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Empfangen — 01. September 2026 Leconomiste Maghrebin

Tunisie : les chiffres alertent, la réalité rattrape

01. September 2026 um 12:27

Cet été a été fortement marqué par des vagues de chaleur extrêmes, avec parfois des températures avoisinant les 50 °C, mais aussi des coupures d’électricité, des coupures d’eau et des pénuries d’eau minérale. Beaucoup plus qu’une canicule, il s’agit d’une forte démonstration des fragilités de l’économie tunisienne, largement amplifiée par le changement climatique.

La montée des risques climatiques aggrave une vulnérabilité déjà existante, sans devenir la source de tous les maux. La croissance qui ralentit, des finances publiques sous pression, un déficit énergétique qui se creuse, etc. sont autant d’indicateurs d’alerte qui puisent leurs racines dans un système de gouvernance défaillant et dépourvu de vision stratégique. Dans une économie où les marges budgétaires se rétrécissent, avec des infrastructures non modernisées, un service public dégradé (santé, éducation, transport, réseau de distribution d’eau potable…) et un climat social miné, le coût de l’inaction se manifeste alors à travers les pertes encaissées par le secteur privé, confronté aux coupures d’eau et d’électricité. Sans compter les difficultés des agriculteurs, les dépenses supplémentaires supportées par les ménages et la dé gradation de leur pouvoir d’achat.

Or, la pression sur les ressources hydriques ne disparaîtra pas avec la fin de l’été, les besoins énergétiques continueront d’augmenter et les infrastructures continueront de cumuler les signes de délabrement. Et cela tant que la boussole des dirigeants ne sera pas pointée sur les dossiers prioritaires de l’économie.

Attendre que la population soit secouée de plein fouet par la crise, c’est prendre le risque de ne disposer ni de temps ni de marges de manœuvre suffisantes pour la traiter.

Par conséquent, continuer de repousser les réformes aux calendes grecques pèsera davantage sur les finances publiques, en rendant le coût économique de l’inaction plus élevé et son coût social plus difficile à supporter.

En somme, combien de temps encore la Tunisie pourra-t-elle supporter le coût de l’inaction et éviter de sombrer dans l’abîme ? Rien n’est garanti, l’urgence est de réformer avant que la crise n’impose, dans la précipitation, une cure d’austérité fort menaçante pour la paix sociale.

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