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Tabagisme – Amen Allah Messadi : « Le facteur temps joue contre nous »

26. Juni 2026 um 10:58

Les systèmes de santé africains ne peuvent plus se permettre d’ignorer les alternatives au tabac. C’est le message qu’Amen Allah Messadi, président de l’Association tunisienne de traitement des brûlures et des plaies (ATTBP), a adressé aux décideurs du continent : face aux fumeurs incapables de décrocher, la réduction des risques n’est plus une option — c’est une nécessité médicale et économique.

Dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin en marge du congrès Technovation Smoke-Free organisé à Rabat sous l’égide de Philip Morris International, tenu le 24 juin 2026, le spécialiste s’est exprimé sans détour : « Les systèmes de santé se doivent d’adopter cette option comme une alternative réaliste et accessible, tant pour le patient que pour les sociétés africaines, afin de limiter les dommages considérables engendrés par le tabac. »

Sur le plan clinique, le Dr Messadi tranche une confusion qu’il juge coûteuse : la nicotine crée la dépendance et agit sur les vaisseaux sanguins et le rythme cardiaque, mais c’est la combustion qu’il désigne sans ambiguïté comme « le problème le plus grave et le principal responsable » des pathologies létales, au premier rang desquelles le cancer broncho-pulmonaire.

Un cancer que l’Afrique n’a tout simplement pas les moyens de traiter à grande échelle. Le continent, rappelle-t-il, « ne dispose pas des capacités économiques et logistiques nécessaires pour supporter ces charges financières colossales » — des coûts qu’il qualifie d’« exorbitants et très lourds » pour des systèmes hospitaliers déjà saturés.

Sa prise de position n’est pas abstraite. Ancien chef du service de réanimation des grands brûlés, le Dr Messadi a été confronté de longue date à l’insuffisance respiratoire chronique d’origine tabagique. Plus récemment, ses travaux sur la cicatrisation des plaies complexes l’ont conduit à une autre certitude : le tabac sabote directement la guérison du pied diabétique, des ulcères veineux et artériels, et des escarres, en altérant la vascularisation et l’oxygénation des tissus.

La Tunisie dispose pourtant d’un arsenal de sevrage — gommes, patchs, acupuncture, consultations hospitalières gratuites. Le problème : leur adhésion reste, selon le médecin, « très faible » au regard de l’ampleur du phénomène. Laisser les fumeurs « s’enliser dans des trajectoires à haut risque » faute d’alternatives innovantes ne lui semble ni tenable ni éthiquement défendable.

Président de l’Association panafricaine des plaies et de la cicatrisation, le Dr Messadi avertit que « le facteur temps joue clairement contre nous » et classe la lutte antitabac parmi les « défis stratégiques urgents », bien au-delà du périmètre d’une seule spécialité. Il voit dans le congrès de Rabat « une plateforme essentielle de rapprochement scientifique et d’échange d’expériences entre médecins et décideurs en Afrique », et appelle à une formation médicale continue permettant d’ancrer la distinction combustion/nicotine dans les pratiques — « le véritable début de la solution », selon ses mots, pour transformer durablement la réalité sanitaire du continent.

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