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Perturbations climatiques : stratégie intégrée et prévoyance, la panacée

Von: farhat
23. August 2026 um 08:24

Comme c’est le cas chaque année, l’ombre d’un automne pluvieux en Tunisie plane et suscite les mêmes interrogations, dont essentiellement celle relative aux préparatifs pour empêcher les éventuelles complications et les grands dangers en l’absence, malheureusement, d’infrastructure nécessaire ou à cause des retards au niveau de l’entame des travaux indispensables. Et c’est pour éviter de telles défaillances que la Cheffe du gouvernement a réuni un conseil ministériel, avant-hier jeudi, pour tout mettre à l’œuvre afin de prévenir et de négocier la saison des intempéries dans les meilleures conditions, conformément aux directives du Président de la République, Kaïs Saïed.

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, ce jeudi 20 août 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré à l’examen de l’état d’avancement des plans d’action et des programmes préventifs mis en place en prévision de la saison des pluies, ainsi qu’aux mesures destinées à prévenir les perturbations climatiques et à faire face à leurs répercussions durant les prochaines saisons d’automne et d’hiver.

Et là, il faut dire que le choix du thème tombe à pic alors que le pays vit encore sous l’emprise de la canicule, car il ne faut pas attendre le dernier moment pour agir ou prendre des décisions qui s’avèreraient inutiles et infructueuses car dépassées par les événements.

À l’ouverture des travaux du conseil, la Cheffe du gouvernement a souligné que la préparation à la saison des pluies nécessite l’adoption d’une approche stratégique intégrée fondée sur l’anticipation, la planification, la préparation opérationnelle et l’intervention précoce, conformément aux orientations du Président de la République, Kaïs Saïed.

Elle a également insisté sur l’importance de moderniser les infrastructures, de renforcer les mesures de prévention et d’assurer une maintenance régulière et continue, parallèlement au suivi, à l’alerte précoce, aux inspections sur le terrain et à une coordination efficace entre les différentes structures concernées aux niveaux central, régional et local.

La Cheffe du gouvernement a, en outre, appelé à relever le niveau de préparation et de vigilance, au regard des prévisions météorologiques et des perturbations ainsi que des précipitations susceptibles de marquer la prochaine période. Une situation qui impose, selon elle, de parachever l’ensemble des mesures préventives, notamment dans les zones et les points les plus exposés aux risques d’inondation.

Elle a par ailleurs souligné que les défis climatiques actuels imposent de faire face à des phénomènes météorologiques plus intenses et plus instables, ce qui nécessite de développer le système de prévention des risques et de renforcer la capacité de l’État à anticiper et à intervenir rapidement afin de limiter les répercussions.

Des recommandations à fructifier au plus vite

En somme, ce conseil a permis de définir les actions et les interventions nécessaires et de présenter les recommandations essentielles, dont notamment :

– Accélérer le rythme de réalisation des différents travaux préventifs et les achever avant le pic de la saison des pluies, tout en assurant leur suivi continu par l’ensemble des structures concernées aux niveaux central, régional et local. A ce niveau, le conseil a appelé à effectuer des inspections de terrain précises dans les zones et au niveau des infrastructures prioritaires, à intervenir immédiatement pour remédier aux insuffisances constatées et à vérifier l’état de préparation de tous les équipements, engins et moyens d’intervention.

– Classer les points noirs, les zones et les infrastructures exposés aux inondations selon leur degré de priorité et élaborer des plans d’intervention clairs. Le conseil a également appelé à accélérer la mise à jour des plans de prévention et de gestion des catastrophes ainsi que l’organisation des secours aux niveaux central, régional et local, afin d’en garantir la cohérence et la complémentarité, tout en actualisant les bases de données relatives aux «points bleus».

– Renforcer les systèmes de surveillance, de mesure, d’alerte précoce et de communication, et garantir la rapidité de l’échange et de l’analyse des données afin de permettre la prise de décisions en temps opportun. Il a aussi recommandé d’intensifier la coordination et l’échange d’informations entre les différentes structures publiques concernées.

– Mettre en place un mécanisme de suivi périodique de l’application des mesures adoptées afin de garantir le traitement rapide des insuffisances constatées, tout en renforçant la coordination entre les différents ministères, les structures publiques concernées ainsi que les autorités régionales et locales.

