Nouveau rendez-vous judiciaire pour Khayam Turki : La Chambre pénale spécialisée dans l’examen des affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a fixé le prononcé du jugement au 2 juillet prochain.
La justice a décidé, ce jeudi, de mettre en délibéré plusieurs dossiers impliquant l’homme d’affaires Khayam Turki, qui rappelons-le, est condamné à 14 ans de prison pour des accusations de blanchiment et d’escroquerie.
Notons par ailleurs que Khayam Turki est également détenu dans le cadre de l’affaire de complot contre la sûreté de l’État, dans laquelle il a été condamné à 45 ans de prison et à 100.000 dinars d’amende.
La Cour d’appel de Tunis a confirmé la condamnation à huit ans de prison de Saâdia Mosbah, la militante tunisienne pour les droits des personnes migrantes. Amnesty International et SOS Racisme dénoncent des accusations qu’elles jugent infondées et une procédure…
«J’encourage les entrepreneurs italiens à faire confiance à la Tunisie, à y investir et à s’intéresser de près au pays ; le gouvernement mettra tout en œuvre pour faciliter cette démarche», tout comme «nous aiderons les entrepreneurs tunisiens souhaitant investir en Italie à surmonter les obstacles afin que cette collaboration puisse prospérer», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, lors de son intervention au Forum d’affaires Tunisie-Italie qui s’est ouvert ce mercredi 25 juin 2026, à Tunis.
«Nous sommes là pour vous soutenir, pour affirmer que l’Italie et la Tunisie sont deux rives d’une même mer — des rives que nous rapprocherons toujours davantage au nom de la croissance, de la compétitivité et de la prospérité», a-t-il lancé aux responsables et aux hommes d’affaires présents dans la salle, estimant que les entreprises des deux pays «ne doivent pas manquer cette opportunité d’alliance stratégique.»«Une belle voie de croissance s’ouvre devant nous, et nous voulons la parcourir ensemble», a-t-il insisté. Et de poursuivre : «C’est dans cet esprit que nous participons à ce forum d’affaires, et nous sommes convaincus qu’il sera une réussite tant pour les entreprises tunisiennes qu’italiennes. Nous nous réjouissons de vous accueillir [en Italie] pour renouveler l’expérience de ce forum d’affaires avec d’autres entreprises tunisiennes et italiennes.»
Ces propos très volontaristes ont été tenus par le responsable italien «à un moment particulièrement difficile : nous avons des guerres à nos portes et des questions liées aux droits de douane», a-t-il averti, en rappelant également la crise dans le détroit d’Ormuz. «Pourtant, malgré tout cela, les entrepreneurs italiens et tunisiens veulent aller de l’avant, bâtir, œuvrer pour la croissance et collaborer ; ils ne veulent pas manquer l’occasion d’une alliance stratégique (..) De nombreux entrepreneurs italiens trouvent attrayant, rentable et bénéfique d’investir, d’opérer et d’exporter en Tunisie, car le pays est devenu un partenaire de plus en plus important pour une croissance partagée, et les chiffres confirment la force de ce lien : la solidité de notre relation se reflète dans le volume des échanges commerciaux, qui a atteint 6,5 milliards en 2025 et a continué de croître au cours des deux premiers mois de 2026. Ce sont des chiffres significatifs qui nous encouragent à viser encore plus haut et à poursuivre dans cette voie», a encore déclaré M. Tajani.
«Nous croyons en la Tunisie», dans le cadre de ce qu’il appelle une «diplomatie de la croissance», en favorisant les coentreprises, les exportations et l’attraction des investissements. «Lorsqu’on décide de se développer à l’international, la réussite passe par la collaboration. Ce n’est pas un hasard si nous avons décidé de publier un ouvrage — en collaboration avec notre ambassade — spécifiquement consacré à la Tunisie en tant que destination pour nos intérêts économiques et ceux de notre communauté d’affaires. Nos entreprises emploient 85 000 collaborateurs tunisiens qui font partie intégrante de nos activités ; les entreprises choisissent la Tunisie parce qu’elles croient au potentiel immense du pays. De son côté, la Tunisie aspire à être toujours plus accueillante, non seulement pour les touristes, mais aussi pour les entreprises italiennes. Un environnement favorable, la sécurité juridique, un gouvernement stable et une atmosphère accueillante facilitent notre présence. Je crois que ce partenariat doit se tourner de plus en plus vers l’avenir», a insisté M. Tajani.
Ensemble face au défi de l’Afrique
«Nous sommes également confrontés à un défi commun majeur : l’Afrique, un continent voué à la croissance, avec une explosion démographique attendue dans les années à venir. C’est un continent riche, même s’il subsiste des poches de pauvreté. J’estime qu’il serait juste et opportun d’organiser des coentreprises italo-tunisiennes pour explorer de nouveaux marchés ou initiatives à travers le continent africain», a poursuivi le chef de la diplomatie italienne. Et d’ajouter : «Si nous voulons miser sur la croissance — si nous souhaitons mener une politique industrielle moderne favorisant le développement et la compétitivité des systèmes tunisien et italien (un sujet que nous avons longuement abordé avec le Chef du gouvernement) — alors la formation est capitale. En tant que gouvernement et entreprises italiens, nous sommes prêts à collaborer avec vous sur des initiatives de formation permettant aux nombreux Tunisiens travaillant en Italie de rentrer au pays et de contribuer à la stratégie de croissance industrielle de la Tunisie.»
«Nous étendons également notre partenariat et notre collaboration à l’échelle européenne ; fidèles à notre amitié séculaire, nous voulons nous faire vos porte-parole à Bruxelles, en agissant comme des ambassadeurs de la Tunisie auprès des institutions de l’UE», a conclu le vice-Premier ministre italien.
Dans un communiqué publié le 24 juin 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) commente la condamnation en appel de la militante antiraciste Saadia Mosbah, à 8 ans de prison et à une lourde amende et dénonce ce qu’il qualifie de «criminalisation de l’antiracisme», qui «franchit un nouveau seuil en Tunisie », selon ses termes.
Tout en exprimant sa «profonde indignation» à la suite de la confirmation en appel de la condamnation de Mme Mosbah, présidente de l’association Mnemty, à 8 ans d’emprisonnement et à une amende de plus de 120 000 dinars, le CRLDHT affirme que «cette décision intervient après plus de deux années de détention, de stigmatisation et de campagnes de diffamation» et qu’«elle constitue une nouvelle étape dans une affaire devenue emblématique des reculs que connaît la Tunisie en matière d’État de droit, d’indépendance de la justice et de protection des défenseurs des droits humains.»
L’Ong rappelle que Saadia Mosbah, incarcérée depuis le 6 mai 2024, est une femme noire qui a elle-même subi les discriminations et les préjugés qui touchent encore de nombreux Tunisiens noirs, et ajoute que cette figure importante de la lutte contre le racisme en Tunisie a choisi de transformer sa douloureuse expérience personnelle en un combat pour l’égalité, la dignité et la justice.
«Son engagement a contribué à faire reconnaître l’existence du racisme en Tunisie et à l’adoption de la loi de 2018 contre les discriminations raciales», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, qui considère que «cette affaire porte toutes les marques d’un ciblage politique.»
