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Inflation en baisse, pouvoir d’achat sous pression : pourquoi les prix restent-ils élevés en Tunisie ?

11. August 2026 um 06:00

Alors que le taux d’inflation en Tunisie ralentit progressivement, le sentiment d’une hausse persistante des prix demeure fortement ancré chez les ménages. Pour l’expert économiste Mouez Soussi, cette apparente contradiction s’explique notamment par l’écart entre l’évolution des prix et celle des revenus.

Leçon d’économie pratique pour ceux qui confondent baisse/recul de l’inflation et non baisse des prix!

Au-delà des chiffres officiels, il estime que la perte de pouvoir d’achat doit être appréhendée à travers un tableau de bord plus large, intégrant les salaires, les capacités de production et la qualité des données disponibles.

Pour Mouez Soussi, il n’existe pas de véritable contradiction entre le ralentissement de l’inflation mesurée par les statistiques officielles et le sentiment des ménages selon lequel les prix continuent d’augmenter. L’expert estime que les citoyens perçoivent directement la réalité économique à travers leur pouvoir d’achat et leurs dépenses quotidiennes. Il explique que l’indicateur déterminant pour comprendre ce ressenti réside dans la relation entre les revenus et les dépenses. Une baisse du taux d’inflation signifie uniquement que le rythme d’augmentation des prix ralentit. Elle ne signifie pas que les prix ont diminué.

Mouez Soussi

Selon lui, cette distinction est essentielle pour comprendre le décalage entre les statistiques officielles et l’expérience quotidienne des ménages. D’autant que les données permettant de mesurer clairement l’évolution des revenus des Tunisiens restent, à ses yeux, insuffisamment intégrées dans l’analyse.

En prenant comme référence le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), Mouez Soussi estime que son évolution reste nettement inférieure à celle des prix. Le même constat s’appliquerait, selon lui, au salaire moyen, dont le rythme de progression demeure moins élevé que celui des prix. L’économiste revient également sur la dernière révision salariale, fixée par la loi et concernant à la fois les secteurs public et privé. Il estime que les augmentations accordées, comprises entre 3,5 % et 4 %, n’ont constitué qu’une compensation limitée face à l’inflation enregistrée depuis le début de l’année.

 

En prenant comme référence le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), Mouez Soussi estime que son évolution reste nettement inférieure à celle des prix. Le même constat s’appliquerait, selon lui, au salaire moyen, dont le rythme de progression demeure moins élevé que celui des prix.

 

Pour le secteur privé, cette situation aurait également réduit la marge de négociation dont il disposait auparavant pour obtenir des augmentations salariales plus importantes. Désormais, avec des hausses fixées par la loi, les salariés auraient encaissé des augmentations qui, selon lui, ont rapidement été absorbées par la hausse des prix.

Mouez Soussi considère ainsi qu’il est insuffisant d’opposer une « inflation officielle » à une « inflation ressentie ». Pour lui, il faut intégrer dans l’analyse l’évolution des revenus et des salaires afin de mesurer réellement la dégradation du pouvoir d’achat.

Un pouvoir d’achat sous pression

L’expert souligne que le comportement des consommateurs constitue un indicateur révélateur de cette situation. Il observe que les ménages peuvent aujourd’hui rentrer de leurs courses avec beaucoup moins de produits qu’il y a deux ou trois ans, alors même que leurs dépenses ont augmenté. Cette pression se traduit également par une réduction de l’accès à certains produits alimentaires. La viande rouge serait devenue inaccessible non seulement pour les catégories à faibles revenus, mais également pour une partie de la classe moyenne.

Mouez Soussi relève le même paradoxe concernant les poissons et les produits de la mer. Dans un pays disposant de plus de 1 200 kilomètres de côtes, ces produits ne figureraient pourtant plus systématiquement dans le panier de consommation de nombreux ménages. Pour l’économiste, ces situations illustrent une question plus profonde : pourquoi l’économie tunisienne en est-elle arrivée à ce niveau de tension sur les prix et le pouvoir d’achat ?