Mobilisation au niveau des gouvernorats et des municipalités

Ce que le conseil ministériel a mis en relief et tout ce qui a été recommandé ne serviront à rien sans un sérieux suivi à tous les niveaux. Car ce qui a été décidé ne peut être entrepris qu’à travers l’action des municipalités et des programmes d’intervention dans chaque gouvernorat.

Car, pour réussir une telle œuvre, il va falloir agir vite pour ne pas perdre du temps et assurer tout ce qui est nécessaire pour entamer les travaux et y aller jusqu’au bout. Les municipalités, en manque de ressources parfois, préparent un programme d’action mais n’arrivent pas à l’achever, faute de finances. C’est la raison pour laquelle chaque gouvernorat doit intervenir pour doter les municipalités du budget nécessaire sans trop tarder pour pouvoir entamer les travaux avant l’arrivée de la saison des pluies.

C’est dire que lorsque la volonté de bien faire est au rendez-vous, tout devient plus facile. On peut citer, là, l’exemple du gouvernorat de Tunis qui a vite fait de se préparer à ce qu’il doit faire pour faire face aux intempéries du début de la saison automnale.

Ainsi, le gouverneur de Tunis a réuni, avant-hier jeudi, juste après le conseil ministériel, la Commission régionale de prévention et de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours pour débattre de l’état d’avancement des préparatifs, en prévision de la saison des pluies, et du renforcement des mesures de prévention face aux risques liés aux intempéries, selon une publication du gouvernorat sur les réseaux sociaux.

Plusieurs décisions ont été ainsi arrêtées, notamment l’accélération des opérations de curage et de nettoyage des oueds, des bouches des égouts, des canaux d’évacuation des eaux pluviales et des ouvrages hydrauliques. Ces interventions seront assurées par les services de l’assainissement, le Commissariat régional au développement agricole (CRDA), les services de l’Équipement, les municipalités concernées et la Direction de l’hydraulique urbaine.

Les municipalités ont spécialement été appelées à intensifier les opérations de balayage et de collecte des déchets et des détritus, avant les premières précipitations, afin de prévenir l’obstruction des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

La commission a, par ailleurs, recommandé aux délégués de réunir les sous-commissions locales de prévention et d’actualiser l’inventaire des moyens humains et logistiques disponibles. Des visites de terrain seront, également, organisées afin d’identifier les points noirs, de contrôler les interventions prévues et d’assurer la coordination entre les différents intervenants publics.

La police municipale régionale a, de son côté, été chargée de coordonner avec les services municipaux les opérations d’enlèvement des décombres et des déchets de chantier abandonnés sur les trottoirs, avec un renforcement des sanctions contre les comportements portant atteinte à l’environnement.

La commission a décidé, aussi, de mettre à jour le plan régional de prévention et de lutte contre les catastrophes ainsi que le «Plan bleu» consacré aux inondations. Des exercices de simulation conjoints avec les services de la Protection civile seront organisés, afin d’évaluer le niveau de préparation et l’efficacité des mécanismes d’intervention.

Il a, en outre, été convenu d’actualiser le stock stratégique de denrées alimentaires, de matelas et de couvertures, destiné aux personnes susceptibles d’en avoir besoin en cas de catastrophe, ainsi que d’organiser des réunions périodiques pour suivre la mise en œuvre des recommandations.

À l’ouverture de la séance, le gouverneur de Tunis a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts et de faire preuve de rigueur et d’efficacité dans le suivi des préparatifs. Il a, également, présenté les principales composantes du plan régional de prévention et de lutte contre les catastrophes, ainsi que les responsabilités de chaque intervenant, tant durant la phase de préparation que lors des interventions.

La réunion a rassemblé les délégués, des représentants des services sécuritaires, militaires et de la Protection civile, les représentants des municipalités et des différentes structures concernées, ainsi que des représentants de l’Union tunisienne de solidarité sociale (UTSS) et les responsables du dossier au sein du gouvernorat.

Nous souhaitons voir les autres gouvernorats agir avec la même célérité pour que ce travail colossal se déroule dans les délais et avec une parfaite synchronisation. Aujourd’hui, le citoyen a le droit d’exiger de telles interventions pour espérer passer un hiver plus sécurisé et moins menaçant. Le Président de la République en a parlé à maintes reprises, le gouvernement en est conscient et la balle reste, à présent, dans le camp des municipalités et des services techniques concernés pour passer à l’action et mener une telle opération à bon port.

