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Sabri Lamouchi | Un nouveau Walid Regragui ?

20. Mai 2026 um 08:01

La Tunisie a initié sa phase de préparation pré-Mondial 2026 en allant se tester au Canada, pour y affronter l’équipe nationale locale puis celle d’Haïti. Deux matchs qui se sont inscrits dans un programme de rencontres amicales toutes programmées à l’extérieur. Avec un nouveau sélectionneur qui a pu se satisfaire de deux résultats corrects pour commencer son mandat.

Jean-Guillaume Lozato *

L’ex-défenseur international Sami Trabelsi a été démis de ses fonctions de sélectionneur, remercié par la FTF à l’issue d’une Coupe d’Afrique estimée comme décevante. Cette CAN lui a été fatidique, bien que partiellement négative.

L’ex-vedette du CSS a vu lui succéder un autre ancien joueur renommé : Sabri Lamouchi, ancien milieu international français d’origine tunisienne.

Que peut-on réellement affirmer du mandat Trabelsi ? Et avec quelle approche Lamouchi et les internationaux faire connaissance : circonspection ou confiance ?

Une CAN en demie teinte

En pleine saison des oranges sanguines, les fruits de cette CAN au Maroc, autre pays gros producteurs d’oranges, ont été mi-figue mi-raisin. La récolte de résultats n’a pas correspondu aux aspirations du pays du Jasmin. Encore moins à une grande moisson.

Avec du bon : des révélations, et quelques petites confirmations en attendant leur renforcement afin qu’elles se transforment en certitudes.

Avec du mois bon : des hésitations, sur les touches ou les remises en jeu plus que dans la transmission de la balle en général.

L’adjectif «moyen» est tout à fait adapté pour décrire le bilan général tunisien. Un aperçu en accord avec des derniers mois. Depuis la Coupe du Monde au Qatar, l’équipe nationale était en train de chercher sa voie. La différence entre les prestations livrées en éliminatoires de la CAN et celles en éliminatoires de la Coupe du Monde a été l’occasion d’une reprise en main gérée en deux temps par Trabelsi. Et le problème, durant la CAN, a été que la phase de poule a été un condensé de ces deux temporalités. La Tunisie a dû se contenter d’une sorte de minimum vital. À savoir un rodage lors du premier tour, mais une disparition définitive en huitièmes de finale.

Pendant ses matchs, la sélection tunisienne a joué par épisodes. La cruelle absence d’Aïssa Laïdouni a pesé. L’éviction du coach Sami Trabelsi – patronyme qui prédestinerait au dégagisme en cette Tunisie post révolution – a ouvert la voie à un recrutement semi-délocalisé en la personne de Sabri Lamouchi.

Qui est Lamouchi ?

Pour les plus jeunes, rappelons qu’il s’agit d’un ancien international français. Presque auréolé du titre de Champion du Monde puisqu’il avait contribué à la refonte d’une équipe de France traumatisée par sa mésaventure bulgare qui lui avait coûté son droit à participer à “USA 94”. Passé par l’AJ Auxerre, l’AS Monaco, Parme, l’Inter, le Genova, l’Olympique de Marseille avant une conclusion en championnat qatari, le natif de Lyon (une agglomération qui a compté d’autres footballeurs de souche immigrée comme Fleury Di Nallo, Serge Chiesa, Raymond Domenech, Luis Fernandez, Bruno Genesio, Alain Caveglia, Alim Ben Mabrouk, Karim Benzema…) a exercé en tant que milieu relayeur. Un prototype conventionnel. Un vrai numéro 8 au sens traditionnel. Avec une bonne lecture du jeu arrière et avant. Une vision panoramique qui aide à devenir entraîneur.

Lamouchi, c’est aussi un citoyen posté entre deux rives, en sa qualité de Franco-Tunisien, à l’instar de Hatem Ben Arfa, il connaît de l’intérieur ses deux ports d’attache. Et leur football. Avec leurs codes.

Faire bon accueil

Changer sans bouleverser serait le premier mot d’ordre général. L’autre mot d’ordre, plus précis et plus personnifié, est d’accorder crédit et sérénité au nouvel arrivant. En tenant compte du fait qu’il s’agit d’une mission plus périlleuse qu’une embauche d’entraîneur de club.

