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Chocolat sans cacao: une nouvelle disruption en marche sur le marché mondial

04. Juni 2026 um 18:19

 

 

Le cacao est une culture tropicale qui pousse dans plusieurs pays, mais il est aujourd’hui principalement produit en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire en est le premier producteur mondial, suivie du Ghana. Mais si un jour l’on parle de chocolat sans véritable cacao, cela pourrait profondément transformer toute la filière mondiale du chocolat.

En effet, une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’industrie du chocolat. Le groupe agroalimentaire Barry Callebaut a annoncé l’intégration de ChoViva, une alternative au chocolat sans cacao développée par la startup allemande Planet A Foods. Une évolution qui marque l’entrée de ces innovations dans une phase d’industrialisation à grande échelle, selon des informations rapportées par l’Agence Ecofin.

Une alternative au chocolat “sans fèves de cacao”

ChoViva se présente comme un substitut au chocolat traditionnel, capable d’en reproduire le goût et la texture sans utiliser de fèves de cacao. Le produit est élaboré à partir de graines de tournesol et de pépins de raisin fermentés et torréfiés, auxquels sont ajoutés sucre, lait et matières grasses.

Initialement développé dans un cadre de recherche par Planet A Foods, le produit a été progressivement testé sur le marché européen depuis le début des années 2020, avant d’être commercialisé à plus grande échelle dès 2024.

Une industrialisation portée par les grands groupes

L’entrée de Barry Callebaut dans la distribution de ChoViva constitue un tournant majeur pour cette technologie. Le groupe suisse, leader mondial de la transformation du cacao, ne se contente plus de suivre la filière traditionnelle, il s’implique désormais dans des alternatives susceptibles de réduire la dépendance aux fèves de cacao. Selon les informations de l’Agence Ecofin, ce partenariat marque le passage d’une innovation de niche à une solution intégrée dans les chaînes industrielles alimentaires mondiales.

Une tendance mondiale d’innovations alternatives…

ChoViva n’est pas un cas isolé. D’autres startups développent également des technologies visant à produire du chocolat sans cacao, que ce soit via la culture cellulaire, la fermentation ou des substitutions végétales. Certaines entreprises travaillent notamment sur du cacao cultivé en laboratoire ou sur des alternatives à base de légumineuses. Ces innovations restent encore en phase pilote ou précommerciale, mais elles traduisent une tendance de fond: la recherche de solutions pour diversifier les sources d’approvisionnement et réduire la dépendance à une filière jugée fragile.

Réalité/ les faits

Cette dynamique intervient dans un contexte difficile pour la filière cacao mondiale. Concentrée à plus de 70% en Afrique de l’Ouest, la production fait face à plusieurs contraintes. On peut citer: vieillissement des plantations, maladies, faible productivité et impacts du changement climatique. Ces tensions ont contribué à une forte volatilité des prix ces dernières années, avec un pic historique atteint fin 2024 sur les marchés internationaux. Même si les cours ont depuis reculé, les analystes estiment que le marché reste structurellement instable.

Si ces alternatives restent encore limitées en termes de volumes, leur montée en puissance pourrait à moyen terme modifier la structure de la demande mondiale de cacao, notamment dans les produits de grande consommation où la substitution est plus facile. Pour les pays producteurs, notamment en Afrique, cette évolution pose une double équation: risque de pression sur les volumes exportés, mais aussi opportunité de repositionnement vers des cacaos premium et mieux valorisés.

Selon les normes internationales du Codex Alimentarius, seuls les produits contenant une proportion minimale de cacao peuvent être commercialisés sous l’appellation “chocolat”, ce qui limite encore la substitution totale. À ce stade, le cacao demeure difficilement remplaçable dans les segments haut de gamme, où son profil aromatique reste central. Toutefois, l’entrée d’acteurs majeurs comme Barry Callebaut dans les alternatives sans cacao confirme une transformation progressive de l’industrie. 

 

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Tabagisme au Maghreb: un coût sanitaire et économique qui appelle une réponse coordonnée

04. Juni 2026 um 16:22

Le tabac tue, les lois existent et pourtant un enfant algérien de 12 ans peut acheter des cigarettes à l’unité devant son école. Ce paradoxe, révélateur d’un échec systémique qui dépasse les frontières, a été au cœur d’une réunion médicale réunissant des praticiens algériens, tunisiens et libyens à Tunis le 2 juin, à l’initiative de med.tn, plateforme de santé numérique et premier réseau professionnel médical en ligne en Tunisie.

