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Beyrouth suspendue à un appel entre Trump et Netanyahu

02. Juni 2026 um 08:47

Donald Trump a-t-il empêché une frappe israélienne sur Beyrouth ? Depuis lundi soir, plusieurs médias américains et moyen-orientaux décrivent une intervention directe du président américain auprès de Benjamin Netanyahu pour éviter une nouvelle escalade au Liban, alors que les tensions entre Israël et le Hezbollah menaçaient de s’étendre jusqu’à la capitale libanaise.

Selon Axios, Donald Trump aurait vivement réprimandé le Premier ministre israélien lors d’un échange téléphonique particulièrement tendu, après l’annonce par Israël d’une possible extension de ses frappes vers la banlieue sud de Beyrouth. Le média américain, cité également par Al Jazeera, affirme que le président américain aurait personnellement contribué à bloquer le projet israélien.

Trump revendique un rôle direct dans l’apaisement

Donald Trump a lui-même déclaré avoir demandé à Benjamin Netanyahu de ne pas étendre les opérations militaires à Beyrouth. Le président américain a également affirmé avoir obtenu, via des intermédiaires, un engagement du Hezbollah à cesser ses tirs contre Israël.

« Il n’y aura pas de troupes allant à Beyrouth », a assuré Trump devant la presse américaine, affirmant que les discussions se poursuivaient afin d’éviter une extension régionale du conflit.

Ces déclarations marquent une implication inhabituelle et très directe de Washington dans la gestion tactique du front libanais, alors même que les affrontements se poursuivent dans le sud du Liban.

Netanyahu maintient la menace sur Beyrouth

Le bureau de Benjamin Netanyahu a toutefois rapidement nuancé les propos américains. Dans un communiqué, le Premier ministre israélien a affirmé que l’armée continuerait « d’opérer comme prévu dans le sud du Liban » et que Beyrouth pourrait être visée si les tirs du Hezbollah se poursuivaient contre Israël.

Autrement dit, Israël n’abandonne pas officiellement l’option d’une frappe contre la capitale libanaise, même si l’intervention américaine semble avoir temporairement gelé cette perspective.

Sur le terrain, l’agence nationale libanaise ANI rapporte que des frappes israéliennes se poursuivaient dans le sud du pays dans la nuit de lundi à mardi, faisant plusieurs blessés.

Selon le ministère libanais de la Santé publique, les frappes israéliennes au Liban ont fait 3433 morts et 10.395 blessés depuis le 2 mars. Plus d’un million de personnes auraient également été déplacées par le conflit, selon l’ONU et plusieurs médias internationaux.

L’Iran menace de quitter les négociations avec Washington

Derrière la crise libanaise apparaît surtout le dossier iranien.

Selon plusieurs sources régionales, Téhéran a averti Washington qu’une poursuite de l’escalade israélienne au Liban pourrait compromettre les discussions en cours entre les États-Unis et l’Iran.

Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur iranien et président du Parlement, a déclaré avoir informé le président du Parlement libanais Nabih Berri que si « l’agression contre le Liban continue », l’Iran pourrait non seulement suspendre les négociations avec Washington, mais aussi entrer « en confrontation directe avec l’ennemi ».

Cette pression iranienne semble avoir pesé dans la décision américaine de freiner Israël. Malgré ces menaces, Donald Trump a assuré que les discussions avec Téhéran continuaient « à un rythme rapide ».

Netanyahu fragilisé jusque dans sa majorité

En Israël, cette séquence provoque déjà des tensions politiques.

Des responsables de la droite israélienne et de la coalition gouvernementale reprochent à Netanyahu d’avoir cédé à la pression américaine après avoir annoncé une escalade militaire.

Plusieurs médias israéliens proches du camp nationaliste dénoncent un recul stratégique qui permettrait au Hezbollah de se réorganiser, même dans un contexte régional marqué par l’affaiblissement de l’Iran.

L’image d’un Netanyahu annonçant des frappes sur Beyrouth avant de devoir temporiser après un appel de Donald Trump pourrait laisser des traces durables dans le débat politique israélien.

Un conflit libanais désormais lié au dossier nucléaire iranien

Au-delà du Liban, cette séquence montre surtout que le dossier libanais est désormais directement connecté aux négociations américano-iraniennes.

Pour Washington, une extension de la guerre vers Beyrouth pourrait faire dérailler les discussions avec Téhéran et ouvrir une nouvelle phase d’instabilité régionale.

Le Liban apparaît ainsi de plus en plus comme un levier indirect dans le bras de fer entre les États-Unis, Israël et l’Iran, à un moment où la région reste suspendue à l’évolution des négociations stratégiques entre Washington et Téhéran.

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‘‘Alouette, jolie alouette’’ de Habib Selmi | Les petits mystères du quotidien

31. Mai 2026 um 08:38

Même s’il n’est pas honoré comme il le mérite dans son propre pays, où il passerait presque inaperçu dans la rue, Habib Selmi reste le romancier tunisien le plus en vue, le plus lu et le plus célébré à l’étranger. Il est, en tout cas, l’auteur arabophone tunisien le plus traduit dans les langues du monde et le plus publié à l’étranger. Dans son nouveau roman ‘‘أيتها القبرة’’ (Alouette, jolie alouette !), paru aux éditions Dar Al Adab (Beyrouth, 2025, 229 pages), on retrouve ses atmosphères intimistes où les éléments du quotidien finissent par se draper d’un voile de mystère et d’étrangeté.