Donc, pour Lamouchi, il conviendra de réformer des aspects tactiques ou relevant de la gestion des ressources humaines. En privilégiant cet ordre. Disposer d’une base de cadres comme Hannibal Mejbri, Montassar Talbi, Ellyes Skhiri, Ali Abdi et Dylan Bronn constitue un premier volet avantageux.

L’autre volet, plus fragile, concerne la pérennisation ou non de certains éléments. Pour cela, le Franco-Tunisien devenu coach national aura à sa charge le devoir d’évaluation constante de jeunes comme Sebastian Tounekti et Khalil Ayari.

L’observation, l’analyse, la prise en compte des défauts comme des qualités devrait peser dès le début. En ne confondant pas vitesse et précipitation, bousculer les habitudes étant le plus souvent incompatible avec la mentalité locale si on se réfère aux allégations pleines de fougue formulées il y a quelques mois par Mejbri. Un milieu de terrain né en France, comme son sélectionneur.

Faire bon accueil au nouveau venu tout en ne portant pas de masques. C’est le mot d’ordre salutaire pour l’équipe nationale.

Trabelsi est parti. Lamouchi est arrivé. Les «Rouges» sont allés défier les Canadiens chez eux (0-0) et ont battu (1-0) les Haïtiens à l’extérieur. La Tunisie du football tient une occasion de se ressaisir. Faire aussi bien qu’en 2022 serait-il plus difficile ? Passer le premier tour est-il vraiment envisageable ?

Pour commencer à réfléchir à ces deux questions aux réponses demeurant pour l’instant dans le domaine de l’hypothétique, souvenons-nous que les Aigles de Carthage avaient eu leur équivalent de Sofyan Amrabat en équipe du Maroc, en pouvant compter sur Aïssa Laïdouni.

Pour imiter les exploits des Lions de l’Atlas, Sabri Lamouchi, qui est secondé par un autre Franco-Tunisien, qui faisait la pluie et le beau temps parmi les Aigles de Carthage, Wahbi Khazri, devra non point se muer en dompteur mais plutôt faire en sorte de devenir le nouveau Walid Regragui. Pour le moment, il essaie de faire mieux connaissance des qualités et défauts de ses joueurs, de prospecter les possibilités tactiques, de créer une synergie de groupe et d’observer ses prochains adversaires au Mondial 2026 : de gros clients comme le Japon, la Suède ou les Pays-Bas.

* Universitaire et analyste de foot.

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CAN-2025: Les Aigles de Carthage à la reconquête de l’Afrique

Von: walid
20. Dezember 2025 um 10:30

La sélection tunisienne entame mardi sa campagne en Coupe d’Afrique des Nations CAN-2025, prévue du 21 décembre au 18 janvier au Maroc, avec l’ambition d’exorciser le spectre des éliminations précoces, et de se lancer à la reconquête d’un sacre continental qui lui échappe depuis plus de vingt ans.

Après l’épopée de 2004 et le triomphe obtenu à domicile face au Maroc, qui fut le seul titre continental de l’histoire du football tunisien, les résultats du Onze national n’ont que rarement répondu aux espérances.

Finaliste des éditions 1965 et 1996, la Tunisie doit relever un défi de taille: briguer le titre tout en proposant des performances à la hauteur des attentes du public, encore marquées par le récent revers à la Coupe arabe FIFA Qatar-2025, et la sortie prématurée à la dernière CAN en Côte d’Ivoire (2023).

Les Aigles de Carthage n’ont atteint le dernier carré qu’en 2019 en Égypte, enregistrant en revanche trois éliminations dès le premier tour (2010, 2013 et 2023), et six quarts de finale (2006, 2008, 2012, 2015, 2017 et 2021).

Forte de sa constance, avec un record africain de 17 apparitions consécutives en phase finale et 22 participations au total, la Tunisie aborde la CAN-2025 avec confiance et détermination.

