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Grand-Tunis : Quand la mixité urbaine ne suffit plus à éviter la ségrégation

05. Mai 2026 um 10:24

La mixité urbaine a longtemps été présentée comme l’un des piliers implicites des politiques d’urbanisme en Tunisie. Derrière ce principe, une idée simple : éviter que la ville ne se transforme en mosaïque de quartiers homogènes, séparés selon les revenus et les conditions sociales. Autrement dit, empêcher l’installation durable de formes de ségrégation spatiale pouvant conduire à des logiques de relégation.

Dans l’imaginaire des politiques publiques, la ville tunisienne devait rester un espace de proximité sociale, où différentes catégories de population cohabitent dans un même tissu urbain. Ce choix s’inscrivait dans une volonté plus large de préserver une certaine cohésion sociale dans un contexte d’urbanisation rapide, notamment à partir des décennies post-indépendance.

Un projet urbain pensé contre la fragmentation

La logique de mixité urbaine ne s’est pas toujours exprimée de manière explicite dans les documents d’aménagement, mais elle a guidé plusieurs orientations : programmes de logements publics, extension des villes par des quartiers planifiés, ou encore tentative d’encadrement de l’urbanisation périphérique.

L’objectif était d’éviter deux phénomènes considérés comme risqués : la concentration de la pauvreté dans des zones spécifiques et la formation de quartiers enclavés, peu intégrés au reste de la ville. Dans cette vision, la proximité spatiale devait favoriser une forme d’équilibre social et limiter les fractures visibles entre centre et périphérie.

Une réalité urbaine de plus en plus contrastée

Mais la dynamique réelle des villes tunisiennes a progressivement échappé à cette logique. L’urbanisation rapide, la pression démographique et les inégalités économiques ont contribué à reconfigurer profondément l’espace urbain.

Dans plusieurs agglomérations, on observe aujourd’hui une spécialisation des quartiers : certains espaces concentrent les classes moyennes et supérieures, tandis que d’autres accueillent des populations plus vulnérables, souvent en périphérie. Cette évolution est accentuée par la hausse du coût du foncier et du logement dans les zones centrales, qui pousse une partie des ménages vers des espaces moins équipés.

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Ce processus ne produit pas nécessairement des « ghettos » au sens strict, mais il génère des formes de séparation progressive, où la distance sociale s’ajoute à la distance géographique.

La mixité ne suffit pas à créer du lien social

L’un des paradoxes majeurs de la mixité urbaine est qu’elle repose sur une équation souvent simplifiée : la cohabitation spatiale serait synonyme de cohésion sociale. Or, la réalité est plus complexe.

La présence de populations différentes dans un même quartier ne garantit ni les interactions, ni la réduction des inégalités. Dans certains cas, les usages de la ville restent parallèles : écoles, transports, commerces et espaces de sociabilité peuvent fonctionner de manière différenciée au sein d’un même territoire.

Autrement dit, la mixité peut être physique sans être sociale.

Une problématique qui se déplace aujourd’hui

La question de la mixité urbaine en Tunisie évolue aujourd’hui. Elle ne se limite plus à la gestion de l’extension des villes ou à la répartition des logements. Elle touche désormais à des transformations plus profondes : montée des inégalités, recomposition des classes moyennes, et pression accrue sur les périphéries urbaines.

Dans ce contexte, la ville tend à devenir un espace plus fragmenté, où la proximité géographique coexiste avec une séparation sociale de plus en plus marquée.

Un enjeu de cohésion à réinventer

Face à cette évolution, la mixité urbaine apparaît moins comme un acquis que comme un objectif fragile. Elle interroge la capacité des politiques publiques à maintenir des équilibres dans un contexte où les logiques du marché, les dynamiques résidentielles et les inégalités sociales produisent spontanément de la séparation.

La question centrale n’est donc plus seulement de savoir comment organiser la ville pour éviter la fragmentation, mais comment recréer du lien dans une ville déjà traversée par des formes multiples de distance sociale.