Kamel ZAIEM

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Sécurité sociale et santé : le gouvernement accélère la réforme structurelle

Von: tmps
19. August 2026 um 10:05

L’élaboration des textes relatifs aux réformes structurelles du système de sécurité sociale et de santé en Tunisie sera engagée immédiatement, à l’issue d’une séance de travail ministérielle présidée, mardi, au Palais du Gouvernement à La Kasbah, par la Cheffe du Gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri.

La réunion a permis d’examiner les grandes orientations de cette réforme, qui vise à adapter le système de protection sociale aux mutations démographiques, à la diversification des parcours professionnels et à l’essor de l’économie informelle.

À cette occasion, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a présenté un diagnostic détaillé de la situation actuelle des régimes de retraite, de sécurité sociale et de couverture sanitaire. Il a préconisé une refonte globale et progressive à long terme, fondée sur la mise en place d’un système de protection sociale à plusieurs piliers, tout en prévoyant des mesures urgentes à court et moyen termes.

Les orientations retenues portent notamment sur l’adaptation des régimes de retraite aux mutations économiques et sociales, l’élargissement de la couverture sociale aux travailleurs de l’économie informelle, du secteur agricole et de la pêche, ainsi qu’aux travailleurs indépendants et à ceux de l’économie des plateformes, outre le renforcement de la gouvernance des caisses sociales.

Dans le domaine de la santé, les priorités dégagées concernent notamment le renforcement de la complémentarité entre les régimes de sécurité sociale et la couverture sanitaire, le développement du système pharmaceutique et le soutien à la production locale de médicaments et de vaccins. Elles portent également sur l’accélération de la transformation numérique des services sociaux et sanitaires, notamment à travers la numérisation du dossier médical et des cartes de sécurité sociale.

La Cheffe du Gouvernement a souligné que cette réforme vise à rompre avec les solutions partielles et conjoncturelles et à consacrer le droit à la couverture sociale et sanitaire en tant que droit fondamental, conformément aux orientations du Président de la République, Kaïs Saïed.

Elle a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre progressive et fondée sur des études techniques approfondies, en donnant la priorité aux mesures les plus urgentes avant d’engager les réformes à court, moyen et long termes.

Cette démarche vise à garantir la clarté des trajectoires de réforme, l’efficacité des actions engagées et, à terme, la mise en place d’un système de sécurité sociale plus inclusif, équitable et performant.

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Transformation numérique : 114 projets en cours et lancement imminent de l’application « Khadamet »

Von: farhat
16. August 2026 um 09:52

La Cheffe du Gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé ce samedi au palais de la Kasbah un Conseil ministériel restreint consacré à l’examen de l’état d’avancement des projets de transformation numérique. À cette occasion, le Conseil a dressé le bilan des chantiers numériques du premier semestre 2026, fait le point sur 114 projets encore en cours et annoncé le lancement imminent de l’application mobile « Khadamet », destinée à offrir plus de 40 services administratifs en ligne.

Placée sous les directives du Président de la République, Kaïs Saïed, cette réunion a été l’occasion de réaffirmer le rôle central de la numérisation dans la modernisation de l’administration, la lutte contre la corruption, le renforcement de la transparence et la réduction des disparités régionales.

Le lancement prochain de l’application « Khadamet » constitue l’une des principales nouveautés annoncées. Accessible via l’identité numérique (MobileID), elle permettra aux citoyens d’effectuer leurs démarches administratives et de régler leurs frais par paiement électronique, notamment par cartes bancaires, postales ou portefeuilles virtuels.

Parmi les réalisations du premier semestre 2026 figurent la Plateforme nationale de l’investisseur, la digitalisation intégrale des transactions du Registre national des entreprises, le renouvellement à distance du passeport pour les Tunisiens à l’étranger, la généralisation du timbre fiscal électronique, et l’ouverture de 34 maisons de services numériques réparties dans 21 gouvernorats.

Le gouvernement a également mis en place la demande en ligne d’actes d’état civil traduits et la patente en ligne, ainsi que la plateforme « Taâmir » pour les permis de bâtir, le Portail unique de la vie scolaire, le portail administratif khadamet.gov.tn et les services de l’« Hôpital numérique ».

