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La diaspora rapporte près d’un dinar sur sept du budget de l’État

01. August 2026 um 16:14

Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) continuent de s’imposer comme l’un des principaux soutiens de l’économie nationale. Après avoir atteint 8,8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 6 % sur un an, ils devraient dépasser le seuil des 9 milliards de dinars en 2026, selon les prévisions évoquées par le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Samir Majoul.

À titre de comparaison, un tel montant représente près de 14,5 % du budget de l’État prévu pour 2026, estimé à environ 62 milliards de dinars. Autrement dit, les transferts des Tunisiens de l’étranger équivalent à près d’un dinar sur sept des dépenses publiques de l’année.

Ces déclarations ont été faites à l’occasion de la conférence régionale des Tunisiens à l’étranger consacrée à la deuxième région, organisée à Tunis sous le thème « Nos compétences à l’étranger, une force motrice pour le développement national », en présence notamment du gouverneur de Tunis, Imed Boukhris, de la directrice générale chargée de la gestion de l’Office des Tunisiens à l’étranger, Naïla Bali, ainsi que d’experts et d’acteurs de la migration.

Près de deux millions de Tunisiens établis à l’étranger

Selon Samir Majoul, la communauté tunisienne à l’étranger, estimée à près de deux millions de personnes, constitue un capital humain et économique stratégique. Au-delà des transferts financiers, elle représente un réservoir de compétences, de savoir-faire et de réseaux internationaux susceptibles de renforcer l’attractivité économique du pays.

Le président de l’UTICA a ainsi plaidé pour que les transferts ne servent pas uniquement à la consommation des ménages, mais qu’une part plus importante soit orientée vers l’investissement productif, la création d’entreprises et les projets à forte valeur ajoutée.

Créer un environnement favorable à l’investissement

Pour atteindre cet objectif, Samir Majoul estime nécessaire d’améliorer le climat des affaires, de renforcer les mécanismes d’accompagnement des investisseurs et de faciliter les liens entre les entrepreneurs tunisiens établis à l’étranger et le tissu économique national.

Il considère que les transferts des expatriés demeurent un indicateur fort de leur attachement à la Tunisie, mais qu’ils pourraient générer un impact économique beaucoup plus important s’ils étaient davantage mobilisés pour financer des activités productives.

Des indicateurs économiques en amélioration

Le président de l’UTICA a également mis en avant plusieurs indicateurs jugés encourageants. Les investissements étrangers ont atteint 839 millions de dinars au cours du premier trimestre 2026, dont 825 millions sous forme d’investissements directs étrangers (IDE), le secteur industriel restant le principal bénéficiaire de ces flux.

Il a par ailleurs souligné le potentiel économique de la deuxième région, qui regroupe les gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous, La Manouba, Zaghouan et Nabeul. Le plan de développement 2026-2030 prévoit plus de 4 400 projets dans cette région pour un coût global estimé à 28,6 milliards de dinars.

Lire aussi : La Tunisie veut mieux orienter l’épargne de la diaspora vers l’investissement productif

Si les transferts des Tunisiens à l’étranger constituent déjà l’une des principales sources de devises du pays, leur poids croissant pose également la question de leur valorisation. Aujourd’hui, une grande partie de ces fonds alimente les dépenses courantes des familles ou le marché immobilier.

Pour de nombreux économistes, l’enjeu consiste désormais à transformer cette ressource en véritable moteur de croissance. Cela passe par des instruments financiers dédiés, des incitations fiscales, des procédures administratives simplifiées et un accompagnement ciblé afin d’encourager les Tunisiens de l’étranger à investir davantage dans les secteurs créateurs d’emplois.

En clôture de son intervention, Samir Majoul a appelé les entrepreneurs et les compétences tunisiennes établis à l’étranger à contribuer davantage à l’attractivité de la Tunisie, estimant qu’ils constituent les meilleurs ambassadeurs du pays auprès des investisseurs internationaux.

