Investir en France : réussite tunisienne ou aveu de blocage local ?
Pour la sixième année consécutive, la Tunisie s’impose comme premier investisseur africain en France en nombre de projets, un fait peu médiatisé mais révélateur d’un repositionnement stratégique du capital tunisien à l’international. Selon le politologue dans un post sur sa page Facebook, Sami Jallouli, plus de 120 entreprises tunisiennes sont aujourd’hui implantées en France, plaçant le pays au 17e rang mondial des investisseurs étrangers dans l’Hexagone.
Ces entreprises, actives dans les technologies numériques, l’ingénierie ou les services, traduisent une montée en gamme du tissu économique tunisien. Loin de l’image d’une économie dépendante des capitaux étrangers, elles illustrent une capacité réelle d’expansion dans des marchés compétitifs. La France sert ici de plateforme d’accès aux marchés européens et internationaux, tandis que la Tunisie reste un socle pour la recherche et développement (R&D).
D’ailleurs, au-delà de l’Hexagone, cette dynamique s’étend à des hubs comme Paris, Londres ou Dubaï, ainsi qu’à plus de seize pays d’Afrique subsaharienne, notamment Côte d’Ivoire, Sénégal et Cameroun. Les secteurs investis vont de la santé à la logistique, en passant par l’agroalimentaire et les services financiers.
Toutefois, derrière cette performance se cacherait une réalité plus critique. Si les entreprises tunisiennes investissent en France, c’est aussi en raison des limites structurelles du marché local : instabilité réglementaire, accès difficile au financement et faible profondeur du marché intérieur. C’est ce qu’affirment certains investisseurs en quête de meilleurs climats d’affaires. L’expansion extérieure apparaît alors moins comme un choix que comme une nécessité.
Ainsi, ce leadership africain, bien que remarquable, interroge : reflète-t-il une puissance économique émergente ou une fuite stratégique vers des environnements plus favorables ? Cette question devrait, à notre avis, être analysée de plus près par les autorités compétentes, en vue, peut-être, d’apporter la ou les réponses nécessaires.
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