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Transition énergétique : Et si la solution venait des banques et du foncier ?

01. Oktober 2026 um 16:54

Lors du 4ᵉ Salon international de la transition énergétique (SITE 2026), un panel d’experts a dressé un état des lieux sans équivoque : la Tunisie accuse un retard critique dans le déploiement des énergies renouvelables, avec un taux actuel de 9,2% contre un objectif de 35% à l’horizon 2030. Ce retard, aggravé par une dépendance gazière de plus de 70% vis-à-vis de l’Algérie et la pression sur les finances publiques, expose l’économie aux fluctuations des prix internationaux.

Les banques tunisiennes disposent de fonds dédiés aux énergies renouvelables, créés principalement pour bénéficier d’avantages fiscaux (exonération d’impôt dans les zones éligibles du Sud et du Centre-Ouest), et dotés de liquidités confortables qu’elles doivent impérativement utiliser sous deux ans, mais elles peinent à identifier des projets à rentabilité à long terme, d’autant que la transformation des dépôts à court terme en crédits à moyen/long terme reste limitée à 7–10 ans maximum, alors que les projets renouvelables nécessitent des horizons plus longs pour être rentables.

Le risque de change constitue un obstacle structurel majeur : les crédits des bailleurs internationaux sont octroyés en devises aux banques, mais transférés en dinars aux entreprises, et l’ancien mécanisme public de couverture (Fonds de péréquation de change) a été remplacé par des instruments de marché (TCX), plus coûteux et moins accessibles, selon Ahmed Karam, expert international en finances et président du conseil d’administration de TLF, qui propose de réactiver un fonds de couverture combiné aux garanties internationales et au fonds de garantie tunisien (couvrant jusqu’à 75% du coût du projet). Les taux d’intérêt pratiqués (7–10%) rendent le financement onéreux, mais le Fonds de transition énergétique, autorisé par la loi de finances 2026, permet une bonification de 3 points, ramenant le taux effectif à environ 7%, tandis que certains bailleurs offrent des subventions couvrant jusqu’à 10% du coût du projet.

Les garanties classiques (terrain, équipements, contrat STEG, assurances) ne suffisent pas toujours et le fonds de garantie intervient en complément, mais les procédures d’indemnisation restent complexes et lentes (jusqu’à trois ans), d’où la proposition de réformer le dispositif pour automatiser le refinancement et accélérer l’indemnisation, parallèlement au développement par les banques de services de conseil gratuit pour aider les promoteurs à structurer des business plans crédibles.

Que font les institutions internationales et publiques?

Amira Klibi, spécialiste en énergie à la Banque mondiale, a rappelé l’engagement de l’institution à travers un portefeuille d’environ 1 milliard de dollars (BIRD, SFI, MIGA), finançant le renforcement du réseau, l’interconnexion ELMED (268,4 millions de dollars) et l’amélioration de la performance de la STEG. Néjia Gharbi, directrice générale de la Caisse des Dépôts et de Consignation (CDC), a souligné le rôle de la CDC dans la mobilisation et

l’orientation des financements vers des projets stratégiques, tout en dérisquant les investissements.

Cinq réformes prioritaires pour accélérer

Les intervenants ont formulé cinq recommandations structurantes : Créer une agence foncière pour les énergies renouvelables, sur le modèle de l’agence foncière industrielle, pour rendre disponibles des terrains connectés au réseau STEG. Verdir la politique monétaire et le crédit bancaire, en imposant aux banques des règles de gestion des risques environnementaux. Créer une autorité de régulation des énergies renouvelables, chargée du suivi, du contrôle et de la supervision du futur marché carbone. Développer un marché carbone volontaire, supervisé par cette autorité et confié à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis. Et enfin instaurer un guichet unique public-privé, délivrant un « passeport » regroupant tous les avantages (financement, subventions, fiscalité).

Les banques sont prêtes à jouer un rôle accru, mais nécessitent un cadre réformé (accès au foncier, régulation claire, couverture du risque de change, simplification des procédures). Le partenariat public-privé est jugé indispensable pour accélérer les investissements.