En parallèle, 114 projets sont actuellement en cours d’exécution, dont certains affichent un taux de réalisation supérieur à 90 %. Ces chantiers couvrent notamment la demande d’attestation de résidence à distance, le renouvellement du permis de conduire en ligne, la généralisation du passeport à distance, ainsi que la demande à distance de la carte d’identité nationale.

S’y ajoutent le registre de l’identifiant national de santé et la modernisation des systèmes d’information de la Douane et de la CNAM.

Le Conseil s’est également penché sur les infrastructures télécoms, avec la généralisation de la fibre optique, la couverture des zones non desservies et le renforcement de la connectivité internationale. Sur le volet de l’inclusion financière, l’accent a été mis sur la promotion des portefeuilles électroniques et l’incitation des opérateurs télécoms à investir dans le secteur de la fintech, tandis que la stratégie nationale de cybersécurité poursuit son déploiement.

Le ministre des Technologies de la Communication, Sofiane Hemissi, a présenté à cette occasion les grandes lignes de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle 2026-2030, destinée à encadrer le développement de l’IA dans le respect de la vie privée et de la souveraineté nationale.

La Tunisie entend s’appuyer sur sa 29ᵉ place mondiale en publications scientifiques sur l’IA, ses compétences académiques, son cadre juridique pionnier avec le Startup Act, ainsi que sa position géographique stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, pour s’imposer comme un hub régional de l’exportation de solutions numériques.

En clôture du Conseil, Sarra Zaâfrani Zenzri a insisté sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse et d’une coordination interministérielle fluide, rappelant que la transformation numérique dépasse la simple numérisation des démarches pour s’inscrire dans une réingénierie globale au service du citoyen et de l’économie nationale.

(D’après TAP)

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Autoroutes : un choix stratégique au service de la mobilité et de l’équité territoriale

Von: farhat
16. August 2026 um 08:29

Par Ahmed NEMLAGHI

La décision prise par le Conseil ministériel restreint réuni mercredi dernier à La Kasbah, de reconduire Tunisie Autoroutes comme concessionnaire des autoroutes A1, entre Hammam-Lif et M’saken, et A2, entre Tunis et Jelma, dépasse largement le cadre d’une simple décision administrative relative à l’exploitation d’infrastructures routières. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont l’État entend gérer ses infrastructures stratégiques, garantir la continuité du service public et accompagner le développement économique et social des différentes régions du pays. À travers cette décision, le gouvernement entend assurer la pérennité de l’exploitation du réseau autoroutier tout en maintenant la maîtrise de l’État sur une infrastructure essentielle à la mobilité des citoyens, au transport des marchandises et au développement des échanges entre les régions.

Cette orientation rejoint les préoccupations régulièrement exprimées par le président de la République, Kaïs Saïed, concernant la nécessité d’accélérer la réalisation des projets d’infrastructure et de faire en sorte que les investissements publics se traduisent par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des Tunisiens.
Le réseau autoroutier tunisien constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments d’intégration territoriale. Les 743 kilomètres actuellement en exploitation permettent de relier les principaux pôles économiques du pays et facilitent la circulation des personnes et des marchandises. Parmi ces infrastructures, 567 kilomètres sont exploités sous péage. Cette réalité montre l’importance économique du réseau autoroutier, mais également les responsabilités qui accompagnent son exploitation. Une autoroute n’est pas simplement une succession de kilomètres de chaussée. Elle représente un investissement public considérable, mobilisant des ressources financières importantes et nécessitant une maintenance permanente, des équipements spécialisés, une surveillance continue et des interventions rapides en cas d’incident. La qualité de son exploitation a donc des conséquences directes sur la sécurité des usagers et sur l’activité économique. Le choix de maintenir Tunisie Autoroutes dans son rôle de concessionnaire s’explique notamment par l’expérience acquise par cette société et par les moyens techniques dont elle dispose. Mais cette reconduction implique également une exigence : une amélioration constante de la qualité du service rendu aux usagers.

