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Nabila Hamza: « Toute révision du CSP doit se faire dans le sens du progrès »

25. März 2026 um 16:34

La Tunisie a accompli des avancées majeures en matière de droits des femmes, mais de nouveaux défis imposent d’actualiser l’arsenal juridique. Entre cyberviolence, ratification des conventions internationales et réforme du Code du statut personnel, Nabila Hamza appelle à consolider les acquis sans céder à la régression.

Rencontrée en marge d’un événement sur la cyberviolence  organisé par le  Front pour l’égalité et les droits des femmes (FEDEF), avec le soutien d’ONU Femmes Tunisie, Nabila Hamza, sociologue, experte en genre et militante féministe estime  dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com que la Tunisie a réalisé des progrès remarquables en matière d’égalité de genre. Le pays demeure une référence dans le monde arabe, notamment depuis l’adoption de la loi organique n° 2017-58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, considérée comme une avancée historique.

Elle ajoute: « Mais ces acquis doivent aujourd’hui être consolidés face à l’émergence de nouvelles formes de violence, en particulier la cyberviolence. Harcèlement, menaces, diffusion d’images sans consentement ou diffamation en ligne touchent de plus en plus de femmes. Or, lors de l’adoption de la loi de 2017, cette violence numérique n’avait pas encore pris l’ampleur qu’elle connaît aujourd’hui. Il devient donc nécessaire de compléter le dispositif juridique ».

Plusieurs conventions internationales offrent déjà des références utiles, dont la CEDAW, la Convention d’Istanbul et la Convention de Budapest sur la cybercriminalité. Mais la nouvelle Convention africaine sur la violence à l’égard des femmes et des filles se distingue par la prise en compte explicite de la cyberviolence fondée sur le genre. Elle prévoit des mécanismes de suivi, des voies de recours, une cour spécialisée et une plus grande responsabilité des plateformes numériques dans la suppression des contenus sexistes et la lutte contre les harceleurs.

La Tunisie, en tant que membre de l’Union africaine, a soutenu cette convention. Sa ratification serait donc cohérente avec son engagement historique en faveur des droits des femmes et permettrait de renforcer davantage le cadre législatif national.

Cette convention tient aussi compte des spécificités africaines. Contrairement à certains pays subsahariens, la Tunisie est moins confrontée à des pratiques comme l’excision, plus répandues dans la région sahélienne. Le texte adopte ainsi une approche adaptée aux réalités du continent, au-delà des violences patriarcales communes à plusieurs sociétés.

Un manuel de plaidoyer est en préparation avec l’Union africaine, et la Tunisie y contribue. Toutefois, la ratification reste en suspens. Selon Nabila Hamza, il faut relancer le dialogue avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Femme, dont les relations avec la société civile se sont distendues après les changements de direction.

En conclusion, il faut parachever l’arsenal juridique  et rétablir un dialogue régulier avec la société civile, qui a toujours été en première ligne sur les questions liées aux droits des femmes.

Quant au Code du statut personnel, une réforme apparaît nécessaire pour en éliminer les dispositions discriminatoires et aller vers une égalité plus réelle. « Toute révision doit se faire dans le sens du progrès, non du recul », conclut-elle.

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