«La solidarité est criminalisée, les défenseurs des droits humains sont poursuivis et les discours les actes et crimes racistes (impunis) se banalisent», dénoncent le CRLDHT, qui s’en prend, également, aux autorités européennes. «En faisant de la Tunisie un partenaire privilégié dans le contrôle des migrations et un gardien des frontières européennes (un pays sûr), l’Union européenne et ses États membres ont trop souvent fermé les yeux sur la régression des libertés publiques, la répression de la société civile et la montée du racisme», note l’Ong, qui dénonce, également, «le silence et la complaisance de nombreux responsables européens face à la criminalisation de la solidarité contribuent à renforcer l’impunité de ceux qui portent atteinte aux droits fondamentaux.»
Enfin, le CRLDHT demande la libération de Saadia Mosbah et appelle à mettre fin à la criminalisation du travail citoyen, de l’humanisme et de la solidarité.
Saadia Mosbah : condamnée à 8 ans de prison et à une amende de plus de 120 000 dinars.
Ghofrane Binous : condamnée par contumace à 3 ans de prison.
Zied Rouine, Amina Boukamcha, Farès Gueblaoui et Hiba Abassi ont bénéficié d’un sursis à l’exécution des peines d’emprisonnement prononcées en première instance (3 ans de prison).
Zied Rouine a été condamné à une amende de 34 113 dinars et 500 millimes.
Farès Gueblaoui a été condamné à une amende de 23 665 dinars.
Les non-lieux totaux prononcés en faveur d’Ilhem Kaâouachi, Slim Soukni et Rabii Al-Garfi ont été confirmés.
Les non-lieux partiels accordés à Hiba Abassi et Amina Boukamcha ont également été maintenus.
Cette décision confirme la peine prononcée contre Saadia Mosbah tout en aménageant ou en allégeant certaines condamnations prononcées à l’encontre des autres prévenus..
L’armée nationale tunisienne célèbre le 70e anniversaire de sa création en 1956, quelques mois après l’indépendance, acquise le 20 mars 1956. Devenue l’une des institutions piliers de l’État tunisien, engagée dans la lutte pour la pleine souveraineté nationale ainsi que dans les défis de sécurité, de développement et de coopération internationale, elle s’est toujours gardée, à la différence de la plupart des armées arabes et africaines, de se mêler directement à la politique, et c’est ce qui fait sa spécificité et sa différence, malgré les tentatives visant à l’impliquer davantage dans la gestion des conflits internes.
Latif Belhedi
Selon l’agence de presse officielle Tap, cet anniversaire rappelle le rôle des forces armées dans la consolidation de la souveraineté nationale en prenant part aux événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, à la bataille de Remada en mai de la même année et à la bataille de l’évacuation de Bizerte en juillet 1961, qui s’est achevée le 15 octobre 1963 avec le départ du dernier soldat français du pays.
Aujourd’hui, l’armée tunisienne est engagée non seulement dans la défense du territoire et la protection des frontières, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme, la lutte contre l’immigration irrégulière, la réponse aux catastrophes naturelles et le soutien logistique à l’État.
Pour marquer cet anniversaire, le ministère de la Défense organise, du 20 au 26 juin, une exposition documentaire sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, consacrée à l’histoire, aux missions et à l’évolution de l’institution militaire. L’exposition met également en lumière la contribution de l’armée à la formation professionnelle, au développement des régions intérieures et sahariennes, ainsi qu’aux missions internationales de maintien de la paix.
Un contexte régional marqué par l’instabilité
Cette célébration intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité en Libye, les flux migratoires et les tensions en Méditerranée et au Sahel.
Dans ce contexte, le 70e anniversaire revêt également une importance politique : il réaffirme le rôle de l’armée comme institution républicaine centrale, garante de la souveraineté et de la stabilité tunisiennes. Sa mission ne se limite pas à la protection de l’intégrité territoriale, elle consiste aussi au soutien au développement du pays.
La création de l’armée tunisienne s’inscrivait dans le cadre du processus de consolidation de l’indépendance. Les forces armées furent appelées à combattre les derniers bastions de la présence coloniale française, notamment lors des événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, de la bataille de Remada en mai de la même année et de la bataille de Bizerte en juillet 1961, qui s’achèvera par le retrait définitif des troupes françaises le 15 octobre 1963.
Aujourd’hui, l’armée continue de jouer un rôle central dans la sécurité nationale, contribuant à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la contrebande, le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine. Elle participe également aux opérations de protection civile, à la lutte contre les incendies et apporte son aide lors de situations d’urgence et de catastrophes naturelles.
Sur le plan international, la Tunisie peut se targuer de plus de soixante ans de participation aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. En 1960, le président Habib Bourguiba décida d’envoyer 3 000 soldats au Congo, inaugurant une collaboration avec l’Onu qui a permis, à ce jour, la participation à 26 missions internationales et le déploiement de contingents de soldats tunisiens. Actuellement, plus de 800 personnes sont engagées dans la mission de l’Onu en République centrafricaine.
Ces dernières années, la Tunisie a investi dans la production militaire nationale afin de réduire sa dépendance aux importations et de maîtriser ses dépenses de défense. Parmi les réalisations les plus significatives figurent le véhicule blindé résistant aux mines «Barb», conçu et construit par des techniciens militaires tunisiens, et la construction de navires de guerre de fabrication locale, dont le patrouilleur «Istiqlal B201». Un nouveau patrouilleur de 52 mètres pour la Marine tunisienne est également en construction, avec une mise en service prévue pour fin 2026.
Cette stratégie de production militaire répond non seulement aux besoins de sécurité, mais constitue également un moteur de croissance industrielle, d’innovation technologique, de formation professionnelle et de création d’emplois.
A l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir
L’armée tunisienne a certes souvent été entraînée à gérer des situations extrêmes et a fait face à de nombreuses tentatives du pouvoir politique de l’entraîner dans le sillage de ses conflits internes, mais elle a toujours su résister, jusque-là, à la tentation de s’y impliquer. Sous Bourguiba, comme sous Ben Ali et même après, elle s’est toujours tenue à l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir. Ce fut le cas après la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011. Ce soir-là, lors d’une réunion de crise au ministère de l’Intérieur, le chef d’état-major de l’époque, le général Rachid Ammar, avait répondu vertement au Premier ministre Mohamed Ghannouchi qui lui demandait de prendre les commandes du pays. «Ce sont les politiciens qui ont créé cette situation. Et c’est à eux de la gérer de la meilleure façon possible. Le rôle de l’armée consiste à protéger le pays et à garder ses frontières».
Le pouvoir était à prendre, mais l’armée s’était gardée de faire le pas, et cela mérite d’être souligné.
Très récemment, et en réaction à des appels politiques interpellant l’armée tunisienne sur la situation politique intérieure dans le pays, relayés par certains médias, le ministère de la Défense nationale a rompu son silence habituel pour rappeler, dans un communiqué au ton ferme, diffusé le 21 mai 2026, les fondements républicains de l’armée tunisienne : sa neutralité, son refus d’être impliquée dans des «tiraillements politiques» et son attachement aux lois de l’État.
Une vague trumpiste déferle sur l’Amérique latine, préfigurant un bouleversement majeur du paysage politique régional. La Colombie est la dernière en date à s’inscrire dans cette tendance et ce, suite à l’annonce de la victoire d’Abelardo de la Espriella, avocat américano-colombien populiste de droite soutenu par le locataire de la Maison Blanche, à l’élection présidentielle.
Imed Bahri
Selon le Wall Street Journal (WSJ), Donald Trump a atteint son objectif lors des élections latino-américaines successives. Les candidats de tendance droite populiste, proches de l’Américain, ont vaincu leurs rivaux de gauche dans toute la région, tandis que l’administration américaine actuelle poursuit son interventionnisme le plus agressif en Amérique centrale et du Sud depuis des décennies.