L’A1 : assurer la continuité du service
Le premier volet de la décision gouvernementale concerne l’autoroute A1, reliant Hammam-Lif à M’saken. Le contrat de concession actuel arrivant à échéance à la fin de l’année 2028, le gouvernement a décidé de préparer la conclusion d’un nouveau contrat avec Tunisie Autoroutes. Cette anticipation permet d’éviter toute rupture dans l’exploitation du réseau. Elle traduit également la volonté de donner aux responsables suffisamment de visibilité pour préparer les investissements nécessaires à la maintenance et à la modernisation des infrastructures. L’enjeu est d’autant plus important que l’A1 constitue l’un des axes routiers les plus fréquentés du pays. Elle relie le Grand Tunis au Sahel et dessert plusieurs zones économiques majeures. Son fonctionnement régulier conditionne donc une partie importante des déplacements quotidiens et des échanges commerciaux.
Le dossier de l’A2 revêt une dimension encore plus importante. Longue de 186 kilomètres, l’autoroute Tunis-Jelma représente un investissement de près de 1,7 milliard de dinars. Réalisée en huit tronçons, elle constitue la plus longue autoroute construite en une seule phase en Tunisie. Mais au-delà de ses caractéristiques techniques, l’A2 possède une dimension profondément territoriale. Elle doit contribuer à rapprocher les régions du centre et de l’intérieur des grands pôles économiques du pays. Pendant des décennies, les disparités entre les régions côtières et celles de l’intérieur ont constitué l’un des problèmes majeurs du développement tunisien. L’insuffisance des infrastructures constitue l’un des facteurs qui expliquent ces déséquilibres. En améliorant les connexions routières, l’autoroute Tunis-Jelma peut contribuer à réduire cette fracture territoriale. Elle peut faciliter les déplacements des citoyens, accélérer le transport des marchandises, améliorer l’accès aux marchés et renforcer l’attractivité des régions concernées pour les investisseurs.
La construction de l’A2 s’inscrit donc dans une logique qui dépasse la seule question des transports.
Elle participe à une politique d’équité territoriale. Un citoyen vivant dans une région de l’intérieur doit pouvoir bénéficier d’une infrastructure moderne lui permettant de rejoindre rapidement les grands centres urbains. Une entreprise implantée dans une région éloignée doit pouvoir accéder aux marchés nationaux dans des conditions comparables à celles de ses concurrents installés sur le littoral. De ce point de vue, l’autoroute devient un instrument de justice économique.
C’est précisément cette dimension qui donne à la politique d’infrastructure une place importante dans la vision de l’État social défendue par Kaïs Saïed. L’équité ne consiste pas uniquement à distribuer des aides sociales. Elle consiste également à créer les conditions matérielles permettant aux régions et à leurs populations de participer pleinement au développement national.

Accélérer les travaux pour respecter les délais
La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a insisté sur l’urgence d’accélérer les travaux de l’autoroute Tunis-Jelma. Elle a demandé aux entreprises chargées de l’exécution de mobiliser tous les moyens nécessaires afin d’éviter les retards et de respecter les délais contractuels. Cette exigence est essentielle. Les retards dans les grands projets publics ont un coût économique et social. Ils peuvent entraîner une augmentation des dépenses, retarder les bénéfices attendus de l’infrastructure et nourrir le sentiment de frustration des populations concernées. Lorsqu’un projet est annoncé depuis plusieurs années, les citoyens finissent naturellement par attendre des résultats concrets. L’accélération des travaux constitue donc une exigence de bonne gouvernance. Elle suppose un suivi permanent des chantiers, une coordination efficace entre les différents intervenants et une capacité à résoudre rapidement les obstacles administratifs, techniques ou fonciers.
Le choix de reconduire Tunisie Autoroutes repose également sur une considération stratégique : préserver le contrôle de l’État sur une infrastructure essentielle. Le gouvernement estime que le statut historique de concessionnaire de la société, son expérience et ses capacités techniques permettent d’assurer la continuité du service. Cette décision n’exclut toutefois pas la nécessité d’un contrôle rigoureux de l’État. La concession ne signifie pas un abandon de la responsabilité publique. Au contraire, lorsque l’État confie l’exploitation d’une infrastructure à un concessionnaire, il doit renforcer les mécanismes de contrôle, fixer des obligations précises et veiller au respect des engagements contractuels. La qualité du service, la sécurité des usagers, l’entretien des équipements et la transparence financière doivent constituer des éléments essentiels de la relation entre l’État et le concessionnaire.
L’exploitation de l’A2 sous péage soulève également une question importante : celle de l’équilibre entre rendement économique et intérêt social. Une infrastructure autoroutière représente un investissement considérable qu’il faut entretenir et amortir. Le péage constitue à ce titre un mécanisme de financement et de participation des usagers. Mais il ne doit pas devenir un obstacle à l’objectif d’intégration territoriale. Le défi consiste donc à trouver un équilibre entre la nécessité de garantir la viabilité financière de l’infrastructure et celle de maintenir des conditions d’utilisation compatibles avec les capacités des citoyens et des entreprises. C’est précisément cette articulation entre rendement économique et rendement social que la Cheffe du gouvernement a mise en avant.

