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Heute — 01. April 2026Haupt-Feeds

Tourisme alternatif : en finir avec la niche pour conquérir le grand public

Parce que le tourisme alternatif doit profiter au plus grand nombre de touristes au-delà du cercle des initiés, la Fi2T veut compter sur les agences de voyage pour la démocratisation du tourisme d’expérience.

Comment vulgariser le tourisme alternatif en Tunisie ? Partant du constat évident qu’il s’agit d’un gisement touristique à fort potentiel, la Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien (Fi2T) veut amorcer un rapprochement porteur de sens entre les hébergements de charme et les agences de voyages classiques spécialisées dans l’organisation de circuits et excursions.

L’objectif étant de structurer l’offre alternative pour l’intégrer durablement dans les circuits de distribution traditionnels d’une part et lever d’autre part les verrous réglementaires qui freinent encore l’essor du secteur.

Un déficit d’information malgré une offre d’excellence

La destination peut s’enorgueillir de disposer désormais d’un parc particulièrement riche et diversifié d’hébergements alternatifs.

Des maisons d’hôtes en bord de mer ou au cœur des médinas et des villes aux gîtes ruraux nichés dans les montagnes, ces structures ne se contentent plus d’offrir un toit pour les visiteurs de passage ; elles vendent une immersion.

Ateliers de poterie, démonstrations culinaires ou récolte de miel : l’expérience est au cœur du produit.

Lire aussi: Hébergements touristiques alternatifs : les dernières retouches avant l’adoption du nouveau cadre juridique 

Pourtant, un décalage persiste. Si les agences de voyages sont en quête perpétuelle de renouvellement pour leurs portefeuilles clients, elles se heurtent à un déficit d’information du segment.

D’où la nouvelle orientation qui a été lancée hier à Tunis dans le cadre d’une action intitulée Tunisia Slow Travel. « Il s’agit d’une initiative destinée à renforcer les relations commerciales entre acteurs pour connaître les structures agréées et leurs capacités », explique Ahmed Oubaia, président du groupement des agences de voyages au sein de la Fi2T.

L’urgence des nouveaux cahiers des charges

Le principal frein à cette synergie reste d’ordre administratif. Pour intégrer une étape « alternative » dans un circuit, les agences doivent obtenir des visas préalables, souvent impossibles à obtenir pour des sites non encore homologués. Cette zone grise juridique place de nombreuses unités dans une situation d’illégalité involontaire.

Nebil Sinaoui, président du Groupement professionnel des hébergements alternatifs à la Fi2T, ne cache pas les enjeux : « Les hébergements alternatifs peuvent apporter des résultats exceptionnels aux opérateurs traditionnels. Au-delà des difficultés, il faut résister pour relever les défis ». Le salut viendra sans aucun doute de la publication, attendue avec impatience par toute la profession, des nouveaux cahiers des charges qui seraient actuellement au niveau de la Présidence du Gouvernement.

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Nebil Sinaoui (au micro) et Houssen Ben Azouz lors de l’ouverture de la rencontre nationale BtoB avec les agences de voyage.

Une plateforme vitrine

Pour pallier le manque de visibilité, la fédération passe à l’offensive numérique. Dans une quinzaine de jours, une plateforme internet regroupant l’ensemble de l’offre (maisons, gîtes et tables d’hôtes) sera mise en ligne. Soutenu par le projet Bioted et le ministère de l’Agriculture, cet outil est présenté par Marwen Noureddine comme le futur hub de référence du secteur.

Houssem Ben Azouz, président de la Fi2T, précise la feuille de route : « Dans une première étape, il s’agira d’un site vitrine, avec pour ambition future d’y intégrer les transactions (réservation et paiement) ».

Sortir du « mass market »  

Le constat des experts de terrain est sans appel. Amel Jaiet, propriétaire de Dar Jebel et consultante auprès de la Fi2T, pointe l’obsolescence de certains modèles : « Nos circuits sont les mêmes, pourtant la Tunisie et les touristes ont changé. Le nouveau voyageur ne veut plus seulement voir, il veut vivre et se connecter ».

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Amel Jaiet lors du workshop de Networking a proposé de « designer des expériences, ouvrir une académie de la maison d’hôtes ou encore créer une banque d’expériences partagées.»

