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Korba, laboratoire vivant du théâtre : quand le 4éme art sort de la scène et envahit les lieux de vie

Von: tmps
07. Juni 2026 um 11:22

Depuis cinq ans, le Festival  du théâtre laboratoire  s’affirme comme un rendez-vous incontournable où la ville de Korba  célèbre la vitalité de la création estudiantine. La 5ème édition se tiendra du 16 au 20 juin  2026, transformant la ville en un laboratoire artistique et intellectuel.

Intitulée « Théâtre dans des espaces alternatifs », cette édition ne se limite pas à un simple déplacement géographique des salles de spectacle vers des places et des sites publics ; elle représente un changement de perspective fondamental. Ainsi cette cinquième édition du Festival de théâtre Laboratoire vise à libérer les acteurs des contraintes de la scène traditionnelle, les incitant à explorer leurs corps, leurs voix et leur énergie psychologique dans des espaces non conçus initialement pour la représentation théâtrale. Ici, l’espace devient partie intégrante de la performance, se détachant de tout arrière-plan.

Murs, places, sites archéologiques et espaces ouverts se transforment en éléments scénographiques vivants, obligeant acteurs et metteurs en scène à repenser leurs outils artistiques. Cette édition soulève une question fondamentale concernant la capacité de la scène parallèle à libérer l’énergie de l’acteur et à transformer la conscience du public en dehors des cadres classiques. De cette question découlent des recherches plus approfondies sur la relation entre le corps et l’espace, les frontières entre spontanéité et organisation, et la possibilité de faire passer le public de spectateurs passifs à participants actifs du processus créatif.

Ici, l’art n’est pas un simple spectacle, mais un moyen de redécouvrir le lieu, d’éclairer sa mémoire et de lui conférer une nouvelle valeur culturelle et touristique. C’est dans ce cadre que plusieurs institutions culturelles et théâtrales participent à cette édition, notamment les Centres des arts dramatiques et du spectacle de Nabeul, Zaghouan et Sfax, ainsi que le Laboratoire de théâtre du Centre culturel de Korba, l’espace culturel privé « Petit Théâtre » à Médenine et l’espace culturel « Arto », également à Medenine. Cette participation diversifiée témoigne d’une volonté manifeste de tisser des liens entre les régions, de favoriser les échanges d’expériences et de créer un réseau théâtral capable de soutenir et de développer les jeunes talents.

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Aménagement routier : bientôt la fin du calvaire pour les usagers de la route Kélibia-Menzel Témime 

Von: tmps
07. Juni 2026 um 10:53

Entre klaxons stridents et chaleur suffocante, la route régionale MC27, reliant les villes de Menzel Témime et de Kélibia suffoque. L’asphyxie routière atteint parfois des sommets, mettant à rude épreuve les nerfs des usagers des quatre roues. En témoigne le nombre d’accidents qui s’y produisent chaque année, transformant ce segment en un véritable cimetière d’asphalte. Pourtant, les investissements ne manquent pas. Échangeurs flambant neufs, ponts et réhabilitations de voiries ont fleuri ces dernières années le long de la route MC 27 de Nabeul à Korba.

En attendant des solutions structurelles, les automobilistes continuent de subir, entre résilience et exaspération, une mobilité urbaine en panne de souffle. Face à cette hécatombe persistante, les pouvoirs publics ont, à maintes reprises, mobilisé des ressources considérables pour lancer des travaux de réhabilitation. Cependant, ces opérations coûteuses n’ont pas permis d’éradiquer le problème à sa racine. Il suffit de voir les malfaçons sur la chaussée, les traces de freinage, les nids de poule, pour être renseigné sur la dangerosité de ce tronçon. Il fallait se déplacer. En cette journée caniculaire, l’odeur des freins règne sur ce tronçon. Il ne s’agit pas d’une route comme les autres. Les usagers ne cachent pas leur inquiétude. Mohamed, un louagiste qui assure la liaison Kélibia-Menzel Témime, confie que «c’est une mauvaise route. Je m’inquiète à chaque passage sur ce tronçon à cause du danger». Avec le démarrage de la saison des moissons et de la récolte de tomate, ce tronçon devient impraticable et très dangereux. «Cette route se caractérise par des bouchons quotidiens qui se forment derrière les semi-remorques, les moissonneuses batteuses, les tracteurs et remorques de transport de tomates souvent en très mauvais état avec des chargements hors normes, des pneus non sécurisés et des systèmes de freinage à risque», souligne Anis.