Le problème dépasse la question des « intermédiaires »

Selon Mouez Soussi, les difficultés actuelles ne peuvent pas être expliquées uniquement par la contrebande ou par le rôle des intermédiaires. Ces phénomènes existent, mais ils ne constituent pas, à ses yeux, le véritable cœur du problème. Le principal enjeu se situe davantage au niveau des capacités productives du pays. L’économiste estime que les structures productives ne parviennent pas à maintenir durablement un rythme de production stable, aussi bien en quantité qu’en qualité.

Il cite notamment la situation de la récolte céréalière. Il relève que les faibles rendements enregistrés ne constituent pas une surprise. La pluviométrie ne suffit pas à garantir une bonne récolte lorsque certains intrants nécessaires à la production ne sont pas disponibles à temps. Il évoque notamment l’absence ou l’insuffisance de produits tels que le DAP et d’autres engrais. L’explication est donc avant tout technique et montre qu’une analyse approfondie des chaînes de production permettrait de mieux comprendre les difficultés rencontrées.

Une inflation qui ralentit, mais une perte de pouvoir d’achat qui s’accumule

Mouez Soussi rappelle que la Tunisie a connu pendant plusieurs années des taux d’inflation supérieurs à 5 %. Le pays a même frôlé les 10 % au début de 2024 avant d’enregistrer progressivement un ralentissement pour atteindre aujourd’hui un niveau proche de 5 %. Cette évolution peut être interprétée comme un relâchement du rythme de progression des prix. Mais, pour les ménages, elle n’efface pas les pertes de pouvoir d’achat déjà subies. L’économiste estime ainsi que les citoyens encaissent une dégradation du pouvoir d’achat à chaque période de hausse des prix. C’est cette accumulation qui contribue à rendre la situation de plus en plus difficile pour les ménages.

« Le vrai problème est celui du diagnostic »

Pour Mouez Soussi, la maîtrise de l’inflation passe d’abord par une amélioration du diagnostic économique. Il considère que l’ordre des priorités en matière de politiques économiques n’est pas toujours conforme aux besoins réels du pays. Il appelle ainsi à rechercher les causes précises des difficultés de production plutôt qu’à intervenir de manière ponctuelle. Pourquoi certaines usines ne fonctionnent-elles pas continuellement ? Pourquoi la production d’électricité est-elle insuffisante ? Pourquoi certains intrants agricoles ne sont-ils pas disponibles à temps ? Pourquoi certains indicateurs de production évoluent-ils à la baisse ?

Pour l’enseignant universitaire, ce sont ces questions concrètes qui devraient être placées au centre des politiques économiques. Il estime qu’il faut « remonter la chaîne » afin d’identifier les causes profondes des dysfonctionnements et les résoudre. Il met également en garde contre les décisions prises sans diagnostic suffisamment précis. Selon lui, certaines mesures peuvent produire des effets pervers ou inverses à ceux recherchés et faire perdre un temps précieux.

La question des données au cœur du diagnostic… mais des réformes qui ne répondent pas toujours aux besoins de l’économie

Mouez Soussi insiste par ailleurs sur l’importance des données fiables. Il affirme que l’État ne dispose pas toujours des informations nécessaires pour établir un diagnostic précis de la situation économique. Il estime que la production de ces données devrait s’appuyer sur un partenariat entre les structures publiques et privées. Lorsque l’administration ne dispose pas des moyens ou des capacités techniques nécessaires, elle pourrait, selon lui, faire appel à des bureaux spécialisés ou à un appui technique.

L’économiste cite plusieurs domaines dans lesquels il estime que les données disponibles sont insuffisantes. Il évoque notamment la difficulté à connaître précisément le nombre de têtes de bétail dans le pays, ainsi que certaines informations relatives au domaine de l’État et à son exploitation.