Sa préparation a cependant été perturbée par une performance en demi-teinte lors de la Coupe arabe, où elle a été privée de plusieurs titulaires, ce qui a obligé le staff technique à réaménager le programme initialement prévu à Doha au profit d’un stage à Tabarka, afin de renforcer la cohésion du groupe et peaufiner la condition physique des joueurs.

Le sélectionneur Sami Trabelsi a retenu une équipe homogène, autour des cadres Montassar Talbi, Dylan Bronn, Ali Abdi, Ellyes Skhiri, Hannibal Mejbri, Ferjani Sassi et Naïm Sliti, complétés par des joueurs ayant livré de bonnes prestations en Coupe arabe, tels que Houssem Tka, Ismaël Gharbi et le vétéran Ali Maâloul.

Actuellement 40es mondiaux et 6es africains, les Aigles de Carthage s’engagent dans la compétition dans un climat mêlant prudence et optimisme, au regard des résultats contrastés de ces derniers mois.

Le nul face au Brésil lors de la fenêtre de novembre (1-1) avait boosté le capital confiance des hommes de Sami Trabelsi, avant que la Coupe arabe ne freine cet élan, d’autant que le groupe C s’annonce relevé avec le Nigéria, l’Ouganda et la Tanzanie.

Sur le plan tactique, la formation tunisienne devrait évoluer en 3-5-2 avec Aymen Dahmen dans les buts, Talbi, Bronn et Meriah en défense centrale, et Valery et Abdi sur les flancs. Le milieu s’articulera probablement autour de Skhiri, Ben Romdhane et Mejbri, tandis que Mastouri et Saâd ont de grandes chances de mener la ligne offensive.

Les coequipiers de Talbi ouvriront leur joute le 23 décembre face à l’Ouganda (21h00), un match crucial pour démarrer le tournoi sur une note positive et chasser le signe indien des matches d’ouverture, perdus face à la Namibie et au Mali (0-1) lors des deux dernières CAN.

Conduites par le Belge Paul Put, les Grues pointent au 85e rang mondial et 17e africain ; et veulent, en tant que coorganisateurs de la prochaine CAN, faire bonne figure. Les coéquipiers du capitaine Khalid Aucho disputent leur huitième CAN, la dernière étant celle de 2019 en Egypte, et avec comme meilleur résultat une finale en 1978 et une 4e place en 1962.

La Tunisie affrontera ensuite le Nigéria, vice-champion d’Afrique, le 27 décembre à 21h00, dans un choc annoncé entre les deux favoris du groupe. Éliminés de façon inattendue des qualifications pour le Mondial 2026, les Super Eagles (38es mondiaux, 5es africains) visent une quatrième étoile continentale après celles de 1980, 1994 et 2013.

L’effectif convoqué par Éric Sékou Chelle compte six nouveaux joueurs et le retour de trois cadres récemment absents. Face à la redoutable attaque nigériane, emmenée par Ademola Lookman (Atalanta), Victor Osimhen (Galatasaray) et Samuel Chukwueze (Fulham), la Tunisie devra combiner rigueur défensive et efficacité offensive, et pourquoi pas rééditer l’exploit de la CAN-2021 où Youssef Msakni avait offert la qualification aux dépens du Nigéria.

La phase de groupes se terminera le 30 décembre contre la Tanzanie (17h00). Classée 112e mondiale et 27e africaine, la sélection des Taifa Stars (Les étoiles de la Nation en Swahili) disputera sa quatrième CAN, avec l’espoir de franchir pour la première fois le premier tour. Le coach argentin Miguel Gamondi s’appuie sur un collectif mêlant talents locaux (clubs de Simba, Young Africans, Azam) et éléments évoluant à l’étranger, dont Mbwana Samatta (Le Havre), Novatus Dismas (Göztepe) et Haji Mnoga (Salford City).

Faisant preuve de circonspection et de réalisme, et sans annoncer d’objectif précis, le sélectionneur national Sami Trabelsi a insisté sur la priorité de franchir le premier tour, avant d’aborder match par match la phase à élimination directe.

Les supporters tunisiens, attendus en nombre à Rabat et Fès, nourrissent l’espoir d’un retour dans le dernier carré, qui constituerait un tremplin moral avant le Mondial-2026, l’été prochain aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

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