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Transition énergétique : Ouael Chouchane appelle à “accélérer sur tous les fronts”

01. Oktober 2026 um 16:52

Ouael Chouchane, Secrétaire d’État à la transition énergétique, a ouvert le SITE 2026 en appelant à une accélération massive des projets. La part des renouvelables est passée de 4% à 9% en deux ans, mais la canicule 2026 a révélé les vulnérabilités du réseau. Grands projets, stockage, efficacité énergétique et interconnexion sont prioritaires pour “ construire un système plus robuste et résilient”.

“L’énergie est une question de souveraineté et de compétitivité. “Wael Chouchane a lancé un appel pressant à l’accélération lors de l’ouverture du SITE 2026. Avec 9% de renouvelables dans le mix électrique (contre 4% il y a deux ans), la Tunisie progresse, mais la canicule exceptionnelle de l’été a exposé les fragilités du système. La priorité : déployer simultanément grands projets, stockage, efficacité énergétique et interconnexions pour bâtir un réseau “plus robuste et résilient”.

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Port d’Enfidha: le compte à rebours est lancé, les travaux annoncés pour début 2028

28. September 2026 um 13:20

Trente-huit ans après les premières annonces, dix-huit ans après le lancement des études, le projet de port en eau profonde d’Enfidha vient de franchir une étape que les acteurs économiques attendaient depuis longtemps: une date. Lors de la conférence «Seaports Days», qui s’est tenue le mardi 22 septembre à Tunis, le ministre des Transports, Rachid Amri, a annoncé que les travaux débuteraient au début de l’année 2028, soit dans un peu moins d’un an et demi.

Concrètement, cela signifie une révision des données techniques, économiques et environnementales à l’aune des standards de 2026: coûts de construction, exigences réglementaires, technologies portuaires et, surtout, le montant global du projet, évalué dans les années 2020 autour de 5 milliards de dinars, un chiffre qui devra être revu à la hausse compte tenu de l’inflation cumulée depuis lors.

Le nerf de la guerre: un financement encore ouvert

Sur la question du financement, celui qui, historiquement, a le plus souvent enterré ce type de projet en Tunisie, Rachid Amri est resté volontairement large. Il a indiqué que toutes les pistes sont à l’étude, qu’il s’agisse de prêts souverains ou institutionnels, ou de partenariats avec des opérateurs privés. Aucune option n’a été exclue, mais aucune n’a non plus été formellement retenue.

Pour les managers et décideurs économiques, ce flou reste le point à surveiller de près. La présence, lors de cette même conférence, de représentants de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et d’acteurs privés américains intéressés par les ports en eau profonde laisse penser qu’un schéma de partenariat public-privé (PPP), voire un montage de financement de projet (“project finance”) associant garanties et lignes de crédit est sérieusement à l’étude, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée sur la structure retenue. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que la Tunisie dispose d’une vision claire pour le développement et la modernisation de son secteur maritime, mais qu’elle a besoin de partenaires capables de l’accompagner dans la concrétisation de cette ambition. Interrogé sur la contribution potentielle des institutions et des experts américains, il a indiqué que les entreprises américaines bénéficient d’une expérience importante dans la réalisation de grands projets d’infrastructure, aussi bien aux États-Unis qu’à l’international. Selon lui, leur expertise couvre notamment la construction et la modernisation des ports ainsi que la construction navale, tout en intégrant le respect des normes internationales de qualité et de sécurité, de même que la souveraineté nationale des pays partenaires. L’ambassadeur a également mis en avant leur capacité à proposer des solutions de financement et à soutenir la mise en œuvre de projets structurants.

Dans ce cadre, il a relevé la participation de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) à l’atelier consacré au développement du secteur portuaire tunisien. Cette rencontre a permis de réunir des entreprises américaines intéressées par les infrastructures portuaires, notamment les ports en eau profonde, ainsi que des institutions financières disposées à accompagner ce type de projets. Ces acteurs, a-t-il précisé, disposent d’une longue expérience et sont prêts à la partager avec leurs partenaires tunisiens.

Concernant le projet du port en eau profonde d’Enfidha, Bill Bazzi a confirmé l’intérêt d’entreprises américaines susceptibles d’y participer. Il a estimé que les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie une offre intégrée combinant ingénierie de pointe, expertise technique, respect des standards internationaux et mécanismes de financement adaptés.

