Normale Ansicht

Nouveaux bureaux Fi2T et FTAV: ce qu’ils ont échangé avec le ministre du Tourisme

Fraichement élus, les deux nouveaux bureaux des fédérations professionnelles du Tourisme, Fi2T et FTAV, ont été reçus par le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya.

Premières rencontres officielles entre le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, et les deux bureaux récemment élus des deux fédérations professionnelles du tourisme, la Fi2T avec désormais à sa tête Walid Tritar, et la FTAV, présidée par Mohamed Ali Toumi.

Enjeux et constats avec la Fi2T

Avec la Fi2T tout d’abord, l’ordre du jour du 11 juin a porté sur l’examen des propositions des professionnels visant à diversifier l’offre nationale et à s’adapter aux mutations du marché touristique mondial.

Le ministre du Tourisme a souligné la nécessité d’une approche prospective, en pointant du doigt des lacunes à combler, notamment en matière de digitalisation, de réservation électronique et d’expériences touristiques. Il a également insisté sur l’impératif de moderniser le cadre législatif et réglementaire afin de débloquer les investissements et d’assainir le climat des affaires.

Les discussions ont également mis en évidence la nécessité d’exploiter les spécificités régionales via des circuits thématiques. L’objectif est de développer des segments à plus forte valeur ajoutée, à savoir le tourisme culturel, écologique, médical, sportif (dont le golf), d’aventure et alternatif.

De son côté, le président de la Fi2T a confirmé l’engagement de la fédération à travailler conjointement avec le ministère pour structurer ces différentes composantes.

Plan d’action et priorités

À l’issue de la séance, les deux parties ont convenu de se concentrer sur les cinq axes prioritaires suivants :

  • Planification : Élaboration d’un document de travail compilant les mesures concrètes pour le développement des différents modes de tourisme.

  • Cadre réglementaire : Révision en cours des textes régissant le tourisme alternatif, afin de lever les freins aux projets situés dans les zones rurales et forestières.

  • Infrastructures et animation : Soutien à la dynamisation des îles tunisiennes et développement des ports de plaisance pour enrichir le produit national.

  • Événementiel : Poursuite des préparatifs liés à l’événement « Tunis, capitale du tourisme arabe 2027 » pour optimiser la visibilité de la destination.

  • Offre touristique : Développement de nouveaux programmes d’animation basés sur des approches actualisées et conformes aux tendances internationales.

    Rencontre avec la FTAV

    Le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a reçu le lendemain 12 juin le nouveau bureau exécutif élargi de la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages et de Tourisme (FTAV), présidé par Mohamed Ali Toumi. La rencontre s’est déroulée en présence des cadres du ministère et du directeur général de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT).

    ministere-tourisme-tunisie

    Positionnement de la destination et qualité des services

    Le ministre a ouvert la séance en rappelant les récents indicateurs de la destination tunisienne, notamment sa désignation comme « Capitale du tourisme arabe pour 2027 » et son classement en tant que deuxième meilleure destination de courts séjours sur le marché suisse.

    ftav-tunisie-bureau

    Les membres du nouveau bureau de la FTAV: de droite à gauche: Manel Mehiri, Kamel Zahra, Khouloud Khairi, Aymen Fessi (président FRAV Cap Bon) et Zied Felfoul.

    Il a souligné que ces acquis imposent une révision à la hausse de la qualité de l’expérience touristique. L’orientation du ministère vise désormais à soutenir un tourisme haut de gamme, en améliorant l’accueil et l’animation pour cibler des marchés à forte valeur ajoutée, particulièrement dans la perspective des afflux attendus des pays arabes et du Golfe en 2027.

    Le président de la FTAV a, pour sa part, réitéré la disposition de la fédération à maintenir un travail participatif avec la tutelle afin de résoudre les blocages professionnels et d’améliorer la compétitivité du secteur.

    ghozzi-nadaa-ftav

    Walid Zidi (président FRAV Sfax) et Nadaa Ghozzi.

    Dossiers prioritaires et axes de travail

    La séance de travail a permis de passer en revue plusieurs dossiers opérationnels :

    • Digitalisation des procédures : Accord sur la nécessité de numériser les réservations et les paiements, avec le projet de création d’une plateforme électronique dédiée aux visas et à la déclaration préalable des excursions touristiques pour accélérer les démarches.

