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Commission nationale de lutte contre le terrorisme : Nouveau guide pour promouvoir le dialogue constructif

02. April 2025 um 17:40

Ce guide fait partie d’une initiative plus large visant Ă  soutenir les communautĂ©s dans l’éducation au numĂ©rique, encourager des conversations constructives et lutter contre la dĂ©sinformation et les fausses informations en ligne

La Commission nationale de lutte contre le terrorisme (Cnlct) vient de lancer le guide pratique pour le dĂ©veloppement du discours et la crĂ©ation de contenus efficaces. Ce guide est le fruit de «l’atelier de formation pour le renforcement des capacitĂ©s dans le domaine des mĂ©dias, des messages et de la crĂ©ation de contenus» tenu Ă  Tunis du 25 au 28 novembre 2024, dans le cadre d’un programme visant Ă  renforcer la rĂ©silience des jeunes et Ă  prĂ©venir la radicalisation en ligne.

La communication, l’apprentissage et l’interaction avec l’information dans un monde de plus en plus connectĂ© ont Ă©tĂ© transformĂ©s par l’Internet et les rĂ©seaux sociaux. Les plateformes numĂ©riques offrent d’immenses opportunitĂ©s en matiĂšre d’éducation, d’interaction sociale et de participation civique, mais elles prĂ©sentent Ă©galement des dĂ©fis, notamment en ce qui concerne la diffusion de contenus nuisibles, de discours trompeurs et d’informations polarisĂ©es, selon le prĂ©ambule de ce guide.

Les jeunes, une cible vulnérable

Les espaces en ligne peuvent amplifier des voix provenant de diverses perspectives, mais ils peuvent aussi ĂȘtre utilisĂ©s pour manipuler les Ă©motions, dĂ©former la rĂ©alitĂ© et influencer les individus de maniĂšre Ă  accentuer les divisions sociales. Les jeunes, qui comptent parmi les utilisateurs d’Internet les plus actifs, sont souvent confrontĂ©s Ă  du contenu visant Ă  exploiter leurs peurs, leurs aspirations et leur sentiment d’appartenance. Ces discours peuvent susciter des Ă©motions fortes, jouer sur les inquiĂ©tudes ou proposer des explications simplistes Ă  des questions sociales et politiques complexes. Conscient de ce dĂ©fi, ce guide est considĂ©rĂ© comme un outil pratique destinĂ© aux jeunes, aux enseignants et aux organisations de la sociĂ©tĂ© civile pour naviguer en toute confiance dans le paysage numĂ©rique. Il propose des stratĂ©gies permettant d’évaluer de maniĂšre critique le contenu en ligne, d’identifier les messages trompeurs ou manipulateurs et de promouvoir un discours alternatif qui favorise l’inclusion, la cohĂ©sion sociale et le dialogue constructif.

A travers cette approche, il tend Ă  donner aux individus et aux communautĂ©s les moyens de renforcer leur rĂ©silience face aux contenus clivants, encourager une participation numĂ©rique positive et contribuer Ă  une sociĂ©tĂ© plus Ă©clairĂ©e et connectĂ©e. En dotant les jeunes et les leaders communautaires des compĂ©tences nĂ©cessaires pour remettre en question les discours nuisibles et amplifier les voix de la tolĂ©rance, du dialogue et de la pensĂ©e critique, ce guide renforce les bases d’un espace numĂ©rique plus inclusif et interactif.

Promotion d’une stratĂ©gie nationale de lutte contre l’extrĂ©misme violent  

Ce guide fait partie d’une initiative plus large visant Ă  soutenir les communautĂ©s dans l’éducation au numĂ©rique, appuyer des conversations constructives et lutter contre la dĂ©sinformation et les fausses informations en ligne. Cette approche repose sur les meilleures pratiques, des solutions adaptĂ©es localement et des efforts collaboratifs pour crĂ©er des espaces numĂ©riques sĂ»rs et bienveillants pour tous.

