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Startups tunisiennes: où sont passés les investisseurs?

13. Oktober 2026 um 10:33

La Tunisie reste en retrait dans la course aux financements des startups. A dire vrai, l’Arabie saoudite redevient le premier marché du financement des startups au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Selon les données de Wamda, au troisième trimestre 2026, les entreprises du royaume ont levé près d’un milliard de dollars, devant les Émirats arabes unis, avec 507 millions, et l’Égypte, avec 56,4 millions. Ces chiffres montrent que les investissements restent concentrés sur quelques entreprises et que les écarts entre les marchés sont importants.

Au total, les startups de la région MENA ont levé 1,65 milliard de dollars entre juillet et septembre 2026, selon le rapport de Wamda publié le 12 octobre. C’est plus du double du montant enregistré au deuxième trimestre, en hausse de 108 %. Pourtant, les financements restent inférieurs de 63 % à ceux du troisième trimestre 2025. Le marché a rebondi en trois mois, mais il n’a pas retrouvé son niveau de l’année précédente.

L’Arabie saoudite arrive en tête avec près d’un milliard de dollars levés en 62 opérations. Au deuxième trimestre, les startups saoudiennes n’avaient réuni que 102 millions de dollars. Cette forte hausse repose surtout sur la fintech, qui a attiré 815,8 millions de dollars en 16 opérations. L’e-commerce suit avec 98 millions, puis la proptech avec 50,3 millions.

Trois opérations expliquent une grande partie de ce résultat. Barq a levé 329,5 millions de dollars, Tabby 233 millions et Lendo 200 millions sous forme de dette. Ensemble, ces financements représentent 762,5 millions de dollars, soit environ 75 % du total saoudien.

Autrement dit, la première place du royaume tient largement à ces trois entreprises. Cela ne signifie pas que les autres startups ne trouvent pas de financement, mais leurs opérations pèsent beaucoup moins dans le bilan national. Pour mesurer la vitalité d’un écosystème, il faut donc regarder non seulement le montant total levé, mais aussi le nombre d’entreprises qui accèdent aux capitaux.

Les Émirats arabes unis occupent la deuxième place avec 507 millions de dollars réunis en 41 opérations. Le montant a reculé de 14 % par rapport au trimestre précédent, où les startups avaient levé 591,3 millions de dollars. La mobilité arrive en tête des secteurs financés, avec 250 millions de dollars, devant la fintech, à 164,3 millions, et la healthtech, à 25,2 millions.

Là encore, deux entreprises ont pesé lourd. Moove a levé 250 millions de dollars en série C et Fasset, 68 millions lors d’un tour de table de série C. À elles deux, elles représentent 318 millions de dollars, soit près de 63 % du total émirien. Sans ces deux opérations, les financements seraient tombés à 189 millions de dollars.

Les chiffres montrent que les Émirats restent capables d’attirer de gros investissements, notamment vers des entreprises déjà avancées dans leur développement. Mais ils montrent aussi que le résultat d’un trimestre peut dépendre de quelques levées de fonds. Le montant global ne permet pas, à lui seul, de savoir si les startups plus jeunes ont davantage de facilité à financer leurs projets.

L’Égypte reste troisième, mais les montants sont nettement plus faibles. Les startups du pays ont levé 56,4 millions de dollars en 15 opérations, contre 72,6 millions au deuxième trimestre, soit une baisse de 22 %. Le financement de Paymob explique une grande partie de cette activité. Le fournisseur d’infrastructures de paiement a levé 35 millions de dollars en pré-série C, soit environ 62 % du total égyptien. Sans cette opération, les startups du pays n’auraient réuni que 21,4 millions de dollars.

La fintech domine également en Égypte, avec 45 millions de dollars levés. L’edtech a attiré 3 millions et les infrastructures liées au commerce électronique, 2,8 millions. Le pays conserve donc une activité de financement, mais les montants restent limités et reposent largement sur une seule entreprise.

À l’échelle régionale, la fintech est le principal secteur financé. Elle a attiré environ 1,03 milliard de dollars au troisième trimestre, soit près de 62 % du total. La mobilité arrive en deuxième position avec 285 millions de dollars, suivie de l’e-commerce, à 105,6 millions. Cette répartition montre où se dirigent les capitaux, mais elle souligne aussi le poids de quelques secteurs dans les choix des investisseurs.

Le stade de développement des entreprises joue également un rôle. Les startups déjà avancées ont levé 606 millions de dollars en sept opérations. Celles qui se trouvent en phase de démarrage ont réuni 505,4 millions à travers 94 opérations. Les entreprises les plus matures attirent donc des montants importants en quelques transactions, tandis que les financements des jeunes pousses se répartissent entre un nombre bien plus élevé de projets.