Une modernisation technologique importante
L’autoroute Tunis-Jelma présente également un intérêt particulier sur le plan technologique.
Le projet recourt, pour la première fois en Tunisie à cette échelle, à des technologies modernes concernant la structure de la chaussée, les ponts et différents ouvrages d’art. Cette modernisation doit permettre d’améliorer la durabilité des infrastructures et leur résistance aux contraintes auxquelles elles seront soumises. Elle constitue également une occasion pour la Tunisie de développer son expertise nationale dans le domaine des grands travaux. La réussite du projet ne se mesurera donc pas uniquement à la longueur de l’autoroute construite. Elle devra également être évaluée à travers la qualité des ouvrages, leur durabilité et leur capacité à répondre aux besoins futurs.
Derrière les considérations techniques et financières se trouve finalement une préoccupation essentielle : faciliter la vie des citoyens. Une infrastructure routière performante réduit les temps de déplacement, améliore la sécurité, facilite l’accès aux services et rapproche les territoires.
Pour les travailleurs, les étudiants, les familles ou les transporteurs, chaque kilomètre d’autoroute supplémentaire peut représenter un gain de temps et une amélioration des conditions de déplacement. C’est cette dimension concrète qui donne tout son sens à l’investissement public. La politique d’infrastructure doit donc être évaluée non seulement à partir des montants investis, mais surtout à partir des bénéfices qu’elle procure à la population.
La décision concernant les autoroutes s’inscrit finalement dans une exigence plus large, celle de l’État qui doit aller au bout des projets qu’il engage. Cette logique rejoint les orientations régulièrement mises en avant par le président de la République lors de ses visites dans les différentes régions du pays.
Qu’il s’agisse de l’eau, des routes, de la santé, de l’environnement ou du développement économique, la même question revient : comment transformer les décisions publiques en réalisations effectivement perceptibles par les citoyens ? L’État peut annoncer des projets et mobiliser des financements. Mais leur véritable valeur apparaît lorsqu’ils sont achevés et qu’ils commencent à produire leurs effets. L’autoroute Tunis-Jelma constitue à cet égard un test important.

Une vision qui dépasse le simple réseau routier
Le choix de reconduire Tunisie Autoroutes ne doit donc pas être analysé isolément. Il s’inscrit dans une vision plus large de l’aménagement du territoire et du développement national.
La Tunisie a besoin d’un réseau de transport moderne permettant de mieux connecter ses différentes régions et de favoriser une circulation plus fluide des personnes, des marchandises et des investissements. Dans cette perspective, les infrastructures deviennent un instrument de réduction des disparités. Elles permettent de rapprocher les régions de l’intérieur des centres économiques et d’offrir aux populations de nouvelles possibilités. La politique d’infrastructure rejoint ainsi directement la politique sociale.
La décision du gouvernement marque donc une étape dans la gestion du réseau autoroutier tunisien, mais elle ouvre surtout une nouvelle phase de responsabilité. Il faudra désormais veiller à la conclusion des nouveaux contrats, au respect des engagements du concessionnaire, à l’accélération des travaux de l’A2 et à la qualité du service offert aux usagers. L’objectif final doit rester clair : faire de l’infrastructure un outil au service du citoyen et du développement.
En définitive, l’autoroute Tunis-Jelma ne doit pas être considérée comme une simple route reliant deux points sur une carte. Elle doit être pensée comme un trait d’union entre les régions, entre les populations et entre les différentes composantes de l’économie nationale. En accélérant sa réalisation et en assurant une exploitation efficace et maîtrisée, l’État ne fait pas seulement œuvre d’aménagement, il contribue à réduire les distances, à rapprocher les territoires et à renforcer l’équité sociale. C’est dans cette capacité à transformer les grands investissements publics en progrès quotidiens pour les citoyens que pourra se mesurer concrètement l’effort engagé sous l’impulsion du président Kaïs Saïed pour construire un développement plus équilibré et plus solidaire.

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