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Après les coupures répétées : la Tunisie face au défi du stockage de l’énergie solaire

Von: tmps
22. Juli 2026 um 19:01

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

 

La Tunisie possède une richesse naturelle exceptionnelle : un soleil présent une grande partie de l’année, généreux, abondant et capable de produire une énergie propre. Depuis plusieurs années, l’énergie solaire est présentée comme une réponse aux difficultés énergétiques du pays, à la hausse des coûts de l’électricité et à la nécessité de réduire notre dépendance aux sources d’énergie importées. Cette orientation semble logique, car notre pays dispose d’un potentiel solaire considérable. Pourtant, une question fondamentale demeure souvent oubliée dans les débats publics : que faisons-nous de cette énergie lorsque le soleil disparaît ou lorsque le réseau électrique national rencontre une panne générale ?

Produire de l’électricité solaire est une avancée importante, mais produire seulement au moment où le soleil brille ne suffit pas à répondre aux exigences d’une société moderne. Les citoyens ont besoin d’électricité le jour comme la nuit, en été comme en hiver, pendant les périodes normales comme lors des situations exceptionnelles. L’énergie solaire offre une production variable, alors que la consommation électrique exige une disponibilité permanente. C’est précisément à ce niveau que le stockage devient un enjeu majeur.

La Tunisie a longtemps considéré la question énergétique sous l’angle de la production. Il fallait produire davantage pour accompagner le développement économique et répondre à une demande croissante. Aujourd’hui, cette vision doit évoluer. Il ne suffit plus d’installer des panneaux solaires dans différentes régions du pays. Il faut également penser à la manière de conserver cette énergie afin de pouvoir l’utiliser lorsque les besoins deviennent plus importants ou lorsque la production naturelle diminue.

Une panne générale d’électricité révèle brutalement les limites d’un système qui dépend uniquement de la production instantanée. Les hôpitaux, les entreprises, les commerces, les administrations et les foyers sont alors confrontés aux conséquences d’une interruption qui peut perturber profondément la vie quotidienne. Le soleil tunisien peut produire une grande quantité d’électricité pendant la journée, mais sans moyens efficaces de stockage, une partie de cette énergie ne peut pas être utilisée au moment où elle serait la plus utile.

 

Le stockage, la clé oubliée de la révolution solaire

Le stockage de l’électricité représente aujourd’hui l’un des grands défis de la transition énergétique mondiale. Les batteries modernes permettent de conserver l’énergie produite pendant les heures d’ensoleillement et de la restituer lorsque la production solaire baisse. Elles jouent ainsi un rôle essentiel dans l’équilibre entre l’offre et la demande.

Dans un pays comme la Tunisie, le développement des batteries pourrait changer profondément notre rapport à l’énergie. Une centrale solaire équipée d’un système de stockage pourrait continuer à fournir de l’électricité après le coucher du soleil. Un bâtiment public pourrait disposer d’une réserve énergétique en cas de coupure. Une exploitation agricole pourrait mieux gérer ses besoins sans dépendre totalement des fluctuations du réseau.

Cependant, il faut éviter de présenter les batteries comme une solution simple et immédiate. Leur coût reste élevé, particulièrement pour les installations de grande capacité. Leur fabrication nécessite des matériaux spécifiques et pose des questions environnementales. Leur remplacement après plusieurs années représente également une contrainte économique. La solution ne consiste donc pas à installer des batteries partout sans réflexion, mais à développer une stratégie intelligente adaptée aux moyens du pays.

La Tunisie doit également explorer d’autres formes de stockage, comme les stations de transfert d’énergie par pompage, certaines technologies thermiques ou encore les systèmes hybrides associant plusieurs sources d’énergie. La diversité des solutions permettra de réduire la dépendance à une seule technologie et d’adapter les choix aux réalités géographiques et économiques nationales.

Le débat sur l’énergie ne doit pas être limité aux spécialistes. Il concerne directement chaque citoyen. Derrière les questions techniques de capacité, de puissance et de rendement, il y a une réalité quotidienne : pouvoir conserver une énergie produite localement afin d’éviter une interruption brutale du service électrique.