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Ponctualité aérienne : Tunisair parmi les compagnies les plus en retard au départ de France

01. August 2026 um 15:33

La ponctualité reste l’un des principaux points faibles de Tunisair. La compagnie nationale tunisienne figure parmi les transporteurs enregistrant les plus importantes perturbations sur les vols au départ de France, selon une analyse publiée par la plateforme spécialisée Flightright à l’occasion de la période des grands départs estivaux.

Cette étude, qui porte sur les performances des compagnies opérant depuis les aéroports français, place Tunisair parmi les compagnies les plus affectées par les retards. La compagnie tunisienne se distingue notamment par une proportion élevée de vols accusant des retards importants, notamment ceux dépassant plusieurs heures.

Une situation particulièrement sensible pour Tunisair, alors que la période estivale représente un moment stratégique pour la compagnie. Les liaisons entre la France et la Tunisie concentrent une grande partie de son activité, avec un trafic important lié aux touristes et aux Tunisiens résidant à l’étranger.

Au-delà des chiffres, les retards répétés ont un impact direct sur l’image de la compagnie. Dans un secteur où les voyageurs comparent désormais facilement les performances des transporteurs, la ponctualité est devenue un critère déterminant dans le choix d’une compagnie aérienne.

Une difficulté qui s’inscrit dans un contexte structurel

Les problèmes de régularité de Tunisair ne sont pas nouveaux. Depuis plusieurs années, la compagnie fait face à des contraintes opérationnelles qui affectent son fonctionnement quotidien : disponibilité limitée de certains appareils, opérations de maintenance, gestion des rotations et difficultés organisationnelles.

Lire aussi : 1,07 milliard de dinars de pertes en un an : Tunisair et les ports parmi les plus touchés

Dans le transport aérien, un retard sur un premier vol peut rapidement provoquer un effet domino sur toute une journée d’exploitation. Lorsqu’un avion accumule du retard, les rotations suivantes peuvent être affectées, entraînant une multiplication des perturbations pour les passagers.

Cette situation intervient alors que Tunisair cherche à améliorer ses performances après plusieurs années marquées par des difficultés financières et opérationnelles.

Comment Tunisair peut-elle dépasser cette image ternie ?

Pour reconquérir la confiance des voyageurs, l’amélioration de la ponctualité devra devenir un objectif stratégique au même titre que la restructuration financière ou le renouvellement de la flotte.

La première priorité concerne la fiabilité opérationnelle. Une meilleure planification des rotations, une gestion plus efficace des équipages et une anticipation renforcée des opérations de maintenance pourraient réduire les retards en chaîne.

La flotte constitue également un enjeu majeur. Une compagnie disposant d’un nombre suffisant d’appareils disponibles bénéficie d’une plus grande marge de manœuvre pour absorber les imprévus techniques ou opérationnels. La modernisation progressive de la flotte pourrait donc contribuer directement à améliorer la régularité des vols.

La communication avec les passagers représente un autre levier important. En cas de retard, les voyageurs attendent aujourd’hui une information rapide, précise et transparente. Une politique de communication proactive pourrait limiter la frustration et améliorer la perception du service.

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Tunisie : La révolte des livreurs

01. August 2026 um 15:06

Le secteur de la livraison rapide connaît une nouvelle zone de turbulences en Tunisie. Plusieurs livreurs affiliés à Glovo, leader du marché de la livraison à domicile dans le pays, ont annoncé ce samedi une grève générale, après plusieurs semaines de tensions avec l’administration de la plateforme.

Le mouvement marque une escalade dans un bras de fer qui oppose les coursiers à leur employeur numérique autour principalement des tarifs de livraison, des revenus générés et des conditions de travail.

Selon plusieurs témoignages de livreurs, la rémunération par course aurait fortement diminué ces dernières semaines. Certains affirment que plusieurs livraisons ne rapporteraient désormais que quelques millimes, rendant difficile la couverture des frais liés à l’activité, notamment le carburant, l’entretien des véhicules et les charges quotidiennes.

Les protestataires réclament notamment une révision à la hausse des tarifs de livraison ainsi qu’une amélioration de plusieurs services liés à l’utilisation de la plateforme.