Dans la foulée, elle alerte également sur une sous-valorisation flagrante du produit tunisien. À titre de comparaison, elle évoque l’exemple d’une excursion vendue 20 DT à Tozeur qui se négocie l’équivalent de 170 DT à Dubaï. « Des marqueurs de notre ADN nous échappent », prévient-elle, citant des pays comme le Maroc ou le Portugal qui ont su faire évoluer leur récit touristique au cours de la dernière décennie notamment.

En unissant leurs forces, agences de voyages et acteurs de l’alternatif espèrent créer un contrepoids suffisant pour inciter les autorités à libérer le secteur de ses contraintes institutionnelles. L’enjeu est clair : transformer le potentiel en produit, et le produit alternatif en croissance pérenne.

©Destination Tunisie

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Hébergements touristiques alternatifs : les dernières retouches avant l’adoption du nouveau cadre juridique  

La préparation des cahiers des charges relatifs à la création et à l’exploitation des maisons d’hôtes, des gîtes ruraux, des motels et des campements arrive au stade final. Les dernières modifications apportées dans le cadre d’une concertation entre les professionnels et les représentants des ministères concernés seront examinées avant l’adoption finale et leur mise en application.

Les promoteurs et les investisseurs dans l’hébergement touristique alternatif vont-ils finalement voir le bout du tunnel ? Depuis de nombreuses années, ils souffrent de l’absence d’un cadre juridique propre à eux facilitant l’investissement dans ce secteur ou l’exploitation de leurs établissements. Plusieurs parmi eux ont été contraints d’exercer hors du secteur formel. D’autres ont vu leurs activités suspendues à cause de la complexité des procédures administratives ou d’une fausse interprétation des textes juridiques éparpillés, voire contradictoires parfois.

Voulant mettre fin à leur galère, l’administration en contribution avec les professionnels se penche depuis des mois sur la préparation des nouveaux cahiers des charges régissant les activités notamment des chambres d’hôtes, des gîtes ruraux, des campements touristiques et des motels. Leur préparation arrive à la dernière étape avant leur mise en application.

Une conférence nationale s’est tenue le 16 avril à Tunis en présence du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiène Tekaya, du nouveau directeur général de l’ONTT, Mohamed Mehdi Haloui, et des représentants des fédérations professionnelles du tourisme et des différents ministères concernés, autour de ce sujet. L’événement s’est consacré à la discussion des dernières modifications à apporter aux cahiers des charges avant de les adopter et de leur mise en application. Quatre ateliers composés chacun des représentants des différentes parties prenantes se sont donc penchés sur l’examen des différents articles et la relecture des divers textes suggérés.

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Le ministre du Tourisme lors du coup d’envoi des travaux du séminaire réunissant les responsables de l’ONTT avec les promoteurs d’hébergements alternatifs.

16 autorisations seront supprimées

Le ministre du tourisme est revenu dans son intervention lors de la conférence sur les difficultés rencontrées par de nombreux promoteurs dans l’hébergement touristique alternatif à cause de l’absence d’un cadre juridique clair relatif à l’exercice de leurs activités. Il a rappelé, par la même occasion, que des commissions ont été créées au niveau national et régional pour travailler sur le projet des cahiers des charges relatifs à l’hébergement touristique alternatif avec une approche participative entre le public et le privé.

Pour le ministre, le nouveau cadre juridique devra prendre en considération les exigences actuelles de l’hébergement touristiques afin de libérer le potentiel des jeunes promoteurs, de leur fournir un climat favorable et pour qu’ils puissent lancer des initiatives susceptibles de satisfaire les attentes des touristes et des investisseurs. « Environ 16 autorisations seront supprimées avec la mise en application de ce nouveau cadre juridique », a-t-il déclaré.

Invitation aux promoteurs pour rejoindre le secteur formel

Un appel a été, en outre, lancé par le ministre aux promoteurs travaillant hors du cadre réglementaire afin de déclarer leurs activités et de régulariser leur situation. « Une liste de procédures à entreprendre pour rejoindre le secteur organisé sera publiée prochainement », a-t-il ajouté. Dans la même politique portant sur la simplification des procédures, une nouvelle plateforme digitale interactive dédiée au secteur touristique est en phase de préparation au niveau du ministère dans le but de développer le secteur et de promouvoir les établissements touristiques.

Le directeur général de l’ONTT a, de son côté, indiqué que l’objectif ultime des nouveaux cahiers des charges est de simplifier les procédures et d’inciter l’investissement dans le secteur touristique. Il s’agira de même de développer l’hébergement touristique particulièrement alternatif.

