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Le Royaume-Uni achète désormais plus de services tunisiens que de marchandises

01. August 2026 um 05:39

Le Royaume-Uni importe désormais davantage de services que de biens en provenance de Tunisie. C’est l’un des principaux enseignements de la nouvelle fiche sur les échanges commerciaux entre les deux pays, publiée le 31 juillet 2026 par le Department for Business and Trade (DBT) britannique. Au-delà des chiffres globaux, le document met en évidence un changement de structure des exportations tunisiennes vers le marché britannique.

Les services deviennent majoritaires

Au cours des douze mois achevés à la fin du premier trimestre 2026, les importations britanniques en provenance de Tunisie se sont élevées à 436 millions de livres sterling, soit environ 1,73 milliard de dinars tunisiens.

Les services sont désormais devenus majoritaires dans les importations britanniques depuis la Tunisie. Alors que les biens dominaient encore en 2024, les services les ont légèrement dépassés en 2025 avant de creuser l’écart au cours des douze mois achevés à la fin du premier trimestre 2026.

Ils représentent désormais 234 millions de livres sterling (près de 927 millions de dinars), soit 53,7 % des importations britanniques en provenance de Tunisie, contre 202 millions de livres sterling (environ 800 millions de dinars), soit 46,3 %, pour les biens.

Le rapport britannique ne ventile toutefois pas ces services par secteur d’activité, ce qui ne permet pas d’identifier les activités à l’origine de cette progression.

Les marchandises reculent fortement

Ce basculement s’explique par des évolutions opposées.

Les importations britanniques de biens tunisiens ont diminué de 28,6 % sur un an, tandis que celles de services ont progressé de 13,6 %.

Les reculs les plus marqués concernent les équipements électriques destinés au grand public (-40,5 %), les équipements de télécommunications (-40,6 %) et les vêtements (-20,5 %).

Ces évolutions traduisent une modification de la composition des exportations tunisiennes vers le Royaume-Uni. Alors que les produits manufacturés constituaient historiquement l’essentiel des ventes tunisiennes, les services occupent désormais la première place dans les échanges bilatéraux.

Des échanges globalement stables

Au total, les échanges de biens et de services entre la Tunisie et le Royaume-Uni ont atteint 734 millions de livres sterling, soit près de 2,91 milliards de dinars, sur les douze mois achevés à la fin du premier trimestre 2026.

Ce montant progresse de 0,8 % par rapport aux douze mois précédents. Dans le même temps, les exportations britanniques vers la Tunisie ont augmenté de 24,7 %, tandis que les importations britanniques en provenance de Tunisie ont reculé de 10,8 %.

Si le commerce bilatéral reste globalement stable, la montée en puissance des services constitue le principal enseignement de cette nouvelle publication. Elle met en évidence une évolution de la structure des échanges entre la Tunisie et le Royaume-Uni, même si les statistiques britanniques ne permettent pas encore d’identifier les secteurs de services à l’origine de cette progression.

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Andy Burnham, de Culcheth au 10, Downing Street !

28. Juli 2026 um 08:51

L’accession d’Andy Burnham (Labour Party, parti Travailliste), 56 ans. au poste de Premier ministre représente bien plus qu’un changement à la tête de l’exécutif britannique pour de nombreux habitants du nord de l’Angleterre, c’est un moment symbolique attendu de longue date puisqu’il devient le premier Premier ministre originaire de la région depuis Harold Wilson, près d’un demi-siècle auparavant. Dans The Guardian, Richard Partington affirme que les partisans de Burnham voient en son ascension une réhabilitation de la dignité des communautés du Nord longtemps marginalisées au profit de Londres et du Sud. Il estime que le nouveau Premier ministre doit relever un défi de taille à savoir prouver que ses racines du Nord peuvent influencer des politiques susceptibles de changer la vie des gens. 

Imed Bahri

Dans le paisible village de Culcheth, dans le Cheshire, où Burnham a grandi, les habitants se souviennent encore du jeune homme qui fréquentait le pub local, le Cherry Tree, supportait Everton et écoutait The Smiths, avant de devenir l’une des figures politiques les plus importantes de Grande-Bretagne.

