HRW dénonce la «répression de la société civile» en Tunisie
La Tunisie a progressivement restreint l’espace d’action de la société civile par le biais d’arrestations, de poursuites judiciaires, d’enquêtes financières et de suspensions d’associations, dénonce Human Rights Watch (HRW) dans le rapport intitulé «We are living on borrowed time: repression of civil society in Tunisia» (Nous vivons en sursis : répression de la société civile en Tunisie), publié le 2 septembre 2026.
Selon HRW, depuis 2024, au moins 47 personnes liées à des organisations de la société civile ont été poursuivies et au moins 14 ont été condamnées à des peines de prison lors de procès tenus en 2025 et 2026.
L’organisation affirme également avoir recensé au moins 20 associations suspendues entre 2025 et 2026, parmi lesquelles la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), I Watch et Avocats Sans Frontières (ASF).
HRW critique notamment le recours au décret n° 88 de 2011 relatif aux associations ainsi que les enquêtes sur les financements étrangers, estimant que ces outils administratifs et judiciaires sont utilisés de manière disproportionnée à l’encontre d’organisations indépendantes.
Le président Kaïs Saïed a dénoncé à plusieurs reprises le poids des financements étrangers auprès des ONG, soulignant la nécessité de préserver la souveraineté nationale.
Les autorités tunisiennes ont également rappelé aux associations l’obligation de déclarer l’origine, le montant et la destination des fonds reçus de l’étranger.
HRW demande à Tunis de mettre fin aux restrictions sur la liberté d’association et de libérer les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement, selon ses termes.
I. B.
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