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Quarante ans de l’ANME: au cœur de la transformation énergétique de la Tunisie

Von: Managers
25. Mai 2026 um 15:18

Une dynamique nationale portée par la montée des renouvelables, les économies d’énergie et une nouvelle vision du développement durable.

À l’occasion du 40e anniversaire de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), la Tunisie met en lumière quatre décennies d’engagement en faveur de la transition énergétique. Entre montée en puissance des énergies renouvelables, diffusion de l’efficacité énergétique et transformation progressive du modèle national, cet anniversaire consacre le rôle central d’une institution devenue un acteur clé de la souveraineté énergétique et du développement durable du pays.

La Tunisie accélère sa transition énergétique : cap sur un modèle durable et souverain. La part des énergies renouvelables dans le mix électrique tunisien a atteint environ 6 % à la fin de l’année 2025, selon les chiffres officiels, et devrait poursuivre sa progression dans les prochaines années. Les projections annoncent une hausse à 9 % avec la mise en service de nouvelles centrales, avant d’atteindre près de 10 % d’ici la fin de l’année 2026, confirmant l’accélération progressive de la transition énergétique nationale.

Ces avancées ont été présentées lors de l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis par l’ANME, sous le thème « Une transition énergétique juste, durable et innovante ». À cette occasion, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a souligné que la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase stratégique, où les enjeux énergétiques dépassent les considérations techniques pour toucher directement à la souveraineté nationale et aux choix structurels du pays.

Revenant sur le 40e anniversaire de l’ANME, il a mis en avant le rôle historique de l’agence dans la diffusion de la culture de l’efficacité énergétique, la rationalisation de la consommation et la promotion des énergies renouvelables.Il a également rappelé l’expertise développée par la Tunisie dans ce domaine,aujourd’hui reconnue aux niveaux régional et international.Dans ce contexte, les autorités insistent sur la nécessité d’accélérer la transformation du système énergétique national autour de deux piliers complémentaires : le développement des énergies renouvelables et le

renforcement des programmes d’efficacité énergétique. Selon le secrétaire d’État, l’ampleur du déficit énergétique rend cette évolution incontournable, tout en plaçant l’ANME au cœur de l’accompagnement de cette mutation stratégique.

Économies d’énergie, solaire et modernisation: du concret sur le terrain

 Au-delà des ambitions, les résultats commencent déjà à se matérialiser. Le directeur général de l’ANME, Nafaâ Baccari, a indiqué que l’intégration progressive des énergies renouvelables a permis de générer des économies significatives sur les importations de gaz, estimées à environ 9,6 millions de dinars, dans un contexte où la facture énergétique nationale atteignait près de 14 milliards d’euros en 2019.

Parmi les acquis les plus marquants figure également la généralisation du chauffage solaire de l’eau sanitaire, avec plus d’un million de ménages équipés en systèmes solaires thermiques. Une avancée majeure qui s’inscrit dans une stratégie visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à renforcer l’indépendance énergétique du pays.

Dans la même dynamique, plusieurs programmes destinés aux ménages se poursuivent, notamment le développement des installations photovoltaïques surtoiture, ainsi que des mécanismes de soutien liés aux économies d’énergie réalisées grâce aux politiques publiques.L’efficacité énergétique se traduit également par des projets structurants, dont la modernisation de l’éclairage public. Un programme prévoit le remplacement d’environ 350 000 points lumineux par des lampes LED à haute efficacité énergétique, permettant jusqu’à 30 % d’économies d’énergie. Le projet, dont le financement est déjà finalisé, devrait être lancé en 2027, avec une extension progressive selon la mobilisation de financements complémentaires.

Au-delà des projets en cours, les priorités de la prochaine phase de transition énergétique se dessinent déjà clairement : décarbonation de l’industrie,valorisation énergétique des déchets, développement de la mobilité durable et électrification des usages. Les collectivités locales sont également appelées à jouer un rôle accru dans cette transformation, notamment à travers l’optimisation de l’éclairage public et l’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.

À travers ces chantiers, la Tunisie confirme son orientation vers un modèle énergétique plus durable, fondé sur la diversification des sources, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la montée en puissance des renouvelables.Une trajectoire que l’ANME, forte de ses 40 ans d’existence, continue d’accompagner comme pilier central d’une transition qualifiée de « juste,durable et inclusive ».

 

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12ᵉ session du Forum régional africain sur le développement durable: l’Afrique presse le pas pour réaliser ses objectifs de développement

30. April 2026 um 18:02

À Addis-Abeba, la 12ᵉ session du Forum régional africain sur le développement durable (ARFSD-12), tenue du 28 au 30 avril 2026, s’est ouverte sur un appel convergent des dirigeants africains et partenaires internationaux en faveur d’une accélération urgente et coordonnée de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Placée sous le thème “Inverser la tendance: actions transformatrices et coordonnées pour le Programme 2030 et l’Agenda 2063”, cette rencontre annuelle réunit ministres, hauts responsables gouvernementaux, représentants d’institutions régionales, agences onusiennes, secteur privé, société civile et partenaires au développement, dans un format hybride visant à renforcer la concertation continentale avant les grandes échéances mondiales sur le développement durable.