Pour les entrepreneurs, ces données rappellent qu’il ne suffit pas de regarder les montants levés dans un pays pour évaluer les possibilités de financement. Le secteur d’activité, le niveau de développement de l’entreprise et le type d’investisseurs recherchés comptent aussi. Une startup en phase de démarrage n’a pas les mêmes besoins ni les mêmes possibilités qu’une entreprise qui prépare son expansion.

L’accès aux capitaux reste par ailleurs très inégal entre les équipes fondatrices. Les startups dirigées par des femmes ont levé 12,7 millions de dollars, soit moins de 1 % du total régional. Les entreprises fondées par des équipes mixtes ont obtenu 15,9 millions de dollars, tandis que celles dirigées par des hommes ont réuni 1,62 milliard de dollars.

Au troisième trimestre, l’Arabie saoudite s’impose donc grâce à quelques opérations majeures dans la fintech. Les Émirats restent un marché important, porté notamment par la mobilité, tandis que l’Égypte enregistre un recul. La hausse des financements régionaux est bien réelle par rapport au trimestre précédent. Reste à voir si elle profitera à davantage de startups ou si les prochains mois confirmeront le poids dominant de quelques grandes entreprises.

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Sécurité des mineurs: le ministère des TIC “bloque” certains usages d’Internet pour les Tunisiens

07. Oktober 2026 um 10:13

En Tunisie, la protection des enfants sur Internet ne relève plus uniquement des parents. Une décision de l’Instance nationale des télécommunications (INT), prise le 10 juin 2026, selon l’agence TAP, impose désormais aux fournisseurs de services Internet de mettre à disposition un minimum d’outils de contrôle parental. Le ministère des Technologies de la communication vient d’en annoncer la mise en œuvre.

Le dispositif prévoit d’abord des fonctions assez classiques, mais désormais intégrées au cadre imposé aux fournisseurs. La même source indique que les parents doivent pouvoir bloquer l’accès à certains sites à partir de listes noires, identifier les appareils connectés à leur réseau et gérer leur accès. Ils pourront également définir des plages horaires pendant lesquelles Internet reste accessible.

Encore faut-il que les familles sachent que ces outils existent et puissent les utiliser. Les fournisseurs devront donc informer leurs abonnés sur les fonctionnalités disponibles, leurs modalités d’activation et de désactivation, ainsi que leur utilisation. Un guide ou un document de configuration devra leur être fourni.

Le texte ouvre aussi la porte à des solutions plus avancées, notamment des applications ou des plateformes de contrôle parental. Si ces services sont payants, leur coût devra être intégré à la facture d’abonnement et l’abonné pourra résilier le service à tout moment. Les contrats devront par ailleurs comporter une clause consacrée à la protection des enfants.

Cette décision intervient dans un contexte où l’accès des mineurs au numérique est devenu beaucoup plus difficile à encadrer. Un filtre installé sur la connexion familiale ne couvre pas, à lui seul, les usages effectués depuis un smartphone, une autre connexion Wi-Fi ou un autre appareil. Et surtout, une partie des risques ne vient plus uniquement des sites consultés, mais des plateformes et de leurs mécanismes de recommandation.

C’est précisément sur ce terrain que l’Union européenne a choisi d’aller plus loin. Dans le cadre du Digital Services Act, la Commission européenne a publié en juillet 2025 des lignes directrices consacrées à la protection des mineurs. Elles portent notamment sur la vérification de l’âge, les paramètres de confidentialité, les systèmes de recommandation et les fonctionnalités susceptibles d’encourager une utilisation excessive des services numériques. Les plateformes sont directement visées. La Commission recommande notamment de réduire l’exposition des mineurs aux contenus préjudiciables dans les systèmes de recommandation et de faciliter le blocage ou la dissimulation d’autres utilisateurs.  

Au Royaume-Uni, c’est pareil. Son Online Safety Act impose aux services numériques des mesures de protection des enfants, notamment des dispositifs de vérification de l’âge. Depuis juillet 2025, certains services en ligne doivent ainsi mettre en place des contrôles d’âge jugés suffisamment efficaces par le régulateur Ofcom.

Par ailleurs, pour les fournisseurs tunisiens, le changement est surtout opérationnel. Ils doivent désormais intégrer cette nouvelle exigence dans leurs offres et dans la relation avec leurs abonnés. Certains disposent déjà de solutions similaires. Orange Tunisie propose notamment un contrôle parental permettant de gérer les appareils connectés, de définir des horaires d’accès et de bloquer certains sites.

Le point à surveiller sera désormais l’utilisation réelle de ces outils. Leur efficacité dépendra autant de leur simplicité que de leur visibilité auprès des parents. Un dispositif compliqué à configurer ou mal expliqué risque de rester inutilisé.

 

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