Une plateforme perturbée, des commandes bloquées

Sur l’application Glovo, plusieurs utilisateurs ont constaté samedi des perturbations importantes. La plateforme affichait une situation de « forte demande » et un trafic élevé, alors que les délais de livraison devenaient très longs, voire que certaines commandes ne pouvaient pas être exécutées.

Cette situation traduit l’importance stratégique des livreurs dans le fonctionnement du modèle économique des plateformes numériques : sans leur disponibilité sur le terrain, l’application perd rapidement sa capacité opérationnelle.

Glovo dispose en Tunisie d’un système dédié aux coursiers permettant notamment le suivi des revenus, la gestion des comptes et l’accès à des services d’assistance.

Présente depuis plusieurs années sur le marché tunisien, Glovo s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs de la livraison rapide dans le pays. La plateforme, qui met en relation consommateurs, restaurants, commerces et livreurs indépendants, a profondément transformé les habitudes d’achat en développant le concept de livraison à la demande via une application mobile.

Son réseau de coursiers constitue aujourd’hui un maillon essentiel de l’économie numérique urbaine, notamment dans les grandes villes tunisiennes, où des milliers de commandes transitent quotidiennement par son application. Cette position dominante explique l’impact immédiat de toute perturbation affectant ses livreurs, comme l’a illustré la grève annoncée ce samedi.

Au-delà des tarifs, une question sociale

Le conflit ne porte pas uniquement sur le montant des courses. Il révèle aussi une problématique plus large liée au statut des travailleurs des plateformes numériques.

En Tunisie, les revendications des livreurs se sont progressivement élargies à des questions de protection sociale, d’assurance, de sécurité professionnelle et de transparence dans la relation avec les plateformes. Des organisations syndicales ont également exprimé leur soutien aux coursiers, estimant que cette mobilisation dépasse le simple cadre salarial et pose la question des droits dans l’économie numérique.

Lire aussi : Q-Commerce en Tunisie : Glovo appelle l’industrie du retail à accélérer, lors des Tunisia Retail Days 2026

Une dynamique syndicale autour des livreurs a d’ailleurs commencé à émerger avec l’annonce d’un processus de création d’une structure syndicale dédiée aux travailleurs de Glovo.

Un phénomène mondial : les « riders » face aux plateformes

La mobilisation tunisienne s’inscrit dans une tendance internationale. Depuis plusieurs années, les livreurs des grandes plateformes numériques contestent un modèle basé sur la flexibilité, mais qu’ils jugent parfois précaire.

En Europe et ailleurs, des mouvements similaires ont concerné des plateformes comme Glovo, Uber Eats ou DoorDash, avec des revendications portant sur les rémunérations minimales, la transparence des algorithmes de distribution des courses et la reconnaissance d’un statut professionnel plus protecteur.

Aux États-Unis, certains livreurs de plateformes ont notamment développé des formes d’action collective consistant à refuser certaines commandes jugées insuffisamment rémunérées, afin de faire pression sur les plateformes.

Le débat dépasse désormais la question du prix d’une livraison : il concerne le fonctionnement même de l’économie dite « à la tâche », où des milliers de travailleurs dépendent d’algorithmes pour recevoir des missions et générer leurs revenus.

Quel avenir pour la livraison numérique en Tunisie ?

Le bras de fer entre les livreurs tunisiens et Glovo intervient alors que les plateformes numériques occupent une place croissante dans les habitudes de consommation. La livraison rapide est devenue un service incontournable pour de nombreux restaurants, commerces et consommateurs.

Mais la pérennité de ce modèle dépend largement de l’équilibre trouvé entre trois acteurs : les plateformes, les clients et les livreurs. Une hausse des coûts pourrait affecter les consommateurs, tandis qu’une pression excessive sur les revenus des coursiers risque d’alimenter davantage les conflits sociaux.

La grève ouverte de samedi pourrait donc constituer un tournant dans la structuration du secteur de la livraison en Tunisie, en posant une question centrale : comment encadrer un travail créé par le numérique mais exercé dans des conditions encore largement inspirées de l’économie informelle ?

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