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Bruxelles sous tension : choc frontal pour un budget XXL

30. April 2026 um 12:05

Le Parlement européen a placé la barre très haut pour le prochain budget septennal de l’Union européenne (2028-2034), en approuvant, à une large majorité, sa position de négociation et en lançant une confrontation institutionnelle particulièrement ardue avec les États membres. Les eurodéputés réclament un budget supérieur à 2 000 milliards d’euros, soit 1,38 % du PIB de l’UE, contre 1,26 % proposés par la Commission.

La position des députés européens repose essentiellement sur la nécessité d’un budget plus ambitieux et plus solide, véritable outil d’investissement. Ils réclament près de 200 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour soutenir l’agriculture, les régions et la compétitivité industrielle, ainsi qu’un renforcement des financements alloués à l’innovation, à la transition écologique et numérique, à la défense et à l’éducation.

Dans le même temps, ils rejettent le modèle « un plan par État membre » promu par la Commission, avertissant qu’une telle approche nuirait à la cohésion, et insistent sur le maintien de fonds distincts pour la politique agricole commune, la cohésion et le Fonds social européen.

L’enjeu est donc de taille, car l’UE est appelée à poursuivre ses politiques de cohésion traditionnelles. Par ailleurs, le remboursement de la dette du fonds de relance NextGenerationEU débutera en 2028, et le Parlement souhaite qu’il soit hors plafond de dépenses. Ce qui accroît encore les besoins budgétaires.

Dans ce contexte, les députés européens réclament de nouvelles ressources propres pour l’UE, notamment provenant des services numériques et des grandes entreprises technologiques, afin de financer le budget sans faire peser une charge excessive sur les contributions nationales.

Les négociations s’annoncent particulièrement difficiles, car la décision finale requiert l’unanimité du Conseil, où des pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas sont favorables à un budget plus limité et à une discipline budgétaire accrue.

Nouvelles et anciennes priorités, dettes et contributions nationales dans l’équation

Face à ces « pressions », la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné que l’« équation » du prochain budget est inévitablement complexe : il faut accroître les investissements dans les priorités nouvelles et anciennes, rembourser la dette et, simultanément, limiter les contributions nationales. Selon elle, la seule solution réaliste est la création de nouvelles ressources propres. « Sans elles, a-t-elle averti, le choix est clair : soit augmenter les contributions nationales, soit réduire les capacités budgétaires, c’est-à-dire réduire l’Europe à un moment où elle en a plus que jamais besoin ».

Chypre, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, devrait présenter en juin un premier cadre de négociation (negobox) assorti de chiffres indicatifs. Officiellement, l’objectif est de conclure les négociations d’ici la fin de l’année, même si plusieurs diplomates européens jugent ce calendrier trop optimiste.

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