 

Une nouvelle vision pour l’indépendance énergétique tunisienne

La Tunisie ne manque ni de soleil ni de compétences humaines. Ce qui manque encore, c’est une vision globale qui associe production, stockage, consommation et innovation. Le développement du solaire doit être accompagné par une modernisation du réseau électrique afin de rendre celui-ci plus flexible et plus capable d’intégrer les nouvelles sources d’énergie.

L’avenir énergétique ne sera probablement pas construit uniquement autour de grandes centrales éloignées des villes. Il reposera aussi sur une multiplication des installations locales : maisons équipées de panneaux solaires, entreprises produisant une partie de leur propre électricité, bâtiments publics capables de fonctionner avec une autonomie partielle. Cette évolution pourrait transformer les consommateurs traditionnels en acteurs de la production énergétique.

Mais pour réussir cette transformation, il faudra dépasser plusieurs obstacles. Le premier concerne le financement. Les équipements solaires avec batteries représentent encore un investissement important pour de nombreux Tunisiens. Des mécanismes d’accompagnement financier pourraient permettre à davantage de familles et d’entreprises d’accéder à ces technologies.

Le deuxième obstacle concerne l’information. Beaucoup de citoyens connaissent l’existence des panneaux solaires, mais ignorent encore les possibilités offertes par le stockage. Une meilleure sensibilisation permettrait de mieux comprendre les avantages et les limites de ces systèmes.

Le troisième défi concerne la formation. Les nouvelles technologies énergétiques nécessitent des ingénieurs, des techniciens et des chercheurs capables de concevoir, installer et entretenir ces équipements. Investir dans la formation est donc aussi important qu’investir dans les infrastructures.

Il faut également éviter une erreur fréquente : croire que l’énergie solaire permettra à elle seule de résoudre toutes nos difficultés. Le solaire est une partie de la solution, mais il doit être intégré dans une politique énergétique plus large comprenant l’efficacité énergétique, la réduction du gaspillage et une meilleure organisation de la consommation.

 

L’autonomie énergétique commence aussi au niveau des citoyens

La question du stockage ne concerne pas seulement les grandes décisions nationales. Elle concerne aussi les particuliers. Dans plusieurs pays, les installations solaires domestiques accompagnées de batteries permettent aux familles de mieux gérer leur consommation et de disposer d’une réserve en cas de problème sur le réseau.

En Tunisie, cette approche pourrait progressivement se développer. Les maisons individuelles, les écoles, les petites entreprises et certaines structures publiques pourraient devenir des espaces de production et de stockage énergétique. Une école équipée de panneaux solaires pourrait réduire ses dépenses et continuer certaines activités essentielles lors d’une coupure. Une ferme agricole pourrait sécuriser son alimentation électrique pour ses équipements indispensables.

Cette évolution demande cependant une politique claire. Il ne suffit pas d’encourager l’achat de panneaux solaires. Il faut créer un environnement favorable au stockage, avec des normes adaptées, des dispositifs financiers accessibles et une réglementation capable d’accompagner les changements.

L’énergie de demain sera probablement plus proche des citoyens. Elle ne viendra pas uniquement de grandes installations centralisées, mais aussi d’un réseau composé de nombreux producteurs locaux. Cette organisation rendra le système plus résistant et permettra une meilleure utilisation des ressources disponibles.

Le soleil tunisien est une richesse nationale. Mais une richesse naturelle n’a de valeur que si elle est transformée en bénéfice concret pour la population. Produire de l’électricité lorsque le soleil brille est une première étape. Être capable de conserver cette énergie pour les moments difficiles représente l’étape décisive.

 

Construire aujourd’hui l’énergie de demain

La Tunisie se trouve devant un choix stratégique. Elle peut continuer à développer l’énergie solaire sans résoudre entièrement la question de la disponibilité électrique, ou elle peut franchir une nouvelle étape en plaçant le stockage au cœur de sa politique énergétique.

Les pannes générales nous rappellent une réalité simple : une énergie que l’on ne peut pas utiliser au moment nécessaire reste une énergie partiellement exploitée. Le véritable progrès ne consiste pas seulement à produire davantage, mais à maîtriser cette production et à la rendre disponible lorsque la société en a besoin.

Le défi est important, mais il est à la portée du pays. La Tunisie possède le soleil, des espaces adaptés, des compétences et une population capable d’accompagner cette évolution. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est une volonté politique durable et une vision dépassant les solutions immédiates.