 

Mouez Soussi critique une approche qui consisterait à considérer que les problèmes économiques peuvent être résolus essentiellement par des réformes législatives, des décrets ou des décisions administratives. Il cite à cet égard plusieurs exemples, dont celui du crédit personnel sans garantie et celui de la loi sur le chèque. Selon lui, certaines mesures adoptées pour résoudre un problème peuvent, lorsqu’elles ne sont pas suffisamment adaptées aux réalités économiques, créer de nouvelles difficultés.

 

Il mentionne également la question des déchets : connaître les quantités produites quotidiennement, les capacités de traitement, de recyclage ou d’enfouissement serait, selon lui, indispensable pour établir des politiques adaptées. Pour l’expert, cette faiblesse des données se retrouve ainsi dans plusieurs secteurs de l’économie et complique la mise en place d’un diagnostic pertinent. 

Mouez Soussi critique surtout une approche qui consisterait à considérer que les problèmes économiques peuvent être résolus essentiellement par des réformes législatives, des décrets ou des décisions administratives. Il cite à cet égard plusieurs exemples, dont celui du crédit personnel sans garantie et celui de la loi sur le chèque. Selon lui, certaines mesures adoptées pour résoudre un problème peuvent, lorsqu’elles ne sont pas suffisamment adaptées aux réalités économiques, créer de nouvelles difficultés.

Concernant la loi sur le chèque, il estime que les changements intervenus ont contribué à un recours accru à la liquidité. Cette progression de la monnaie liquide pourrait, selon lui, constituer l’une des causes susceptibles d’alimenter l’inflation. L’économiste considère ainsi qu’une meilleure adéquation entre les décisions publiques et les besoins réels de l’économie aurait permis de réduire davantage le rythme de l’inflation.

Revenir aux fondamentaux

Pour Mouez Soussi, la lutte contre l’inflation ne peut donc pas se limiter à observer l’évolution mensuelle de l’indice des prix. Le ralentissement de l’inflation constitue certes une évolution positive, mais il ne signifie pas que les prix ont retrouvé leur niveau antérieur ni que le pouvoir d’achat des ménages s’est rétabli.

 

La maîtrise de l’inflation reste un défi majeur et que le chemin pour y parvenir demeure lent. Mais pour l’économiste, une première étape s’impose : identifier précisément les problèmes avant de chercher à les résoudre. Un problème correctement ciblé constitue déjà, selon lui, le début d’une solution.

 

La priorité devrait, selon lui, être donnée à un diagnostic fondé sur des données fiables, à une hiérarchisation pertinente des problèmes et à la réhabilitation des structures productives. Il estime que la maîtrise de l’inflation reste un défi majeur et que le chemin pour y parvenir demeure lent. Mais pour l’économiste, une première étape s’impose : identifier précisément les problèmes avant de chercher à les résoudre. Un problème correctement ciblé constitue déjà, selon lui, le début d’une solution.

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Chiffre de la semaine : le taux de départ plafonne à 61 % depuis 35 ans

05. August 2026 um 10:18
Depuis 35 ans, le taux de départ en vacances des Français reste stable autour de 61 %. Mais les écarts sociaux demeurent importants, notamment pour les ménages les plus modestes. En bref Le taux de départ en vacances atteint 61…

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Samir Abid au secours du pouvoir d’achat du consommateur

05. August 2026 um 09:27

Le ministre du Commerce et du Développement des Exportations, Samir Abid, a présidé dans la journée du mardi 4 août 2026, à distance, la réunion périodique des directeurs régionaux. Il a rappelé que la conjoncture actuelle exige une vigilance renforcée sur le terrain et un suivi rigoureux des systèmes de production, des industries, des circuits de distribution et des stocks.

Samir Abid a insisté sur la nécessité de surveiller les indicateurs de marché afin de prendre des mesures proactives, fondées sur des données fiables et actualisées; avant que les tensions ne se répercutent sur l’approvisionnement et les prix.