Cette approche pourrait également concerner la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès, qui constituent des infrastructures essentielles pour renforcer la compétitivité logistique de la Tunisie, soutenir les échanges commerciaux et améliorer son intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

Reste que l’histoire du projet d’Enfidha est jalonnée de dates annoncées puis reportées. L’annonce d’un démarrage «début 2028» constitue donc moins une certitude qu’un engagement politique à tenir.

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Prix FABA 2026: une 6e édition marquée par la diversité et l’ancrage tunisien

28. September 2026 um 13:14

La sixième édition du prix littéraire de la Fondation Abdelwaheb Ben Ayed (FABA), remise le 27 septembre 2026, à Gammarth, met en lumière la vitalité du roman tunisien en arabe et en français. 

Entre originalité des thèmes, ancrage local et niveau élevé des manuscrits, le jury a eu «beaucoup de mal» à établir sa short-list et à désigner les lauréats. Le jury, composé d’universitaires, d’enseignants et d’acteurs culturels, a été constitué avec un souci d’équilibre entre genres et générations, associant voix expérimentée et regards plus récents, dans une dynamique de débats croisés entre littérature arabe et littérature française. Parmi les membres du jury figurent Hend Soudani, universitaire et professeure de littérature, ainsi que Raouf Medelgi, enseignant de français, acteur culturel et écrivain. Concernant les critères de sélection, la présidente du jury Samia Kassab Charfi insiste sur l’importance de la lecture, présentée comme une “nécessité de santé mentale”. Le jury a examiné un nombre important d’ouvrages, retenant avant tout l’originalité, la force de la création littéraire, la capacité du livre à captiver le lecteur ainsi que la modernité de l’écriture.

Des short-lists mises en avant

Cette année, le prix s’est concentré sur deux catégories principales: le roman en langue arabe et le roman en langue française, avec trois finalistes dans chacune. 

Roman en langue arabe (3 finalistes)

القلادة الروسية — Mohamed Issa Almouaddab

كوميديا الجنائز — Sofien Rjab

حلم الحلزون — Aymen Daboussi

Lauréats: Mohamed Issa Almouaddab et Sofien Rjab

Roman en langue française (3 finalistes) 

L’Aube poindra aux heures prochaines: Taha Laghmani (Éditions Demeter)

Abba Abba, la pierre de convoitise: Soufiane Ben Farhat (Éditions Arcadia)

La Maison qui parle: Zouhaïr Ben Amor (Contraste Éditions)

Lauréats: Soufiane Ben Farhat et Zouhaïr Ben Amor.

Les lauréats des deux catégories ont été proclamés lors de la cérémonie du 27 septembre 2026, chacun recevant un prix de 10 000 dinars. Raouf Medelgi souligne que la particularité de cette édition réside dans la qualité des romans reçus, «assez prometteurs» tant sur le plan du style que de l’histoire et des spécificités de l’écriture. «C’était très difficile de les départager», explique-t-il, notant que le jury a eu «beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal» à établir la short-list et à désigner un gagnant.

Pour arriver à ces six romans finalistes, le jury a examiné 16 romans en français et 12 romans en arabe, “ tous méritants”.

Ancrage tunisien et originalité des thèmes

Hend Soudani relève, pour les romans en langue arabe, des thématiques originales: traitement des minorités, références au théâtre, éléments mythologiques. Du côté des romans en français, le jury a noté une forte «localisation» des récits: Takrouna chez Sofiane Ben Farhat, Zahra chez Zouhaïr Ben Amor, etc. Cette écriture de l’histoire tunisienne, sur des lieux précis, donne une visibilité internationale à la Tunisie tout en traitant de thèmes universels. Interrogée sur une phrase ou un mot-clé résumant cette édition, Hend Soudani propose “diversité, ancrage tunisien et originalité”. Raouf Medelgi, pour sa part, qualifie cette édition en trois mots: “passionnante, agréable et prometteuse”. Au final, cette sixième édition des prix FABA illustre non seulement la richesse de la production littéraire tunisienne, mais aussi le rôle essentiel du livre dans l’éducation, la formation de l’esprit critique et le développement culturel.

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