Le stockage de l’électricité solaire n’est pas seulement une question technique. C’est une question de souveraineté, de sécurité et de préparation de l’avenir. En apprenant à conserver l’énergie que la nature nous offre chaque jour, nous pourrons transformer une simple ressource solaire en véritable force nationale.

Le soleil tunisien est déjà là. Le défi n’est plus de le trouver, mais de savoir garder son énergie pour les jours où nous en avons le plus besoin.

 

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La voix puissante et apaisante de Big Daddy Wilson au festival d’Hammamet

Von: farhat
22. Juli 2026 um 16:09

La voix exceptionnelle de Big Daddy Wilson se fait très rapidement remarquer et adopter par le public tunisien au festival d’Hammamet  .Cette voix inoubliable de miel accompagne une écriture originale sur une musique blues, funk, soul et reggae. A 22h00,Big Daddy Wilson et sa troupe investissent la scène. Un bluesman dont le répertoire relève aussi bien de la soul que du gospel, et qui fait illusion le temps d’une poignée de morceaux (signés de lui-même ou d’Eric Bibb) La prestation de l’artiste  est renforcée par une tenue vestimentaire élégante, des lunettes de soleil, un costume classique. Tout un symbole du blues traditionnel a brillé pendant au moins 100 minutes de prestation.

Il enchaîne en anglais des histoires personnelles qu’il étale en chantant. Il puise dans un répertoire folk Soul et blues rythmé, épousant ainsi l’esprit de sa tournée « Back To the Roots ». Une immersion dans l’enfance, dans les méandres des souvenirs familiaux, des premiers amours, des personnes marquantes et des villes qui ont bercé sa jeunesse et sa vie bien remplie. Ses morceaux racontent les prolétaires, la classe pauvre et moyenne, toute une frange de la société américaine, l’atmosphère des territoires américains du sud. Une certaine douceur de vivre. « She don’t love me no more » raconte la brutalité d’une rupture amoureuse. Une chanson douce – amère qui fait rire et adoucit malgré son propos sérieux.

Même dans les histoires tristes, l’espoir et la beauté restent solaires dans les paroles de Wilson. « He cares for me » possède une empreinte spirituelle, hymne au divin. « Texas Boogie » évoque ses premiers émois liés à la musique blues et à une présence féminine marquante : Le physique imposant d’une femme, sa prestation scénique, son talent e son apparence ont influencé les paroles d’une chanson. « Hello Josephine » raconte son béguin pour l’amie de sa sœur.Du charisme, sa voix profonde  à la fois puissante et apaisante, rauque et douce  passe par tous les états qui permettent d’installer un climat permanent de tension et détente, garant d’une sensation blues intense. Big Daddy Wilson est la force tranquille du blues. Décontraction, sourire, gentillesse, tout semble naturel et facile pour lui. Il est souvent comparé à des légendes comme B.B. King et Muddy Waters. « Dès que vous entendez la voix de Big Daddy Wilson », explique Eric Bibb, fan de la première heure, « vous entendez ses racines ».

                            Kamel Bouaouina

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Canicule et coupures d’électricité : sécuriser l’alimentation électrique, un enjeu de santé publique

Von: tmps
22. Juli 2026 um 10:15

La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie depuis plusieurs jours, met à rude épreuve les infrastructures nationales. Dans plusieurs régions du pays, les températures ont dépassé les 49°C, entraînant une consommation d’électricité sans précédent. Face à cette situation, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a été contrainte de procéder à des coupures de courant tournantes afin d’éviter un effondrement généralisé du réseau électrique national.

Sur le plan technique, cette décision peut se comprendre. Les gestionnaires du réseau sont confrontés à une demande qui atteint des niveaux historiques sous l’effet de l’utilisation massive des climatiseurs, des systèmes de réfrigération et des équipements électriques indispensables durant cette période de canicule. Dans un tel contexte, les délestages programmés constituent parfois le seul moyen d’éviter un black-out national dont les conséquences seraient encore plus graves. Mais si ces coupures peuvent se justifier au regard des impératifs de sécurité du réseau, leurs conséquences humaines soulèvent une tout autre question. Car derrière les chiffres de la consommation électrique se trouvent des vies humaines menacées. Une coupure de courant peut provoquer l’arrêt d’un appareil d’assistance respiratoire et aboutir même au décès de son utilisateur. Les coupures d’électricité ne représentent pas uniquement un désagrément pour les ménages ou une gêne passagère pour les activités économiques. Pour certains malades, elles constituent une menace directe pour la vie.

