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Batteries solaires : La décision de la STEG nécessite encore des clarifications avant sa mise en œuvre

24. Juli 2026 um 11:27

L’intégration des systèmes de stockage dans les installations solaires photovoltaïques pourrait constituer une nouvelle réponse aux tensions que connaît le réseau électrique tunisien. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé pour la première fois l’autorisation, pour les clients résidentiels, d’installer des batteries de stockage associées à des onduleurs hybrides. Une décision saluée par l’expert international en énergie Ezzeddine Khalfallah, qui estime toutefois que plusieurs précisions restent nécessaires pour permettre une application efficace de cette mesure.

Stocker le surplus solaire pour mieux gérer la consommation

Selon Ezzeddine Khalfallah, cette décision représente une évolution importante dans la gestion de l’énergie produite par les particuliers. Jusqu’à présent, le surplus d’électricité généré par les installations photovoltaïques était principalement injecté dans le réseau, alors que les batteries permettent désormais de conserver cette énergie pour une utilisation ultérieure.

Le principe est de stocker l’électricité produite pendant les périodes de forte production solaire, notamment durant la journée, afin de pouvoir l’utiliser lorsque la demande augmente ou lorsque la production photovoltaïque diminue, notamment en soirée.

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Cette flexibilité permettrait aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation et pourrait également contribuer à réduire la pression exercée sur le réseau durant les périodes de pointe.

Un dispositif qui aurait pu limiter la pression durant la crise actuelle

Pour l’expert en énergie, l’adoption de cette solution avant la vague de chaleur actuelle aurait pu apporter un soutien supplémentaire au système électrique national.

Alors que la Tunisie a connu des pics historiques de consommation liés à l’utilisation massive des climatiseurs, le stockage domestique aurait pu permettre à certains consommateurs de réduire leur dépendance directe au réseau durant les heures critiques.

Les batteries pourraient ainsi devenir un outil complémentaire pour accompagner le développement des énergies renouvelables et limiter les tensions lors des périodes de forte demande.

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Des clarifications nécessaires avant la généralisation

Malgré l’importance de cette avancée, Ezzeddine Khalfallah a estimé, sur les ondes de Mosaique fm, que la décision de la STEG doit encore être accompagnée d’un cadre précis pour garantir son efficacité.

Plusieurs points doivent notamment être clarifiés, comme la capacité maximale de stockage autorisée, les conditions techniques d’installation, les modalités d’utilisation de l’électricité stockée en cas de coupure et les règles de raccordement avec le réseau.

L’expert souligne également la nécessité de définir la durée pendant laquelle un ménage pourrait être alimenté par ses batteries en fonction de la puissance disponible et de ses besoins énergétiques.

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Le coût des batteries, un enjeu majeur pour les ménages

Au-delà des aspects techniques, la question économique reste déterminante. Le développement du stockage nécessite la disponibilité des équipements sur le marché, notamment les batteries et les onduleurs hybrides capables de convertir le courant continu produit par les panneaux solaires en courant alternatif utilisable dans les habitations.

Ezzeddine Khalfallah appelle ainsi à étudier des mécanismes facilitant l’accès des ménages à ces équipements, notamment à travers des solutions de financement ou des facilités liées aux factures de la STEG sachant qu’en Tunisie, une batterie lithium d’environ 4,8 kWh est affichée autour de 6270 DT TTC. Une solution résidentielle complète coûtera davantage après l’ajout de l’onduleur hybride, des protections, du câblage et de la pose.

Il estime que l’implication du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et du Fonds de transition énergétique sera essentielle pour assurer la réussite de cette nouvelle orientation.

Le stockage, un pilier de la transition énergétique

Pour l’expert, le succès de cette initiative dépendra de la capacité des différents acteurs à mettre en place un cadre clair, accessible et économiquement viable.

La généralisation progressive des batteries de stockage pourrait permettre à la Tunisie de mieux valoriser son potentiel solaire, de renforcer la stabilité du réseau électrique et de réduire la pression lors des périodes de forte consommation.

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Stockage de l’électricité : La solution de la STEG coûte 20 mille dinars… qui peut se l’offrir ?

23. Juli 2026 um 10:33

Face à la crise électrique qui secoue la Tunisie, le stockage de l’énergie solaire est présenté comme l’une des pistes permettant de soulager le réseau national. Mais derrière cette solution technologique se cache une réalité économique qui pose une question centrale : combien de Tunisiens peuvent réellement financer une telle installation ?

Le président du groupement professionnel des énergies renouvelables relevant de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), Moez Aziza, a indiqué que le coût d’une station solaire destinée à produire et stocker de l’électricité pour un foyer avec une capacité de 3 kilowatts atteint environ 20 mille dinars.

Des frais considérables

Selon lui, l’installation solaire seule revient actuellement à près de 10 mille dinars. L’ajout des batteries nécessaires au stockage double pratiquement la facture pour atteindre environ 20 mille dinars. Une somme qui représente plusieurs mois de revenus pour une grande partie des ménages tunisiens.

Cette annonce intervient alors que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), confrontée à des pics historiques de consommation et à des épisodes de délestage, a insisté ces derniers jours sur la nécessité de réduire la demande et d’encourager les solutions alternatives. Le stockage domestique a ainsi été évoqué comme une réponse permettant aux citoyens de produire leur propre électricité et de limiter leur dépendance au réseau.

Mais dans le contexte économique actuel, cette orientation soulève une interrogation majeure : peut-on réellement demander aux Tunisiens de financer individuellement une partie de la transition énergétique alors que beaucoup subissent déjà une pression importante sur leur pouvoir d’achat ?

Un obstacle majeur

La présentation du stockage comme une réponse immédiate à la crise donne l’impression d’une solution accessible à tous, alors qu’elle reste pour l’instant réservée à une catégorie de ménages disposant d’une capacité financière importante et surtout d’une installation photovoltaïque. Le coût de l’investissement constitue un obstacle majeur, d’autant plus que près de 50% du prix d’installation serait lié aux taxes et aux charges, selon Moez Aziza, qui appelle justement à une réduction des fiscalités appliquées à ces équipements.

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Même les batteries, élément clé du dispositif, représentent à elles seules un investissement conséquent. Une batterie d’une capacité de 5 kilowatts coûte entre 4 et 5 mille dinars et permettrait de couvrir seulement deux à trois heures de consommation, selon le responsable du groupement professionnel des énergies renouvelables.

Pas une réponse immédiate et généralisée

Autrement dit, le stockage peut constituer une solution technique intéressante pour accompagner la transition énergétique, mais il ne peut pas être présenté comme une réponse immédiate et généralisée à la crise actuelle. Pour une majorité de Tunisiens, confrontés à la hausse des prix et aux difficultés économiques, investir 20 mille dinars pour sécuriser leur alimentation électrique reste hors de portée.

La question n’est donc pas seulement technologique, mais sociale : comment faire du stockage une véritable politique nationale et non une solution individuelle réservée aux ménages les plus aisés ? La transition énergétique nécessite certes des investissements privés, mais elle suppose aussi des mécanismes publics d’accompagnement, des aides ciblées et une stratégie permettant d’éviter que la facture de la crise électrique ne soit transférée directement aux citoyens.

Alors que les coupures ont rappelé la fragilité du système électrique tunisien, le débat ne porte plus uniquement sur la capacité à produire de l’énergie, mais aussi sur la capacité des citoyens à accéder aux solutions proposées. Présenter le stockage comme une réponse miracle sans expliquer son coût réel risque de créer un décalage entre les annonces institutionnelles et la réalité quotidienne des ménages.

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