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Eau minérale : Les Tunisiens en consomment trois fois plus en dix ans

15. August 2026 um 12:26

La consommation d’eau minérale a fortement progressé en Tunisie au cours de la dernière décennie, au point d’atteindre un niveau largement supérieur à la moyenne mondiale. Selon une étude récemment publiée par l’Observatoire tunisien de l’eau, chaque Tunisien consommait en moyenne 225 litres d’eau minérale en 2020, contre 87 litres en 2010. Cette évolution pèse directement sur le budget des ménages, alors que le secteur connaît parallèlement un recul marqué de l’investissement.

De 87 à 225 litres par personne

Les chiffres de l’étude illustrent une progression spectaculaire de la consommation.

En 2010, la consommation annuelle moyenne par habitant ne dépassait pas 87 litres. Dix ans plus tard, elle atteignait 225 litres, soit environ 2,6 fois plus.

Le niveau enregistré en Tunisie apparaît particulièrement élevé à l’échelle internationale. La consommation mondiale moyenne d’eau minérale était estimée à environ 40 litres par personne et par an, selon l’étude.

Cette évolution traduit notamment la place croissante prise par l’eau embouteillée dans les habitudes quotidiennes des Tunisiens.

Une dépense qui pèse sur le pouvoir d’achat

Cette hausse de la consommation a également une conséquence directe sur les dépenses des ménages.

Selon l’étude, l’achat quotidien d’eau minérale représente environ 700 millimes par personne et par jour. Rapportée aux revenus des catégories populaires et moyennes prises en compte dans l’analyse, cette dépense représenterait environ un cinquième du revenu quotidien.

L’eau en bouteille, longtemps perçue comme un produit de consommation courante, constitue ainsi une charge non négligeable pour les ménages qui y ont recours quotidiennement.

La progression de la consommation ne peut donc pas être lue uniquement comme un changement d’habitudes : elle traduit également l’importance croissante de l’eau embouteillée dans les dépenses quotidiennes.

Pourquoi les Tunisiens préfèrent-ils l’eau en bouteille ?

Cette forte progression de la consommation d’eau minérale s’explique aussi par la perception qu’ont de nombreux Tunisiens de la qualité de l’eau du robinet. Si l’eau distribuée par la SONEDE est, en principe, soumise à des traitements et à des contrôles destinés à la rendre potable, son goût peut varier sensiblement selon les régions.

Une teneur élevée en sels minéraux, la présence de chlore utilisée pour la désinfection ou encore l’état des réseaux et des réservoirs domestiques peuvent altérer ses qualités gustatives et pousser les consommateurs à privilégier l’eau en bouteille.

Cette préférence est également renforcée par le stress hydrique que connaît la Tunisie. La baisse des ressources disponibles et la pression exercée sur les réseaux alimentent les inquiétudes des consommateurs, même lorsque l’eau distribuée reste conforme aux normes de potabilité.

L’explosion de la consommation d’eau minérale ne traduit donc pas uniquement une évolution des habitudes : elle révèle aussi une confiance inégale dans l’eau du robinet, devenue pour de nombreux ménages une dépense quotidienne presque incontournable.

Un secteur qui investit moins

L’étude relève parallèlement une évolution préoccupante du côté de l’investissement dans le secteur.

Les volumes d’investissement mentionnés dans l’étude auraient fortement diminué entre 2011 et 2020, passant de 12 000 tonnes à 82 tonnes. En valeur, ils seraient passés de 4,5 millions de dollars à 0,93 million de dollars sur la même période.

Cette contraction contraste avec la progression spectaculaire de la demande intérieure. La Tunisie se retrouve ainsi face à un paradoxe : les consommateurs achètent toujours davantage d’eau minérale, tandis que l’investissement dans le secteur recule fortement.

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Les Tunisiens utilisent de plus en plus leur carte bancaire pour payer

15. August 2026 um 11:07

La monétique tunisienne poursuit sa progression au premier semestre 2026, portée par l’augmentation du nombre de cartes bancaires et, surtout, par leur utilisation croissante pour effectuer des paiements. Avec plus de 85 millions d’opérations enregistrées et une hausse de près de 10 % des transactions, un changement se dessine : la carte bancaire commence progressivement à sortir de son rôle traditionnel de simple outil de retrait d’espèces.

Plus de six millions de cartes en circulation

À la fin du premier semestre 2026, le parc de cartes bancaires en Tunisie a atteint 6,151 millions d’unités, en hausse de 5,1 % par rapport à la fin de l’année 2025.

Parallèlement, les infrastructures destinées au retrait et à l’utilisation des cartes continuent de se développer. Le pays compte désormais 3 427 distributeurs et guichets automatiques bancaires, soit une progression de 3,8 %.

Mais derrière cette croissance des équipements et du nombre de cartes, c’est surtout l’évolution des habitudes de paiement qui constitue le principal enseignement.

Plus de 85 millions d’opérations en six mois

Au cours du premier semestre 2026, l’activité monétique a totalisé 85,4 millions d’opérations, contre 77,7 millions durant la même période de 2025, soit une progression de 9,8 %.

En valeur, ces transactions ont représenté 15,425 milliards de dinars, en hausse de 11,2 % sur un an.

La monétique tunisienne continue ainsi de gagner du terrain, mais la transformation ne se limite plus à l’augmentation mécanique du nombre de cartes ou de transactions.

Les paiements progressent face aux retraits

Le changement le plus significatif concerne la structure même des opérations.

Les paiements par carte représentent désormais 42 % du nombre total des opérations monétiques, contre 38 % au premier semestre 2025.

En valeur, leur part est passée de 23 % à 25 % en un an.

Autrement dit, les Tunisiens utilisent davantage leurs cartes pour payer directement leurs achats, et non plus uniquement pour retirer de l’argent liquide avant de régler leurs dépenses en espèces.

La tendance reste progressive : les retraits conservent encore une place importante dans les usages. Mais les chiffres montrent que la frontière commence à bouger.

La carte bancaire change progressivement de rôle

Pendant longtemps, la carte bancaire a surtout été associée en Tunisie aux distributeurs automatiques. Son principal usage consistait à accéder au cash.

Les données du premier semestre 2026 suggèrent toutefois une évolution. La carte s’installe progressivement comme un véritable moyen de paiement dans les usages quotidiens.

Cette transformation repose sur plusieurs facteurs : l’augmentation du nombre de détenteurs de cartes, le développement des terminaux et des solutions de paiement, mais aussi une évolution progressive des habitudes des consommateurs et des commerçants.

La progression des paiements ne signifie pas pour autant que la Tunisie a tourné la page du cash.

Le fait que les paiements représentent 42 % des opérations monétiques montre aussi que les retraits d’espèces demeurent majoritaires. En valeur, les paiements ne représentent encore qu’un quart environ de l’activité monétique.

Mais la tendance est désormais visible. En un an, la part des paiements a progressé à la fois en nombre et en valeur. Le signal essentiel se trouve là : la carte bancaire commence à gagner du terrain comme outil de paiement, et non plus seulement comme moyen d’accéder aux espèces.

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