Contraintes techniques et protection des personnes

Ainsi, plusieurs patients auraient été victimes de situations difficiles, nécessitant des interventions d’urgence ou leur transfert vers des établissements hospitaliers afin de rétablir une assistance respiratoire. Ces événements posent une question fondamentale : comment, en 2026, des personnes dont la survie dépend d’un appareil électrique peuvent-elles encore être exposées à un tel risque ? Cette interrogation dépasse largement la seule responsabilité de la STEG.

Le véritable problème réside dans l’absence d’un dispositif national coordonné destiné à protéger les personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques. Dans de nombreux pays, les opérateurs d’électricité disposent de registres recensant les patients sous assistance respiratoire ou nécessitant des équipements vitaux. Lorsqu’une coupure programmée est envisagée, ces personnes sont identifiées afin que des solutions particulières soient mises en place. En Tunisie, un tel système demeure encore insuffisamment développé. Il est pourtant possible de concilier les contraintes techniques du réseau électrique avec la protection des personnes les plus vulnérables.

Equipements électrogènes

Plusieurs structures sanitaires du pays ont fini par réagir face à la multiplication des coupures de courant qui menacent la vie des patients sous oxygène à domicile. Dans diverses délégations du pays, des hôpitaux locaux ont annoncé être prêts à accueillir en urgence les malades dépendantes de concentrateurs d’oxygène dès lors qu’une interruption de courant les empêche d’utiliser leur matériel chez eux. Ces établissements invitent les patients concernés, ou leurs proches, à contacter sans délai le service des urgences en cas de besoin, afin de garantir une prise en charge rapide et sécurisée.

Les établissements hospitaliers constituent également un maillon essentiel de cette chaîne de sécurité. La plupart des hôpitaux disposent certes de groupes électrogènes destinés à assurer la continuité des soins en cas de panne, mais les événements récents montrent que ces dispositifs ne couvrent pas toujours l’ensemble des besoins ou ne permettent pas une alimentation instantanée de tous les équipements vitaux. Au-delà des groupes électrogènes classiques, les progrès technologiques offrent aujourd’hui des solutions beaucoup plus performantes. Les alimentations électriques sans interruption (UPS), capables de prendre immédiatement le relais sans la moindre coupure, sont désormais utilisées dans la plupart des services hospitaliers modernes. Elles permettent de maintenir en fonctionnement les respirateurs, les moniteurs, les équipements de réanimation ou les appareils d’assistance respiratoire durant les quelques secondes nécessaires au démarrage des groupes électrogènes. Les batteries médicales autonomes, les concentrateurs d’oxygène équipés d’accumulateurs de longue durée ou encore les systèmes hybrides associant batteries et panneaux photovoltaïques représentent également des solutions fiables pour garantir une continuité des soins. Le coût de ces équipements demeure évidemment important. Mais il doit être comparé au prix inestimable d’une vie humaine.

Registre national des personnes dépendantes d’équipements électriques

Les patients soignés à domicile constituent une autre catégorie particulièrement exposée. De plus en plus de personnes souffrant d’insuffisance respiratoire chronique vivent aujourd’hui chez elles grâce à des concentrateurs d’oxygène fonctionnant exclusivement à l’électricité. Ces malades ne disposent généralement d’aucune alimentation de secours. Lorsqu’une panne survient durant plusieurs heures, leur état peut rapidement devenir critique. Cette réalité impose la mise en place d’une véritable stratégie nationale. Les autorités sanitaires pourraient, en collaboration avec la STEG, créer un registre national des personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques.

Chaque patient concerné pourrait bénéficier d’un dispositif de secours adapté à sa situation : batterie autonome, groupe électrogène individuel, bouteilles d’oxygène de réserve ou hébergement temporaire dans un établissement de santé lors des périodes de délestage prolongé.

Une meilleure coordination entre les services de santé, la Protection civile, les collectivités locales et les distributeurs d’électricité permettrait également d’intervenir beaucoup plus rapidement en cas de panne.