Richard Partington indique que ce même pub fut le témoin d’une période charnière de la vie de Burnham, lorsqu’il y retourna en 1989, alors qu’il étudiait à l’université de Cambridge, souffrant de ce qu’il appelait le «syndrome de l’imposteur», le sentiment de ne pas appartenir à l’élite universitaire.

Là, dans l’atmosphère villageoise et au son de la musique, il commença à forger son identité du Nord, qui deviendra plus tard un élément central de son discours politique.

Les habitants de Culchesth perçoivent Burnham comme différent de l’image traditionnelle de l’homme politique londonien. Certains disent qu’il est «l’un des nôtres», quelqu’un qui comprend le quotidien des gens ordinaires et qui n’a pas fait ses études dans une école privée ni évolué dans un milieu politique élitiste. Cependant, d’autres préviennent que l’identité locale ne suffit pas et que le véritable test sera sa capacité à améliorer les conditions économiques et sociales.

Le modèle mancunien

Burnham arrive à Downing Street fort d’une longue expérience de la gestion du Grand Manchester, où il a été maire et s’est attaché à renforcer le rôle des collectivités locales dans l’économie, les transports et les services. Son modèle mancunien*, fondé sur des partenariats public-privé, s’inscrit dans sa vision plus large d’une redistribution du pouvoir hors de Westminster.

L’une de ses premières initiatives fut l’ouverture du bureau «N°10 du Nord» à Manchester (par référence au 10, Downing Street, bureau et résidence du Premier ministre britannique), un geste symbolique témoignant de sa volonté de décentraliser les décisions politiques et économiques vers le nord du pays. Il insiste sur le fait que son objectif est de parvenir à une «croissance harmonieuse dans toutes les régions», et pas seulement dans les grandes villes et les zones proches de la capitale.

Partington souligne que l’histoire de Burnham est intimement liée à celle de cette région industrielle, marquée par le déclin des mines et des industries traditionnelles. Enfant, il fut témoin des conséquences des fermetures de mines et du déclin d’industries qui faisaient vivre des milliers de familles sous le gouvernement de la Dame de fer, Margaret Thatcher.

Lors de la grève des mineurs de 1984, Burnham passait près des lieux de protestation. Cette expérience a profondément marqué sa vision politique, notamment sa conviction de la nécessité de soutenir les communautés les plus durement touchées par les transformations économiques.

Toutefois, Warrington, le quartier d’origine de Burnham, ne se résume pas aux zones dites du «Mur rouge» –ainsi nommées car elles étaient autrefois des bastions travaillistes– qui ont souffert du déclin industriel. Ce quartier englobe des zones prospères et d’autres plus défavorisées, des secteurs où les technologies et l’énergie nucléaire sont présentes mais aussi des problèmes comme la fermeture de commerces et la hausse du coût de la vie. Par conséquent, certains habitants estiment que le véritable défi de Burnham sera de prouver que son projet a une portée plus que symbolique.

Un politique proche du peuple

Burnham bénéficie d’un large soutien grâce à son style accessible, notamment suite à ses actions lors de crises telles que l’attentat de Manchester Arena en 2017 et son implication dans la vie locale. Ses partisans estiment que sa capacité à comprendre et à dialoguer avec les citoyens a été un facteur clé de son succès politique.

Cependant, la route à parcourir est semée d’embûches. Le nouveau gouvernement doit faire face à d’importantes difficultés économiques, à des collectivités locales surendettées et à des désaccords concernant le logement, l’énergie et les dépenses publiques.

Par ailleurs, le renforcement des pouvoirs locaux –un pilier central de son programme– soulève des questions quant à la capacité de ces régions à gérer efficacement leurs ressources.

Néanmoins, nombreux sont ceux qui, dans le nord de l’Angleterre, perçoivent l’arrivée de Burnham comme un tournant dans le paysage politique britannique. Après des décennies où beaucoup d’habitants du nord avaient le sentiment que les décisions importantes étaient prises à Londres, loin de leurs réalités, un Premier ministre est arrivé au pouvoir, incarnant la mémoire et les défis de ces communautés.

Le plus grand défi pour Burnham reste sa capacité à transformer son ascension personnelle, de fils d’une zone industrielle à Premier ministre, en une histoire plus large de reconstruction de la confiance entre le gouvernement et les régions qui se sont longtemps senties marginalisées.

* Mancunien est ce qui est relatif à la ville de Manchester.

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