La lutte contre l’insécurité routière constitue l’une des priorités majeures des autorités régionales. C’est dans ce cadre que la gouverneure de Nabeul, Hana Chouchani, a présidé une réunion de travail au siège de la délégation de Kélibia consacrée au suivi de l’avancement de la troisième phase du projet d’élargissement de la route régionale MC27, reliant les villes de Menzel Témime et de Kélibia en présence du délégué de Kélibia, du directeur régional des équipements, du directeur de l’unité de mise en œuvre du projet et des représentants de l’entreprise chargée des travaux. Au cours de cette réunion, les représentants de la direction régionale des équipements et de l’entreprise contractante ont examiné l’état d’avancement des travaux, notamment à l’entrée de la ville de Kélibia. Un accord a été conclu avec les représentants de la Direction régionale des équipements et l’entrepreneur chargé des travaux afin de mettre à jour le calendrier des travaux. Cet accord prévoit la réduction des délais d’exécution d’une partie du projet et un renforcement des efforts pour achever les travaux. L’entrepreneur s’est engagé à démarrer immédiatement les travaux, à redoubler d’efforts et à augmenter le nombre d’équipes sur le chantier.

Kamel BOUAOUINA

 

 

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La galère portugaise sur nos plages :  quand la mer nous rappelle qu’elle n’est pas un décor

Von: tmps
07. Juni 2026 um 10:14

Il suffit parfois d’un petit corps bleuté, presque beau, échoué sur le sable, pour que la mer cesse d’être ce paysage familier que l’on croit connaître. La galère portugaise, ou Physalia physalis, signalée récemment sur les côtes tunisiennes, notamment à Tabarka et dans la région de Bizerte, a réveillé une inquiétude légitime chez les baigneurs, les pêcheurs, les plongeurs et les familles qui s’apprêtent à retrouver la plage à l’approche de l’été. Le 27 mai 2026, l’association TunSea a relayé le signalement d’un spécimen dans la région de Tabarka, tout en appelant à la vigilance sans céder à la panique. Depuis mars, le nombre d’individus observés resterait limité, inférieur à une dizaine, selon les informations rapportées. Un autre signalement avait été mentionné le 29 mars 2026 à Sidi Mechreg, dans le gouvernorat de Bizerte. Cette présence n’est donc ni massive ni totalement inédite : l’espèce avait déjà été officiellement enregistrée en Tunisie en 1992. 

Mais la question n’est pas seulement de savoir si la galère portugaise est «nouvelle» ou non. La vraie question est celle de notre rapport à la mer, à ses surprises, à ses déséquilibres, à ses êtres parfois dangereux que nous découvrons souvent par accident. Nous avons longtemps regardé la plage comme un simple espace de loisir, de baignade et de consommation estivale. Or, la mer est un milieu vivant, traversé par des courants, des vents, des migrations, des phénomènes biologiques et climatiques complexes. Ce que nous appelons apparition soudaine n’est souvent que le résultat visible de mouvements invisibles.

La galère portugaise est souvent prise pour une méduse. Pourtant, elle n’en est pas vraiment une. C’est un siphonophore, c’est-à-dire une colonie d’organismes spécialisés qui vivent ensemble et fonctionnent comme un seul être vivant. Sa partie la plus visible est une sorte de flotteur gonflé, bleu, violet ou rosé, qui reste à la surface de l’eau comme une petite voile. Sous cette poche flottante pendent de longs filaments urticants, parfois très étendus, qui servent à capturer les proies. La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) rappelle que ces tentacules mesurent en moyenne près de dix mètres et peuvent atteindre jusqu’à trente mètres. Ce détail est essentiel : on peut croire être loin de l’animal visible et pourtant toucher ses filaments invisibles sous l’eau. 

Un animal fascinant, mais pas innocent

Il faut résister à deux erreurs opposées : dramatiser au point de transformer nos plages en zones de peur ou banaliser au point de laisser les enfants jouer avec ce qu’ils prennent pour un objet marin curieux. La galère portugaise n’est pas un monstre, mais elle n’est pas inoffensive. Sa beauté est trompeuse. Ses couleurs attirent le regard, son flotteur intrigue, sa forme semble fragile. Pourtant, ses filaments contiennent des cellules urticantes capables d’injecter un venin provoquant une douleur intense, des brûlures cutanées, des marques rouges en forme de lignes ou de stries, des démangeaisons et parfois des réactions plus sérieuses. Les piqûres de galère portugaise peuvent produire des douleurs fortes et des lésions cutanées visibles ; les réactions graves restent rares, mais elles existent, surtout chez les personnes sensibles, les enfants, les personnes âgées ou celles déjà fragilisées. 

