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Everyday Tunisians : Sadok Zghal, les artistes et l’histoire

23. August 2026 um 11:42

Celles et ceux qui connaissent Sadok Zghal peuvent assurément témoigner de sa grande sensibilité et de sa vaste connaissance de l’histoire des arts.

Depuis plusieurs années, ce juriste de formation s’est donné pour sacerdoce de partager les œuvres des grands artistes ayant peint la Tunisie.

Ainsi, grâce à ses recherches précises et ouvertes aux quatre vents de la création, ses lecteurs ont pu découvrir sur les réseaux sociaux maintes traces lumineuses.

De Paul Klee à August Macke, de Max Moreau à Yahia Turki, de Kandinsky à Munter, Sadok Zghal continue à diffuser des centaines de tableaux souvent peu connus.

De la sorte, il partage son jardin secret tout en diffusant les plus remarquables images de la Tunisie dans la peinture internationale.

Toujours sur la brèche, Sadok Zghal cultive une curiosité héritée de ses lectures et aussi des travaux de son père le sociologue Abdelkader Zghal. Suivi par de nombreux esthétes, Sadok Zghal nous apprend au quotidien qu’on peut être un influenceur apprécié tout en restant ancré dans l’art, la culture et la beauté.

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Carnets Scandinaves ( 3 ) : Dans la ville des mouettes rieuses

21. August 2026 um 12:25

Que j’écrive de nuit – peut-être toute la nuit – me rassure. Car si je suis ici, si loin de Tunis, c’est aussi pour m’éprouver et me retrouver.

Est-on jamais plus seul que dans le silence nocturne d’une ville étrangère ? Ce sont, je crois, dans ces moments que les contradictions résonnent le plus fort et les plaies deviennent apparentes. Je suis venu sous ce ciel fugace réduire quelques fractures et sortir de ce désaccord avec moi-même qui, chaque jour, pèse un peu plus.

Que ma catharsis ait besoin de la lumière d’Oslo ne me surprend pas outre mesure. Après tout, à chacun ses fascinations et ses propres solutions et pour ma part, j’ai simplement un besoin irrépressible de lumière et aussi, je l’avoue, de fuite.

Avec le temps, à l’homme révolté des philosophes, j’ai fini par opposer l’homme blessé que je suis, mes stigmates et mes cicatrices, mes défaites et mes reniements et ce chemin de croix où je suis embourbé depuis si longtemps.

Pourrais-je me libérer de cette chute en vagabondant dans une ville que je ne connais pas comme d’autres chercheraient l’issue d’un labyrinthe ou un simple rayon de lumière pour sortir de la caverne de Platon ?

Dans mon propre dédale, taraudé par l’amertume, résigné à quêter ailleurs une lumière pourtant abondante chez moi, je mesure tout l’écart qui me sépare de ce que je suis devenu : un lâche qui se cache derrière ses blessures au point de théoriser une mince anti-morale de l’homme blessé qui ne cherche ni à lutter ni à se relever.

En même temps, je réalise combien ce voyage ne ressemble pas à mes pérégrinations antérieures. Pour la première fois, je ne suis attiré ni par les monuments ni par les musées ni même par les tavernes. Je suis simplement venu errer dans une ville et de mes yeux, observer les heures claires durant lesquelles la lumière de minuit baigne Oslo.

Presque rien d’autre sinon un règlement de comptes avec moi-même et une sorte de soliloque devant un miroir. Rien de narcissique mais plutôt un réel besoin d’autocritique pour enfin sortir de ce carrefour des impasses qui m’a mené jusqu’en Scandinavie non pas pour échapper à mes silences mais pour me confronter à eux dans le triomphe de la lumière et la relativité de la nuit qui s’estompe, la nuit dont se déchaîne justement Aboulkacem Chebbi.

Je voudrais tant me délester de cette nuit qui saigne en moi et je ressens ce jour qui titube dans la quasi-nuit d’Oslo comme une promesse, un sursaut salvateur, une dialectique où le clair et l’obscur se bousculent dans les patries d’Hamlet. La nuit souveraine et mes blessures toujours sanguinolentes continuent à me remuer. Pour les fuir, depuis quelques semaines, j’écris de brefs poèmes sur l’été et me voici maintenant cheminant de nuit, sans autre but qu’un début de rédemption.

Il est deux heures. De temps en temps, j’entends la rumeur lointaine de deux mouettes qui dialoguent. Le jour reste en suspens dans un ciel qui est traversé par la lumière. Je regrette les lumières de la ville sans lesquelles ce ciel incertain serait plus beau encore dans sa gravité et son refus de céder à la nuit.

Comme des sentinelles dissipées, des dizaines de mouettes sont alignées devant l’opéra et la baie d’Oslo. Leurs mouvements sont aberrants, inattendus. Elles jouent tout simplement et ne prêtent aucune attention aux déambulations de la foule. Je repars avec l’impression qu’elles n’ont pas cessé de m’interpeller. Un peu comme le feraient des vestales au seuil d’un temple. Un peu aussi à la manière de hérauts qui répéteraient un message. Elles auront été mes interlocutrices dans le silence nocturne et restent présentes jusqu’au dernier souffle de ce voyage puisque la gare est maintenant devant moi et  qu’elles me parlent encore au seuil de ce qui restera dans ma mémoire comme la ville des mouettes rieuses.

Lire aussi : Carnets Scandinaves (2) : Dans la lumière énigmatique des rues d’Oslo

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Everyday Tunisians : Rania entre alambics et flacons

11. August 2026 um 11:42

Rania Mansour a toujours rêvé de retour aux sources, surtout en matière de distillation.

À Nabeul où elle vit, elle se souvient de ses aïeules qui employaient des techniques ancestrales pour la distillation des roses de Damas, des fleurs de géranium, de néroli ou de bigaradier.

Réalisée dans des alambics, au milieu des volutes de vapeur d’eau, les essences de Rania ont pour elles des siècles de tradition qui s’écoulent dans des flacons.

Pour marquer cet art de faire immémorial, Rania a donné l’appellation « Zemnia » à ses produits qui fleurent bon les terroirs du Cap Bon.

Mieux, résolument dans son siècle, la dame aux alambics a fait certifier bio, toutes ses créations dont les emballages sont iconoclastes et aisément reconnaissables.

Comment ne pas adhérer à la démarche de Rania Mansour qui, subrepticement, nous révèle à nous-mêmes et affirme que les jeunes s’engagent pour préserver nos traditions séculaires ?

Quiconque oserait chasser le naturel sait désormais, grâce à Rania, qu’il reviendra au galop, entre flacons et alambics.

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