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Gabès-Matmata retrouve le ciel : Deux vols test programmés dès l’été 2026

14. November 2025 um 07:49

L’aéroport de Matmata pourrait bientôt retrouver du mouvement. Le ministre du Transport, Rachid Amri, a annoncé la programmation de deux vols aériens expérimentaux durant l’été 2026, une première depuis des années pour cette infrastructure marginalisée.

Cette initiative vise à tester la viabilité économique et la demande réelle sur cette destination du Sud-Est, longtemps délaissée faute de trafic suffisant. « Le nombre de vols sera augmenté en fonction des résultats de cette expérience et de sa rentabilité », a affirmé le ministre lors d’une séance parlementaire consacrée au budget 2026 du département.

La relance de Matmata s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des disparités régionales et de réintégration des aéroports intérieurs dans le réseau national. Le ministère rappelle qu’il applique depuis plusieurs mois des incitations financières importantes, allant jusqu’à 70 % de réduction, pour encourager les compagnies aériennes à exploiter les plateformes régionales, notamment Tabarka et Tozeur.

L’objectif est double : soutenir le tourisme dans les zones à fort potentiel et réactiver une infrastructure existante sans coûts d’investissement majeurs. La région de Matmata, connue pour ses paysages uniques et ses villages troglodytiques, pourrait bénéficier d’un afflux nouveau de visiteurs si les vols test s’avèrent concluants.

Au-delà de cette annonce, le ministère poursuit sa politique d’amélioration de l’accès au transport dans les régions intérieures, mais la relance de l’aéroport de Matmata demeure l’un des signaux forts du budget 2026.

Modernisation : transition énergétique et digitalisation

Le budget du ministère du Transport pour 2026 connaîtra une progression notable. Selon le ministre Rachid Amri, les crédits inscrits sur le budget de l’État s’élèvent à 1 281,08 millions de dinars en engagements et 1 267,3 millions en paiements, soit une hausse de 17,7 % des crédits de paiement par rapport à 2025.

Lors d’une séance conjointe entre la Commission de la planification stratégique et celle des grands projets, le ministre a détaillé la répartition des dépenses qui concerneront le transport terrestre, aérien, maritime ainsi que les programmes de soutien et de gouvernance du secteur. Près de 95 % des dépenses de développement seront destinées au transport terrestre.

La SNCFT absorbera 48,6 % des investissements, et la RFR 29,54 %. Les sociétés régionales de transport bénéficieront d’une enveloppe de 40 millions de dinars, permettant l’acquisition d’environ 250 bus. Par ailleurs, l’État participera au financement de 30 nouvelles rames de métro pour Transtu, à hauteur de 67,5 millions de dinars (15 % du coût global).

Lire aussi : Le projet d’extension de l’aéroport Tunis-Carthage approuvé en Conseil des ministres

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Le projet à trois milliards pour Tunis-Carthage déclenche la polémique : Utile ou démesuré ?

12. November 2025 um 08:24

Le ministre des Transports, Rachid Amri, a annoncé le mardi 11 novembre 2025 un projet d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage estimé à 3 000 millions de dinars. Selon lui, ce plan ambitieux comprend la construction d’un nouveau terminal, la rénovation des pistes et la mise en place d’un métro aérien reliant l’aéroport au centre de la capitale. L’objectif affiché est de doubler, voire tripler la capacité d’accueil des passagers, afin de répondre à la croissance du trafic aérien et de renforcer le rôle de Tunis comme hub régional.

Mais cette annonce a aussitôt provoqué une vive polémique. Si certains y voient un investissement stratégique pour moderniser une infrastructure saturée, d’autres dénoncent une dépense jugée excessive et mal priorisée, dans un contexte de crise économique et de tensions budgétaires.

Les partisans du projet rappellent que l’aéroport de Tunis-Carthage fonctionne depuis des années au-delà de ses capacités. Ses équipements sont vieillissants, ses terminaux encombrés, et la qualité de service souvent critiquée par les voyageurs. Selon eux, investir dans sa modernisation permettrait d’améliorer l’image du pays, de dynamiser le tourisme et d’attirer de nouvelles compagnies aériennes. L’ajout d’un métro aérien, évoqué dans le plan, renforcerait la connectivité entre la capitale et l’aéroport, réduisant les temps d’accès et stimulant l’économie locale.

Les critiques, eux, soulignent que trois milliards de dinars représentent une somme colossale dans le contexte tunisien. Ils estiment que ces fonds pourraient être mobilisés pour des besoins plus urgents : hôpitaux, infrastructures régionales, transition énergétique ou soutien aux entreprises publiques en difficulté. Beaucoup pointent également la situation critique de Tunisair, engluée dans les dettes et les retards, et jugent prioritaire de réformer la compagnie nationale avant d’investir massivement dans un aéroport qu’elle ne serait pas en mesure d’exploiter pleinement.

Un projet mal préparé ?

Au-delà du montant, c’est la méthode qui suscite la méfiance : l’absence de détails précis sur le financement, le calendrier et les partenaires potentiels nourrit un sentiment d’opacité. Certains redoutent un projet mal préparé, voire instrumentalisé politiquement.

Pour éviter de transformer cette ambition en gouffre financier, plusieurs experts plaident pour une approche graduelle. Plutôt que de lancer d’emblée un chantier géant, il serait plus judicieux de phaser le projet : rénover d’abord les pistes, moderniser les équipements essentiels, puis envisager un nouveau terminal lorsque la croissance du trafic le justifiera. D’autres préconisent de recourir à des partenariats public-privé pour partager les risques et garantir une gestion plus rigoureuse, ainsi que pour rénover d’autres aéroports.

Enfin, avant tout grand investissement, la Tunisie gagnerait à lancer une étude d’opportunité indépendante, comparant l’extension de Tunis-Carthage à d’autres options : la construction d’un nouvel aéroport plus moderne à Bizerte ou Enfidha, ou encore des investissements ciblés dans la valorisation du patrimoine et du tourisme intérieur, qui pourraient générer des retombées économiques plus équilibrées.

Moderniser Tunis-Carthage est une nécessité, mais la manière de le faire doit être repensée. Un projet par étapes, adossé à une gouvernance transparente et à une vision cohérente du secteur aérien, servirait mieux les intérêts du pays qu’une dépense monumentale sans garantie de rentabilité.

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