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CPG : Des députés dénoncent une crise « catastrophique »

03. April 2026 um 13:40

Des députés de la région de Gafsa tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans une correspondance adressée le 1er avril au président de la Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement, les élus Mohamed Ali, Mohamed Majdi, Nejib Akrimi et Nouri Jridi réclament la tenue urgente d’une séance d’audition consacrée à la situation de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG).

Une « situation catastrophique », selon les termes employés par les signataires, qui rappellent que l’entreprise a longtemps constitué une véritable locomotive de l’économie nationale. Dans une déclaration médiatique, le député Mohamed Ali affirme avoir multiplié les mises en garde face à la dégradation continue du secteur, sans réponse structurelle à la hauteur des enjeux.

Une crise structurelle qui s’enlise

Le cas de la CPG ne relève plus d’une simple conjoncture défavorable. Depuis plus d’une décennie, la production de phosphate en Tunisie enregistre une chute significative par rapport aux niveaux d’avant 2011. Alors que le pays figurait parmi les principaux exportateurs mondiaux, la production oscille aujourd’hui à des niveaux bien inférieurs à son potentiel, souvent en deçà de 4 à 5 millions de tonnes annuelles, contre plus de 8 millions auparavant.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation : mouvements sociaux récurrents dans le bassin minier, blocages logistiques, sous-investissement chronique, vieillissement des infrastructures et gouvernance jugée défaillante. À cela s’ajoutent des difficultés de transport vers les unités de transformation du Groupe Chimique Tunisien, aggravant les pertes sur toute la chaîne de valeur.

Un manque à gagner lourd pour l’État

La crise de la CPG pèse directement sur les équilibres macroéconomiques. Le phosphate et ses dérivés représentaient historiquement une source majeure de devises pour la Tunisie. Leur recul contribue à creuser le déficit commercial et à réduire les recettes publiques.

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À l’échelle régionale, l’impact est tout aussi critique. Le bassin minier de Gafsa dépend largement de l’activité de la CPG, tant en termes d’emploi direct qu’indirect. La contraction de la production accentue les tensions sociales dans une zone déjà fragilisée par le chômage et le manque d’alternatives économiques.

Des propositions pour relancer la machine

Face à cette situation, les députés proposent une série de mesures visant à redresser la barre. Parmi les pistes évoquées : rétablir un climat social apaisé, moderniser les équipements, revoir les modes de gouvernance et, surtout, retrouver un rythme de production soutenu.

Ils évoquent également l’ouverture sur les marchés internationaux, y compris par des mécanismes d’importation complémentaires pour honorer les engagements commerciaux et préserver les parts de marché de la Tunisie.

Un enjeu national

Au-delà du débat parlementaire attendu, le dossier de la CPG reste un test pour la capacité des autorités à gérer une entreprise stratégique dans un contexte économique contraint. La relance du phosphate ne dépend pas uniquement de solutions techniques, mais d’une approche globale intégrant dialogue social, vision industrielle et stabilité politique.

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Phosphate : Des prêts sans impact réel, reconnaît la CPG

27. März 2026 um 14:46

Le directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa, Abdelkader Amidi, a reconnu que plusieurs prêts contractés au cours des dernières années n’ont pas été traduits en réalisations tangibles sur le terrain.

Auditionné jeudi par la commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, dans le cadre de l’examen d’un projet de loi relatif à un accord de financement destiné à moderniser les lignes ferroviaires de transport du phosphate, le responsable a dressé un constat préoccupant de la situation de l’entreprise.

Difficultés structurelles persistantes

Il a évoqué des difficultés structurelles persistantes, aussi bien au niveau de la production que du transport. Selon lui, l’absence d’un programme clair et intégré pour le renouvellement du parc de wagons dédiés au phosphate constitue un frein majeur. Cette défaillance impacte directement le rythme d’acheminement et engendre des perturbations logistiques récurrentes.

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Sur le plan de la production, Abdelkader Amidi a indiqué que le volume extrait a atteint environ 3,9 millions de tonnes en 2025. Toutefois, le manque d’investissement dans l’outil de production limite les capacités d’augmentation des cadences d’extraction et d’amélioration de la productivité.

Insuffisances du réseau de transport

Face aux insuffisances du réseau de transport, l’entreprise se voit parfois contrainte de recourir à des solutions privées pour acheminer le phosphate vers les unités de lavage. Une situation présentée comme transitoire, dans l’attente de l’achèvement du projet de la laverie d’Oum El Khcheb, dont la réalisation a connu des retards et des difficultés d’exécution.

Le directeur général a néanmoins assuré que les efforts se poursuivent pour lever les obstacles et accélérer la mise en œuvre de ce projet stratégique.

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