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L’État ne refuse rien aux sociétés communautaires: 17 014 hectares répartis sur 38 exploitations agricoles!

06. Juli 2026 um 14:59

17 014 hectares répartis sur 38 exploitations agricoles domaniales dans dix gouvernorats et 24 délégations: voilà ce que le ministère de l’Agriculture vient de mettre sur la table pour les sociétés communautaires. Une première liste, mais pas la dernière.

Tout part d’une question écrite de la députée Manel Bdida, déposée le 10 mars 2026, sur l’application concrète de l’arrêté conjoint du 4 novembre 2025, celui qui accorde justement aux sociétés communautaires la priorité pour louer, par appel d’offres restreint, des biens agricoles appartenant à l’État. En réponse, le ministère a détaillé le travail d’une commission interministérielle créée en février 2025, réunissant Agriculture, Domaines de l’État et Emploi.

Une liste, puis une deuxième en préparation

Cette liste n°1, donc, n’est qu’une première étape! Le ministère précise qu’une liste n°2 est déjà à l’étude, et que certains terrains domaniaux récupérés et vacants dans la délégation d’El Amra, à Sfax, pourraient venir s’y ajouter.

Le projet des sociétés communautaires, porté depuis plusieurs années comme l’un des piliers du modèle économique voulu par Kaïs Saïed, franchit ainsi une nouvelle étape concrète. Reste que le dispositif continue, malgré les moyens mobilisés, à susciter des interrogations: les sociétés communautaires peinent encore à démontrer leur capacité à produire des résultats économiques à grande échelle, ou à enclencher une dynamique de développement réellement durable.

Le contexte économique tendu n’aide pas non plus à dissiper les doutes: cette accélération de l’accès aux terres domaniales intervient alors que la majorité des PME tunisiennes traversent une crise persistante et que les finances publiques restent, elles, sous forte pression.

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Crise du cheptel: l’identification électronique des animaux pour relancer le secteur

06. Juli 2026 um 14:49

240 à 300 dinars la brebis en 2010; près de 2 500 dinars aujourd’hui. Une hausse d’environ 800% en seize ans, une envolée qui en dit long sur l’état d’un secteur à bout de souffle, incapable de générer de la richesse et qui, depuis quelque temps, exaspère toute une population.

Les chiffres proviennent de l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP), présentés le 2 juillet devant la commission des secteurs productifs du Conseil national des régions et des districts. Et le prix de la brebis n’est que la partie visible du problème: sur la même période, la production nationale de viande rouge a baissé d’environ 10%, passant de 122 700 tonnes en 2010 à 110 800 tonnes en 2025, alors que la demande ne faiblit pas.

Sécheresses, coûts, contrebande: l’addition est salée

Du côté du ministère de l’Agriculture, on pointe une combinaison de facteurs qui se nourrissent les uns les autres: l’envolée du coût des aliments pour bétail (portée par la hausse mondiale des céréales), le renchérissement du transport et des importations, et des sécheresses à répétition qui ont plombé la production de fourrages.

S’ajoute à cela un recul continu du cheptel national, les femelles reproductrices en tête, et une baisse du nombre d’éleveurs, plusieurs d’entre eux ayant tout simplement jeté l’éponge faute d’accès au financement. Le ministère du Commerce, de son côté, évoque un déficit structurel de production aggravé par la contrebande et l’abattage clandestin, qui grignotent encore un peu plus l’offre disponible.

Pour tenter d’inverser la tendance, l’État a déjà eu recours à des importations exceptionnelles de viandes réfrigérées et congelées lors des pics de consommation. Mais le vrai pari se joue à plus long terme: un programme de relance à l’horizon 2030 doit reconstituer le cheptel national, avec identification électronique des animaux, plateforme numérique de suivi et soutien renforcé aux petits éleveurs.

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Sacs plastiques: une nouvelle loi qui s’adresse à tous, État, consommateurs et fabricants

06. Juli 2026 um 10:35

4,2 milliards de sacs plastiques sont consommés chaque année, soit 400 par habitant: le chiffre est connu, sans cesse repris, presque banalisé! C’est bien là une partie du problème.

