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Sahara : l’illusion d’une eau infinie face à une catastrophe annoncée

01. Mai 2026 um 08:00

Le discours officiel se veut rassurant. Pourtant, derrière la rhétorique d’« exploitation équitable », se dessine un scénario bien plus inquiétant autour des eaux souterraines du Sahara septentrional.

Selon la « Déclaration de Tripoli », annoncée le 29 avril, la Libye, l’Algérie et la Tunisie promettent une gestion « rationnelle et équitable » d’une ressource présentée comme colossale au Sahara. A savoir plus de 40 000 milliards de mètres cubes d’eau. Mais cette abondance affichée masque une réalité beaucoup plus alarmante. En effet, il s’agit en grande partie d’eau fossile, donc non renouvelable à l’échelle humaine. Autrement dit, chaque prélèvement rapproche un peu plus cette réserve d’un épuisement irréversible. C’est ce qu’écrit la chaîne publique France24 se basant sur une dépêche de l’AFP.

Ce système aquifère, qui serait l’un des plus vastes au monde, est exploité depuis des siècles – et de manière de plus en plus agressive. Les forages modernes, pouvant atteindre 1 000 mètres de profondeur, accélèrent une dynamique que les experts décrivent déjà comme dangereuse. « Sous couvert de coopération, les États institutionnalisent en réalité un partage organisé… de la pénurie future ».

Le « mécanisme de concertation » annoncé (basé sur des modèles mathématiques attribuant des quotas) est présenté comme une avancée. Toutefois, une question fondamentale demeure : peut-on vraiment répartir équitablement une ressource qui disparaît ? « La mise en place d’un système de quote-part risque surtout de légitimer une surexploitation encadrée, plutôt que de l’enrayer. Les engagements à surveiller les niveaux d’eau et la pollution ressemblent davantage à des garde-fous tardifs qu’à une stratégie préventive solide » souligne la même source.

Kaïs Saïed, Abdelmadjid Tebboune et Mohamed el-Menfi, les dirigeants des trois pays concernés, invoquent « le changement climatique et la hausse de la demande en eau pour justifier cette coopération ». Mais ces mêmes facteurs rendent justement l’exploitation de cette nappe encore plus risquée. « Dans une région déjà frappée par le stress hydrique, accélérer le pompage d’une réserve non renouvelable pourrait précipiter une crise majeure ».

La situation est particulièrement critique en Libye, où plus de 90 % du territoire est désertique. D’où la grande dépendance du pays à la Grande rivière artificielle, un projet gigantesque lancé sous Mouammar Kadhafi, qui transfère cette eau fossile vers les zones habitées. Ce modèle, longtemps présenté comme une prouesse technique, apparaît aujourd’hui comme un pari dangereux sur une ressource finie.

Enfin, les chiffres eux-mêmes appellent à la prudence : si 62 % des réserves se trouvent en Algérie, 30 % en Libye et seulement 8 % en Tunisie, une grande partie de cette eau n’est pas exploitable. L’illusion d’abondance pourrait donc masquer des tensions géopolitiques croissantes à mesure que la ressource se raréfie.

En somme, loin d’être une simple coopération régionale, cet accord pourrait bien marquer le début d’une course contre la montre. Et peut-être aussi d’un futur conflit silencieux autour de l’eau.

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