❌

Normale Ansicht

Nostalgies : Comme si un peu de la Valette reposait à Tunis

18. Oktober 2026 um 07:55

J’ai vocation à retenir et garder telles quelles des traces ténues et tenaces. Car elles me fondent face à l’oubli et me ramènent toujours à celui que je fus dans le fuyant du temps.

Parfois, de simples patronymes  pourtant irrigués de significations peuvent conjurer l’effacement.

D’autres fois, ce sont des noms de magasins, ceux de grands professionnels de la presse,de la médecine ou du barreau, ou encore ceux de minuscules commerçants de proximité, des enseignes de bars et cafés qui eurent leur heure.

Tenter une énumération. Dire pêle-mêle ce qui revient : Sitruk,  Baranès, Kalfon, Galula, Sitbon. Alors réaliser que seulement cinq noms pourraient être les têtes de liste d’un inventaire inépuisable.

Cesser d’écrire. Méditer, chercher au fond de soi, aller vers celles et ceux qui comme des fantômes angéliques, nous habitent fussent-ils outre-tombe, fussions-nous à tire d’âme. Se taire. Laisser remonter le souvenir dans sa complexité.

Quand j’arpente le cimetière du Borgel, entre les tombes souvent délaissées, je ne peux m’empêcher d’être aspiré par le souvenir du registre d’appel de ma classe où beaucoup des noms inscrits sur les stèles figuraient.

Ces sépultures de personnes que je ne connais pas mais dont les noms me sont familiers me renvoient aussi aux enseignes de nos rues lorsque les noms de fantaisie jouxtaient les raisons sociales.

Sur des vitrines, je pouvais lire Borg, Schembri ou Sammut et sur les tombes, gravés dans le marbre, je relis les mêmes noms.

Ces fulgurances, je les ai ressenties pour la première fois en remontant l’avenue principale de La Valette. Toutes les enseignes que mon regard croisait portaient des noms familiers, ceux d’amis ou de relations : Mangani, Farrugia, Azzopardi, Grech, Cauchi, Tabone.

Puis, un jour, sur l’allée centrale du cimetière chrétien de Tunis, la même sensation troublante s’est imposée à moi. Les mêmes noms, comme si j’étais à la Valette. Ou encore comme si un peu de la Valette reposait à Tunis.

On écrit toujours contre la mort et ces tombes si nombreuses sont non pas des monuments en exil mais des repères inlassables pour ceux de la diaspora qui reviendront un jour.

Ces ancêtres devenus poussière nous fixent dans l’humus et où que nous soyons,  ils nous interpellent et nous rappellent à un sol aussi absolu que celui des poètes : mon sol natal, celui dont je m’exhume.

Toutes ces traces me fascinent. Qu’elles remontent au cours d’une conversation ou qu’elles reviennent à petits pas dans l’intimité d’un cimetière. Ces échos parfois lointains me remuent car je les assume et plus précisément, je voudrais m’emparer de leur continuité, les établir dans une présence diffuse mais bien réelle.

Ceci, je voudrais le dire et le revendiquer. Je suis un chercheur de traces dans la fuite du temps. Chaque éclat, chaque tesselle, chaque bribe sont mon horizon à rebours et le socle de mon regain.

L’article Nostalgies : Comme si un peu de la Valette reposait à Tunis est apparu en premier sur webdo.

Everyday Tunisians : Adel et la légende du père

17. Oktober 2026 um 09:58

Icône de la poterie tunisienne, Romdhane Ben Mahmoud a reçu dans son atelier de Guellala des milliers de visiteurs. Aujourd’hui, son fils Adel continue la saga familiale.

Potier par tradition, le père s’était forgé une véritable légende. Romdhane Ben Mahmoud a en effet voyagé partout dans le monde pour faire connaître l’art des potiers tunisiens.

Jusqu’en Australie et en Asie, il a rappelé la fameuse phrase de Georges Duhamel venu à Djerba à la recherche de potiers et s’étant retrouvé devant des poètes.

Romdhane Ben Mahmoud

Décédé il y a vingt-deux ans, Romdhane a passé le flambeau à son fils Adel qui maintient une tradition d’un demi-millénaire en attendant de la transmettre à ses propres fils.

Ponctuel, attentif et efficace, Adel raconte le quotidien d’un potier à Djerba. Avec des mots sobres et des gestes amples, il décrit les objets, explique la dialectique de la glaise et de l’eau et souligne l’ancrage immémorial de son métier.

Dans l’atelier des Ben Mahmoud, on marche sur du sable, toujours à l’ombre vive des patriarches. Ici, le savoir-faire est en mouvement et la continuité toujours de mise.

Après tout, ne sommes-nous pas à Guelalla dont le nom même signifie  » potiers  » ?

Lire aussi :

L’article Everyday Tunisians : Adel et la légende du père est apparu en premier sur webdo.

Everyday Tunisians : A Tijma, Dalila et ses sœurs

16. Oktober 2026 um 09:21

Elles sont trois et depuis l’enfance, elles sont restées inséparables. Dalila et ses deux sœurs vivent à Tijma, près de Matmata, dans une maison troglodyte.

Leur demeure est ouverte aux viisiteurs qui y dénichent une multitude d’objets et sont accueillis selon les codes généreux de l’hospitalité tunisienne.

Dans ces maisons séculaires, c’est toute une histoire qui bruit de chaque chambre, chaque objet, au point où les récits de vie croisent la lointaine mémoire familiale.

Dalila est tout espoir pour un avenir meilleur. Entourée par ses sœurs, elle décline les tâches du quotidien et savoure une vie simple et les bienfaits oubliés qu’elle offre.

Entre Tijma et Tamazret, tant de modestes familles apportent ainsi une contribution – modeste mais si décisive – au tourisme tunisien.

Lire aussi :

L’article Everyday Tunisians : A Tijma, Dalila et ses sœurs est apparu en premier sur webdo.

Everyday Tunisians : Les incomparables beignets de Kairouan

14. Oktober 2026 um 10:52

Ce n’est qu’à Kairouan que les marchands de beignets continuent à officier à l’ancienne, assis en tailleur devant leur établi.

Entre la pâte à dompter et les éclats de l’huile de friture, ils sont impassibles, répétant des gestes précis, saluant les clients et veillant à la cuisson des beignets.

Aussitôt sortis de l’huile, les anneaux luisants sont placés sur un égouttoir puis, après un temps toujours trop long pour les gourmands, enveloppés dans du papier.

À Kairouan, le maître ftairi travaille à l’ombre des aïeux et, très tôt le matin, il attend sa clientèle et offre à qui le désire ses beignets croustillants, gages d’une journée qui commence à l’aune d’un petit-déjeuner immémorial.

Lire aussi :

L’article Everyday Tunisians : Les incomparables beignets de Kairouan est apparu en premier sur webdo.

❌