Malgré des années d’alertes, une large partie de la population tunisienne ne perçoit toujours pas l’ampleur réelle des dégâts environnementaux liés à cet usage; décharges saturées, sols pollués et littoral méditerranéen où les déchets plastiques représentent déjà plus de 84% des rejets marins.

Des textes de loi qui ont aggravé la situation

Vingt-cinq députés remettent aujourd’hui le sujet sur la table, avec un texte de 23 articles censé, cette fois, frapper plus fort. Mais l’histoire récente invite à la prudence: ce n’est pas la première tentative de régulation, et les précédentes n’ont pas seulement échoué, elles ont carrément aggravé la situation. Les réglementations antérieures ont été, même, détournées de leur objectif initial, donnant lieu à des scandales de corruption.

Autre effet pervers largement documenté: la grande distribution a profité des failles des textes précédents pour transformer un service gratuit en source de revenu, en facturant des sacs autrefois distribués sans frais aux caisses. Ironie du système, ces sacs, en théorie réutilisables, finissent presque systématiquement à la poubelle après une seule et unique utilisation, le consommateur reproduisant, par habitude, le même geste qu’avec l’ancien sac jetable gratuit.

Remodeler le comportement du consommateur 

Le nouveau texte tente justement de remodeler le comportement du consommateur tunisien. Sacs réutilisables certifiés (20 cycles, charge de 10 kg) ou biodégradables, sanctions alourdies jusqu’à 50 000 dinars et deux ans de prison: l’arsenal réglementaire prévu se veut plus complet que jamais.

En dépit du volet répressif, l’innovation principale du texte proposé est ailleurs, dans le principe de «Responsabilité élargie du producteur»: ce ne serait plus au consommateur ou à l’État d’assumer seuls le coût du plastique abandonné dans la nature, mais aux fabricants eux-mêmes, qui pourront bénéficier de prêts bonifiés pour financer cette transition et être tenus pour responsables pour les dérives qui seront constatées. Un rééquilibrage qui prend tout son sens face à l’ampleur des dégâts: près de 188 000 tonnes de déchets plastiques générées chaque année, dont plus de la moitié qui échappe à un traitement adéquat.

Reste une question de fond, rarement formulée frontalement: une loi, aussi solide qu’elle soit, peut-elle changer un comportement si l’urgence environnementale n’est pas d’abord assimilée et intégrée par la population elle-même ?

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Orientation universitaire: le mirage des diplômes face à l’emploi

06. Juli 2026 um 08:27

En cette période où les familles tunisiennes vivent au rythme de l’orientation universitaire des nouveaux bacheliers, le choix d’un parcours académique doit résulter d’une réflexion lucide qui tient compte de la réalité du marché de l’emploi. Il y a une minorité d’excellents qui s’orientera vers la médecine ou les classes préparatoires, des voies aux débouchés historiquement sécurisés, et une majorité dont la trajectoire reste suspendue à des filières aux perspectives d’insertion beaucoup moins garanties.

Les derniers chiffres de l’INS mettent en lumière l’inefficience de l’appareil productif à intégrer le capital humain. Le chômage global baisse (15% fin mars 2026) tandis que le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur explose, prenant +1,7% en trois mois pour atteindre 24,2%. Cette divergence démontre que la création nette d’emplois s’est faite essentiellement par des postes à faible qualification. L’économie tunisienne ne parvient pas à absorber les cohortes de diplômés sortant des universités.

L’asymétrie de genre est exacerbée. L’emploi des femmes a progressé en volume mais leur taux de chômage a culminé à 32%, contre seulement 14,2% pour les hommes diplômés. Les femmes accèdent donc à l’emploi en masse, vraisemblablement dans des segments moins qualifiés ou plus précaires. Une bonne partie des profils féminins qualifiés, et dont les conditions socioéconomiques le permettent, quitte le pays.

Cette inadéquation structurelle fait que l’offre de capital humain s’amplifie par de nouveaux diplômés alors que la demande des entreprises reste cantonnée à un modèle de croissance low-cost et faiblement productif. Tenez compte de ces réalités lorsque vous choisissez votre orientation. Un cycle court qui permet l’accès rapide au marché du travail est mieux qu’un parcours, plus prestigieux sur le papier, mais qui ne fait qu’augmenter le nombre des sans-emploi.

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