Samir Abid a précisé que l’action du ministère ne se limite pas à corriger les perturbations ponctuelles, mais comprend aussi la capacité d’anticiper et d’éviter leur transformation en crise susceptible d’affecter les citoyens ou d’ébranler la confiance dans le marché. Les priorités du ministère, a-t-il ajouté, sont la régularité de l’approvisionnement, le maintien du pouvoir d’achat et la consolidation du rôle social de l’État.

A cet égard, il a appelé à renforcer la coordination entre les services centraux et régionaux, d’une part, et les autorités locales, régionales ainsi que les structures administratives des autres ministères, d’autre part. Et ce, afin d’adapter efficacement les interventions aux spécificités de chaque région.

Le ministre a par ailleurs souligné l’état de préparation des services pour les grandes périodes de l’année, notamment le Mouled, la rentrée scolaire et les périodes de faible production.

De même, il a mis l’accent sur l’importance du stockage comme mécanisme essentiel de régulation des marchés et de garantie d’approvisionnement, en particulier pour certains produits agricoles et pour répondre aux besoins de secteurs tels que le tourisme.

La réunion a aussi examiné la situation de l’approvisionnement dans l’ensemble des gouvernorats, en portant une attention particulière aux stocks d’eau minérale, de volaille, de pommes de terre et des produits de première nécessité gérés par l’Office du commerce, Tout en confirmant le suivi quotidien et la prise des mesures nécessaires lorsqu’il y a lieu.

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Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie

02. August 2026 um 07:37

Marginalisée par le pouvoir exécutif, exclue du dialogue social dont elle fut historiquement l’un des principaux piliers et son influence considérablement réduite sur la scène politique, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tente d’exister, tant bien que mal, en s’invitant, de temps en temps, dans le débat national, par des déclarations de ses dirigeants à peine relayées par les médias, en attendant des jours meilleurs. (Photo: Slaheddine Selmi, SG de l’UGTT).

Latif Belhedi

L’organisation s’est rappelée au souvenir des Tunisiens, hier, samedi 1er août 2026, en communiquant sur un document de son département d’études intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour surmonter la crise», qui souligne le caractère désormais structurel des difficultés du pays.

La Tunisie dispose des ressources nécessaires pour renouer avec la croissance, mais cela nécessite des réformes structurelles, une stratégie économique à long terme et un dialogue national sur les grands choix économiques et sociaux, a-t-elle souligné dans ledit document, qui insiste sur les enjeux clés de la crise : le poids de la dette publique (qui dépasse 80% du PIB), la faiblesse de l’investissement, la dépendance énergétique, notamment du gaz algérien, la perte de pouvoir d’achat, la fuite des compétences et la pression sur les ressources hydriques.

Selon l’UGTT, le rythme de la croissance (entre 1,5 et 2,5 %, bon an mal an) demeure insuffisant pour réduire le chômage et financer adéquatement les services publics.

Au chapitre des recommandations, la centrale syndicale appelle l’Etat à soutenir l’investissement productif, à simplifier les procédures administratives et à développer les énergies renouvelables ainsi que les secteurs à forte valeur ajoutée, en renforçant les liens entre universités, instituts de recherche et entreprises.

Le rapport appelle également à la réforme des entreprises publiques sur la base d’objectifs vérifiables, tout en maintenant le contrôle de l’État sur les secteurs stratégiques. Position du reste partagée par le président de la république Kaïs Saïed, qui rejette catégoriquement toute idée de cession, totale ou partielle, de ces entreprises qui croulent sous les déficits et les dettes et pèsent lourdement sur les finances publiques.

Concernant les ressources en eau, l’UGTT appelle à prendre des mesures contre le gaspillage et prône le recours au dessalement et aux eaux usées traitées.

Les réformes relatives aux subventions, à la fiscalité et aux entreprises publiques, ils ne peuvent être adoptées unilatéralement ; elles doivent faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux et s’accompagner d’une répartition équitable des coûts, souligne l’organisation syndicale, Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son rôle important dans la conduite du dialogue national, mais qui peine à retrouver le rôle central qui fut le sien dans le dialogue politique et social dans le pays.