L’Argentine, le Honduras, le Costa Rica, le Chili, la Bolivie et l’Équateur ont tous vu leurs gouvernements basculer à droite et devenir pro-Trump ou lui être favorables. La Colombie rejoint désormais cette tendance après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle.
Un populiste atypique
De la Espriella, 47 ans, également citoyen américain et qui n’hésite pas à afficher sa richesse, est une figure populiste extérieure à l’establishment politique traditionnel. Il n’a jamais occupé de fonction publique et a fait carrière comme avocat, défendant des chefs paramilitaires et des personnalités controversées.
Son programme repose sur une répression sécuritaire sévère contre le crime organisé et les trafiquants de cocaïne. Cette approche est similaire à celle du président salvadorien Nayib Bukele qui a emprisonné plus de 85 000 personnes dans le cadre de sa campagne sécuritaire, sans que nombre d’entre elles n’aient bénéficié d’un procès équitable.
Le président élu s’est engagé à construire d’immenses prisons et camps de concentration pour ceux qu’il qualifie de terroristes narcotrafiquants.
Il a également annoncé l’abandon du plan de paix global et des efforts de négociation initiés par le président de gauche sortant Gustavo Petro avec les groupes armés afin de les persuader de déposer les armes.
De la Espriella a déclaré lors d’une interview à la radio et à la télévision locales : «Notre gouvernement fera vivre les hors-la-loi et les criminels dans la peur. Nous avons vaincu le système, l’establishment politique et les élites habituelles. Nous avons gagné sur tous les plans et contre toute attente».
L’ascension de De la Espriella avait été favorisée par le soutien public de Trump qui l’a décrit comme un dirigeant intelligent, fort et déterminé. Trump s’en est pris à son rival Cepeda, le qualifiant de marxiste d’extrême gauche et affirmant que la Colombie «bénéficiera du soutien total des États-Unis si le Tigre l’emporte».
Des alliés de Trump, comme le consultant politique conservateur Roger Jason, avaient exprimé leur soutien à la vague populiste en Colombie. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rapidement félicité le nouveau président via la plateforme X, affirmant que des jours meilleurs attendaient la Colombie sous sa nouvelle direction.
L’ingérence américaine dans les élections a suscité de vives critiques de la part de onze membres démocrates du Congrès américain. Ces parlementaires ont signé une lettre dénonçant l’ingérence flagrante de responsables américains en faveur d’un candidat au passé trouble, en contradiction avec les intérêts et les lois des États-Unis.
La lettre accuse De la Espriella d’avoir fait l’éloge de chefs paramilitaires et d’avoir profité de fonds prétendument destinés à corrompre des hauts responsables judiciaires.
Le président sortant Gustavo Petro avait auparavant condamné la détention aux États-Unis d’un militant colombien qui le soutenait, accusant De la Espriella d’y avoir contribué.
Le déclin de la droite traditionnelle
Les partisans du nouveau président ont défendu son style trumpien et sa rhétorique simple et passionnée, qu’il a utilisée pour rallier des sympathisants et lancer une marque de vêtements et d’alcool. Cette rhétorique lui a permis de se démarquer du parti conservateur (droite traditionnelle) de l’ancien président Álvaro Uribe Vélez.
Selon les analystes politiques locaux, la popularité déclinante d’Uribe et les allégations de corruption ont conduit les dirigeants de droite à abandonner la droite traditionnelle et à apporter leur soutien à De la Espriella. Ce soutien témoigne de la frustration généralisée de la population face à une augmentation de 55% de la production de cocaïne par rapport à 2000 et au doublement des effectifs des milices.
Inquiétudes économiques et politiques
L’arrivée au pouvoir de Abelardo de la Espriella soulève des inquiétudes économiques et politiques, étant donné que son parti ne détient que quatre sièges au Sénat et un seul au Congrès colombien. Cette faiblesse parlementaire entrave son plan économique visant à réduire les dépenses de 40%, à fermer neuf ministères et à licencier 700 000 employés.
De plus, des experts internationaux en surveillance des conflits ont averti que le recours à la force militaire plutôt qu’à la négociation risque d’aggraver les abus de pouvoir et de raviver les conflits armés.
Ce nouveau discours politique imite les opérations militaires américaines dans les Caraïbes, fondées sur le principe de tirer d’abord et d’enquêter ensuite.
Avec ces pays ayant basculés successivement dans la droite populiste et ayant pour modèle Trump mais également avec le changement de régime au Venezuela en janvier dernier avec le kidnapping de Nicolás Maduro et le blocus imposé à Cuba visant à faire tomber le régime, l’administration américaine actuelle qui a subi un camouflet au Moyen-Orient avec la guerre d’Iran est par contre en train de réussir son pari en Amérique latine en se débarrassant de la gauche et en ayant à sa place des dirigeants qui lui sont dociles.
Amnesty International a publié le communiqué de presse suivant, daté du 24 juin 2026 et intitulé «Le procès de Saadia Mosbah et de ses collègues n’est pas une affaire financière… mais un message d’intimidation», appelant la Tunisie à libérer la militante antiraciste et à annuler les condamnations prononcées à son encontre ainsi qu’à celles de ses collègues de l’association Mnemty.
« Amnesty International condamne avec la plus grande fermeté la décision rendue le 23 juin 2026 par la Cour d’appel de Tunis, qui a confirmé le verdict initial injuste prononcé contre la célèbre militante tunisienne antiraciste Saadia Mosbah — présidente de l’association Mnemty — ainsi que les peines infligées aux membres et collaborateurs de l’association.
La confirmation de la peine de huit ans de prison et des sanctions financières prononcées à l’encontre de Saadia Mosbah constitue un grave revers pour la justice et le droit à un procès équitable. Ce verdict envoie un message clair d’intimidation à tous les défenseurs des droits humains, en particulier à ceux qui luttent contre le racisme et défendent les droits des migrants et des personnes noires en Tunisie.
L’organisation souligne que ce verdict ne peut être dissocié du contexte plus large marqué par les restrictions imposées à la société civile, le recours à des accusations financières vagues et dénuées de preuves crédibles pour cibler associations et militants, ainsi que la criminalisation de la solidarité et du travail légitime en faveur des droits humains.
Amnesty International condamne également la décision de la Tunisie d’interdire aux représentants de l’organisation et d’autres groupes de la société civile d’assister aux audiences des 19 et 23 juin, y voyant une violation du principe de publicité des audiences ainsi qu’une source de vive inquiétude quant aux garanties d’un procès équitable et à la transparence des procédures judiciaires.
Par conséquent, Amnesty International appelle les autorités tunisiennes à :
– libérer immédiatement et sans condition Saadia Mosbah ;
– annuler sa condamnation ainsi que celles de ses collègues de l’association Mnemty ;
– garantir le plein respect de leur droit à un procès équitable ;
– mener une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les allégations de racisme et de mauvais traitements en détention ;
– et mettre fin à l’instrumentalisation de la justice pour criminaliser le travail en faveur des droits humains et restreindre la société civile.»
Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani est arrivé aujourd’hui à Tunis pour le Forum d’affaires tuniso-italien aux côtés de la cheffe du gouvernement Sarra Zaaafrani Zenzri au siège de l’Utica.
Environ 600 participants et représentants tunisiens italiens entreprises, associations patronales et institutions ont participé au forum.