Ridha Kefi

On retrouve aussi dans ce treizième roman les thématiques chères au romancier, professeur d’arabe de son état qui vit à Paris depuis le début des années 1980 : la douce douleur de l’exil, la nostalgie de l’enfance, dans le village d’El Âla, au cœur de la campagne kairouanaise, et le choc des cultures, exprimé chez lui sans animosité ni violence, comme une quête de soi à travers l’autre, comme une volonté de savoir et un besoin de reconnaissance.

A travers la multiplicité des personnages, la complexité des situations et la diversité des destins qu’il raconte, on retrouve toujours dans ses romans, au fil des mots, des éléments autobiographiques, mais qui sont soigneusement noyés dans le cours de la narration. En fait, Habib Selmi ne fait que se raconter lui-même, exprimer ses désirs, ses frustrations et son angoisse de la mort qui rode partout dans ses récits, mais sans se découvrir vraiment, en se glissant, subrepticement et imperceptiblement, dans la peau de ses personnages.

Dans ce nouveau roman, le narrateur prénommé Mohamed est un sexagénaire, Tunisien vivant en France depuis des décennies, marié à une Française et père d’un enfant lui-même marié et qui lui a donné un petit-enfant. C’est un retraité solitaire, imaginatif, suspicieux et rêveur qui vient de perdre son épouse et tente de lui survivre, difficilement, en cherchant à donner un sens à tous ses faits et gestes. S’il se donne pour mission de s’occuper de Jocelyne, sa belle-mère nonagénaire qui vit seule dans un village loin de Paris, c’est par respect pour la mémoire de la défunte Dominique. Mais peu à peu, sa relation avec la vieille dame prend une tournure inattendue : l’intérêt succédant à la curiosité, ses allers-retours entre Paris et Le Tronchet deviennent un pèlerinage quasi-hebdomadaire.

Entre aveux, confessions et silences, les dits et non-dits des deux complices finissent par donner une certaine densité aux petits mystères du quotidien. L’intrusion d’un troisième personnage, Bernard, dans la vie de cet improbable «couple» vient perturber l’ordre précaire où Mohamed a semblé, un moment, se complaire, avant que la mort ne vienne, encore une fois, remettre les choses à leur place.

A soixante-dix ans passés, Habib Selmi traite désormais des thématiques de son âge : la vieillesse, le corps qui lâche, le désir toujours vif, le cœur qui résiste et la mort tapie dans tous les coins. Mais sa réflexion est légère, calme, apaisée, sereine et lumineuse, celle de l’acceptation du temps qui fuit et du monde qui vacille.

Un roman d’une rare sensibilité qui vous tient en haleine sans véritable intrigue, rien que le mystère recommencée de la vie. Merci Habib Selmi, et continuez de nous émouvoir par les petits riens qui illuminent nos vies comme cette alouette posée sur le rebord de la fenêtre qui ouvre et ferme le roman.

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Explosions à Téhéran et frappes à Beyrouth : L’escalade militaire se poursuit

De fortes explosions ont été signalées dans plusieurs quartiers de Téhéran alors que le conflit opposant l’Iran, Israël et les États-Unis se poursuit pour la onzième journée consécutive. Des journalistes de l’Agence France-Presse ont notamment fait état de détonations entendues dans le nord et l’ouest de la capitale iranienne, déjà visée par plusieurs vagues de frappes ces derniers jours.

Selon plusieurs médias internationaux, les bombardements ont notamment ciblé des infrastructures énergétiques, dont des dépôts pétroliers et des installations liées au soutien logistique militaire iranien, provoquant d’importants incendies et d’épaisses colonnes de fumée visibles au-dessus de la ville.

Les autorités iraniennes accusent de leur côté les États-Unis et Israël d’avoir frappé près de 10 000 sites civils dans le pays et d’avoir causé la mort de plus de 1 300 civils depuis le début de la guerre. Ces chiffres ont été avancés par le représentant iranien auprès des Nations unies et n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Un immeuble visé au centre de Beyrouth

Au Liban, Israël a mené de nouvelles frappes sur Beyrouth et sa banlieue sud, bastion du Hezbollah soutenu par l’Iran. Pour la deuxième fois depuis le début de la guerre début mars, le centre de la capitale libanaise a été touché.

Selon l’agence officielle libanaise ANI, un appartement situé dans le quartier d’Aïcha Bakkar, au cœur de Beyrouth, a été frappé. Parallèlement, un raid qualifié de « violent » a visé la banlieue sud de la capitale, une zone régulièrement ciblée ces derniers jours en raison de la présence d’infrastructures du Hezbollah.

Des images diffusées par des médias internationaux montrent d’importantes colonnes de fumée s’élevant au-dessus des zones touchées. L’armée israélienne affirme pour sa part viser des positions et des infrastructures appartenant au mouvement chiite.

Depuis le lancement de l’offensive début mars, les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 500 morts, selon des chiffres officiels, et provoqué un déplacement massif de population. Les autorités libanaises estiment que plus de 759 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile.

Interceptions de missiles dans le Golfe

Dans la nuit, des missiles iraniens ont déclenché des sirènes d’alerte à Tel-Aviv et dans le centre d’Israël, tandis que les échanges de tirs entre l’armée israélienne et le Hezbollah se poursuivent le long de la frontière libanaise.

Les contre-attaques iraniennes se poursuivent également dans la région. Le Koweït, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont annoncé avoir intercepté plusieurs missiles et drones au cours des dernières heures.

Dans le même temps, l’armée américaine affirme avoir détruit 16 navires iraniens capables de poser des mines, après que le président américain Donald Trump a averti que toute tentative de perturber le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz entraînerait de graves conséquences.

Alors que les opérations militaires s’intensifient sur plusieurs fronts, la crainte d’un élargissement du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient continue de grandir.

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