Ce nouveau moyen propose une approche fondĂ©e sur des preuves pour comprendre comment les discours en ligne influencent les perceptions et le comportement du public. Il offre Ă©galement des outils pratiques, des Ă©tudes de cas et des stratĂ©gies pour concevoir des messages spĂ©cialement adaptĂ©s afin d’aider les praticiens et les communautĂ©s Ă  crĂ©er un contenu pertinent, engageant et contextuel qui favorise l’inclusion, la pensĂ©e critique et la cohĂ©sion sociale. Bien qu’il s’inspire d’études de cas spĂ©cifiques, ses orientations peuvent ĂȘtre adaptĂ©es et appliquĂ©es Ă  divers contextes, aussi bien au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qu’au-delĂ .

Le guide comprend des liens directs aux fichiers vidĂ©o, et les meilleures plateformes de partage. Une de ces vidĂ©os a Ă©tĂ© produite par nos jeunes. Sa principale force rĂ©side dans le fait qu’elle a Ă©tĂ© entiĂšrement rĂ©alisĂ©e Ă  l’aide d’un tĂ©lĂ©phone portable. Le sujet est trĂšs important dans la mesure oĂč il Ă©voque la surcharge des programmes scolaires qui laisse aux Ă©lĂšves peu de temps pour dĂ©velopper leurs compĂ©tences, pratiquer leurs loisirs et participer Ă  des activitĂ©s essentielles Ă  leur Ă©panouissement global. Le guide comprend aussi une seconde vidĂ©o produite par la Cnlct se rapportant au lancement d’une vaste campagne de communication pour promouvoir la stratĂ©gie nationale de lutte contre l’extrĂ©misme violent et le terrorisme pour la pĂ©riode 2023-2027.

Ce guide a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©  par Leila Essayed du Centre international pour la lutte contre l’extrĂ©misme violent «Hedayah», Maher Ben Khalifa, spĂ©cialiste en communication et audiovisuel. Il est tĂ©lĂ©chargeable sur le site officiel de la Cnlct (version arabe).

AĂŻd el-Fitr : Quand les pĂ©tards et les feux d’artifice jouent les trouble-fĂȘtes

01. April 2025 um 18:00

L’utilisation des pĂ©tards et des feux d’artifice peut entraĂźner de graves blessures, allant de la brĂ»lure Ă  l’amputation, en passant par des atteintes aux yeux. La manipulation de jouets interdits Ă  l’importation n’est pas sans risques.

La Presse — A chaque approche de l’AĂŻd el-Filtr, des milliers de piĂšces de pĂ©tard de contrebande sont saisies par les services de la Douane tunisienne. Tous les moyens sont bons pour les trafiquants pour faire Ă©couler cette marchandise prohibĂ©e. En septembre 2023, et Ă  titre d’exemple, des agents de la Garde nationale stationnĂ©s Ă  la station de pĂ©age de Hergla (Sousse) ont pu saisir 18 mille unitĂ©s de pĂ©tard dissimulĂ©es dans une ambulance en provenance d’un pays voisin. La valeur des pĂ©tards saisis a Ă©tĂ© estimĂ©e Ă  148 mille dinars.

Douane tunisienne : saisie de milliers d’unitĂ©s de pĂ©tards

Pour cette annĂ©e, le porte-parole de la Douane tunisienne, Chokri Jabr, a mis l’accent sur l’évolution des activitĂ©s de la contrebande des pĂ©tards, des feux d’artifice et des jouets pour enfants durant le Ramadan. Entre les mois de janvier et de fĂ©vrier, les services de la Douane ont pu saisir de grandes quantitĂ©s de marchandises de contrebande d’une valeur de 34 millions de dinars. Les contrĂŽles douaniers des unitĂ©s de charge aux ports de RadĂšs, de Sousse et de Sfax ont ainsi permis, durant le mois de mars 2025, la saisie de 12 mille jouets interdits d’importation, citant Ă  ce titre les jouets ressemblant aux armes Ă  feu.

Le porte-parole de la Douane a informĂ© qu’en janvier, plus de 42 mille jouets pour enfants interdits d’importation avaient Ă©tĂ© saisis au port de RadĂšs dont des pistolets lanceurs de boules et pistolets Ă  laser et 12 mille au port de Sousse, ajoutant que les opĂ©rations menĂ©es par les services douaniers ont aussi permis la saisie de 360 mille piĂšces de pĂ©tards Ă  Skhira, 144 mille piĂšces Ă  GabĂšs et 37 mille Ă  Regueb (Sidi Bouzid). Il a, Ă  ce titre, appelĂ© les familles Ă  plus de vigilance en raison du grand danger que reprĂ©sentent les pĂ©tards et ces jouets de contrebande sur la santĂ© des enfants.