La Tunisie, conclut l’UGTT, peut tirer parti de sa proximité avec les marchés européens et africains, de son capital humain qualifié et de ses infrastructures relativement développées.

Toutefois, la relance dépendra de la capacité à bâtir un nouveau modèle fondé sur l’investissement, la productivité, la bonne gouvernance et la justice sociale.

Vers une réconciliation nationale globale

Intervenant, samedi, dans l’émission ‘‘Houna Tunes’’, sur Diwan FM Ahmed Jaziri — secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de l’UGTT — a souligné que la Tunisie fait face à des défis majeurs et que les conditions nécessaires à un niveau de vie décent ont disparu, notant que les citoyens se plaignent de plus en plus de la cherté de la vie.

M. Jaziri a ajouté que la situation actuelle du pays a incité le département des études et de la documentation de l’Union à présenter le document analytique intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour résoudre la crise», dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la nation, affirmant : «Le syndicat travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie.»

M. Jaziri a souligné au passage la nécessité pour toutes les parties concernées par la recherche de solutions à la crise multisectorielle que traverse le pays de s’unir et de parvenir à une réconciliation nationale globale. Rejetant les démarches unilatérales, qui caractérise le pouvoir exécutif depuis le 25 juillet 2021, date de la proclamation de l’état d’exception, il a prôné un dialogue inclusif associant toutes les organisations et la société civile pour faire face à la situation — une crise nécessitant, selon lui, l’instauration de l’état d’urgence pour remettre la Tunisie sur la bonne voie — tout en rappelant que le pays a actuellement besoin de toutes ses compétences professionnelles, dont beaucoup le quittent pour des cieux plus cléments.

M. Jaziri a ajouté que ce message s’adresse à l’actuel gouvernement qui, a-t-il affirmé, refuse d’engager le dialogue avec l’Union et d’autres organisations, insistant sur le fait que la situation exige un effort concerté de toutes les parties.

Tout en soulignant que le syndicat a ses propres idées et sa propre stratégie, et que la Tunisie ne manque de rien, le responsable syndical a affirmé que toute crise peut être résolue et que «les fardeaux partagés sont légers» (comme le dit l’adage).

Par ailleurs, M. Jaziri a soutenu que la mauvaise gouvernance, le manque de suivi et la négligence ont conduit les institutions étatiques à la ruine, citant la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) comme exemple flagrant.

En réponse à ceux qui imputent la crise actuelle du pays au syndicat, M. Jaziri a déclaré que l’UGTT est marginalisée depuis cinq ans et que ses propositions sont restées sans réponse. «Aujourd’hui, on rejette tout sur le syndicat, qui est une force positive et un vecteur de dialogue», a-t-il déclaré, qualifiant cette tentative de rejeter la responsabilité des problèmes du pays sur le syndicat de «fuite en avant» etune tentative d’éluder les véritables problèmes.

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Le dinar tunisien surévalué face au dollar

01. August 2026 um 09:36

Une enquête internationale révèle, sans fard et sans anesthésiant diplomatique, ce que les Tunisiens savent déjà de manière empirique, à savoir que le consommateur tunisien paie objectivement plus cher, en dollars, pour un hamburger que son homologue américain, alors même que le revenu moyen tunisien reste très largement inférieur au revenu américain.

Moktar Lamari *

‘The Economist’’ a mis à jour, 31 juillet 2026, son fameux indice Big Mac, cet outil né en 1986 qui soufflera cette année ses quarante bougies — un âge respectable pour un sandwich qui a fait plus pour la pédagogie monétaire mondiale que des générations de rapports du FMI empilés les uns sur les autres. L’auteur saisit l’occasion pour appliquer cet instrument, aussi gourmand qu’implacable, au dinar tunisien, et répondre une bonne fois pour toutes à la question qui taraude tout Tunisien revenant d’un séjour à l’étranger, portefeuille dégarni : notre monnaie est-elle surévaluée ou sous-évaluée face au dollar et à l’euro ?