Antonio Tajani a souligné l’importance stratégique du Forum économique italo‑tunisien, organisé à un moment crucial pour les échanges bilatéraux. Malgré des difficultés logistiques liées au port, les entreprises italiennes et tunisiennes affichent une volonté forte de coopération.
Antonio Tajani a rappelé les plus de soixante ans d’histoire commune entre les deux pays, depuis l’Antiquité de Carthage jusqu’aux liens contemporains qui voient de nombreux Italiens s’installer en Tunisie et vice versa, ainsi qu’une large pratique de la langue italienne parmi les Tunisiens. Ces proximités humaines et culturelles, a‑t‑il dit, confirment que le lien italo‑tunisien demeure solide et porteur.
Sur le plan politique, il a appelé à travailler ensemble pour créer de la valeur ajoutée et surmonter collectivement les obstacles qui entravent le développement des partenariats.
Du point de vue économique, il a rappelé les capacités de la Tunisie et évoqué la nécessité de projeter ce partenariat vers l’avenir, en particulier en direction du continent africain, « un enjeu commun » riche en ressources et opportunités, malgré des défis sociaux persistants.
M. Tajani a proposé la mise en place de guides pratiques pour faciliter les relations commerciales bilatérales et a identifié plusieurs secteurs prioritaires : tourisme, agriculture, énergie, et technologies. Il a salué l’avancée du projet Elmed et sa transition vers la phase de réalisation, estimant que ce projet et les centres d’innovation inaugurés récemment constituent des leviers pour la coopération technologique et industrielle.
Trois mots‑clés doivent, selon lui, guider cette coopération : formation, transfert technologique et compétitivité. Le gouvernement italien se dit prêt à accompagner la Tunisie sur l’aspect formation, y compris par des programmes de formation en Italie, afin d’encourager les jeunes tunisiens et italiens et de préparer l’avenir commun.
Il a également évoqué la possibilité de transformer une partie de la dette tunisienne en investissements (à hauteur de 70 millions d’euros évoqués) pour financer des projets structurants et créer des opportunités durables. Il a enfin rappelé que le sport, au‑delà de ses valeurs sociales, représente un secteur économique et d’investissement pertinent pour la Tunisie.
En conclusion, le ministre a réaffirmé la volonté d’établir un partenariat solide et durable entre l’Italie et la Tunisie, centré sur l’innovation, l’énergie et la formation, et tourné vers l’exploration des opportunités en Afrique et sur les marchés régionaux.
Antonio Tajani a clôturé sa visite par la découverte d’une rétrospective photographique sur les 70 ans de relations diplomatiques entre l’Italie et la Tunisie. L’exposition retrace sept décennies d’échanges politiques, économiques et humains entre les deux pays.
Plusieurs accords sont prévus lors du forum : Ice signe avec Cepex pour l’échange d’informations et l’organisation conjointe d’événements visant à attirer des investissements ; Cdp, Sace et Simest concluront un partenariat avec la Chambre tuniso‑italienne de commerce et d’industrie pour soutenir l’internationalisation des entreprises en Tunisie ; la Ctici et l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (Ubci) annonceront la création d’un desk Italie au sein de la banque. Comites Tunisie et Utica lanceront un recensement des compétences et des parcours de formation des jeunes italo‑tunisiens résidant en Tunisie pour faciliter leur insertion sur les marchés du travail tunisien et italien..
La cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri a inauguré aujourd’hui le Forum économique tuniso‑italien, en présence d’Antonio Tajani et d’une importante délégation italienne.
Coïncidant avec le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, ce rendez‑vous, organisé par l’UTICA, l’APII et l’Agence italienne pour le commerce, met en lumière une coopération en pleine diversification : énergie (projet ELMED), agriculture et eau (initiative TANIT), industrie et numérique. La Tunisie, qui achève son plan de développement 2026‑2030, mise sur la modernisation du cadre d’investissement, la digitalisation et la montée en valeur ajoutée des filières pour attirer des investissements qualitatifs et conforter son rôle de plateforme entre l’Europe et l’Afrique.
Elle rappelle que les relations tuniso‑italiennes reposent sur des liens historiques profonds, une proximité géographique et des affinités culturelles en Méditerranée. Elles ont connu récemment un essor qualitatif, avec une diversification tangible des échanges dans des secteurs clés : économie, investissement, commerce, énergie, culture, enseignement supérieur et recherche. Cette dynamique a hissé la coopération bilatérale à un niveau d’exception, fondé sur le dialogue, le respect mutuel et des projets à forte valeur ajoutée.
Elle souligne lors de son allocution que la Tunisie complète actuellement l’élaboration de son plan quinquennal 2026‑2030, fruit d’une démarche ascendante et participative, de la localité jusqu’au niveau national. Ce plan vise à instaurer un modèle de développement équitable et résilient, appuyé sur un cadre institutionnel rénové et des priorités nationales claires. L’État s’emploie à améliorer le climat des affaires : modernisation du cadre législatif et institutionnel de l’investissement, simplification et digitalisation des procédures, amélioration des services publics, accès facilité aux fonciers d’investissement, formation professionnelle adaptée, et modernisation des infrastructures portuaires, douanières et logistiques.
Elle ajoute lors de son allocution que la coopération tuniso‑italienne se traduit déjà par des avancées concrètes. L’Italie demeure un investisseur majeur en Tunisie, notamment dans le secteur énergétique, et se classe au troisième rang des partenaires pour les IDE, avec plus de 1 072 entreprises à participation italienne et un stock d’investissement estimé à environ 3,7 milliards de dinars. Les échanges commerciaux ont atteint près de 20,5 milliards de dinars en 2025, poursuivant une croissance +8% sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Le tourisme illustre aussi ce partenariat : plus de 160 000 visiteurs italiens ont séjourné en Tunisie en 2025.
Au‑delà des chiffres, des projets structurants témoignent de l’ambition commune : le projet de ligne électrique ELMED, mené par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz et TERNA, constitue la première interconnexion directe entre l’Afrique du Nord et l’Europe, renforçant la sécurité énergétique et favorisant le déploiement des énergies renouvelables. Le projet TANIT, intégré au plan Mattei pour l’Afrique, illustre par ailleurs une coopération dans les secteurs de l’agriculture et de l’eau, fondée sur le partage d’expertise et le développement durable.
Malgré ces avancées, le potentiel de la relation bilatérale reste sous‑exploité. Ce forum doit servir de passerelle pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement notamment dans les énergies renouvelables, l’industrie des composants automobiles, les technologies de l’information et de la communication, et l’économie numérique. La stratégie nationale de l’industrie et du renouvellement à l’horizon 2035 vise à moderniser la gouvernance industrielle, promouvoir l’innovation et renforcer les pôles technologiques, facilitant l’intégration des entreprises tunisiennes dans les chaînes de valeur mondiales.
Nos priorités incluent la montée en valeur ajoutée de l’industrie mécanique, électronique, composants automobiles et aéronautiques, industries pharmaceutiques, agroalimentaires, chimiques, technologies environnementales, économie bleue et services numériques — ainsi que le soutien aux PME par des incitations à la modernisation et à l’intégration régionale.
La Tunisie et l’Italie partagent aussi des enjeux environnementaux communs : gestion des ressources naturelles, sécurité alimentaire, lutte contre l’érosion côtière et la pollution marine, adaptation agricole aux changements climatiques et préservation de la biodiversité méditerranéenne. La coopération bilatérale peut produire des solutions innovantes, depuis la gouvernance de l’eau jusqu’à l’économie bleue et la modernisation des filières agricoles.
