Prise en charge de l’autisme en Tunisie : défis et perspectives pour une meilleure inclusion
La présidente de l’Association Yacine pour l’Autisme et les Besoins Spécifiques, Nassima Abdessalem, a indiqué, mercredi, que la Tunisie ne dispose pas d’une stratégie nationale pour la prise en charge et l’accompagnement des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (enfants, jeunes, adultes ou personnes âgées), en raison de l’absence de statistiques précises et officielles en Tunisie.
Dans une déclaration à la TAP, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque année le 2 avril, elle a affirmé que l’absence de statistiques entraîne inévitablement l’absence de programmes concrets pour soutenir et encadrer les personnes atteintes d’autisme. Elle a souligné que la prise en charge de cette catégorie englobe la sensibilisation à ce trouble, son diagnostic, ainsi que l’inclusion en milieu préscolaire et scolaire.
Elle a estimé que le système de santé publique souffre d’un manque de services de soins spécialisés pour les enfants autistes, ce qui contraint les parents à recourir au secteur privé et à supporter des coûts élevés, notamment pour l’orthophonie, la prise en charge comportementale et cognitive, la rééducation motrice et le suivi psychologique. Elle a insisté sur l’importance de ces services médicaux pour le développement des compétences de l’enfant autiste.
Elle a également mis en avant l’importance de l’inclusion scolaire, expliquant que l’orientation des enfants autistes vers des centres spécialisés ou des écoles inclusives dépend du degré de leur trouble (léger, modéré ou sévère). Elle a rappelé que leur intégration commence dès le diagnostic et doit dépasser les programmes pédagogiques actuels.
Elle a souligné que les parents supportent des charges financières lourdes, notamment le coût des auxiliaires de vie scolaire, qui dépasse parfois 500 dinars par mois. De plus, elle a critiqué les programmes pédagogiques, inadaptés aux besoins des enfants autistes, ce qui les pousse souvent à abandonner l’école. Beaucoup d’entre eux restent ainsi confinés à domicile, exclus de la vie sociale en raison du manque de clubs et de centres culturels et sportifs adaptés à leur situation, a-t-elle fait savoir.
Elle a également expliqué que les personnes autistes âgées souffrent souvent d’un isolement social extrême, faute de centres pouvant les accueillir après le décès de leurs parents.
À noter que la Tunisie a lancé, le 2 avril 2023, un programme visant à intégrer les enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme dans les structures de la petite enfance, publiques et privées, en prenant en charge les frais de leur scolarité préscolaire.
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