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2026 : une année imprévisible

31. Dezember 2025 um 12:22

L’année 2025 a été marquée par le come-back de Donald Trump sur la scène internationale. Une véritable onde de choc pour la géopolitique et la géoéconomie mondiale. Les fondements de l’ordre international post-Seconde Guerre mondiale et la mondialisation libérale sont en phase de délitement, de décomposition, de régression. Au-delà des fantasmes d’une 3e guerre mondiale ou d’un conflit nucléaire, l’instabilité et l’imprévisibilité seront bels et bien les maîtres mots de 2026.

 

Nous sommes entrés dans un monde « post-hégémonique », multipolaire et globalisé marqué à la fois par : l’absence de puissance hégémonique capable, seule, d’imposer un ordre; la redistribution de la puissance (en faveur de puissances du Sud) qui consacre un bouleversement des équilibres mondiaux et un décentrement des relations internationales; des puissances qui cèdent aux comportements unilatéralistes et qui ne cherchent plus à fonder leurs actions sur le droit international, de s’interroger sur la conformité de leurs actes avec les normes internationales, ni de tenter de les justifier.

 

Un tel environnement global nourrit un niveau élevé de conflictualité, d’imprévisibilité, d’instabilité et d’incertitude. La volatilité règne dans un monde chaotique, en phase de transition, où les Etats se préparent à faire la guerre et refondent les stratégies nationales de défense, dopent les dépenses d’armement; où la force semble toujours plus l’emporter sur le droit et limites qu’il prescrit, la guerre redevenant une voie de premier recours. Un double phénomène, inédit à cette échelle, se fait jour : la prolifération du nombre de théâtres de conflits et l’allongement de leur durée, alors que les plans de règlement pour les conflits en Ukraine et Gaza n’ouvrent pas de véritable perspective de paix durable et juste.

 

Ce désordre mondial n’est pas naturel, il procède de profonds ressorts : l’évolution de régimes politiques moins disposés à la « retenue stratégique », le déclin du « gendarme du monde » états-unien, la contestation de l’ordre international post-1945, l’affaiblissement des mécanismes du multilatéralisme (symbolisé par le blocage du Conseil de sécurité et la désuétude des opérations de maintien de paix), ainsi que la fin des illusions de la mondialisation libérale. L’art d’utiliser l’arme économique pour accroître sa puissance politique, très en vogue après la fin de la guerre froide, revient en force avec les ambitions chinoises réaffirmées et les politiques mercantilistes américaines. Une « guerre économique » qui nourrit l’insécurité globale.

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la perspective d’un troisième conflit généralisé a hanté – et donc façonné – les relations internationales. Si la possibilité d’une Troisième Guerre mondiale a été envisagée dès la fin de la Seconde (certains officiers supérieurs américains considèrent sérieusement le risque d’un conflit avec l’URSS, qui est encore alors une alliée des Etats-Unis), ce spectre est surtout palpable en Occident, et de façon encore plus aiguë au sein des sociétés européennes, traumatisées par les deux conflits précédents dont le déclenchement respectif fut lié à la montée de nationalismes exacerbés.

 

La réaffirmation des puissances est aussi l’expression de néo-nationalismes tentés de faire renaître des empires. Les politiques impériales auxquelles nous faisons allusion (celle de la Russie, de la Chine et maintenant des Etats-Unis) se nourrissent d’un sentiment national que l’on excite, que l’on exacerbe en allant chercher dans l’histoire des peuples des morceaux du passé qui ont blessé la fierté nationale.

 

Enfin, si les relations internationales sont aujourd’hui difficiles à analyser, c’est également parce qu’elles ne se résument pas au jeu des puissances étatiques. Les acteurs privés transnationaux bénéficient aussi de la redistribution de la puissance. Dans un monde interconnecté et interdépendant, où la réalité stato-nationale et les relations interétatiques sont de plus en plus déstabilisées, ces acteurs non étatiques n’hésitent pas à contester et à concurrencer les monstres froids étatiques hérités de l’ordre westphalien. Les uns et les autres interagissent dans un environnement global marqué par de nouvelles dynamiques sociales, les innovations technologiques (avec l’entrée dans l’ère de l’intelligence artificielle permet la réalisation efficace d’opérations complexes dans divers domaines stratégiques) et le changement climatique.

