajoute une nouvelle dimension au problème. L’OCDE met en garde contre une utilisation de l’IA qui remplacerait l’effort personnel plutôt que de renforcer l’apprentissage.

Les élèves utilisant fréquemment l’IA pour certaines tâches scolaires, notamment résumer des textes, rédiger ou effectuer des recherches, obtiennent des résultats plus faibles en sciences que ceux qui ne l’utilisent pas dans ce cadre. L’écart peut atteindre 20 points, soit environ une année de scolarité.

L’organisation ne préconise toutefois pas de bannir la technologie. Elle estime au contraire que l’IA et les outils numériques peuvent contribuer à améliorer l’apprentissage lorsqu’ils sont utilisés de manière ciblée et sous l’encadrement des enseignants.

Un avertissement pour les systèmes éducatifs

Le rapport PISA 2025 dépasse ainsi la seule question du niveau scolaire. Il pose celle de la capacité des systèmes éducatifs à préserver l’attention, la compréhension et l’esprit critique à l’heure de la multiplication des écrans et des outils numériques.

Pour l’OCDE, le redressement passe notamment par un enseignement davantage centré sur les fondamentaux, un investissement dans les enseignants, un accompagnement ciblé des élèves en difficulté et une implication accrue des familles.

Le recul de la lecture apparaît dès lors comme l’un des signaux les plus préoccupants de cette nouvelle édition de PISA : derrière une baisse statistique des scores se dessine une question plus profonde sur la capacité des jeunes générations à lire, comprendre, vérifier et penser dans un environnement saturé d’informations.

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Digitalisation de la gestion des établissements éducatifs : entre bugs répétitifs et rejet, «Vie scolaire» dans la tourmente

Von: tmps
09. September 2026 um 09:30

À la veille de la rentrée scolaire, un nouveau bras de fer tendu se profile à l’horizon entre le ministère del’Éducation et la Fédération générale de l’enseignement secondaire. Au cœur de cette vive controverse : l’adoption de la nouvelle plateforme numérique «Vie scolaire», destinée à numériser la gestion administrative et pédagogique des établissements. La fédération syndicale relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a lancé un appel au boycott total de ce nouvel outil numérique, dénonçant «une démarche précipitée, une improvisation dangereuse et une infrastructure technique défaillante».

Cette position intervient au lendemain de l’appel lancé par le ministère de l’Éducation à l’ensemble du corps enseignant et des cadres éducatifs à créer activement leurs comptes et à adhérer à la plateforme numérique «Vie scolaire». Selon le ministère detutelle, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la modernisation des services éducatifs, visant à rationaliser le travail administratif et à fluidifier les suivis pédagogiques.

Pour le corps enseignant et le cadre administratif, la plateforme permet notamment aux enseignants de consulter la liste des élèves répartis par classe, d’accéder à leur emploi du temps et d’assurer la saisie des absences. D’autres services, tels que la saisie directe des notes, devraient s’ajouter prochainement.

Dysfonctionnements, pannes et blocages

Indiquant de prime abord qu’il ne rejette en aucun cas la numérisation, le syndicat a cependant remis en question la pertinence d’imposer un système qui n’a pas achevé ses tests techniques, et dont la préparation demeure largement incomplète.

«Le ministère de l’Éducation persiste à pousser les établissements scolaires et le personnel administratif à adopter une nouvelle plateforme numérique, pour laquelle d’importants fonds ont été alloués sous prétexte de numérisation, de développement des services et de facilitation du travail administratif et pédagogique, alors que la réalité montre qu’elle n’est pas encore prête et qu’elle est toujours en phase d’expérimentation. Cela soulève de nombreuses questions quant à l’opportunité de l’imposer à ce moment précis et sur la capacité de cette plateforme à supporter la charge de la rentrée scolaire», a-t-il indiqué.

La fédération a également estimé que les conditions de réussite manquent cruellement sur le terrain. Les enseignants et le personnel administratif font face à des perturbations majeures dès les premières opérations : erreurs dans le suivi administratif, dysfonctionnements dans la distribution automatique des élèves et problèmes dans la répartition pédagogique.

Elle a fait remarquer dans ce cadre que la véritable numérisation exige une préparation rigoureuse, une stabilité technique et la mise à disposition de tous les moyens nécessaires.

«Comment peut-on demander au personnel administratif d’assurer une rentrée scolaire organisée et dans de bonnes conditions, pour ensuite le pousser à faire face à un système chargé de dysfonctionnements, de pannes et de blocages, comme si les établissements et le personnel administratif étaient tenus d’être un champ d’expérimentation ouvert pour tester un système qui ne remplit pas les conditions de préparation ?», s’est notamment  interrogée la fédération, notant que «l‘administration et le cadre éducatif ne sont pas responsables des lacunes techniques».

L’antécédent des «couacs» subis par les parents

Cette crispation syndicale trouve un écho profond chez les usagers du système éducatif, à commencer par les parents d’élèves. La crise actuelle rappelle en effet les cuisants revers subis lors des campagnes d’inscription en ligne précédentes. Dès le coup d’envoi des inscriptions en ligne pour la 1ère année de l’enseignement de base, la plateforme du ministère avait été le théâtre de multiples «couacs» techniques particulièrement pénalisants.

À l’époque, les familles s’étaient heurtées à des pannes répétées, à des lenteurs de connexion paralysantes et à des bogues d’affichage qui avaient transformé une démarche administrative censée être simple en un véritable parcours du combattant. De nombreuses zones rurales ou enclavées s’étaient retrouvées marginalisées, en raison d’un manque d’accès adéquat au réseau Internet et de l’incompatibilité de la plateforme avec les équipements modestes des foyers. Ces défaillances récurrentes n’ont fait qu’éroder la confiance des parents et des enseignants envers les promesses de numérisation du système éducatif.  

Au-delà de la critique purement technique, la Fédération générale de l’enseignement secondaire dresse un constat alarmant sur la réalité des établissements publics tunisiens. Le syndicat s’interroge avec amertume sur la hiérarchie des priorités ministérielles : comment imposer une plateforme numérique coûteuse et défaillante à des écoles qui souffrent d’un délabrement avéré de leurs infrastructures de base ?

Manque d’équipements informatiques de base, pénurie de ressources humaines, dégradation des locaux, hausse vertigineuse du coût des fournitures scolaires grevant le budget des familles… Autant de maux structurels qui, selon la partie syndicale, devraient primer sur la gestion numérisée des établissements scolaires. Imposer un outil virtuel dans un quotidien scolaire miné par le manque d’eau potable, de blocs sanitaires ou de matériel pédagogique élémentaire relève d’une déconnexion totale par rapport à la réalité du terrain, d’après la même source.  

Walid KHEFIFI

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