La réponse, comme l’annonce le titre, tient en une phrase et une métaphore de cuisson : trop cuit en dollars, à point en euros.

Le principe de l’indice est d’une simplicité presque insolente, et c’est précisément ce qui en fait la force pédagogique. Le Big Mac est fabriqué selon des standards quasi identiques partout dans le monde — même pain, même steak haché, même sauce secrète, même laitue élastique — avec plus de soixante ingrédients calibrés avec la même rigueur d’un pays à l’autre. On tient compte des mêmes ingrédients et on observe leurs prix pour la suite.

Où que vous l’achetiez, vous achetez donc, en théorie, exactement la même chose : un concentré calorique universel, taillé sur mesure pour comparer le pouvoir d’achat réel des monnaies. Il suffit alors de comparer son prix converti en dollars, pays par pays, pour savoir si une devise est chère ou bon marché par rapport à sa «vraie» valeur d’achat.

Aux États-Unis, 100 dollars permettent d’acheter environ 16 Big Mac. La même somme convertie en euros, en yuan ou en yen devrait, en théorie, acheter le même nombre de sandwiches si les monnaies étaient parfaitement alignées sur leur pouvoir d’achat réel.

Ce n’est jamais le cas : 100 dollars n’achètent, sur le marché des changes, que 87 euros ou 677 yuans, révélant à quel point les devises mondiales se sont éloignées de leur juste valeur — la gourmandise du hamburger dévoilant, sandwich après sandwich, la triche silencieuse des banques centrales.

L’indice ne prétend pas remplacer les calculs savants du taux de change effectif réel (TCER), cet instrument que les économistes manient avec la componction d’un chirurgien et que le citoyen moyen ne comprend, en général, absolument rien.

C’est précisément pour cela que l’astuce du Big Mac fonctionne : elle vulgarise, en un seul produit comestible, ce que des institutions comme la Banque mondiale mettent trois ans à publier avec un décalage statistique digne d’un courrier envoyé par dromadaire.

Sur 54 économies comparées, seules 7 affichent un résultat contradictoire entre l’indice Big Mac et les mesures savantes de la Banque mondiale — un taux de fiabilité qui devrait clouer le bec aux esprits chagrins qui n’y voient qu’un gadget marketing bon pour amuser les foules à l’heure du déjeuner.

Le dinar trop cher face au dollar

Passons maintenant à l’exercice qui intéresse vraiment le lecteur : où se situe précisément notre dinar dans ce grand classement mondial du sandwich ?

Un Big Mac tunisien coûte aujourd’hui environ 20 dinars. Converti au taux de change courant du marché — autour de 2,95 dinars pour un dollar —, cela donne un prix en devise américaine d’environ 6,78 dollars. Or, aux États-Unis, ce même Big Mac se vend 6,12 dollars selon la dernière mise à jour de l’indice. On ne tient pas compte des taxes.

Le calcul est imparable : le dinar tunisien apparaît surévalué d’environ 11% face au dollar américain. Une estimation antérieure, publiée par Business News en novembre 2025 sur la base d’un prix américain légèrement plus bas (5,79 dollars), aboutissait à une surévaluation encore plus marquée, de l’ordre de 17%. Selon la période de référence retenue, la fourchette réaliste se situe donc entre 11% et 17% — dans tous les cas, un dinar visiblement trop cuit, calciné même, face au billet vert. Une correction de cette surévaluation pourrait être dénoncée par les exportateurs tunisiens… ou même les organisations internationales.

Face à l’euro, en revanche, la cuisson devient nettement plus raisonnable — un dinar à point, ni trop saignant ni trop grillé. Ces mêmes 20 dinars, convertis au taux de change courant d’environ 3,38 dinars pour un euro, donnent un Big Mac tunisien équivalent à 5,92 euros.