Le ministĂšre de la SantĂ© mise sur la sensibilisation des parents

À ce titre, le ministĂšre de la SantĂ© a mis en garde, dans un communiquĂ©, contre l’achat de jouets dangereux vendus sur les marchĂ©s parallĂšles. Il a alertĂ© sur les risques de blessures graves (coupures, brĂ»lures, allergies) et les dommages aux yeux, en particulier avec les armes en plastique et les pointeurs laser, pouvant aller jusqu’à la cĂ©citĂ©. Certains jouets peuvent aussi causer des intoxications en raison de substances nocives.

Les parents sont appelĂ©s Ă  privilĂ©gier des jouets adaptĂ©s Ă  l’ñge de l’enfant et achetĂ©s dans des circuits officiels, tout en surveillant leur utilisation. Le ministĂšre dĂ©conseille particuliĂšrement les pĂ©tards et les armes en plastique et recommande d’agir rapidement en cas d’accident. Enfin, le ministĂšre de la SantĂ© insiste sur la sensibilisation des familles aux dangers des jouets non conformes et sur l’importance de suivre les instructions d’utilisation.

L’Observatoire pour la protection des droits de l’enfant : Ă©viter les feux d’artifice et les jouets dangereux  

L’Observatoire d’information, de formation, de documentation et d’études pour la protection des droits de l’enfant relevant du ministĂšre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes ĂągĂ©es s’est joint Ă  son tour Ă  cette campagne de sensibilisation en soulignant dans un communiquĂ© publiĂ© le 28 mars que le jour de l’AĂŻd devrait ĂȘtre «une occasion de joie et de bonheur et de renforcement des liens familiaux et de solidaritĂ© sociale».

L’observateur appelle en ce jour de fĂȘte Ă  Ă©viter les feux d’artifice et des jouets dangereux qui reprĂ©sentent une menace sĂ©rieuse pour la sĂ©curitĂ© des enfants et peuvent entraĂźner des blessures graves et mĂȘme des handicaps permanents, et de choisir des jouets conformes aux spĂ©cifications sanitaires et lĂ©gales.

Il importe de rappeler que l’importation, la production et la commercialisation des feux d’artifice et des pĂ©tards sont interdits en Tunisie, selon les articles 386/387/388/389 se rapportant aux dĂ©lits de premiĂšre, deuxiĂšme et troisiĂšme classe, du Code des douanes. Les dĂ©lits peuvent ĂȘtre sanctionnĂ©s par des amendes et des peines d’emprisonnement, la confiscation des marchandises de fraude, la confiscation des moyens de transport, la confiscation des objets ayant servi Ă  masquer la fraude.

Ramadan : On a tout fait pour éviter la pénurie alimentaire, mais pas le gaspillage

30. MĂ€rz 2025 um 19:30

On peut se rĂ©jouir que notre pays n’ait pas connu de pĂ©nurie durant ce mois de Ramadan, avec une disponibilitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e des produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©. Cependant, et comme Ă  l’accoutumĂ©e, les pertes et le gaspillage alimentaires Ă©taient au rendez-vous. 

La lutte contre le gaspillage alimentaire implique l’intervention de plusieurs parties dont, nĂ©cessairement, les municipalitĂ©s. C’est un maillon incontournable de la chaĂźne de cette lutte, a soulignĂ© Zoubeir Rabah, directeur des Ă©tudes et enquĂȘtes, Ă  l’Institut national de la consommation, lors d’un dĂ©bat en ligne organisĂ© par la FĂ©dĂ©ration nationale des communes tunisiennes (Fnct) durant ce mois de ramadan, auquel ont pris part Fatma Bouallagui, reprĂ©sentante de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture en Tunisie (FAO), et deux reprĂ©sentants des communes qui ont adhĂ©rĂ© Ă  des projets pilotes supervisĂ©s par cet organisme onusien, visant la rĂ©duction des pertes et du gaspillage alimentaires, Ă  savoir celles de Tunis et de La Goulette.

