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Groenland : Pourquoi Washington veut l’île la plus stratégique du monde

07. Januar 2026 um 09:33

Entre défense, ressources et rivalités arctiques

La nouvelle crispation entre Washington et Copenhague autour du Groenland ne relève pas d’un simple caprice diplomatique. L’intérêt américain pour cet immense territoire arctique renvoie à des enjeux militaires, économiques et géopolitiques d’une ampleur rarement évoquée. À mesure que la fonte de la banquise ouvre de nouvelles routes maritimes et redistribue les équilibres du Nord, le Groenland apparaît comme une pièce centrale d’un affrontement global entre puissances.

L’Arctique, nouvelle frontière stratégique

Le Groenland, plus grande île du monde avec près de 2,16 millions km² pour seulement 56.600 habitants dont environ 90% d’Inuits, constitue depuis la Guerre froide un pivot de la défense nord-américaine. La base américaine de Pituffik (ex-Thulé), construite en 1943, reste au cœur du système d’alerte avancée face à la Russie. Son personnel actuel d’environ 150 militaires contraste avec les quelque 6000 soldats de la période 1950-80, mais son rôle stratégique demeure intact.

Situé sur la trajectoire la plus courte empruntée par d’éventuels missiles russes, le Groenland contrôle également le GIUK Gap, corridor maritime crucial pour surveiller les sous-marins. Alors que Moscou a réactivé plus de cinquante installations militaires en Arctique, dont sept brise-glaces nucléaires, et que Pékin se définit comme un « État quasi arctique », Washington veut sécuriser sa position avancée dans le Nord.

Ressources critiques et routes maritimes émergentes

L’intérêt américain est aussi minéral. Le Groenland recèle jusqu’à 20% des réserves mondiales non exploitées de terres rares, selon le USGS, ainsi que du nickel, du cobalt, de l’uranium et du graphite. Une douzaine de sites miniers sont en évaluation, dans un contexte où la Chine domine près de 40% de l’extraction mondiale et une part encore plus importante de la transformation industrielle.

La fonte accélérée renforce cet intérêt : les routes polaires émergentes pourraient réduire de 30 à 40% les distances entre Asie et Europe, Shanghai–Rotterdam passant potentiellement de 20.000 km à environ 12.800 km. Pour Washington, contrôler le Groenland revient à sécuriser les futures autoroutes du commerce mondial.

Indépendance groenlandaise et tensions transatlantiques

Autonome depuis 2009 mais dont la défense reste danoise, le Groenland avance progressivement vers davantage de souveraineté politique, alors que la subvention annuelle de Copenhague – environ 700 millions de dollars, soit près d’un quart du PIB local estimé à 3,2 milliards – demeure indispensable au fonctionnement administratif.

Une majorité de Groenlandais soutient à moyen terme un processus d’indépendance, ouvrant la perspective d’un territoire potentiellement libre de redéfinir ses alliances. Cette dynamique inquiète Bruxelles et Copenhague, qui voient poindre le risque d’un basculement stratégique au profit de Washington. Pour plusieurs responsables européens, un transfert de souveraineté, même partiel, mettrait à l’épreuve la cohésion de l’OTAN.

Comment Washington espère obtenir le Groenland

La Maison Blanche n’a pas limité ses ambitions au terrain diplomatique. Selon CNN et plusieurs sources européennes, l’administration américaine examine trois options : un achat négocié avec le Danemark et le gouvernement autonome groenlandais, comme Harry Truman tenta de le faire en 1946 ; un accord de souveraineté partagée ou de présence renforcée, offrant à Washington un contrôle militaire et logistique accru sans transfert formel de territoire ; et, plus controversé, l’usage possible de la force, une hypothèse évoquée par plusieurs membres de l’administration et jamais exclue publiquement par Donald Trump, qui a affirmé à plusieurs reprises qu’il obtiendrait le Groenland « d’une manière ou d’une autre ».

Ces signaux ont provoqué un front uni européen en soutien à Copenhague, alors que des élus américains des deux partis s’opposent ouvertement à toute démarche coercitive. Le Groenland, pour sa part, affirme que son avenir « appartient à son peuple » et demande désormais à être associé à toutes discussions impliquant son statut.

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Groenland : Le Danemark avertit Washington, l’OTAN en ligne de fracture

06. Januar 2026 um 08:50

La Première ministre danoise Mette Frederiksen a lancé lundi une mise en garde sans précédent : toute tentative des États-Unis de prendre le contrôle du Groenland entraînerait la fin de l’Alliance atlantique. Une déclaration lourde de sens, dans un contexte international déjà tendu après l’opération militaire américaine au Venezuela et l’arrestation de son président.

S’exprimant sur la chaîne publique TV2, la cheffe du gouvernement danois a réagi aux nouvelles déclarations du président américain Donald Trump, qui a réaffirmé dimanche son intention de placer le Groenland sous contrôle direct de Washington.

« Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays membre de l’OTAN, alors tout s’arrête. Cela inclut l’OTAN elle-même et la sécurité collective assurée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Frederiksen.

Le Groenland, ligne rouge danoise

Territoire autonome du royaume du Danemark, le Groenland est de facto intégré au périmètre de l’OTAN. Les récents événements au Venezuela — où les forces américaines ont capturé le président Nicolas Maduro et son épouse — ont ravivé les inquiétudes à Copenhague comme à Nuuk.

Donald Trump, qui n’a jamais exclu le recours à la force, a indiqué vouloir « parler du Groenland dans 20 jours ». Le mois dernier, il a nommé le gouverneur de Louisiane Jeff Landry, partisan affiché de l’annexion, comme envoyé spécial pour l’île arctique.

La controverse a encore enflé après la publication, sur le réseau X, d’une image du Groenland aux couleurs du drapeau américain par Katie Miller, épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche Stephen Miller. Le message, accompagné du seul mot « SOON », a été jugé « irrespectueux » par les autorités groenlandaises.

Entre sécurité stratégique et ressources minières

Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a condamné le geste, tout en appelant au calme. « Notre pays n’est pas à vendre et son avenir ne se décide pas sur les réseaux sociaux », a-t-il affirmé, assurant qu’aucune prise de contrôle imminente n’était à l’ordre du jour.

Le Groenland occupe une position stratégique majeure entre l’Europe et l’Amérique du Nord, abritant notamment des installations clés du système américain de défense antimissile. Ses ressources minières, essentielles pour la transition énergétique, suscitent également l’intérêt de Washington, désireux de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine.

« Le Groenland est couvert de navires russes et chinois », a affirmé Donald Trump, estimant que « le Danemark n’est pas en mesure d’assurer seul sa sécurité ».

Face à cette escalade verbale, Jens-Frederik Nielsen a voulu rassurer : « Les États-Unis ne peuvent pas simplement conquérir le Groenland. Nous privilégions la coopération et le respect du droit international. »

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