La « fin de l’Histoire » n’est toujours pas inscrite à l’agenda mondial marqué par la fin simultanée de grands cycles historiques : l’occidentalisation du monde; l’hégémonie des États-Unis; l’ordre international institué en 1945; la mondialisation libérale. La phase de transition ainsi ouverte va de pair avec l’imprévisibilité de ses acteurs…

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2025 : un monde toujours plus inégalitaire

24. Dezember 2025 um 08:00

Le World Inequality Lab (institut de recherche établi à l’Ecole d’économie de Paris) a publié un rapport, le 10 décembre dernier, qui souligne une explosion du patrimoine des ultrariches et le creusement des inégalités. Ainsi, les 0,001% les plus riches de la planète détiennent trois fois plus que la moitié la plus pauvre de l’humanité ; les 10% les plus riches du monde possèdent les trois quarts du patrimoine mondial et touchent plus de la moitié des revenus mondiaux.

 

Cette réalité, qui n’est pas nouvelle en soi, prend néanmoins des proportions saisissantes, voire préoccupantes, y compris pour des économistes libéraux. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement historique dont il convient de saisir les ressorts et effets.

 

La mutation du capitalisme mondial

 

Le processus de financiarisation de l’économie, qui a débuté à la fin des années 1970, a fait évoluer le capitalisme industriel des Trente Glorieuses vers un capitalisme «actionnarial» basé sur des marchés financiers et des investisseurs institutionnels, sur une répartition des richesses en faveur du capital, une gestion des entreprises dominée par les intérêts des actionnaires et les rendements financiers à visée courtermiste.

Ensuite, la révolution technologique en cours, fondée sur les innovations numériques et sur l’intelligence artificielle (IA), est à l’origine d’entreprises affichant des capitalisations boursières historiques, qui nourrissent les fortunes colossales de milliardaires d’un genre nouveau. Les figures emblématiques comme Elon Musk (Tesla, SpaceX), Jeff Bezos (Amazon), Mark Zuckerberg (Meta) ont accédé au club select des milliardaires en un temps record.

 

Toutefois, rappelons que l’héritage ou la transmission patrimoniale demeure un vecteur essentiel dans l’accès au statut d’ultrariche.

 

Le creusement des inégalités

 

Les inégalités se mesurent – à l’échelle internationale – en prenant en compte deux niveaux : au sein des pays et entre pays. De ce (double) point de vue, la mondialisation a produit des effets contrastés. D’un côté, elle a permis durant les décennies 1990 et 2010 de résorber les «inégalités mondiales» (c’est-à-dire les inégalités entre pays) : l’écart de richesse entre le Sud et le Nord n’a cessé de se réduire ; même si les taux de croissance du PIB demeurent bas pour certains Etats africains, plusieurs pays d’Asie ont connu une croissance rapide et une hausse des revenus moyens de leurs habitants.

 

De l’autre, dans les sociétés du Nord comme du Sud, la mondialisation a creusé les inégalités ; les inégalités de revenu à l’intérieur de chaque pays ont eu tendance à augmenter, y compris dans les sociétés développées occidentales, caractérisées à la fois par la dégradation de la condition des classes moyennes inférieures et l’enrichissement des 1% les plus riches (qui ont connu une forte croissance de leurs revenus).

 

De plus, depuis les années 2020, le rattrapage entre les pays à revenus moyens et les pays industrialisés ralentit. Entre le Nord et le Sud, l’écart de richesses se creuse à nouveau, comme l’attestent les rapports de la Banque mondiale et du PNUD. En dehors du monde occidental, la faim se maintient à un niveau élevé : les récents rapports des agences onusiennes spécialisées montrent que près de 9% de la population mondiale (essentiellement concentrée en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud) est sous-alimentée. L’insécurité alimentaire persiste (et tend même à s’accroître en Afrique centrale et de l’Ouest), ce alors que l’éradication de la faim est l’un des objectifs de développement durable que s’est fixés l’ONU pour l’horizon 2030.

 

Des inégalités sources d’insécurité

 

La violence comprend une dimension indirecte ou structurelle, qui est la conséquence de l’existence, dans la structure sociale, de rapports de dépendance, d’oppression, d’exploitation qui empêchent les acteurs sociaux de réaliser toutes leurs potentialités. C’est à partir de la notion de «violence structurelle» (ou indirecte, latente), foncièrement liée à l’injustice sociale, que s’est développée l’idée de «paix positive» entendue à travers la justice sociale (au cœur de laquelle sont placées les politiques sociales d’éducation et de santé). Partant, les inégalités socio-économiques sont identifiées comme des menaces pour la sécurité et la paix. Pour les experts de la Peace Research, il convient donc de favoriser le comportement coopératif et de réduire les facteurs de conflictualité par la consolidation de la paix.

 

Dans un monde en recomposition, où les rapports de force évoluent, il faut répondre à l’urgence tout en imaginant de nouvelles règles. Par exemple, la question de l’endettement des pays les plus pauvres devrait faire l’objet d’un allègement coordonné.

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