Sur le plan régional, elle souligne que la Tunisie affirme son rôle de plateforme économique entre l’Europe et l’Afrique. Notre engagement dans la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAF) et notre adhésion à la COMESA témoignent de cette ambition. Des partenariats triangulaires réunissant savoir‑faire italien, compétences tunisiennes et opportunités africaines peuvent ouvrir des marchés importants dans les infrastructures, l’agriculture, l’eau, l’énergie, la santé, la formation et la numérisation.
La Mattei Initiative représente un cadre pertinent pour des projets respectueux des priorités nationales, de la souveraineté des États et axés sur la création de valeur locale. La Tunisie est prête à jouer un rôle actif comme plate‑forme d’investissement, de production et de formation, attirant des investissements qualitatifs afin de favoriser la création de richesse, la croissance et la justice sociale.
En conclusion, « ce forum doit s’inscrire comme une étape récurrente de dialogue et d’échanges pragmatiques entre acteurs tunisiens et italiens. Nous souhaitons qu’il contribue à concrétiser des projets communs, à approfondir une coopération stratégique et à ouvrir de nouvelles perspectives économiques, pour le bénéfice des peuples tunisien et italien ». conclut-elle.
Le budget de développement pour l’année 2027 devra impérativement s’aligner sur les orientations stratégiques du plan de développement 2026/2030. C’est ce qu’a souligné ce mardi à Tunis le ministre de l’Équipement et de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Slah Zouari. Il s’exprimait de la sorte, lors d’une séance de travail consacrée à l’examen des propositions budgétaires de son département.
Le ministre a insisté sur le respect rigoureux des priorités adoptées afin de garantir l’efficacité des interventions de l’État et d’atteindre les objectifs fixés par le budget.
Un communiqué du ministère précise que M. Zouari a appelé à accélérer la finalisation des dossiers des projets proposés en vue de leur inscription dans le budget de la mission de l’Équipement et de l’Habitat pour 2027. Il a notamment exigé la préparation préalable des études de faisabilité, la libération définitive des emprises foncières, ainsi que la fixation précise des coûts des crédits et des délais d’exécution.
Cette séance de travail s’est déroulée conformément aux dispositions générales de la circulaire de la Cheffe du gouvernement n°2, datée du 14 avril 2026. Laquelle est relative à la préparation du budget de l’État pour l’année 2027. La réunion a également permis de passer en revue les principaux projets proposés pour l’exercice 2027 et de faire le point sur l’état d’avancement des chantiers en cours inscrits au budget 2026.
Enfin, notons que la réunion s’est tenue en présence du chef de cabinet, de directeurs de structures centrales et régionales ainsi que de plusieurs cadres du ministère.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission le lundi 22 juin 2026. Celui qui a été l’artisan de l’alternance de l’été 2024 qui a mis fin à 14 ans de domination des Conservateurs avec une éclatante victoire du Parti travailliste (411 des 650 sièges du Parlement) se retrouve aujourd’hui très impopulaire et très contesté et a été acculé de démissionner. Comment le triomphe s’est-il mué en tragédie ?
Imed Bahri
Rares sont ceux qui qualifieraient Keir Starmer de figure dramatique bien que sa carrière politique ressemble à un parcours presque shakespearien : à peine onze ans pour entrer au Parlement, mener le Parti travailliste à une victoire électorale que beaucoup jugeaient impossible, puis, dans les deux dernières années, tout gâcher, écrit Peter Walker dans The Guardian, considérant la chute de l’ex-Premier ministre comme le reflet d’une époque sans précédent où la loyauté des électeurs s’est atomisée, où l’hégémonie bipartite s’est fragmentée en cinq partis et où, pour la première fois, le Parti travailliste a dû faire face à une menace à sa gauche comme à sa droite.
Le Guardian rapporte que même les plus proches alliés et partisans de Starmer admettent qu’il a largement commis des erreurs. Aucun Premier ministre moderne n’a semblé aussi bien préparé pour le poste sur le papier et aussi fondamentalement incompétent dans la pratique.
«Starmer était incompétent à trois égards», a déclaré Anthony Seldon, l’historien qui a écrit les biographies de tous les Premiers ministres, de John Major à Rishi Sunak. Il poursuit : «Premièrement, il n’a jamais compris en quoi consistait le poste, que fait un Premier ministre ? Deuxièmement, il n’a jamais su ce qu’il voulait faire, surtout pas en matière de politique économique. Et troisièmement, il ne savait pas qui nommer. Une fois ces trois problèmes réunis, rien ne peut fonctionner. C’est juste une question de temps avant que tout ne s’effondre».
Fossé entre la campagne et la gouvernance
Pris comme un résumé, cela peut paraître dur mais il est difficile de nier l’impression générale d’un homme politique habile à conquérir la direction du Parti travailliste, puis à mener le parti à la victoire, avant d’être paralysé par les choix incessants du pouvoir, se cachant derrière un vocabulaire toujours plus fourni de missions, d’objectifs et de plans de changement.
Ce fossé entre la campagne et la gouvernance a été constaté avec inquiétude par certains collaborateurs directs de Starmer dans les derniers jours précédant le triomphe électoral des Travaillistes en juillet 2024, une victoire écrasante en termes de sièges, sinon de suffrage populaire.
Un membre du staff a raconté avoir demandé pourquoi aucun plan de gouvernement n’avait encore été présenté et s’être entendu répondre qu’il n’y en avait apparemment pas. «Après la victoire, nous nous attendions à une avalanche de mesures politiques majeures. Au lieu de cela, le Premier ministre sillonnait le Royaume-Uni à la rencontre des maires. Beaucoup disaient : Ce n’est pas possible. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique».
Certains imputent une partie de la responsabilité de ce démarrage raté à Sue Gray, issue de la haute fonction publique qui était la directrice de cabinet de Starmer, un autre exemple de personne très compétente mais un poste inadapté à ses talents.
Arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan
D’autres estiment que la faute incombe davantage à Starmer, incapable d’adapter son approche, lui qui était chef de l’opposition tentant de reconstruire son parti après les élections désastreuses de 2019, à celle de Premier ministre en devenir. Il est donc arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan.
David Runciman, politologue et auteur, a déclaré : «Starmer pensait que la tâche serait ardue et que le véritable enjeu était la discipline et l’optimisation des gains potentiels lors des prochaines élections. Mais en réalité, à partir du milieu de la précédente législature environ –quasiment dès la nomination de Kwasi Kwarteng comme chancelier de l’Échiquier par Liz Truss– le Parti travailliste était certain de remporter les élections suivantes, quoi qu’il arrive. Ils avaient deux ans pour se préparer, et ils ne l’ont pas fait».
Gray fut rapidement remplacé par Morgan McSweeney, artisan de la renaissance fulgurante et inattendue du Labour après le départ de Jeremy Corbyn, mais tout aussi inadapté au poste et dont le principal héritage fut la nomination désastreuse de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington qui est aujourd’hui empêtré dans l’affaire Epstein.
Si Starmer est manifestement un homme politique différent de Boris Johnson, ils partagent néanmoins des similitudes, notamment les changements répétés et infructueux de leurs équipes dirigeantes, suivis d’une prise de conscience progressive. Le problème ne venait pas des conseillers, mais de l’homme à la tête du parti.