Dès l’ouverture, le secrétaire général adjoint des Nations unies et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a appelé à un changement profond de paradigme dans l’approche du développement du continent. Il a estimé que les principaux cadres stratégiques africains existent déjà, mais que le véritable défi réside dans leur mise en œuvre effective et à grande échelle. Il a ainsi plaidé pour un passage d’approches sectorielles fragmentées à une vision systémique fondée sur la cohérence des politiques publiques, l’action concrète et une mobilisation accrue des ressources.

Un appel urgent à accélérer la mise en œuvre des agendas africains et mondiaux

Dans cette optique, Claver Gatete a présenté cinq priorités structurantes qu’il juge essentielles pour accélérer la transformation de l’Afrique. Il a notamment insisté sur la nécessité de considérer les services essentiels tels que l’eau, l’énergie et les infrastructures comme de véritables actifs économiques, de combler le déficit de financement des infrastructures par des partenariats publics et privés, de faire des villes africaines des moteurs de croissance et d’emplois, d’accélérer simultanément les transitions numérique et écologique et de renforcer la gouvernance à travers les données, des institutions solides et une coopération régionale accrue.

Abordant le contexte mondial, le secrétaire exécutif de la CEA a souligné que le continent évolue dans un environnement marqué par le ralentissement économique, la montée des inégalités, les tensions géopolitiques et l’intensification des chocs climatiques. Il a toutefois estimé que ces contraintes ne doivent pas conduire à une réduction des ambitions africaines, mais plutôt à leur transformation en opportunités d’innovation et de coopération.

Dans la même dynamique, il a relevé que ces défis prennent une dimension encore plus critique en Afrique, où les transitions démographiques, urbaines et climatiques se superposent à des fragilités structurelles persistantes. Il a ainsi rappelé que les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de l’énergie, des infrastructures et des villes constituent les fondations de la transformation économique du continent, dans la mesure où ils conditionnent la croissance, la création d’emplois et la réduction des inégalités.

Le secrétaire exécutif de la CEA a également salué l’expérience de l’Éthiopie, pays hôte du Forum, et les efforts de son Premier ministre Abiy Ahmed, notamment en matière de reforestation, d’énergies renouvelables et d’agriculture durable, tout en soulignant l’importance de l’organisation prochaine de la COP32 à Addis-Abeba comme levier de renforcement de la coopération climatique mondiale.

De son côté, la Première ministre de l’Ouganda et présidente du Bureau de l’ARFSD-11, Robinah Nabbanja, a insisté sur l’urgence de traduire les engagements en résultats concrets et mesurables. Elle a rappelé qu’il ne restait que quatre années avant l’échéance de 2030, appelant ainsi à une mobilisation immédiate autour de la science, de la technologie, de l’innovation, de l’intégration régionale, du financement innovant et de partenariats solides. Elle a également mis en avant les avancées réalisées sous la présidence ougandaise, notamment l’adoption de la Déclaration de Kampala et le renforcement du suivi des engagements à travers plusieurs réunions du Bureau.

La cheffe du gouvernement ougandais a indiqué que des progrès ont été enregistrés dans l’alignement des plans nationaux sur les Objectifs de développement durable, l’amélioration des systèmes de données, la coordination des politiques et l’accélération de la mise en œuvre. Elle a toutefois averti que les déficits de financement, la vulnérabilité climatique et la nécessité d’intensifier l’innovation demeurent des obstacles majeurs. Elle a également souligné le rôle central de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), des infrastructures de transport, de l’énergie abordable et de la réduction des coûts des affaires dans la compétitivité du continent.

Dans une déclaration lue au nom du président de la Commission de l’Union africaine, la vice-présidente Selma Malika Haddadi a salué le leadership de l’Ouganda dans la conduite du processus et son engagement dans les instances internationales. Elle a estimé que la session se tient à un moment décisif, alors que les progrès réalisés restent insuffisants pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030.

Elle a précisé que les travaux du Forum portent cette année sur cinq priorités majeures : l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’énergie propre et abordable, l’industrie et l’innovation, les villes durables et les partenariats pour le développement. Selon elle, ces domaines constituent des leviers essentiels pour accélérer la transformation structurelle du continent et s’inscrivent pleinement dans les ambitions de l’Agenda 2063.

La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine a également indiqué que plusieurs États membres progressent dans l’alignement de leurs politiques nationales sur le plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’intégration régionale et de la transformation numérique, en lien avec des initiatives comme la ZLECAf.

Elle a néanmoins alerté sur la persistance de défis majeurs, en particulier le financement du développement, le chômage des jeunes, les effets du changement climatique et les inégalités. Elle a enfin insisté sur l’importance du partenariat entre l’Union africaine et les Nations unies, renforcé par un accord signé en 2018, comme cadre structurant pour améliorer la coordination et l’efficacité des programmes de développement.

Au terme des travaux, les participants sont appelés à formuler des recommandations concrètes visant à renforcer la voix unifiée de l’Afrique dans les processus mondiaux et à accélérer la mise en œuvre des deux agendas aux niveaux national, régional et continental. La Commission de l’Union africaine a réaffirmé, à cet effet, son engagement à travailler avec l’ensemble des partenaires afin de « bâtir une Afrique prospère, inclusive et durable » en inversant durablement la tendance actuelle.

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