Le gaspillage du pain, une habitude Ă  bannir

Le phĂ©nomĂšne du gaspillage alimentaire est observĂ© partout dans le monde. «Chaque annĂ©e, environ un milliard de tonnes de nourriture est perdu ou gaspillĂ©. Le gaspillage alimentaire est d’abord un problĂšme mondial qui est prĂ©sent tout au long de la chaĂźne de production, mais il est surtout prĂ©sent au sein des mĂ©nages».

Il est responsable d’une partie non nĂ©gligeable des gaz Ă  effet de serre Ă©mis par le systĂšme alimentaire dans le monde, et constitue par consĂ©quent un flĂ©au dĂ©vastateur pour l’environnement. Un constat sur lequel certains dĂ©partements ministĂ©riels doivent se pencher, d’autant que le problĂšme de la pollution a Ă©tĂ© le plus souvent pointĂ© du doigt par le PrĂ©sident de la RĂ©publique.

S’arrĂȘtant briĂšvement sur les statistiques se rapportant au gaspillage, Zoubeir Rabah a expliquĂ© que ce phĂ©nomĂšne a pris de l’ampleur Ă  partir de 2014. Le gaspillage du pain a atteint 102 mille tonnes par an, soit l’équivalent de 900 mille pains par jour, soit une valeur de 300 milledinars, soit 100 millions de dinars par an, selon les statistiques dĂ©voilĂ©es par l’Institut national de la consommation (INC), publiĂ©es dans une Ă©tude remontant Ă  2016. Il rappelle Ă  ce titre qu’une stratĂ©gie nationale pour la rĂ©duction du gaspillage de pain a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e dans le cadre du projet de la FAO visant Ă  rĂ©duire le gaspillage alimentaire.

L’organisation en question a mĂȘme assurĂ©, en fĂ©vrier 2019, en partenariat avec le ministĂšre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la PĂȘche, et l’INC, une formation au profit de 60 enseignants des Ă©coles et lycĂ©es autour des bonnes pratiques de rĂ©duction du gaspillage alimentaire (pain et produits laitiers). Ces activitĂ©s entrent dans le cadre de l’exĂ©cution du projet lancĂ© en 2016 par la FAO suite Ă  des Ă©tudes qui ont permis d’estimer le gaspillage et les pertes aux niveaux des filiĂšres lait et cĂ©rĂ©ales et d’identifier leurs causes et ont mis en Ă©vidence les prioritĂ©s stratĂ©giques en Tunisie.

Le point de dĂ©part du projet Ă©tait les donnĂ©es statistiques alarmantes sur la proportion des pertes et gaspillage alimentaires qui s’élevait Ă  environ 200 kg par personne par an dans la rĂ©gion Mena. Parmi les objectifs de ce projet, l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© alimentaire et la rĂ©duction des impacts nĂ©gatifs des pertes et gaspillages alimentaires sur les ressources naturelles.

Une nouvelle stratĂ©gie contre le gaspillage alimentaire Ă  l’étude

La stratĂ©gie nationale pour la rĂ©duction du gaspillage de pain s’est principalement concentrĂ©e sur la communication, la sensibilisation et la formation des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile, mais elle n’a pas abouti Ă  des rĂ©sultats concrets sur le terrain, regrette Zoubeir Rabah.  Mais l’échec pourrait aussi provenir de la non-implication des municipalitĂ©s dans cette stratĂ©gie qui s’apparente beaucoup plus Ă  un pacte non contraignant, rien de plus.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Rabah n’a pas manquĂ© de souligner l’importance de l’implication, dorĂ©navant, de la Fnct dans le processus de lutte contre ce phĂ©nomĂšne.  La reprĂ©sentante de cette instance onusienne, Fatma Bouallagui, a d’ailleurs mis en avant, lors de son intervention dans le cadre de ce dĂ©bat, le soutien apportĂ© par le FAO aux municipalitĂ©s de Tunis et de La Goulette pour mettre en Ɠuvre des actions pilotes visant la rĂ©duction des pertes et du gaspillage alimentaires, invitant par la mĂȘme occasion les municipalitĂ©s Ă   adhĂ©rer Ă  de tels projets.