Autre écho de l’ère Johnson : les documents relatifs à la nomination de Mandelson révèlent que Starmer n’était pas le décideur, les décisions étant prises ailleurs, le Premier ministre se contentant d’entériner les décisions.
Un responsable travailliste affirme que Starmer a toujours eu à cœur de déléguer et de laisser une large marge de manœuvre à ses conseillers de confiance, une tendance qui lui a été profitable lorsqu’il dirigeait le Service des poursuites de la Couronne* (CPS) puis en tant que chef de l’opposition. Il ajoute : «Sauf que gouverner est différent et ce système n’a pas fonctionné. Il devient très difficile d’assurer la cohérence car on se retrouve avec des personnes différentes, aux opinions divergentes, détenant un pouvoir considérable et sans véritable raison de se rallier à une vision commune».
D’autres ne partagent pas cet avis. Un proche ayant travaillé en étroite collaboration avec Starmer lorsqu’il était Premier ministre le décrit comme non seulement travailleur mais aussi efficace. Il déclare : «Il n’a pas le talent oratoire d’Obama mais rares sont ceux qui l’ont. Il possédait cependant de nombreux autres atouts pour ce poste, la plupart restés méconnus du public. Si vous recherchez un génie de la communication doté de toutes ces qualités, vous risquez d’attendre longtemps».
Ce proche précise qu’une grande partie du travail de Starmer reposait sur sa conviction profonde en l’équité. D’autres, cependant, affirment que l’une des principales raisons de son échec résidait dans l’absence d’un système de convictions politiques clairement défini.
«Une philosophie fondamentale, c’est ce qui vous maintient uni lorsque tout s’effondre», a déclaré Runciman qui ajoute : «Margaret Thatcher en était l’exemple parfait. Mais chez Starmer, je n’ai rien perçu de tel, et cette philosophie n’a jamais émergé. Si votre raison d’être au gouvernement est de se croire plus compétents que les autres, cela ne fonctionne pas quand la situation dégénère».
Sur un point essentiel, Starmer se distingue nettement des quatre anciens occupants du 10 Downing Street sous les conservateurs après le Brexit. Theresa May, Johnson, Liz Truss et Rishi Sunak étaient tous des personnalités atypiques, parfois maladroites, voire misanthropes, bornées au point d’être excentriques, ou encore distantes et grincheuses.
Ennuyeux, robotique et déconnecté de la réalité
À l’inverse, tous ceux qui connaissent Starmer soulignent sa grande normalité. Issu d’un milieu modeste de banlieue, passionné de football et de pubs, il semble avoir été créé pour une étude de marché. On apprécie également sa sociabilité et son vaste cercle d’amis dont beaucoup sont en dehors du monde politique.
À la grande frustration de presque tous ceux qui ont travaillé avec Starmer, ce n’est pas cette personnalité qu’ils ont connue. Ils le décrivent comme non seulement ennuyeux et robotique mais aussi déconnecté de la réalité et –grâce à son titre de chevalier pour son travail au sein du CPS– très probablement aussi très snob.
Starmer avait déjà 52 ans lorsqu’il est entré au Parlement mais avec une carrière aussi brillante, il a immédiatement été pressenti comme un futur leader. Il lui a fallu quelques mois pour accéder au premier plan puis au cabinet fantôme** peu après.
C’était, bien sûr, sous Corbyn, une expérience éprouvante que Starmer a comparée plus tard à celle de jouer dans une équipe de football vouée à la relégation. Il a envisagé de démissionner à plusieurs reprises mais a estimé que le dossier du Brexit dont il était chargé était trop important pour être abandonné.
Après la démission de Corbyn suite à la défaite catastrophique aux élections de 2019, Starmer n’était pas initialement le favori. Les observateurs pensaient que les membres du Labour resteraient fidèles à la gauche du parti et choisiraient Rebecca Long-Bailey. Mais une campagne extrêmement bien organisée et les désormais célèbres dix promesses politiques de Starmer, intégrant des idées de gauche comme la nationalisation des services publics et la suppression des frais de scolarité, lui ont permis de remporter facilement l’élection. Commença alors ce que certains considèrent comme l’âge d’or de sa carrière politique, même si les germes de sa chute étaient déjà visibles.
La plupart des travaillistes voyaient en Starmer un Neil Kinnock ou un John Smith, quelqu’un qui s’attellerait à la tâche ardue de redresser un parti moribond et toxique mais qui n’accéderait jamais au pouvoir. Et pendant un temps, cela semblait tout à fait plausible.
Un peu plus d’un an après son accession à la tête du parti, Starmer envisagea brièvement de démissionner après la victoire du Parti conservateur de Johnson, galvanisé par l’effet positif de la vaccination contre la Covid-19, dans la circonscription travailliste de Hartlepool lors d’une élection partielle. L’écart que Starmer avait péniblement réduit dans les sondages nationaux s’est soudainement creusé à nouveau, offrant aux Conservateurs une avance de près de 20 points.
Mais la chance allait sourire à Starmer. Johnson s’est effondré, avant que Truss ne ruine l’image des conservateurs au-delà des efforts limités de Sunak pour la redresser. De même que les circonstances des élections de 2019 auraient pu être orchestrées pour favoriser Johnson, il en fut de même en 2024 pour le Labour.
Starmer avait néanmoins préparé son parti avec une brutalité bien connue de certains, y compris d’anciens collègues qui en ont fait les frais, mais surprenante pour d’autres, notamment publiquement, lorsqu’il a cherché à débarrasser le Labour de l’antisémitisme et du sentiment général que celui-ci avait été toléré sous Corbyn.
Quelques semaines après son accession à la tête du parti, il a limogé Long-Bailey de son cabinet fantôme à cause d’un tweet republié. Quelques mois plus tard, Corbyn perdait son soutien au groupe parlementaire. Des centaines de membres furent suspendus ou exclus.
Sous la direction de McSweeney, qui est passé du controversé think tank Labour Together à la tête de la campagne de Starmer pour diriger le parti, puis a été chargé de préparer les élections, le parti s’est fermement éloigné du populisme de gauche de Corbyn et les 10 promesses ont été largement oubliées.
En tant que méthode de remodelage du parti, son efficacité était indéniable. Cependant, le zèle avec lequel McSweeney et ses alliés ont purgé, rétrogradé, marginalisé ou dénigré les membres de l’aile gauche du Labour a sans doute contribué à affaiblir l’autorité de Starmer.
Une série de faux pas et de volte-face politiques
Cette campagne acharnée a également, comme on l’a vu, favorisé la création d’un parti déterminé à conquérir le pouvoir mais dont la stratégie pour l’exercer restait floue.
Il s’agit là d’une légère simplification. Le Labour de Starmer a mis en œuvre des propositions politiques assez radicales et planifiées de longue date, comme l’amélioration des droits des travailleurs et des locataires, ainsi que certaines avancées décidées une fois au pouvoir, telles que la suppression du plafond de deux allocations familiales.
Dès sa première semaine, le gouvernement a été miné par une série d’erreurs, à commencer par une polémique dommageable sur les cadeaux électoraux, suivie d’une série de faux pas et de volte-face politiques, notamment sur la réforme de la protection sociale et la réduction des allocations de chauffage hivernales pour les retraités.
Les efforts pour contrer Reform UK ont également échoué, avec un discours dur sur l’immigration culminant avec la référence de Starmer à une «île d’étrangers». Si cela n’a guère freiné le parti de Nigel Farage, un nombre croissant d’électeurs se sont tournés vers les Verts, se sentant activement indésirables par le Parti travailliste.