La communication constitue également un élément essentiel

Les coupures programmées devraient être annoncées suffisamment à l’avance afin que les familles puissent prendre les dispositions nécessaires. Une application mobile, des SMS ciblés ou des appels automatisés pourraient informer les patients concernés avant toute interruption de l’alimentation électrique. Ces outils existent déjà dans plusieurs pays. Le changement climatique rend ces questions encore plus urgentes. Les épisodes de chaleur extrême devraient devenir plus fréquents au cours des prochaines années. Les besoins en climatisation continueront d’augmenter, accentuant la pression sur le réseau électrique national. Cette nouvelle réalité impose de repenser simultanément la politique énergétique et la politique sanitaire.

Modernisation des réseaux et protection des personnes fragiles

Le renforcement des capacités de production électrique, l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables, la modernisation des réseaux de transport et de distribution ainsi que le développement des systèmes de stockage de l’électricité constituent autant de priorités pour renforcer la résilience du pays. Mais ces investissements devront s’accompagner d’une réflexion tout aussi ambitieuse sur la protection des personnes les plus fragiles. Car une infrastructure énergétique moderne ne se mesure pas uniquement à sa capacité de produire davantage d’électricité. Elle se juge également à sa capacité de protéger les citoyens lorsque surviennent des situations exceptionnelles. Les drames de Médenine ne doivent donc pas être considérés comme de simples faits divers liés à une canicule exceptionnelle. Ils constituent un signal d’alerte adressé à l’ensemble des pouvoirs publics. La Tunisie dispose aujourd’hui des compétences médicales, techniques et technologiques nécessaires pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.

Solidarité nationale et droit à la vie

Il appartient désormais aux différents intervenants, ministère de la Santé, ministère de l’Industrie, STEG, Protection civile, collectivités locales et établissements hospitaliers, de bâtir un véritable dispositif national de prévention. Car si les coupures d’électricité peuvent parfois être inévitables pour préserver l’équilibre du réseau, aucune personne ne devrait perdre la vie faute d’alimentation électrique de secours. La protection des patients les plus vulnérables ne relève pas seulement d’une obligation technique, elle constitue un impératif de santé publique, un devoir de solidarité nationale et l’une des expressions les plus concrètes du droit fondamental à la vie.

À travers ses visites de terrain, le Président de la République Kaïs Saïed ne fait que réaffirmer que les réformes institutionnelles ne sauraient rester au stade des intentions, mais doivent produire des effets tangibles sur le quotidien des citoyens, dans le cadre de sa vision d’un État plus performant, plus responsable et davantage au service de l’intérêt général.

Ahmed NEMLAGHI

 

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Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État 

Von: tmps
22. Juli 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Le 18 juillet 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu au complexe hydraulique de Ghedir El Golla, relevant de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), avant de poursuivre sa visite dans la région de Qantara Bizerte, au sein de la délégation de Kalaat El Andalous. Cette visite s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des enjeux liés à la sécurité hydrique, à la préservation des infrastructures stratégiques et à la gestion durable des ressources naturelles.

Au-delà de sa portée institutionnelle, elle met en lumière les défis structurels auxquels la Tunisie demeure confrontée en matière de mobilisation, de sécurisation et de gouvernance de l’eau, de protection du patrimoine hydraulique national et de modernisation des équipements indispensables à la continuité du service public. Elle renvoie également aux impératifs de résilience face aux effets du changement climatique, à l’accroissement des pressions sur les ressources disponibles et à la nécessité d’une planification intégrée conciliant sécurité hydrique, développement territorial et souveraineté nationale.

L’eau ne constitue plus uniquement une ressource naturelle indispensable à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Elle est devenue un déterminant majeur de la souveraineté des États, de la sécurité nationale, de la compétitivité économique, de la cohésion territoriale et de la stabilité sociale. Dans un contexte international marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la croissance démographique, l’urbanisation accélérée et l’augmentation continue des besoins agricoles, industriels et énergétiques, la maîtrise des ressources hydriques s’impose désormais comme une composante essentielle des politiques publiques et de la planification stratégique. La capacité d’un État à sécuriser durablement ses ressources en eau conditionne de plus en plus son autonomie de décision, sa résilience face aux crises et la pérennité de son modèle de développement.