Il est Ă  souligner qu’en matiĂšre de gaspillage, le pain caracole en tĂȘte avec 16%, en particulier durant le mois de Ramadan durant lequel la consommation de la baguette augmente en moyenne de 135%. Les cĂ©rĂ©ales et leurs dĂ©rivĂ©s se classent en deuxiĂšme position avec 10% et enfin les lĂ©gumes avec seulement 7%. En 2021, le gaspillage alimentaire dans les foyers tunisiens a reprĂ©sentĂ© 5 % des dĂ©penses alimentaires, soit 910 millions de dinars en 2021, rappelle encore Zoubeir Rabah.

Ce phĂ©nomĂšne nĂ©cessite aujourd’hui l’élaboration au plus vite d’un tableau de bord en vue de collecter les informations se rapportant au gaspillage pour bien les analyser et les exploiter en second lieu, et prendre Ă  la fin les dĂ©cisions appropriĂ©es contribuant de maniĂšre efficace Ă  la lutte.

Une nouvelle stratĂ©gie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire sera adoptĂ©e d’ici septembre 2025, selon la dĂ©claration en fĂ©vrier dernier de Mohamed Chokri Rejeb, Directeur gĂ©nĂ©ral de l’INC. Ce dernier a ajoutĂ© que l’élaboration de cette feuille de route implique l’expertise de nombreux ministĂšres, dont ceux en charge du Commerce, de l’Agriculture et de l’Industrie.

«Cette stratĂ©gie reposera sur plusieurs axes, notamment la sensibilisation aux impacts socioĂ©conomiques et environnementaux du gaspillage alimentaire, l’implication de toutes les parties prenantes, l’intĂ©gration de cette problĂ©matique dans les programmes Ă©ducatifs et la mise en place d’un cadre rĂ©glementaire spĂ©cifique».

TRANSPORT : Des plateformes Ă©trangĂšres de mobilitĂ© Ă©pinglĂ©es et suspendues d’activitĂ©

26. MĂ€rz 2025 um 19:30

«Les enquĂȘtes ont conduit Ă  la saisie d’environ 12 millions de dinars dans les comptes bancaires de ces entreprises, ainsi qu’à la suspension de leurs activitĂ©s, leur radiation du Registre national des entreprises et la fermeture de leurs siĂšges sociaux».

Le 17 novembre 2024, deux dĂ©putĂ©s avaient pourtant pointĂ© du doigt les pratiques frauduleuses de certaines plateformes de mobilitĂ©, Ă  l’instar de la multinationale estonienne Bolt et l’entreprise amĂ©ricaine inDrive lors du dĂ©bat autour du budget du ministĂšre du Transport. Ils ont, Ă  cette occasion, mis en avant des «tarifications exorbitantes» et Â«une activitĂ© qui constitue une infraction aux rĂšglements rĂ©gissant le transport individuel». Outre le fait que ces plateformes Ă©taient en train de tirer pleinement profit de la dĂ©gradation du transport public. Dans ce contexte, l’un des dĂ©putĂ©s avait mĂȘme proposĂ© que des mesures soient prises Ă  l’égard de la plateforme Bolt, en envisageant son interdiction ou son alignement sur les rĂšgles du transport dans notre pays.

Soupçons de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale

Les craintes de nos dĂ©putĂ©s se sont avĂ©rĂ©es justifiĂ©es aprĂšs ce communiquĂ© publiĂ© lundi 24 mars par la Garde nationale faisant Ă©tat du dĂ©mantĂšlement d’un rĂ©seau de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale dans le secteur du transport via les applications intelligentes. Ă€ ce propos, le communiquĂ© informe que l’UnitĂ© nationale d’investigation sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, relevant de la Direction du renseignement et des enquĂȘtes Ă  l’Aouina, et sous la supervision du MinistĂšre public auprĂšs du PĂŽle judiciaire Ă©conomique et financier, a rĂ©ussi Ă  dĂ©voiler des soupçons de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale impliquant des entreprises gĂ©rant des applications de transport de passagers via des taxis individuels.