En même temps, certaines choses n’étaient pas de la faute de Starmer. Il n’aurait certainement pas souhaité la réélection de Donald Trump, et encore moins l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a porté un coup dur à une économie en voie de reprise.
Parallèlement, la gestion de Trump et de la situation internationale délicate est l’un des rares domaines où Starmer a manifestement brillé et s’est attiré les faveurs de la population. Il a d’abord gagné l’affection de Trump –comment, Starmer l’a admis en privé, cela restait un mystère même pour lui– avant de faire face aux insultes avec dignité.
Malgré tous les succès que les députés travaillistes pouvaient mettre en avant, ou encore la probité et le zèle de Starmer, les chiffres étaient implacables. Le Labour a chuté à seulement 17% des intentions de vote, se retrouvant parfois en quatrième position. La popularité de Starmer était si catastrophique que seule Liz Truss l’a empêché de devenir le Premier ministre le plus impopulaire de l’histoire moderne des sondages. Dans les groupes de discussion, on le comparait à une «méduse» ou à un «paillasson».
Aujourd’hui, Starmer vient de démissionner et le parti profondément, si patiemment reconstruit, est meurtri va devoir tout recommencer à zéro. Le «starmerisme», s’il a jamais existé, sera enterré, rapidement et définitivement. Son projet étant désormais terminé et Andy Burnham, maire de Manchester, prêt à prendre la relève, Starmer restera probablement dans les mémoires, selon Runciman, comme un homme accablé par le poids d’une majorité écrasante qu’il n’a jamais su gérer et qui n’a jamais réussi la transition entre son rôle de bon chef de l’opposition et celui de Premier ministre.
Selon Seldon, Starmer restera dans les mémoires comme le quatrième Premier ministre travailliste, après Attlee, Wilson et Blair, à remporter une victoire écrasante aux élections, mais le premier à n’en avoir pratiquement rien fait. Il a déclaré : «C’est un homme intègre, travailleur et sérieux, qui aurait pu réussir mais, et c’est là son erreur fatale, il n’a pas su apprendre à exercer la fonction».
*Le Service des poursuites de la Couronne (The Crown Prosecution Service au Royaume-Uni ou procureur de la Couronne dans le système canadien) est l’autorité indépendante chargée de mener les poursuites pénales au nom de l’État.
**Le cabinet fantôme (shadow cabinet) au Royaume-Uni est une équipe formée par le principal parti d’opposition. Chaque «ministre fantôme» est chargé de surveiller et de critiquer un membre spécifique du gouvernement officiel, tout en proposant des politiques alternatives.
En toute objectivité, indépendamment de ses qualités intrinsèques, l’équipe nationale des Etats-Unis de football possède les plus grandes chances de l’emporter. Elle a d’autant plus de chance que, après la calamiteuse campagne iranienne, Donald Trump en a un pressant besoin, et que son ami Gianni Infantino, le patron de la Fifa, ne le décevra certainement pas.
Dr Mounir Habablia *
Si on s’en réfère au précédent le plus célèbre de machination ayant conduit une équipe nationale du pays hôte au succès final, la Coupe du monde de 1966 en Angleterre, alors il ne faudra pas s’étonner si un tacle trop appuyé met un de ces jours le célèbre Lionel Messi hors de combat, privant l’Argentine, le candidat le plus sérieux à la victoire finale, d’un de ses meilleurs arguments.
Le fan le plus célèbre de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo, le sosie de Patrice Lumumba, est finalement présent en Amérique pour soutenir son équipe nationale. On ne saura pas qui sponsorise son voyage. Après un premier refus, lié semble-t-il à l’Ebola, il a finalement obtenu son visa.
Le plus étonnant, sous Trump et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, c’est finalement que les autorités américaines ne se soient pas souvenues que l’ancien Premier ministre élu congolais, assassiné au début des années 60 à l’instigation des Belges, des Français, de la CIA, fût une figure de proue du socialisme et du tiers-mondisme, comparable à Fidel Castro dont il fut d’ailleurs l’ami. Que se serait-il passé si un sosie de Che Guevara s’était présenté au consulat américain de Buenos Aires pour une demande de séjour ? On ne dira pas de la Havane puisque le célèbre révolutionnaire était argentin, et cela fait plus de 60 ans que le gouvernement américain n’assure aucune présence à Cuba, mis à part la célèbre caserne-prison de Guantanamo.
Une fois débarrassé de sa douloureuse épine iranienne, le président américain n’aura que l’embarras du choix entre envahir Cuba, le Groenland, ou pourquoi pas, le Mexique, et à ce titre, une victoire de sa sélection peut stimuler la fibre nationaliste yankee dans le sens qui servirait ce dessein.
Heureusement que l’Amérique actuelle a la mémoire courte. Qui sait, peut-être dans 60 ans, un sosie de Ali Khamenei, de Kadhafi, ou de Ben Laden, pourra-t-il assister au Superbowl.
La séance plénière tenue à huis clos au sein de l’Assemblée des représentants du peuple a approuvé, ce mardi, les demandes de levée d’immunité parlementaire visant dix députés. Et ce, tout en reportant l’examen d’un dossier concernant un autre élu pour des raisons organisationnelles. Le dossier a été renvoyé à la commission compétente. C’est ce que déclare Yosri Boubb, membre de la commission du règlement intérieur.
Au total, la séance a examiné 21 dossiers concernant 11 députés. Ces affaires sont principalement liées à des infractions électorales antérieures à l’actuelle législature.
A et égard, les précisions fournies montrent que les députés concernés ont, pour la plupart, renoncé volontairement à leur droit constitutionnel de se prévaloir de l’immunité parlementaire. Ils ont exprimé leur volonté de se présenter devant la justice afin que leurs dossiers soient tranchés dans le cadre des procédures judiciaires en vigueur.
Cette séance intervient à la suite de la réunion du Bureau du Parlement, tenue le 4 juin, qui avait décidé de renvoyer les demandes de levée d’immunité à la plénière pour décision finale, conformément au règlement intérieur de l’institution.
En effet, l’article 27 du règlement intérieur prévoit que les demandes de levée d’immunité sont examinées sur la base d’un rapport établi par la commission compétente. Ce rapport est distribué à l’ensemble des membres avant la tenue de la séance plénière.
Lors de la séance, le rapport est présenté, puis le député concerné peut être entendu s’il le souhaite, ou se faire représenter par l’un de ses collègues. La décision finale est ensuite prise à la majorité des membres présents. Le président du Parlement est chargé de notifier la décision aux parties concernées.
Conformément au même article, les séances consacrées à l’examen des demandes de levée d’immunité se tiennent à huis clos.
Par ailleurs, l’article 28 du règlement intérieur stipule que si une demande de levée d’immunité est rejetée, un nouveau recours ne peut être introduit pour les mêmes faits ayant déjà fait l’objet d’un refus.
Cheminot et militant syndical à la gouaille sans pareil, Anasse Kazib a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle 2027. Après avoir dynamité les codes de l’extrême-gauche française et s’être imposé dans le paysage audiovisuel, l’aiguilleur de la SNCF veut mener…
Youssef Badr, magistrat, ancien porte-parole du ministère de la Justice et fondateur de l’association La Courte Échelle, publie Pour une justice aux 1 000 visages. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, déconstruit le mythe de l’égalité des chances…
Le chef d’état-major de l’armée régulière soudanaise Abdel Fattah al-Burhan cherche à courtiser l’administration Trump après trois de guerre civile sanglante qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) conduites par Hemedti Dagalo et qui sont responsables de génocide et de crimes de guerre. Cependant, cette volonté de se rapprocher avec Washington bute sur deux obstacles, d’abord les liens avec Téhéran qui a fourni des drones décisifs dans la reconquête du territoire par l’armée régulière mais aussi les liens de cette dernière avec des factions proches des Frères Musulmans.