Or, le Big Mac de la zone euro, qui s’échange à 7 dollars sur les marchés selon la dernière publication, correspond à environ 6,48 euros une fois reconverti au taux EUR/USD courant.

Le Big Mace tunisien coûte donc, en euros constants, près de 9% de moins que son cousin européen : le dinar apparaît ici légèrement sous-évalué face à la monnaie unique, presque à l’équilibre — un paradoxe seulement apparent, puisqu’il s’explique par le fait que l’euro lui-même est actuellement surévalué d’environ 15% face au dollar selon le même indice.

Autrement dit, notre dinar est trop cher pour l’Américain qui débarque à Tunis avec ses billets verts et sa fringale de burger, mais reste cuit juste comme il faut pour le touriste français ou allemand qui compte en euros — un détail qui n’échappera pas aux professionnels du tourisme, qui pourront désormais expliquer à leurs clients américains, en connaissance de cause, pourquoi leur addition leur semble étrangement salée.

Maintenir artificiellement une monnaie «forte» via le contrôle des changes

Comprenons bien ce que cela signifie concrètement, au-delà du plaisir gustatif. Un dinar «fort» sur le papier — celui qu’on brandit fièrement au bureau de change comme preuve de stabilité monétaire — masque en réalité une économie peu compétitive à l’exportation et des prix intérieurs élevés par rapport au pouvoir d’achat réel des ménages.

Le dinar tunisien s’échange dans un marché fermé, encadré, largement non convertible pour les particuliers — ce qui l’empêche de subir le test de vérité qu’affrontent quotidiennement les monnaies flottantes.

Le Big Mac, lui, ne connaît pas cette pudeur réglementaire : il révèle, sans fard et sans anesthésiant diplomatique, que le consommateur tunisien paie objectivement plus cher, en dollars, pour un hamburger que son homologue américain, alors même que le revenu moyen tunisien reste très largement inférieur au revenu américain.

C’est un peu comme payer le prix d’un plat trop cuit qu’on vous présente comme cuisiné à la perfection — sauf qu’ici, personne ne vous a prévenu au moment de passer commande.

Ce paradoxe éclaire d’ailleurs, à sa manière goulue, le débat récurrent sur la non-convertibilité du dinar tunisien : maintenir artificiellement une monnaie «forte» via le contrôle des changes, plutôt que de la laisser flotter et trouver son véritable niveau, revient à se raconter une histoire rassurante pendant que les fondamentaux économiques — productivité stagnante, dépendance aux importations, déficit commercial chronique — continuent, eux, de se dégrader sans complexe, un peu à la manière d’un appétit qu’on croit contenir en serrant simplement la ceinture d’un cran.

En attendant que le dinar tunisien daigne un jour retirer du feu sa cuisson excessive face au dollar — tout en conservant sa juste cuisson face à l’euro —, le Big Mac, lui, continuera de trôner, imperturbable et calorique, comme le juge de paix le plus digeste de l’économie mondiale.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T.

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Pourquoi le moment serait-il opportun pour acheter de l’or en Tunisie ?

30. Juli 2026 um 11:09

Après plusieurs années de hausse des prix, le marché de l’or en Tunisie semble connaître une phase de stabilisation qui pourrait représenter une opportunité pour les consommateurs. Le président de la Chambre syndicale nationale des commerçants de l’or, Hatem Ben Youssef, estime que la période actuelle constitue « le moment le plus opportun » pour acheter de l’or, les prix ayant enregistré une baisse significative par rapport aux niveaux atteints auparavant.

Invité sur les ondes de Diwan FM, le responsable professionnel a indiqué que les cours actuels se sont stabilisés et qu’une nouvelle baisse importante n’est pas attendue à court terme. Selon lui, le marché a atteint un niveau qui pourrait inciter les particuliers à passer à l’achat, notamment ceux qui préparent un mariage ou souhaitent placer leur épargne dans une valeur considérée comme refuge.

