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Décès de Hamid Berrada | La presse maghrébine perd l’un de ses piliers

27. September 2026 um 13:31

Le journaliste marocain Hamid Berrada, ancien grand reporter à Jeune Afrique connu pour ses interviews d’éminentes personnalités maghrébine et arabes, est décédé dans la nuit de vendredi 25 à samedi 26 septembre 2026, à l’âge de 87 ans.

Né en 1939 à Tanger, Hamid Berrada, diplômé en philosophie, en droit et en sociologie politique, s’était fait connaître lors de son passage dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, fondé et dirigé par le Tunisien Béchir Ben Yahmed. Il était rédacteur en chef de l’hebdomadaire parisien de 1974 à 1985 et y a collaboré régulièrement, jusqu’à la fin des années 1990, avant d’être nommé directeur Maghreb/Moyen-Orient de la chaîne francophone TV5.

Berrada a été aussi le présentateur et animateur, entre 2007 et 2018, de l’émission ‘‘Mais Encore ?’’ sur la chaîne de télévision marocaine 2M. Il était connu pour la qualité de ses analyses des affaires maghrébines et des interviews des grands acteurs politiques. Les Tunisiens d’un certain âge se souviennent encore de l’entretien qu’il avait réalisé avec Rached Ghannouchi, du temps où il était exilé à Londres.

«Hamid Berrada avait une façon particulière d’écrire ses ‘‘papiers’’, pas de machine à écrire, ni ordinateur ou PC, mais un crayon noir et une gomme, un carnet en poche… Il me rappelait un seigneur du journalisme ayant marqué ma jeunesse et mes débuts dans la presse : Albert Londres !», se souvient l’un des anciens collègues et amis Hassan Aaloui. Qui ajoute : «Hamid était un esprit curieux, honnête jusqu’au bout des ongles, très ouvert et pas un seul ni le moindre préjugé ne guidaient sa démarche… Très exigeant avec lui-même, l’honnêteté hissée comme un mât, il veillait aux détails et vérifiait deux, trois fois ou plus ses textes rédigés ou ‘‘gribouillés’’ au crayon noir.»

«Pour l’avoir côtoyé de près à Jeune Afrique dans les années 1990 et beaucoup appris à ses côtés, notamment sur son pays, le Maroc, où il m’a ouvert beaucoup de portes, je garde des souvenirs émus de nos échanges», se souvient, de son côté, Ridha Kéfi, fondateur et directeur de Kapitalis. Qui ajoute : «Il avait toujours le bon mot pour détendre une atmosphère guindée. Il savait aussi mettre de l’esprit là où les partis-pris politiques prennent le pas sur les idées et les principes. Certains de ses échanges à fleurets mouchetés avec feu Béchir Ben Yahmed, lors des réunions de rédaction matinales, étaient restés dans les mémoires. Les deux journalistes s’appréciaient beaucoup, mais le respect mutuel n’interdisait pas, chez l’un comme chez l’autre, une certaine franchise qui traduisait leur hauteur d’esprit».

«Le départ de Barrada du 57 bis rue d’Auteuil a été ressenti comme un arrachement, et d’abord par le défunt lui-même qui a maintenu des liens amicaux avec plusieurs de ses anciens collègues», conclut Ridha Kéfi.   

I. B.

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Presse | Mohamed Benchicou inhumé finalement à Alger

27. September 2026 um 08:30

La dépouille du journaliste, écrivain et ancien directeur du quotidien Le Matin Mohamed Benchicou a finalement été rapatriée en Algérie et inhumée samedi 26 septembre 2026 au cimetière de Garidi, à Alger. Son retour au pays avait été précédé d’un épisode d’incertitude qui avait suscité l’émotion dans les milieux de la presse.

L’inhumation s’est déroulée en présence de sa famille, de proches, de journalistes et de nombreux confrères venus lui rendre un dernier hommage.

Quelques heures auparavant, le retour de sa dépouille à Alger paraissait encore incertain.

Dans un communiqué, la famille avait annoncé que les autorités algériennes refusaient, dans un premier temps, le rapatriement de la dépouille pour son enterrement prévu à Alger. «Même après sa mort, il continue d’être harcelé», dénonçait la famille, estimant que personne ne pouvait priver un ressortissant algérien d’être enterré dans son pays.

La situation s’est finalement débloquée. «Dernière nouvelle : selon les autorités, mon père sera finalement inhumé au cimetière de Garidi», annonçait ensuite la famille, faisant part de son soulagement.

La dépouille a ainsi pu rejoindre Alger où un hommage lui a été rendu à la Maison de la presse Tahar-Djaout, lieu particulièrement symbolique pour plusieurs générations de journalistes algériens, avant son transfert vers le cimetière.

Selon Le Matin d’Algérie, environ 150 personnes ont assisté à l’inhumation, mais aucun représentant officiel n’a été signalé parmi les présents.

Des années de débats, de combats et d’amitié

Dans un hommage publié après l’inhumation, le journaliste Maâmar Farah a fait revivre une partie de cette histoire commune : «Nous étions voisins», écrit-il en évoquant les années où Benchicou travaillait au journal Le Matin et lui aujournal Le Soir. Il rappelle notamment la solidarité de Le Soir lorsque Le Matin avait été confronté à des difficultés, jusqu’à lui ouvrir une page de son édition pour permettre au journal de continuer à s’adresser à ses lecteurs.

Maâmar Farah revient également sur les années du quotidien El Moudjahid, les combats syndicaux et journalistiques menés avec Benchicou, ainsi que sur cette période où une partie de la rédaction avait tenté de desserrer l’emprise de la censure.

Son témoignage dépasse ainsi le seul parcours de Benchicou. Il restitue une époque de la presse algérienne où les journalistes, encore jeunes, avaient la conviction que le journal pouvait contribuer à changer les choses : «Nous savions surtout que le journaliste ne possède peut-être rien d’autre que sa plume et sa conscience», écrit Maâmar Farah.

Mohamed Benchicou avait marqué la presse algérienne par son indépendance de ton et ses prises de position critiques. Ancien directeur du Matin, il avait également publié plusieurs ouvrages consacrés à l’Algérie et à sa vie politique.

Son parcours avait été marqué par son emprisonnement au début des années 2000, après la publication de son livre ‘‘Bouteflika : une imposture algérienne’’. Cette période demeure l’un des épisodes les plus connus de son parcours de journaliste et d’écrivain.

Sa disparition a suscité des réactions nombreuses en Algérie et à l’étranger. Des médias algériens, maghrébins et internationaux ont consacré des articles à son décès et à son parcours. Mais son histoire ne se résume pas à ses confrontations avec le pouvoir. Elle appartient aussi à une génération de journalistes qui ont accompagné les transformations profondes de la presse algérienne, au prix parfois de leur liberté, de leur carrière ou de leur sécurité.

Dans son hommage, Maâmar Farah évoque enfin le retour de Benchicou sur cette terre qu’il avait tant aimée.

«L’Algérie, cette terre que tu as tant aimée, t’a repris sans bruit», écrit-il.

À Garidi, le journaliste a ainsi été accompagné par ceux qui avaient partagé avec lui des années de journalisme, de débats, de combats et d’amitié.

Djamal Guettala

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