Imed Bahri
Bloomberg a publié une enquête de Simon Marks et Mohamed Al-Amin indiquant que l’armée soudanaise a réduit ses achats d’armes iraniennes. Cette enquête, citant des sources bien informées, précise que cette réduction des achats d’armes auprès de l’Iran s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’armée régulière pour obtenir le soutien des États-Unis lors des prochaines négociations visant à mettre fin à la guerre civile qui dure depuis trois ans.
Bloomberg indique que les drones et autres armements fournis par la République islamique à l’armée soudanaise ont contribué à la reconquête de territoires dans ce conflit qui a fait plus de 100 000 morts et qui implique des puissances étrangères.
Gagner les faveurs de Trump
Cependant, le soutien apporté par l’Iran constitue un obstacle pour l’armée régulière soudanaise dans ses efforts pour gagner les faveurs du président Donald Trump.
Les sources citées par Bloomberg, parmi lesquelles des diplomates régionaux et un haut responsable de la sécurité soudanaise, ayant tous requis l’anonymat, ont déclaré que l’armée soudanaise a informé les États-Unis qu’elle ne dépend plus de l’Iran pour son approvisionnement en armes et qu’elle souhaite démontrer sa fiabilité en tant que partenaire dans le processus de paix.
Ce responsable de la sécurité a indiqué que l’armée soudanaise prend désormais conscience que son alliance avec l’Iran a permis à ses rivaux des FSR conduites par le génocidaire Hemedti Dagalo de la dépeindre comme une force extrémiste à motivation religieuse.
Cette source a ajouté que la stratégie actuelle consiste à rétablir une coopération plus étroite avec les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington a imposé des sanctions l’année dernière au chef d’état-major de l’armée, Al-Burhan, l’accusant de déstabiliser le Soudan.
Les États-Unis ont désigné les Frères musulmans soudanais comme une organisation terroriste étrangère, les identifiant comme le Mouvement islamique soudanais, dont les membres ont autrefois dirigé le pays. Sa branche armée est la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik, alliée à l’armée régulière soudanaise, que les États-Unis accusent de perpétrer des exécutions de masse de civils.
Ce récent revirement met en lumière le conflit entre les efforts de paix au Soudan et la confrontation de Washington avec Téhéran. Les États-Unis mènent les efforts de médiation pour un cessez-le-feu dans la guerre civile soudanaise, tout en ayant mené simultanément une guerre contre l’Iran, la même puissance qui a armé l’armée soudanaise, ainsi que des forces supplétives au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.
Israël observe le revirement avec intérêt
Bloomberg ajoute qu’Israël a manifesté un vif intérêt pour l’évolution de la situation au Soudan et la prise de distance de l’armée vis-à-vis de l’Iran. Le gouvernement soudanais soutenu par l’armée s’est engagé en 2020 à normaliser ses relations avec Israël. À l’époque, le conflit entre l’armée et les FSR n’avait pas encore éclaté.
Cependant, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que les islamistes au Soudan restent liés à l’Iran : «Les islamistes soudanais continuent d’entraver les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre actuelle, maintiennent des liens avec le gouvernement iranien, notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et reçoivent de sa part un soutien technique».
De son côté, la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik a nié tout lien avec l’Iran et a réaffirmé son engagement à opérer sous le commandement de l’armée. Le responsable soudanais a déclaré qu’Al- Burhan avait récemment pris des mesures pour mettre à la retraite des généraux de l’armée perçus comme trop favorables aux islamistes.
L’armée soudanaise a renoué ses relations avec l’Iran fin 2023 après une interruption de près de sept ans, période durant laquelle Khartoum avait privilégié l’Arabie saoudite. Ce rapprochement avait conduit l’Iran à fournir des drones d’attaque au Soudan.
Les efforts de médiation répétés des États-Unis et d’autres pays n’ont pas permis de mettre fin à la guerre que les Nations Unies ont qualifiée de pire crise humanitaire au monde. Les pourparlers impliquant des puissances régionales influentes sont au point mort en raison de désaccords sur le rôle que chaque camp devrait jouer au sein d’un éventuel gouvernement de transition.
Deux responsables étrangers, connaissant bien les livraisons iraniennes précédentes, ont déclaré qu’aucun signe de soutien récent n’avait été constaté. Le responsable de la sécurité a ajouté que le gouvernement soudanais se tourne désormais vers la Turquie comme source d’assistance alternative.
Le rôle des extrémistes religieux
Des sources proches du dossier ont indiqué que la Turquie avait déjà fourni au Soudan des drones TB2 et des munitions. Cependant, le gouvernement soudanais a refusé de commenter ces informations ainsi que les exportations d’armes par des entreprises privées.
Les États-Unis et d’autres pays accusent les FSR d’avoir commis un génocide pendant la guerre. Ces derniers décrivent régulièrement l’armée soudanaise comme gangrenée par des extrémistes religieux. L’armée soudanaise, des organisations de défense des droits humains et des experts de l’Onu ont affirmé que les Émirats arabes unis soutenaient les FSR. Abou Dhabi a démenti ces accusations à plusieurs reprises, affirmant ne soutenir aucun camp et qu’un cessez-le-feu immédiat et une transition politique étaient essentiels.
Les FSR et l’armée ont toutes deux joué un rôle déterminant dans le régime dictature d’Omar el-Béchir au Soudan, renversé en 2019.
Outre ses forces régulières, l’armée a mobilisé d’autres groupes combattants, notamment d’anciens militants pro-démocratie et des islamistes. Le département d’État américain affirme que les Frères musulmans ont fourni plus de 20 000 combattants.
Le Courrier de l’Atlas publie en exclusivité des extraits de « Maroc, la force de la stabilité » aux Editions Le Cherche-Midi, le nouvel ouvrage de Sébastien Boussois qui sort le 25 juin prochain. L’auteur y analyse les ressorts qui…
Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ali Nafti, participe ce lundi le 22 juin 2026 à Amman à la 165ᵉ session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, au niveau ministériel. La réunion devra définir les axes de l’action arabe commune et les mécanismes de renforcement de la coopération régionale, avec un accent particulier sur le soutien à la cause palestinienne et la réponse aux défis sécuritaires, économiques et humanitaires actuels.
En marge du Conseil, Mohamed Ali Nafti tiendra une série d’entretiens bilatéraux avec plusieurs ministres arabes pour faire le point sur les relations tuniso‑arabes, explorer des pistes de coopération économique et diplomatique, et coordonner les positions sur des dossiers régionaux prioritaires. C’est ce qu’a révélé le communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Le Maroc a renforcé son positionnement au sein de l’Union africaine à l’issue des consultations régionales tenues au niveau de l’Afrique du Nord, se voyant confier plusieurs responsabilités de premier plan dans des organes et structures stratégiques de l’organisation.
Ainsi,…
Le parquet a ouvert une enquête après la diffusion sur les réseaux d’une vidéo où l’on entend : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! » dans une boîte de Rodez.
L’enquête a été ouverte pour « provocation…