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Elias Kurdy, ou l’art qui interroge le monde

20. Mai 2026 um 07:52

Le lancement de la Saison Méditerranée à Marseille les 16 et 17 mai 2026 a porté une émotion profonde : celle d’un dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, reliant passé et futur, mais aussi entre ce qui se perd et ce qui s’obstine à demeurer. Parmi les moments forts de cette ouverture, l’exposition Archéologie du futur d’Elias Kurdy au Château de Servières à Marseille se dessine comme un lieu de silence et de résonance. À travers ses sculptures, Elias Kurdy offre bien plus qu’une exposition : une mémoire de son vécu, qui invite avant tout à ressentir, plutôt qu’à simplement comprendre.

Arrivé à Marseille en septembre 2012 pour poursuivre des études d’architecture qu’il avait entamées, Elias raconte exclusivement à l’Economiste Maghrébin avoir obtenu son visa pour la France après un passage prévu à Tunis. Lié au Liban par ses origines, il évoque aussi des liens familiaux et médicaux qui l’attachent à Beyrouth : soigné là-bas en 2009-2010, il garde une dette de gratitude envers les médecins libanais qui ont sauvé son bras.

Son exposition interroge “ l’archéologie du futur”, expression proposée par Jean-Marc Prévost. Pour Elias, il ne s’agit pas tant d’anticiper une archéologie à venir que de repenser collectivement la manière dont on narre l’histoire. Il invite à revoir les représentations familières, par exemple la carte de la Méditerranée, dont l’axe et l’orientation conditionnent notre lecture du monde, afin de briser les images reçues et de permettre à chacun d’inventer sa propre histoire. Selon lui, ces récits individuels peuvent contribuer à construire une histoire collective plus inclusive.

En outre, il souligne que l’art est en grande partie futile. Tout en concluant: “Je crois vraiment que l’art est futile. Je pars de cette pensée‑là et je continue à travailler parce que je ne peux pas faire autre chose. Mais je pense que si mes pièces aident à ouvrir une conversation entre deux personnes à ce sujet, ou par rapport à ce qu’il se passe autour de nous, ou à ce qui s’est passé, ou encore à ce que ces objets signifient pour nous et pour les gens à venir, je suis déjà ravi.”

Une chose est certaine : si ses pièces parviennent à susciter une conversation entre les personnes ou sur le sens des objets pour les générations futures, c’est justement là que l’art trouve sa raison d’être la plus lumineuse.

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Musées, lecture, peinture : et si la culture ralentissait le vieillissement cellulaire ?

18. Mai 2026 um 08:19

Une étude publiée en mai 2026 dans Innovation in Aging établit un lien entre la participation régulière à des activités artistiques et culturelles et un ralentissement du vieillissement biologique d’environ 4 %, mesuré à partir de marqueurs épigénétiques chez 3 556 adultes britanniques.

Les chercheurs de l’University College London ont croisé les habitudes culturelles de participants à la « UK Household Longitudinal Study » avec plusieurs indicateurs biologiques du vieillissement obtenus par analyses sanguines. Pour estimer le rythme du vieillissement cellulaire, ils ont utilisé des horloges épigénétiques, des outils qui analysent certaines modifications chimiques de l’ADN appelées méthylations. Les personnes déclarant pratiquer une activité artistique au moins une fois par semaine présentaient un vieillissement biologique environ 4 % plus lent que celles qui s’y adonnaient rarement, avec un âge biologique inférieur d’environ un an en moyenne. Il s’agit ainsi de la valeur ajoutée de la culture.

Les activités retenues dans l’étude comprennent la lecture, l’écoute musicale, le chant, la peinture, la photographie, les travaux manuels, ainsi que les visites de musées, de galeries ou de sites historiques. Les effets apparaissaient plus marqués chez les adultes de plus de 40 ans et chez ceux pratiquant plusieurs formes d’activités culturelles.

Les auteurs indiquent que l’ampleur de cette association est comparable à celle observée dans des études portant sur la pratique régulière d’une activité physique. L’étude est de nature observationnelle. Les résultats établissent une corrélation statistique sans permettre de conclure à un lien de causalité direct entre pratiques culturelles et ralentissement du vieillissement. La prise en compte de facteurs tels que le revenu, le niveau d’éducation, le tabagisme ou l’indice de masse corporelle ne suffit pas à exclure l’influence d’autres variables liées au mode de vie.

Ces travaux figurent parmi les premiers à examiner le lien entre activités culturelles et biomarqueurs du vieillissement biologique. Un domaine jusqu’ici principalement étudié sous l’angle de la santé mentale, du stress et du bien-être.

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