Après plus de trois ans d’interruption, plusieurs agriculteurs de la délégation d’Al-Amra, dans le gouvernorat de Sfax, ont repris leurs activités agricoles, suite à la récente évacuation des camps de migrants irréguliers. Cette reprise fait suite à une campagne de démantèlement des camps illégaux, qui avait perturbé l’exploitation agricole et entraîné des conséquences néfastes pour la région.
Dès l’aube du dimanche précédent, plusieurs paysans ont commencé à préparer leurs terres agricoles, retrouvées après l’évacuation des camps, selon les témoignages recueillis par l’Agence TAP. Les autorités locales ont mené cette opération dans un contexte de forte appréhension de la part des habitants, qui redoutaient le retour des migrants après l’évacuation des camps.
Une situation difficile pour les agriculteurs
Mohamed Brik, un agriculteur de la région, a expliqué que les dommages agricoles dans les délégations d’Al-Amra et de Jbeniana s’étaient aggravés ces dernières années, en raison de l’accumulation de migrants irréguliers. Selon lui, l’opération de démantèlement des camps a ravivé un sentiment de sécurité parmi les habitants, après des années de “privation” et de “vols” de leurs terres et de leurs biens.
“Nous avons souffert, nos enfants ne pouvaient même pas aller à l’école seuls par crainte d’agressions”, a-t-il ajouté, soulignant que la solution à la crise passe par un démantèlement définitif des camps et le rapatriement des migrants, afin de garantir la sécurité et la stabilité dans la région.
Fawzi Ben Salem, travailleur journalier originaire d’Al-Amra, a salué l’opération de démantèlement des camps, la qualifiant de “positive”. Il a particulièrement apprécié l’approche humaine adoptée par les autorités de sécurité, qui ont mené l’opération sans recourir à la violence. “Aucune violence n’a été observée lors de l’évacuation des migrants”, a-t-il précisé, tout en soulignant les risques sanitaires croissants associés à la présence des camps illégaux dans la région.
Ben Salem a également exprimé son soulagement face à l’allégement des pressions exercées sur les délégations d’Al-Amra et de Jbeniana, qui étaient submergées par le nombre élevé de migrants irréguliers arrivant depuis plusieurs années. “Les deux délégations ne pouvaient plus supporter cette situation”, a-t-il ajouté.
Retour à la normale et perspectives d’avenir
Avec le retour de la vie normale dans les régions d’Al-Amra et de Jbeniana, les terres agricoles connaissent à nouveau une activité accrue, marquée par l’absence des milliers de migrants qui avaient été installés dans des camps. Les plages des deux délégations, autrefois occupées par des migrants fabriquant des barques métalliques, sont désormais vides de leur présence.
Le porte-parole de la Garde nationale, Houssem Eddine Jbabli, a précisé que cette campagne d’évacuation se poursuivra jusqu’à ce que tous les migrants irréguliers soient éloignés des propriétés agricoles privées. Il a souligné que l’opération s’est déroulée dans le calme, sans heurts ni violences.
La campagne, menée par les forces de la Garde nationale et la sécurité publique, a permis de démanteler les plus grands camps de migrants illégaux à Henchir 24, dans le village d’El-Kettatna, ainsi que le camp de Ben Farhat, tous deux dans la délégation d’Al-Amra. En tout, près de 20 000 migrants irréguliers ont été évacués de la région. Certains d’entre eux ont été arrêtés et se trouvent actuellement en détention, en attendant leur rapatriement.
Cette action fait suite à des plaintes déposées par les agriculteurs, qui se sont tournés vers les autorités pour récupérer leurs terres agricoles, devenues des sites de camps illégaux. La campagne de démantèlement a été planifiée en tenant compte des aspects humains, avec des négociations et des appels à l’évacuation des migrants irréguliers.
Les autorités ont assuré que la campagne de démantèlement se poursuivra sans relâche, et que des opérations de rapatriement volontaire seront intensifiées en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations. L’objectif est d’éloigner définitivement les migrants irréguliers des propriétés agricoles privées et de rétablir la sécurité et l’ordre dans la région.