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Quant aux représentants des fédérations professionnelles, ils ont exprimé leur engagement dans ce nouveau processus en soulignant l’importance du tourisme alternatif qui fait l’objet d’une croissance accélérée en considérant que le cadre juridique est tenu de s’aligner sur cette évolution.

Recommandations

Suite aux travaux des ateliers, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer les articles proposés dans le cadre du projet des cahiers des charges. Les modifications proposées portent essentiellement sur la clarification de certains concepts et afin d’apporter certaines précisions par rapport aux textes pour qu’ils ne soient pas interprétés de différentes manières ou qu’ils soient flous ou inexécutables.

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Travaux entre les responsables de l’administration du Tourisme et les professionnels du secteur du tourisme alternatif à Tunis le 16 avril 2025.

Maisons d’hôtes

Parmi les principales propositions afin d’améliorer les différentes dispositions du cahier des charges dédié aux maisons d’hôtes, on évoque la question de l’exploitation de la même personne de plus d’une maison d’hôtes à la fois et de définir le nombre maximum autorisé pour chaque promoteur. Il s’agirait également d’inclure dans le cahier des charges les maisons d’hôtes installés sur des sites archéologiques ou dans les régions montagneuses.

L’autre proposition concerne l’introduction d’un nouvel article permettant de valoriser les produits d’artisanat local avec la possibilité d’en disposer un point de vente. La suppression de la clause imposant la nécessité d’un diplôme universitaire pour exploiter un hébergement alternatif a fait également l’objet de discussions. Les participants ont suggéré de se contenter d’un diplôme de formation touristique ou d’une certification prouvant l’expérience dans le secteur touristique.

Inclure le milieu forestier parmi les zones concernées pour l’exploitation des maisons d’hôtes est l’autre point qui a été soulevé durant les discussions dans le but de faciliter la mise en place des maisons d’hôtes dans des régions comme Tabarka et Aïn Draham.

Ils ont, par ailleurs, souligné l’importance de respecter les caractéristiques de certains hébergements historiques à l’instar des Ksour dans le sud dont les dimensions des chambres ne correspondent pas à la taille de 9 mètres exigée dans le cahier des charges.

Gîtes ruraux

Concernant les gîtes ruraux, les représentants des ministères et les professionnels se sont mis d’accord pour remplacer le terme des produits alcoolisés locaux par les produits de terroir. Ils ont suggéré également d’augmenter la capacité maximale d’accueil du gîte rural en passant de 35 à 45 lits. Quant à l’exploitation des anciennes fermes et le problème lié à la nécessité de présenter un permis de bâtir, ils ont proposé le remplacement de celui-ci par un certificat délivré par un cabinet de contrôle.

Motels

S’agissant d’une nouvelle activité, les participants à l’atelier du cahier des charges relatif aux motels ont notamment demandé de définir clairement le motel et les différentes activités qui y sont autorisées. Il s’agirait de même de définir les axes routiers concernés par l’installation de ce type d’hébergement touristique et si son exploitation sera conditionnée  par l’activité de distribution du carburant ou non. Ils ont aussi appelé à fixer le nombre des chambres, des lits et des places de parking autorisés pour chaque motel exploité.

Campement touristique  

Les participants à cet atelier ont demandé notamment la révision du décret 307 de 2007 qui définit le campement touristique en tant que type d’hébergement exclusivement installé hors des zones urbaines étant donné que les campements sont installés dans et hors des zones urbaines. Ils ont également suggéré d’ajouter un article relatif à la nécessité de valoriser le patrimoine matériel et immatériel et d’exploiter d’une manière durable les ressources naturelles.

Ils font également remarquer que la réservation de 20% de la superficie du campement aux espaces communs est énorme étant donné que certains hébergements notamment au Sahara dans sud s’étendent sur plusieurs hectares. L’intégration des campements mobiles dans le cahier des charges est l’autre revendication des participants.

Dans son discours de clôture des travaux des ateliers, le ministre du tourisme s’est engagé à accélérer la mise en application des nouveaux cahiers des charges  et à réduire au maximum les délais. Il a, par ailleurs, considéré que leur mise en application va coïncider avec la publication de la nouvelle loi horizontale sur l’investissement qui va lui aussi simplifier les procédures pour les investisseurs.

Kemel CHEBBI

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Septembre 2022: Maisons d’hôtes : les propriétaires disent NON! au contenu du nouveau cahier des charges

Février 2023: Maisons d’hôtes, hôtels de charme et gîtes ruraux : comment ils tirent le tourisme vers le haut

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