Amélioration de la situation hydrique de la Tunisie
Après plusieurs années de sécheresse dues au changement climatique qui a vu les stocks d’eau dans les 36 barrages que compte la Tunisie atteindre l’un de leurs plus bas niveaux historiques, descendant en 2024 au-dessous de 20% de leur capacité, la situation hydrique de notre pays s’est beaucoup améliorée suite aux fortes pluies tombées au cours des derniers mois dans la plupart des régions, et notamment dans le nord et le centre où se trouve l’essentiel des réserves hydrique du pays. (Photo: Barrage Sidi El Barrak).
Selon le secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques au ministère de l’Agriculture, Hamadi Habaieb, les réserves d’eau des barrages tunisiens ont enregistré une augmentation de 500 millions de mètres cubes par rapport à l’année précédente, sachant qu’au 21 avril 2025, le taux de remplissage global de ces barrages s’élevait à 37,12 %, soit 880 millions de m³ (Mm³) sur une capacité totale de 2 368 Mm3.
Dans une déclaration faite lors de la première session du Conseil régional de l’eau dans le gouvernorat de Sousse, mardi 24 mars 2026, le secrétaire d’État a expliqué que cette augmentation est principalement due aux fortes précipitations enregistrées sur de courtes périodes, qui ont également contribué à la remontée des nappes phréatiques dans des zones comme Zaghouan et Ben Arous.
M. Habaieb a confirmé qu’aucun rationnement d’eau n’a été mis en place durant l’été dernier, précisant que les interruptions constatées étaient dues à des dysfonctionnements techniques et à des situations d’urgence sur le réseau, et non à une pénurie de ressources disponibles.
Hamadi Habaieb a ajouté que les taux de remplissage des barrages est de 57%, mais il varie d’une région à une autre. Il dépasse 67 % dans le nord et 90 % dans la région du Cap Bon, tandis que les barrages du centre souffrent encore de faibles niveaux de stockage, oscillant entre 12 et 13 %.
Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la pêche a adopté une stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050, qui privilégie l’extension des usines de dessalement d’eau de mer existantes à Djerba, Zarzis, Sfax et Sousse afin d’accroître leur capacité de production.
Par ailleurs, a indiqué le responsable, la Société nationale d’exploitation et de distribution d’eau (Sonede) est confrontée au vieillissement de 20 % de son réseau, long de 59 000 kilomètres et desservant 3,3 millions d’abonnés. Pour garantir la continuité de l’approvisionnement, un système de surveillance en temps réel reliant les différents acteurs à l’administration centrale a été mis en place.
De plus, le déploiement des compteurs intelligents et la télésurveillance des réseaux sont en cours de généralisation, de Djerba à Sfax et Sousse.
Le secrétaire d’État a réaffirmé la volonté de l’État d’exploiter les ressources en eau non traditionnelles, la stratégie visant à utiliser 70 % des eaux ayant subi un traitement tertiaire pour l’irrigation d’ici 2050. Il a souligné l’existence de programmes en cours, menés avec des bailleurs de fonds internationaux, pour généraliser l’utilisation de cette eau sur des territoires internationaux et dans des zones importantes telles que Tunis, Sousse et Sfax.
I. B. (avec Diwan FM)
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