Secret médical et facturation électronique : le dilemme des orthophonistes
La nouvelle directive fiscale fait déjà réagir une profession paramédicale clé. Les orthophonistes tunisiens tirent la sonnette d’alarme. Ils contestent les modalités de la facturation électronique prévues par la loi de finances 2026. Selon eux, ces mesures présentent des risques majeurs pour leur activité.
La Chambre syndicale nationale des orthophonistes (UTICA) exprime ses inquiétudes dans un communiqué récent. Elle réagit à la note n°2 du ministère des Finances, diffusée le 23 janvier 2026. Ce document précise l’application de l’article 53 concernant l’obligation de facturation électronique.
L’organisation professionnelle juge cette adoption trop rapide et peu concertée. Ces dispositions pourraient peser lourdement sur l’avenir du métier. Elles menacent également l’accès des patients aux services de rééducation. La Chambre craint que ces changements ne brisent l’équilibre fragile du secteur et la continuité des soins.
Le syndicat soutient la modernisation et la transparence fiscale. Toutefois, il demande d’adapter les réformes aux spécificités de l’orthophonie. L’État doit concilier ses objectifs budgétaires avec la stabilité économique des praticiens.
Secret professionnel et enjeux éthiques
Le secret professionnel reste une préoccupation centrale. L’article 26 du cahier des charges de la profession consacre d’ailleurs cette obligation. La Chambre estime que la facturation électronique pourrait contredire ce cadre légal. Elle soulève aussi des problèmes éthiques liés à la protection des données personnelles des patients.
Un impact économique inquiétant
Sur le plan financier, ces mesures inquiètent les orthophonistes du privé. Leur activité repose sur un nombre limité de séances quotidiennes. Par ailleurs, les charges professionnelles augmentent fortement depuis 2016. Les praticiens font face à la hausse des loyers et à de nouvelles contraintes réglementaires, comme le certificat de la protection civile.
La complexité administrative du nouveau dispositif pose aussi problème. La Chambre considère que ce système s’adapte mal au fonctionnement quotidien des cabinets.
Risques de fermetures et appel au dialogue
Le maintien de ces mesures sans ajustements pourrait provoquer la fermeture de nombreux cabinets. Une telle situation favoriserait le chômage, l’émigration des compétences ou le secteur informel. Le système de santé et les patients subiraient directement ces répercussions négatives.
Face à ces enjeux, l’organisation appelle à suspendre les dispositions actuelles. Elle demande l’ouverture d’un dialogue avec les représentants de la profession. Le syndicat plaide pour une réforme graduelle qui respecte les droits des professionnels et des citoyens.
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