De cette rencontre a émergé non seulement un diagnostic commun, mais l’ébauche d’une stratégie régionale coordonnée face à une épidémie que l’Organisation mondiale de la santé associe à plus de 30 maladies distinctes.Le constat de départ est brutal. Un quart des élèves algériens âgés de 11 à 19 ans fument déjà et la première cigarette est souvent allumée avant l’âge de 10 ans. À l’université, 9% des étudiants sont concernés, avec une surreprésentation masculine marquée, tandis que 26%  des travailleurs industriels et 18% des professionnels de santé sont eux-mêmes fumeurs. Ce dernier chiffre sapant d’emblée la crédibilité des messages préventifs, comme l’a souligné l’épidémiologiste algérienne Souad Bouaoud. Ces données sous-estiment encore la réalité: dans les 3 pays, la stigmatisation sociale du tabagisme féminin pousse de nombreuses femmes à ne pas déclarer leur consommation. En Libye, l’instabilité politique empêche toute collecte fiable, mais la situation y est vraisemblablement comparable à celle des pays voisins, selon le pneumologue Hssan Mosrati, qui pointe en outre l’éclatement des responsabilités comme facteur aggravant.

Selon le cardiologue tunisien Dhaker Lahidheb, lorsqu’un patient consulte un spécialiste, il est souvent déjà trop tard pour agir en amont. Si des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou les États scandinaves ont réussi à réduire l’impact du tabac grâce à des politiques volontaristes, les experts estiment que le Maghreb doit développer des solutions adaptées à ses propres réalités sociales, économiques et culturelles.

Les non-fumeurs, victimes silencieuses

L’exposition involontaire ajoute une dimension supplémentaire à l’urgence. Une personne partageant l’espace d’un fumeur inhale l’équivalent de quatre à cinq cigarettes sur un paquet entier ; une séance de chicha correspond à la consommation de dix à quinze cigarettes. Dans de nombreux foyers maghrébins, on fume en présence d’enfants sans que cela suscite de réaction sociale, exposant femmes et mineurs à des substances auxquelles ils n’ont jamais consenti. Les interdictions légales dans les lieux publics existent, mais restent inappliquées faute de mécanismes de contrôle et de sanction effectifs, déplore Bilkhir.

Fiscalité et droit: deux chantiers paralysés

La fiscalité constitue l’un des leviers les plus puissants et les plus mal utilisés. Les écarts de prix entre pays voisins alimentent un trafic transfrontalier qui annule les effets des hausses tarifaires nationales. “Si on augmente les prix dans une zone et pas dans les autres, on n’a rien fait. La stratégie doit être unifiée”, tranche Lahidheb. L’Algérie a bien instauré des taxes spécifiques, rappelle Bouaoud, mais leur impact demeure marginal hors d’un cadre régional harmonisé, assorti d’une affectation d’une partie des recettes à la prévention et aux soins oncologiques.

L’application du droit existant représente un chantier d’égale urgence. L’Algérie a signé et ratifié la convention-cadre de l’OMS, et sa législation interdit formellement la vente de tabac aux mineurs comme la consommation dans les espaces publics. Dans les faits, la loi reste sans effet: des enfants de douze ans achètent des cigarettes à l’unité, et les espaces non-fumeurs n’existent que sur le papier.

Solutions? 

La prévention du tabagisme doit cibler les enfants dès 10-11 ans, avant l’âge critique d’initiation situé entre 13 et 15 ans. Les experts recommandent d’utiliser les outils du marketing et les réseaux sociaux pour contrer l’influence de l’industrie du tabac, qui exploite déjà l’intelligence artificielle dans ses campagnes. Ils soulignent également l’importance de renforcer l’aide au sevrage, alors que la majorité des fumeurs connaissent les risques du tabac mais ignorent comment arrêter. Le développement des structures d’accompagnement et l’accès gratuit aux substituts nicotiniques figurent parmi les priorités.

 

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