Pour les pays soumis à un stress hydrique structurel, la gestion de l’eau ne peut plus être réduite à une succession de mesures destinées à répondre aux situations de pénurie. Elle suppose une gouvernance anticipative fondée sur une vision de long terme intégrant les dimensions environnementales, économiques, sociales, technologiques et institutionnelles. Cette approche implique une meilleure connaissance des ressources disponibles, une planification rigoureuse des investissements, une modernisation permanente des infrastructures, une rationalisation des usages, une diversification des sources d’approvisionnement ainsi qu’une mobilisation des innovations scientifiques permettant d’améliorer l’efficacité de la gestion hydraulique.

En Tunisie, les tensions observées depuis plusieurs années autour de la disponibilité de l’eau dépassent largement les seules conséquences des épisodes de sécheresse ou de l’élévation des températures. Si la diminution des précipitations, la succession des années déficitaires, l’augmentation de l’évaporation et l’irrégularité croissante des régimes pluviométriques exercent une pression réelle sur les ressources disponibles, ces facteurs naturels ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté.

 

L’eau, un enjeu stratégique

De nombreux travaux soulignent que la crise actuelle résulte également de facteurs structurels accumulés sur plusieurs décennies. Les choix d’aménagement du territoire, l’orientation de certaines politiques agricoles vers des productions fortement consommatrices d’eau, l’exploitation croissante des nappes souterraines, le vieillissement des réseaux de transport et de distribution, les pertes importantes enregistrées au sein des infrastructures hydrauliques, les retards dans les opérations de maintenance, l’envasement progressif de plusieurs barrages ainsi que l’insuffisance des investissements consacrés aux nouvelles technologies de mobilisation et de valorisation des ressources non conventionnelles ont progressivement réduit les marges de sécurité hydraulique du pays.

À ces contraintes s’ajoutent des défis institutionnels liés à la fragmentation des responsabilités, à la complexité des mécanismes de coordination entre les différents acteurs publics, à la faiblesse des systèmes de suivi et d’évaluation ainsi qu’à l’absence d’une gouvernance intégrée permettant d’articuler efficacement les politiques de l’eau, de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. Dans ces conditions, la gestion de l’eau tend à s’inscrire davantage dans une logique de réaction face aux urgences que dans une stratégie fondée sur l’anticipation, la prévention et la résilience.

Les interruptions récurrentes de l’approvisionnement, les difficultés rencontrées dans plusieurs régions ainsi que les tensions croissantes entre les différents usages de l’eau ne constituent donc pas uniquement des dysfonctionnements techniques ou des conséquences conjoncturelles des aléas climatiques. Elles révèlent les limites d’un modèle de gouvernance confronté à des transformations profondes de son environnement naturel, économique et démographique. La crise hydrique apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre plus global entre les ressources disponibles, les modes de consommation, les capacités d’investissement et les mécanismes de pilotage des politiques publiques.

Dans cette perspective, la question de l’eau dépasse désormais le champ des infrastructures hydrauliques pour devenir un enjeu transversal de politique publique. Elle engage simultanément la sécurité alimentaire, la santé publique, le développement industriel, la protection des écosystèmes, la justice territoriale et la souveraineté nationale. La réponse à ces défis ne repose pas uniquement sur l’accroissement des capacités de stockage ou la réalisation de nouveaux ouvrages, mais sur la construction d’un modèle de gouvernance capable d’intégrer les impératifs de durabilité, d’efficacité économique, d’équité sociale et de résilience climatique dans une vision stratégique cohérente et de long terme.

 

La gouvernance des infrastructures : entre responsabilité et coordination

La visite des installations de Ghedir El Golla met en évidence une question essentielle : la qualité d’une infrastructure dépend autant de sa conception que de son mode de gouvernance.

Les réseaux hydrauliques reposent sur une coordination permanente entre les différents niveaux de décision, les opérateurs techniques, les collectivités territoriales et les autorités publiques. Toute défaillance dans cette chaîne peut produire des conséquences importantes sur la continuité du service public.

Au milieu de cette visite, le Président Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents intervenants et sur la responsabilité des responsables en cas de manquements constatés. Cette position renvoie à un principe classique de la gouvernance publique : l’efficacité d’une politique dépend autant de la qualité des décisions que de leur mise en œuvre effective.

