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Compléments alimentaires : Les pharmaciens alertent sur un vide juridique

08. Mai 2026 um 10:17

La réglementation des compléments alimentaires était au centre d’une séance d’audition organisée jeudi 7 mai 2026 au palais du Bardo par la Commission de la santé de l’Assemblée des représentants du peuple. Les représentants du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées ont plaidé pour l’adoption d’une loi globale afin d’encadrer un secteur en forte expansion depuis la pandémie de Covid-19, mais encore marqué par un vide juridique.

Un secteur à risque sanitaire

Le président du syndicat a rappelé que les compléments alimentaires ne sont pas de simples produits de consommation. Sans être des médicaments, certains peuvent avoir un effet sur l’organisme, interagir avec des traitements ou être inadaptés à l’état de santé de certains consommateurs.

Les pharmaciens demandent donc un cadre permettant de contrôler la qualité des produits, depuis les matières premières jusqu’à leur consommation finale, ainsi qu’un système de traçabilité permettant de retirer rapidement tout produit dangereux ou non conforme.

L’alerte ne repose pas, à ce stade, sur l’annonce de cas graves liés à une surconsommation. Elle vise plutôt à prévenir les risques d’un marché où certains produits sont vendus et consommés sans encadrement suffisant.

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Les compléments sensibles dans le viseur

Le syndicat propose de classer les compléments alimentaires selon leur niveau de risque. Les produits contenant des plantes médicinales, des doses concentrées de vitamines ou de minéraux, ou des substances susceptibles d’interagir avec des médicaments devraient, selon lui, être soumis à un régime strict.

Les pharmaciens réclament pour ces produits une fabrication dans des laboratoires autorisés, sous contrôle du ministère de la Santé et avec supervision pharmaceutique. Ils proposent aussi une autorisation de mise sur le marché renouvelable tous les trois ans.

Vente en ligne, contrefaçon et automédication

Les débats ont également mis en lumière le désordre qui entoure une partie du marché. Des compléments sont aujourd’hui vendus dans plusieurs circuits, y compris sur Internet et les réseaux sociaux, dans un contexte de contrôle jugé insuffisant.

La contrefaçon, la contrebande, l’absence de notice détaillée et la promotion de produits aux vertus parfois ambiguës figurent parmi les principales inquiétudes soulevées. Les députés ont aussi évoqué les risques liés à l’automédication, notamment chez les sportifs.

Le débat comporte enfin une dimension économique. Selon les représentants du syndicat, certains produits présentés comme compléments alimentaires seraient en réalité proches de produits médicamenteux à faible concentration, dans un marché où la question des prix élevés a aussi été soulevée.

Le syndicat propose la création d’un registre national des compléments alimentaires, avec des informations sur la composition, le niveau de risque, les conditions de distribution et les avertissements nécessaires.

Cette audition montre que le sujet dépasse le simple vide juridique. Pour les pharmaciens, l’enjeu est de sortir les compléments alimentaires d’une zone grise, entre produit de consommation et produit à effet sanitaire.

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Des députés proposent de revoir la réglementation pour les guides touristiques

La Commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat de l’ARP a tenu une audition portant sur la profession de guide touristique.

La Commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat a tenu une séance le mercredi 11 mars 2026 consacrée à l’audition des porteurs de plusieurs initiatives législatives portant respectivement sur la profession de guide touristique, la mise en place d’un système national de tourisme social et l’organisation de l’exploitation des appartements et logements meublés.

La réunion s’est déroulée en présence de Mohamed Yahyaoui, président de la Commission, Aymen Boughediri, rapporteur (photo ci-dessus), ainsi que des membres de la commission Saleh Sayadi, Ramzi Chetoui et Nizar Seddik, en plus de plusieurs députés non membres.

Les guides du tourisme en débat

Les représentants de l’initiative relative à l’organisation de la profession de guide touristique ont expliqué que les textes régissant ce secteur remontent aux années 1970 et nécessitent aujourd’hui une révision profonde en raison de l’évolution du secteur et de l’apparition de nombreuses défaillances qu’il convient de corriger. Ils ont notamment souligné la marginalisation dont souffre la profession de guide touristique, ce qui a entraîné le désintérêt des personnes qualifiées et la multiplication des intervenants non autorisés dans le secteur, au détriment de l’image du tourisme tunisien, notamment en raison de la faiblesse du contrôle liée au nombre limité d’inspecteurs.

Ils ont également précisé que la proposition vise à mieux organiser le secteur en fixant des conditions précises pour l’exercice de cette profession, garantissant au touriste un accompagnement et une information fiable fournis par une personne qualifiée, disposant d’un minimum de connaissances en histoire et en culture et maîtrisant les langues étrangères, tout en assurant aux guides touristiques leurs droits matériels et moraux.

Remplacer la réglementation en vigueur 

Lors du débat, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’encadrer cette profession avec rigueur et précision, compte tenu du rôle essentiel du guide touristique, considéré comme un véritable ambassadeur chargé de valoriser la culture et l’histoire du pays. Ils ont rappelé que le secteur est actuellement régi par le décret-loi n°5 de 1973 et ses textes d’application, notamment le décret n°512 de 1973, récemment révisé par le décret n°551 de 2024. Ils ont par ailleurs demandé si l’initiative présentée constitue une simple modification des textes existants ou un nouveau cadre législatif appelé à abroger et remplacer la réglementation en vigueur.

Certains intervenants ont estimé que la majorité des infractions proviennent de l’exercice illégal de la profession par des personnes non habilitées, un problème qui relève davantage d’infractions à la loi et qui devrait être traité sur les plans sécuritaire et judiciaire plutôt que par une réforme de l’organisation du secteur.

En réponse aux observations et interrogations des députés, les représentants des initiateurs ont indiqué que la proposition a été élaborée en s’inspirant des textes en vigueur, d’expériences comparées ainsi que des suggestions des professionnels du secteur. Ils ont précisé qu’il s’agit d’un texte préliminaire susceptible d’être amélioré et enrichi.

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