Des prix en baisse par rapport aux années précédentes

Hatem Ben Youssef a précisé que le prix de référence de l’or 18 carats, reconnu par la Banque centrale de Tunisie, s’établit actuellement autour de 285 dinars le gramme. Dans les commerces, le consommateur peut acquérir de l’or à des prix oscillant généralement entre 340 et 370 dinars le gramme.

Ces niveaux restent toutefois nettement inférieurs à ceux observés lors des périodes de forte tension sur le marché, lorsque le prix du gramme avait dépassé les 500 dinars, selon le président de la Chambre syndicale.

Cette évolution s’explique notamment par les fluctuations internationales du cours de l’or, mais aussi par les conditions spécifiques du marché tunisien, marqué par la demande, les coûts de fabrication et la présence d’un important circuit parallèle.

Un marché partagé entre trois catégories d’or

Le secteur de l’or en Tunisie fonctionne actuellement autour de trois catégories principales de produits, selon Hatem Ben Youssef.

La première concerne l’or portant le poinçon officiel, c’est-à-dire les bijoux conformes aux normes réglementaires et contrôlés par les autorités compétentes. Il s’agit de l’or destiné principalement à la vente dans les bijouteries officielles.

La deuxième catégorie est celle de l’or ne portant pas de poinçon, appelé communément « or cassé ». Ce métal précieux provient notamment du recyclage de bijoux anciens appartenant aux particuliers, mais aussi de certaines acquisitions réalisées auprès de Tunisiens résidant à l’étranger, de visiteurs algériens ou libyens, ainsi que de pèlerins revenant de La Mecque.

La troisième catégorie, qui constitue une source de préoccupation majeure pour les professionnels, est l’or issu de la contrebande. Ce commerce parallèle échappe au contrôle officiel et prive l’État de recettes fiscales tout en favorisant une concurrence déloyale pour les commerçants respectant les règles.

La réouverture du Bureau de garantie au cœur des revendications

Face à ces difficultés, le président de la Chambre syndicale a appelé les autorités, notamment le ministère des Finances, à accélérer la réouverture du « Bureau de garantie » (Dar Ettabaa), actuellement fermé.

Lire aussi : Le prix de l’or recule en Tunisie : Voici les nouveaux prix

Selon lui, la remise en activité de ce laboratoire de contrôle permettrait de mieux encadrer le marché, de lutter contre les circuits illégaux et de renforcer les recettes publiques issues des taxes. Elle pourrait également contribuer à une meilleure régulation des prix et à une baisse des coûts pour les consommateurs.

Pour les professionnels, la réorganisation du secteur passe donc par un retour à un contrôle institutionnel efficace, capable de distinguer clairement l’or conforme aux normes des produits provenant de circuits non réglementés.

L’or, toujours considéré comme une valeur refuge

Malgré les fluctuations du marché, Hatem Ben Youssef rappelle que l’or conserve son statut de valeur refuge, particulièrement dans les périodes d’incertitude économique. Contrairement à d’autres placements, il garde une valeur intrinsèque sur le long terme et reste fortement ancré dans les habitudes d’épargne des Tunisiens.

Il conseille ainsi aux personnes qui envisagent un achat, notamment les futurs mariés, de profiter de la période actuelle. Selon lui, il est possible d’acquérir des pièces de bijouterie avec des budgets débutant autour de 5 000 dinars.

Une opportunité qui dépendra toutefois de l’évolution du marché international de l’or et de la capacité des autorités tunisiennes à mieux organiser un secteur confronté depuis plusieurs années au poids de l’économie parallèle.

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Restaurants touristiques : la fédération évoque une baisse d’activité d’au moins 50%

01. Juli 2026 um 10:23

La Fédération tunisienne des restaurants touristiques tire la sonnette d’alarme. Selon son président, Habib Ben Moussa, les établissements enregistrent une baisse d’activité estimée à au moins 50%. Une situation qui traduit, selon lui, une désaffection d’une partie de la clientèle tunisienne, sur fond d’érosion du pouvoir d’achat, et fragilise de nombreux professionnels du secteur. Le...

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