La visite du chantier de protection contre les inondations de l’oued Medjerda met en évidence que les politiques de l’eau ne peuvent être envisagées sous le seul angle de la gestion des pénuries. Les transformations climatiques se traduisent par une alternance plus marquée entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux de forte intensité, exposant les territoires à des risques hydrologiques de plus en plus complexes. Dans ce contexte, les ouvrages hydrauliques doivent être intégrés dans une stratégie globale associant prévention des inondations, amélioration des capacités de stockage, recharge des nappes phréatiques, valorisation des eaux pluviales et protection des espaces vulnérables. Cette approche repose sur une planification territoriale capable d’articuler adaptation climatique, gestion des risques et développement durable.

La restauration du pont historique de Qantara Bizerte, édifié en 1608, s’inscrit dans une problématique complémentaire liée à la préservation du patrimoine. Les monuments historiques ne constituent pas uniquement des témoins du passé, ils représentent des ressources culturelles, sociales et économiques contribuant à l’identité des territoires, à leur attractivité et à leur développement. Leur conservation exige une politique publique fondée sur l’entretien régulier, l’expertise scientifique, la protection juridique et la coordination entre les institutions nationales et les collectivités territoriales, afin d’assurer la transmission de ce patrimoine tout en l’intégrant aux dynamiques contemporaines de développement local.

 

Vers une nouvelle culture de la gouvernance publique

Les tensions récurrentes observées autour de l’accès à l’eau mettent en évidence le caractère multidimensionnel de la question hydraulique. Elles montrent que les difficultés rencontrées ne peuvent être interprétées comme la simple conséquence d’insuffisances techniques ou de contraintes climatiques conjoncturelles. La raréfaction progressive des ressources disponibles, l’évolution des besoins des différents secteurs économiques, les disparités territoriales dans l’accès aux services publics ainsi que les effets du changement climatique confèrent à la gestion de l’eau une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre de l’ingénierie hydraulique.

Dans cette perspective, les défis actuels invitent à une réflexion plus globale sur les mécanismes de gouvernance, les modes de planification et les capacités institutionnelles mobilisés dans la gestion des ressources naturelles. La question ne se limite plus à accroître les capacités de stockage ou à renforcer les réseaux de distribution, elle renvoie également à la nécessité de développer des dispositifs de pilotage capables d’articuler les politiques de l’eau avec celles de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. L’efficacité des réponses publiques dépend en grande partie de cette capacité à dépasser les approches sectorielles au profit d’une vision intégrée prenant en compte les interactions complexes entre les différentes dimensions du développement.

Les mobilisations citoyennes liées aux difficultés d’accès à l’eau révèlent des attentes qui dépassent la seule continuité du service public. Elles mettent en lumière les enjeux d’équité territoriale, de qualité de la gouvernance et de confiance institutionnelle.

L’évolution de la situation hydraulique en Tunisie dépendra moins de la mise en œuvre de réponses ponctuelles aux épisodes de pénurie que de la capacité des politiques publiques à s’inscrire dans une approche stratégique, intégrée et prospective. Une telle orientation suppose d’articuler l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration de l’efficience des réseaux de distribution, la rationalisation des usages agricoles, le développement des ressources en eau non conventionnelles, le recours aux innovations technologiques ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle.

Dans cette perspective, l’enjeu dépasse la seule gestion opérationnelle des crises hydriques. Il concerne la capacité des institutions à anticiper les évolutions environnementales, démographiques, économiques et territoriales susceptibles de modifier durablement l’équilibre entre l’offre et la demande en eau. Cette anticipation implique le développement d’outils de planification, de systèmes d’information fiables, d’une évaluation régulière des politiques publiques et d’une gouvernance fondée sur la coordination entre les différents secteurs concernés.

À mesure que les ressources hydriques deviennent plus limitées et que leur répartition fait l’objet de tensions croissantes, la gestion de l’eau tend à s’imposer comme une question transversale mobilisant des enjeux de sécurité alimentaire, de développement économique, d’aménagement du territoire, de protection des écosystèmes et de cohésion sociale. Dans ce contexte, les choix relatifs à la politique de l’eau ne relèvent pas uniquement de considérations techniques ou administratives, ils constituent un domaine stratégique dont les orientations influencent, à moyen et à long terme, les trajectoires de développement et les capacités de résilience de l’État face aux transformations climatiques et environnementales.



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