Il s’est avĂ©rĂ©, selon la mĂȘme source, que ces entreprises opĂ©raient sans licences lĂ©gales et utilisaient de fausses dĂ©clarations, en plus d’exploiter des comptes bancaires non dĂ©clarĂ©s pour transfĂ©rer d’importantes sommes d’argent Ă  l’étranger, en violation flagrante des rĂ©glementations en vigueur, ce qui confirme en grande partie les craintes exprimĂ©es sous l’hĂ©micycle par les deux parlementaires. «Les enquĂȘtes ont conduit Ă  la saisie d’environ 12 millions de dinars dans les comptes bancaires de ces entreprises, ainsi qu’à la suspension de leurs activitĂ©s, leur radiation du Registre national des entreprises et la fermeture de leurs siĂšges sociaux».

Si le communiquĂ© de la Garde nationale ne fait pas mention de l’entreprise Ă©pinglĂ©e, les informations recueillies confirment qu’il s’agit bel et bien de l’entreprise Bolt, une sociĂ©tĂ© privĂ©e Ă  responsabilitĂ© limitĂ©e constituĂ©e et enregistrĂ©e en vertu des lois de la RĂ©publique d’Estonie. Son siĂšge social se trouve en Estonie, et elle est reprĂ©sentĂ©e en Tunisie par sa filiale, «Sauver Tunisia Support Services Limited» qui est une sociĂ©tĂ© unipersonnelle avec responsabilitĂ© limitĂ©e, constituĂ©e et rĂ©gie par le droit tunisien, immatriculĂ©e au Registre national des entreprises, ayant son siĂšge social aux Berges du Lac 2. Elle a Ă©tĂ© lancĂ©e en mai 2019 avec au dĂ©part 500 chauffeurs de taxi. Les enquĂȘtes menĂ©es par l’UnitĂ© nationale d’investigation sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale pourraient aussi concerner deux autres entreprises, Ă  savoir inDrive (amĂ©ricaine) et Heetch (française), mais aucune information officielle n’est disponible pour le moment.

Nouvelle plateforme tunisienne de mobilité sous étude

ParallĂšlement Ă  la publication de cette information, le Bureau exĂ©cutif de la FĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale du transport a, dans un communiquĂ© publiĂ© le 24  mars, appelĂ© les chauffeurs de taxis individuels Ă  appliquer la loi et Ă  ne plus utiliser l’application Bolt, en raison de plusieurs dĂ©passements enregistrĂ©s, qui ont impactĂ© nĂ©gativement aussi bien le secteur que l’intĂ©rĂȘt des citoyens. Plusieurs plaintes relatives Ă  la concurrence dĂ©loyale et l’atteinte aux droits des professionnels ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es, ce qui nĂ©cessite la mobilisation de toutes les parties prenantes pour appliquer la loi rĂ©gissant cette activitĂ© et garantir l’égalitĂ© des chances, ajoute la fĂ©dĂ©ration.

La suspension des activitĂ©s de ces entreprises offrant des services de transport de personnes Ă  la demande, sur rĂ©servation prĂ©alable, gĂ©nĂ©ralement via une application ou une plateforme, a Ă©tĂ© en tout cas trĂšs favorablement accueillie en raison notamment du cadre lĂ©gal et rĂ©glementaire flou dans lequel opĂ©raient ces entreprises et Ă  cause de leurs tarifs jugĂ©s exorbitants. Cette suspension met aussi fin au diktat des plateformes de mobilitĂ© qui, il faut bien le dire, avaient tirĂ© profit, des annĂ©es durant, de l’inaction des dĂ©cideurs Ă  leur Ă©gard et de la dĂ©gradation du transport public. Le prĂ©sident de la RĂ©publique avait Ă  maintes reprises insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de mettre fin Ă  la destruction et Ă  la corruption qui gangrĂšnent le secteur du transport public. «Durant des dĂ©cennies, ce secteur a souffert d’opĂ©rations de corruption».

Il est Ă  souligner que le ministre du Transport, Rachid Amari avait expliquĂ© en novembre de l’annĂ©e derniĂšre devant les parlementaires que son dĂ©partement s’est dĂ©jĂ  penchĂ© sur l’étude d’une nouvelle plateforme tunisienne en collaboration avec le ministĂšre des Technologies de la communication, tout en veillant Ă  protĂ©ger les donnĂ©es personnelles des chauffeurs et des passagers. «Une nouvelle rĂ©glementation sera Ă©laborĂ©e parallĂšlement en vue de plafonner les prix de transport et les lieux d’activitĂ© de ces entreprises».

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