    • Tourisme intérieur : S’appuyant sur l’affluence enregistrée lors de la première édition du « Salon du marché du voyage tunisien » (les 7 et 8 mai 2026), les deux parties ont insisté sur l’importance de concevoir des offres tarifaires préférentielles pour les familles tunisiennes afin de maintenir l’activité tout au long de l’année et d’ancrer la culture de la réservation anticipée.

    • Transport touristique : Examen de l’état du parc roulant et des difficultés liées à son renouvellement, en mettant l’accent sur les avantages fiscaux nécessaires pour adapter la flotte de transport aux besoins actuels.

    • Tourisme saharien et oasien : Identification des problèmes d’accès aux zones sahariennes et nécessité de renforcer le rôle des guides locaux pour améliorer l’encadrement des visiteurs.

    • Omra : Nécessité d’une meilleure coordination entre les différents intervenants pour garantir le bon déroulement de la saison du petit pèlerinage.

    • Circuits régionaux : Promotion des parcours touristiques intégrant les villages artisanaux pour valoriser le patrimoine local et assurer une meilleure répartition des revenus touristiques sur les différentes régions.

L’article Nouveaux bureaux Fi2T et FTAV: ce qu’ils ont échangé avec le ministre du Tourisme est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

Afflux de touristes suisses : la Tunisie face au défi de la qualité et de la durabilité

Von: tmps
15. Juni 2026 um 08:26

Le tourisme tunisien continue d’afficher des indicateurs encourageants. Les dernières données relatives au marché suisse révèlent un intérêt croissant pour la destination tunisienne, qui figure désormais parmi les choix privilégiés des voyageurs de Suisse romande pour leurs vacances estivales. Cette progression confirme une tendance observée depuis plusieurs années : la Tunisie retrouve progressivement sa place parmi les destinations méditerranéennes les plus attractives.

Cette évolution intervient dans un contexte particulièrement favorable pour le secteur touristique national. Après avoir franchi un cap historique en termes de fréquentation en 2025, le pays ambitionne désormais d’attirer un nombre encore plus important de visiteurs. Les réservations enregistrées sur plusieurs marchés européens laissent entrevoir une saison prometteuse. Mais derrière ces performances se cache une question essentielle : comment maintenir cette dynamique dans un environnement touristique mondial de plus en plus concurrentiel ? Car si les chiffres sont encourageants, les défis à relever demeurent nombreux.

Un regain d’intérêt qui confirme le retour de la destination tunisienne

Le marché suisse représente un indicateur intéressant pour mesurer l’attractivité d’une destination. Les touristes helvétiques sont généralement réputés pour leur exigence en matière de qualité de services, de sécurité et d’organisation. Le fait que la Tunisie gagne du terrain auprès de cette clientèle traduit une amélioration de son image et de son positionnement sur le marché touristique méditerranéen. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. La proximité géographique demeure un atout important. En quelques heures seulement, les voyageurs européens peuvent rejoindre les principales stations touristiques tunisiennes. À cela s’ajoute un climat favorable, particulièrement apprécié par les touristes à la recherche de soleil et de températures agréables.

La compétitivité des prix joue également un rôle majeur. Dans un contexte économique marqué par l’inflation et la hausse du coût de la vie dans plusieurs pays européens, de nombreux vacanciers recherchent des destinations offrant un bon rapport qualité-prix. La Tunisie bénéficie aussi d’une offre diversifiée qui ne se limite plus uniquement aux séjours balnéaires. Son patrimoine historique, ses paysages variés, sa gastronomie et son artisanat participent désormais à l’attractivité globale de la destination.

Une croissance qui ne doit pas masquer certaines fragilités

Malgré ces résultats encourageants, les spécialistes du secteur mettent en garde contre tout excès d’optimisme. Le tourisme demeure une activité particulièrement sensible aux fluctuations économiques, géopolitiques et climatiques. La concurrence internationale reste extrêmement forte. Les destinations méditerranéennes multiplient les investissements pour attirer les touristes européens. L’Espagne, la Grèce, la Turquie, le Maroc ou encore l’Égypte poursuivent leurs efforts de modernisation et de promotion.

Dans ce contexte, la Tunisie ne peut pas se contenter de ses acquis. Le maintien de sa compétitivité nécessitera des investissements continus dans les infrastructures, les services et l’innovation touristique. L’expérience du visiteur devient aujourd’hui un élément déterminant. Un touriste satisfait peut revenir plusieurs fois et recommander la destination à son entourage. À l’inverse, une mauvaise expérience peut rapidement se propager sur les réseaux sociaux et affecter l’image du pays.