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Sabkhet Ben Ghayadha ou comment Mahdia veut changer de visage

Sabkhet Ben Ghayadha est un projet voulu par la société civile soutenu par plusieurs institutions privées et publiques et se penche sur le futur de la ville de Mahdia.

Déployé sur 142 hectares, dont plus de 30 hectares de plans d’eau, le projet vise à requalifier une zone marginalisée et sous-exploitée, en intégrant habitat, activités économiques, tourisme, services et espaces naturels de manière cohérente. Il ne s’agit ni d’un simple aménagement, ni d’un geste isolé, mais d’une vision structurée de la ville de demain, respectueuse de l’identité culturelle et environnementale de Mahdia, et favorisant l’attractivité économique, la création d’emplois et la qualité de vie des habitants.

Sabkhet Ben Ghayadha se positionne comme un projet urbain exemplaire, fruit d’un dialogue entre citoyens, professionnels et institutions, et porteur d’une ambition collective de modernité, de durabilité et de cohésion sociale.

Partenaires divers

Porté par le groupement international MAP / ARLYNK / PwC, le projet Sabkhet Ben Ghayadha bénéficie d’une expertise complémentaire et d’un partenariat solide avec l’État tunisien, représenté par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, et l’Instance Générale de Partenariat Public-Privé (IGPPP).

La convention structurante signée en novembre 2025 a réuni les acteurs institutionnels et privés autour d’un objectif commun : sélectionner un partenaire stratégique chargé de la mise en œuvre du projet. Cette démarche garantit rigueur, transparence et cohérence avec les priorités de développement régional et national.

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La journée du 14 janvier 2026 marquera une étape décisive dans la première phase opérationnelle du projet Sabkhet Ben Ghayadha, avec la tenue d’une conférence de presse au siège de Nechaa Mahdia et d’ateliers participatifs réunissant habitants, élus, professionnels et institutions publiques. L’événement mettra en lumière l’importance de la participation citoyenne et des engagements institutionnels dans la co-construction d’un projet urbain exemplaire.

Le grand public impliqué

La journée débutera dès le matin avec la mini-conférence “Art & Identité”, explorant les liens entre créativité locale et identité territoriale. Elle se poursuivra par une réunion d’information grand public, offrant aux habitants l’opportunité d’échanger directement avec les porteurs du projet sur les choix urbains et paysagers, ainsi que sur les enjeux de développement régional et environnemental.

L’atelier “Supports de consultation”, organisé en parallèle, permettra de préparer les documents de concertation et de recueillir les contributions citoyennes, avant la conférence de presse officielle à 11h30, moment central de la journée. Il s’agit en fait d’une série d’ateliers de concertation destinés à recueillir l’avis des citoyens, des élus, des professionnels et de la société civile sur les choix urbains, techniques et paysagers à venir.

L’après-midi sera marqué par une mini-conférence sur le développement régional, situant le projet Sabkhet Ben Ghayadha dans une vision territoriale nationale, et par une rencontre officielle au Complexe des jeunes de Mahdia, où autorités locales, députés et représentants institutionnels devraient réaffirmer leur engagement pour le succès du projet.

Un programme diversifié

La journée sera achevée par un atelier de restauration des contributions, consolidant les apports des citoyens et des professionnels et posant les bases du récit collectif du projet.

Cette journée clé s’inscrit dans une dynamique plus large initiée les 12 et 13 janvier. La première journée sera consacrée à une conférence sur l’histoire de Mahdia, rappelant ses racines méditerranéennes et fatimides et posant les fondations d’une réflexion sur le développement régional et les grands projets structurants, en intégrant les enjeux environnementaux et climatiques. Le lancement du concours d’idées mobilisera la créativité des citoyens pour définir l’identité visuelle du projet. Le 13 janvier permettra aussi la tenue d’ateliers de storytelling, visites de site, analyse du concours d’idées 2021 et workshops créatifs, donnant aux professionnels, élus et habitants l’occasion de s’exprimer sur les choix urbains et paysagers et garantissant une démarche de co-construction.

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Une application « Mahdia Guide » pour ne rien rater de la région

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