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Le poème du dimanche | ‘‘Consolations à ma mère’’ de Sénèque

26. Juli 2026 um 07:53

Sénèque, dit le Jeune, (4 av J.-C., Cordoue – 65, Rome) est philosophe, dramaturge et homme politique.

Exilé en Corse en 41 par l’Empereur Claude qui l’accuse de comploter contre lui, il adresse à sa mère Helvia, les ‘‘Consolations’’, ensemble de réflexions sur l’exil et le bonheur véritable, textes qui forment un recueil de méditations sur la douleur et la mort, la force intérieure et la résistance à l’opprobre. L’art rhétorique se présente ici dans toute son éloquence au service de la pensée philosophique, non sans poésie.

Tahar Bekri

5 – C’est par notre âme que nous sommes riches, celle-ci nous suit dans notre exil et au cœur des plus âpres solitudes ; une fois qu’elle a trouvé de quoi nourrir le corps, elle-même jouit de tous ses biens dont elle abonde. L’argent ne concerne en rien l’âme, pas plus qu’il ne concerne les dieux immortels.

6-Toutes ces choses qu’admirent les esprits ignorants et trop esclaves de leurs corps – marbres, or, argenterie et grands plateaux de table bien polissée – sont des masses de matière qui ne peut aimer une âme pure et consciente de sa nature originelle, elle-même légère ; libre de toute entrave et prête, dès qu’on l’aura laissée s’échapper, à s’élancer au plus haut des cieux : en attendant, pour autant que le lui permettent les obstacles corporels et sa pesante enveloppe, elle parcourt l’espace divin de sa pensée rapide et agile.

7 – Et de ce fait, elle ne peut jamais être exilée car elle est libre, apparentée aux dieux et participe de l’infini dans l’espace et dans le temps ; sa pensée, en effet, parcourt la totalité du ciel, elle se déploie dans la totalité du passé et du futur. Ce misérable corps, prison et chaîne de l’âme, est malmené de-ci de-là : c’est sur lui que pèsent les châtiments, les agressions, les maladies. Mais ce qui est certain, c’est que l’âme est, quant à elle, sacrée et éternelle et que nul ne peut mettre la main sur elle.

Traduit du latin par Colette Lazam

‘‘Consolations’’, Ed. Rivages, 1992.

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Crise de l’énergie : les hôtels tunisiens plongés dans la pénombre en pleine saison touristique

Hôtels, restaurants et autres établissements d’hébergement sont confrontés à des interruptions de courant qui mettent à rude épreuve leur fonctionnement quotidien et risquent d’avoir des répercussions durables sur l’image de la destination.

Alors que la haute saison estivale bat son plein, les coupures d’électricité à répétition qui frappent le pays tout entier plongent une partie du secteur touristique tunisien dans une situation inédite.

Ces perturbations interviennent au pire moment. Les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs régions : les réclamations de clients se multiplient, des demandes de rapatriement sont signalées, tandis que certains tour-opérateurs demandent des explications à leurs partenaires tunisiens.

En parallèle, les avis négatifs publiés sur les principales plateformes de réservation et de notation entraînent une dégradation de la réputation de plusieurs établissements, avec un impact qui pourrait perdurer bien au-delà de la saison actuelle.

Les solutions impossibles

Sur le plan opérationnel, les difficultés s’accumulent. Les hôtels qui tentent de louer des groupes électrogènes font face à une forte hausse des coûts, sans pour autant pouvoir garantir une alimentation électrique continue. Les interruptions de courant fragilisent également la chaîne du froid, exposant les établissements à des pertes de denrées alimentaires et à un risque accru de rupture d’approvisionnement, dans la mesure où les fournisseurs sont eux aussi affectés par la crise énergétique.

Cette nouvelle épreuve intervient alors que le secteur touristique n’avait pas encore totalement retrouvé son rythme habituel. Déjà confrontés à un ralentissement des réservations lié aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux répercussions du conflit entre les États-Unis et l’Iran sur les comportements de certains marchés émetteurs, les professionnels voient désormais s’ajouter un facteur de crise supplémentaire susceptible de fragiliser davantage la saison estivale.

Les questions sans réponses

Au-delà des conséquences immédiates, les interrogations sont nombreuses. Combien de temps cette situation durera-t-elle ? Quel sera son coût économique pour les entreprises touristiques ? Quel impact aura-t-elle sur la perception de la destination Tunisie auprès des voyageurs internationaux ? Et surtout, s’agit-il d’un épisode ponctuel ou du début d’un phénomène appelé à se reproduire lors des prochaines saisons estivales ?

Sur le terrain, les professionnels font face à une clientèle de plus en plus difficile à rassurer.

« Nous faisons tout pour essayer de calmer les esprits et de nous excuser auprès de nos clients, mais rien n’y fait. Il faut comprendre que lorsqu’il fait encore 36 °C à 23 heures et qu’il n’y a plus de climatisation dans les chambres, les clients sont hors d’eux, notamment les familles avec de jeunes enfants », témoigne une hôtelière de Hammamet.

Toutes les régions touchées

« La clientèle est particulièrement remontée contre l’hôtel et ne peut pas admettre que cette situation échappe totalement à notre volonté. Beaucoup considèrent qu’il est de notre responsabilité de disposer d’un groupe électrogène », explique pour sa part le directeur commercial d’un établissement à Monastir.

Or, rappellent les professionnels, la réalité technique est bien plus complexe. Installer des groupes électrogènes de forte puissance représente un investissement considérable, nécessite des espaces adaptés et implique des contraintes d’exploitation importantes.

Dans la plupart des hôtels, les équipements de secours existants — groupes électrogènes ou onduleurs — ont été conçus pour assurer uniquement les fonctions essentielles : un éclairage minimal des espaces stratégiques comme la réception, le maintien des systèmes de sécurité ainsi que l’alimentation des chambres froides afin de préserver la chaîne du froid. Ils ne permettent généralement pas d’assurer le fonctionnement simultané de l’ensemble des installations d’un hôtel, notamment les systèmes de climatisation des centaines de chambres.

Pour les professionnels du secteur, la multiplication des coupures d’électricité dépasse désormais le simple désagrément technique. Elle constitue un véritable enjeu économique, commercial et d’image pour une industrie qui représente l’un des piliers de l’économie tunisienne et dont la compétitivité repose avant tout sur la qualité de l’expérience offerte aux visiteurs.

D.T

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