L’amélioration des infrastructures, un chantier prioritaire

L’augmentation du nombre de visiteurs représente une opportunité économique importante, mais elle exerce également une pression croissante sur les infrastructures. Les aéroports, les réseaux routiers, les transports publics et certains équipements touristiques doivent être capables d’absorber l’afflux de voyageurs tout en maintenant un niveau de service satisfaisant.

La question de la propreté des espaces publics reste également un enjeu majeur. Plusieurs professionnels du secteur soulignent régulièrement l’importance de l’entretien des plages, des zones touristiques et des centres-villes pour renforcer l’image du pays. La qualité des infrastructures urbaines joue aujourd’hui un rôle aussi important que les prestations hôtelières elles-mêmes dans la perception globale d’une destination.

Le défi de la qualité de service

L’un des principaux défis pour le tourisme tunisien réside dans la montée en gamme de ses prestations. Les attentes des voyageurs évoluent rapidement. Les touristes ne recherchent plus seulement un hébergement confortable ou une belle plage. Ils souhaitent vivre une expérience complète, personnalisée et authentique. Cela implique une formation continue du personnel touristique, une amélioration de l’accueil et une attention particulière portée à la satisfaction du client. La digitalisation constitue également un enjeu important. Réservations en ligne, avis des voyageurs, applications mobiles et services numériques influencent désormais fortement les décisions des touristes. Les destinations qui réussissent sont souvent celles qui parviennent à associer qualité de service, innovation et authenticité.

L’un des défis les plus importants concerne sans doute la durabilité du modèle touristique. La Tunisie est confrontée à des problématiques environnementales de plus en plus marquées. Le stress hydrique, la pression sur les zones côtières et les effets du changement climatique obligent les acteurs du secteur à repenser certaines pratiques. L’augmentation du nombre de visiteurs entraîne mécaniquement une hausse de la consommation d’eau et d’énergie. Dans un pays où les ressources hydriques sont déjà limitées, cette question devient particulièrement sensible. Les professionnels du tourisme sont donc appelés à intégrer davantage de solutions durables dans leurs stratégies de développement : gestion responsable de l’eau, réduction des déchets, recours aux énergies renouvelables et protection des écosystèmes locaux. Le tourisme durable n’est plus seulement une préoccupation environnementale, il devient également un argument commercial auprès d’une clientèle européenne de plus en plus sensible à ces questions.

Diversifier l’offre pour réduire la dépendance à l’été

Un autre défi consiste à mieux répartir l’activité touristique tout au long de l’année. Malgré les progrès réalisés, le tourisme tunisien reste encore fortement concentré sur la saison estivale. Cette dépendance crée une forte pression durant quelques mois, puis une baisse significative de l’activité pendant le reste de l’année. Le développement du tourisme culturel, saharien, écologique, sportif ou encore du bien-être pourrait permettre d’attirer davantage de visiteurs hors saison. La richesse du patrimoine tunisien offre un potentiel considérable encore sous-exploité. Les sites archéologiques, les médinas, les oasis, les montagnes et les traditions locales peuvent contribuer à construire une offre touristique plus diversifiée et plus résiliente.

Transformer le succès actuel en réussite durable

Les performances enregistrées sur le marché suisse témoignent du regain d’attractivité de la destination tunisienne et confirment le potentiel du secteur touristique national. Toutefois, le véritable défi ne consiste pas uniquement à attirer davantage de visiteurs, mais à construire un modèle capable de préserver cette dynamique sur le long terme. L’amélioration des infrastructures, la montée en qualité des services, la protection de l’environnement et la diversification de l’offre touristique apparaissent aujourd’hui comme les principaux leviers pour consolider les acquis.

La Tunisie dispose d’atouts indéniables pour poursuivre son développement touristique. Mais dans un secteur où la concurrence est mondiale et où les attentes des voyageurs évoluent rapidement, seule une stratégie fondée sur la qualité, la durabilité et l’innovation permettra de transformer les bons résultats actuels en succès durable.

Leila SELMI

L’article Afflux de touristes suisses : la Tunisie face au défi de la qualité et de la durabilité est apparu en premier sur Le Temps News.

❌