Le danger ne disparaît pas lorsque l’animal est échoué. C’est là un point capital. Une physalie morte, ou qui semble morte, peut encore piquer pendant plusieurs heures. Des morceaux de tentacules détachés peuvent également rester dangereux. Il ne faut donc jamais la toucher, ni avec les mains, ni avec un bâton pour s’amuser, ni pour la déplacer, ni pour la photographier de près. La bonne réaction est simple : garder ses distances, prévenir les personnes autour, alerter les surveillants de plage ou les autorités locales lorsqu’elles sont présentes et, si possible, prendre une photo à distance pour permettre le signalement. 

Cette vigilance concerne aussi les animaux domestiques. Un chien peut marcher dessus, la renifler, la lécher ou l’avaler par curiosité. Là encore, la scène peut sembler anodine, mais les conséquences peuvent être douloureuses : inflammation, gonflement, troubles respiratoires ou malaise. La plage n’est pas seulement un espace humain, elle est aussi fréquentée par des animaux qui ne savent pas reconnaître le danger.

Se protéger sans céder à la peur

La première protection est l’information. Savoir reconnaître l’animal, c’est déjà réduire le risque. Il faut retenir l’image d’une petite poche flottante, translucide, bleutée, violacée ou rosée, avec des filaments parfois difficiles à voir. En mer, si l’on aperçoit une physalie ou si plusieurs personnes signalent des piqûres inhabituelles, il vaut mieux sortir de l’eau calmement. Il ne sert à rien de paniquer, de courir ou de provoquer un mouvement collectif désordonné. La mer demande du sang-froid.

Les parents doivent expliquer aux enfants que tout ce qui est beau sur la plage n’est pas forcément un jouet. On ne touche pas un animal marin inconnu. On ne ramasse pas les filaments. On ne les écrase pas. On ne les met pas dans un seau. Dans les zones où un signalement a été fait, les autorités locales, les municipalités, les postes de secours et les associations environnementales devraient afficher des consignes claires : image de l’animal, danger principal, gestes interdits, gestes utiles, numéros à appeler. La prévention ne doit pas rester prisonnière des réseaux sociaux, où l’information circule vite mais souvent sans hiérarchie ni précision.

En cas de contact, le premier réflexe est de sortir de l’eau et de garder son calme. Il ne faut surtout pas frotter la zone touchée, car le frottement peut aggraver la libération du venin. Il faut rincer avec de l’eau de mer, non avec de l’eau douce. L’eau douce peut favoriser l’activation des cellules urticantes restantes. Les filaments visibles doivent être retirés avec précaution, sans les toucher à mains nues, idéalement avec une pince, un objet rigide ou le bord d’une carte. Le NHS (National Health Service) recommande ensuite de plonger la zone touchée dans de l’eau très chaude, supportable mais non brûlante, pendant au moins trente minutes, afin de calmer la douleur. 

Il faut également oublier les «remèdes» populaires. Uriner sur la piqûre, appliquer de l’alcool, frotter avec du sable, mettre de la glace directement ou masser fortement la peau sont de mauvaises idées. Certaines études ont discuté l’usage du vinaigre pour les piqûres de Physalia, mais les recommandations pratiques varient selon les pays et les protocoles locaux. Dans le doute, le citoyen doit suivre les consignes des secouristes et des autorités sanitaires présentes sur place. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut ni improviser ni transformer la victime en terrain d’expérimentation. 

La consultation médicale devient urgente si la douleur est très forte ou persistante, si la piqûre touche le visage, les yeux, la bouche ou la gorge, si la personne présente des difficultés respiratoires, une douleur thoracique, des vomissements, un malaise, des vertiges, une perte de connaissance ou un gonflement important. Dans ces cas, il ne faut pas attendre que «ça passe». Une réaction allergique ou systémique, même rare, peut évoluer rapidement. 

La galère portugaise nous oblige finalement à une maturité collective. Il ne s’agit ni de diaboliser la mer ni de nier les dangers. Il s’agit d’apprendre à vivre avec un environnement vivant, changeant, parfois imprévisible. Nos plages ne seront plus seulement des lieux de détente, elles devront devenir aussi des lieux d’éducation écologique. La mer tunisienne mérite mieux que l’indifférence saisonnière. Elle exige observation, science, prévention et responsabilité. Face à la physalie, la bonne attitude tient en quelques mots : reconnaître, ne pas toucher, signaler, secourir correctement. C’est peu, mais c’est déjà beaucoup.

Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

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Deuxième génération du programme national de rénovation urbaine : la volonté y est, mais les constructions anarchiques ont la peau dure 

Von: tmps
07. Juni 2026 um 09:23

Il y a quelques jours, la deuxième génération du Programme national de rénovation urbaine a démarré avec les mêmes objectifs pour, essentiellement,  mettre fin aux constructions anarchiques. Or, comme le constatent certains experts, le programme tarde encore à réaliser de bons résultats pour diverses raisons. Qu’en est-il exactement ?

La présidente de l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine (ARRU) vient d’annoncer le démarrage de la deuxième génération du Programme national de rénovation urbaine. En quoi consiste ce programme et va-t-il, enfin, arriver à «neutraliser» les constructions anarchiques qui, malheureusement, continuent à pousser un peu partout dans le pays.

Lors d’une récente intervention médiatique, la présidente de l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine, Sondos Beji Kraïem, a détaillé les étapes à venir de la deuxième génération du programme de rénovation urbaine lancé en 2019. Or, avec le retard accumulé pour la première partie de ce grand projet, on ne peut que s’interroger sur les réalisations acquises et sur ce qui reste à faire.

Ce qu’il faut relever, c’est que l’application de ce programme se base sur, en premier lieu, l’aménagement des infrastructures de base (assainissement, évacuation des eaux pluviales, aménagement des routes, éclairage public, etc.), la construction d’équipements collectifs (sportifs, culturels, pour la jeunesse et associatifs), l’amélioration de l’habitat, ainsi que l’aménagement ou la construction d’espaces industriels, économiques et artisanaux, avec la possibilité d’aménager des lotissements destinés à la construction à proximité des quartiers concernés par l’intervention.

Il convient de rappeler, également, que le programme est financé par le budget de l’État, ainsi que par un prêt de l’Agence Française de Développement, un prêt de la Banque européenne et une subvention de l’Union européenne. La première génération a contribué à améliorer la qualité de vie des habitants de 155 quartiers, pour un coût global estimé à environ 650 millions de dinars. Environ 865.000 habitants en ont bénéficié. Les travaux sont actuellement en phase d’achèvement et les conventions de financement ont été finalisées. Du moins sur le papier.

Qu’en sera-t-il de la seconde génération ?

Dans sa deuxième phase, le programme contribuera à la réhabilitation de 160 quartiers situés dans 99 municipalités, abritant environ 907.300 habitants, sur une période de mise en œuvre allant jusqu’en 2028. Le coût total du programme est estimé à environ 819,632 millions de dinars.

Interrogé à ce sujet, l’expert en travaux publics, Rached Mathlouthi, nous apprend que «le programme de réhabilitation et d’intégration des quartiers d’habitation vise à améliorer les conditions de vie des citoyens dans un certain nombre de quartiers résidentiels répartis sur différentes régions du pays». Pour beaucoup d’experts, dont notre interlocuteur, la réhabilitation risque de créer un «appel d’air» : «Si l’État légalise l’informel par l’équipement, il peut involontairement encourager l’anarchie. Les plus informés pensent que pour éviter cette «prime à l’illégalité», l’intervention doit être chirurgicale. Il est crucial d’accompagner ces projets de mesures strictes : surveillance satellitaire des périmètres, sanctions immédiates pour toute nouvelle construction et gel foncier autour des zones traitées. Ainsi, l’offre de parcelles sociales doit être l’unique porte d’entrée. Sans volet répressif et une coordination totale avec la police municipale, la réhabilitation ne sera qu’un pansement temporaire sur une gangrène urbaine tenace, persistent et signent les plus avertis. 

Des lacunes persistantes…

Peut-on, de fait, dire que ce programme est sur la bonne voie ? Selon notre expert, il y a plusieurs lacunes à combler. Le programme national de rénovation urbaine en Tunisie fait face à plusieurs difficultés administratives, techniques et foncières qui ralentissent leur mise en œuvre et limitent leur efficacité. «Les principales difficultés peuvent être résumées sur la base des évolutions de 2025-2026», nous dira le spécialiste Rached Mathlouthi. Et d’ajouter : «Les difficultés sont multiples et portent sur les différentes étapes d’élaboration et de révision des plans d’aménagement urbain qui prennent beaucoup de temps, en particulier lors de la phase de consultation publique et de réception des avis des administrations sectorielles. On constate également des différences de vision entre les municipalités et les administrations sectorielles, ce qui nécessite l’organisation de réunions de travail successives afin de rapprocher les positions. On relève aussi un chevauchement entre les municipalités, à savoir des empiètements au niveau des limites territoriales entre les municipalités qui constituent un obstacle majeur à l’avancement des études d’aménagement.»

En parallèle, la prolifération de constructions en dehors du cadre légal, à l’intérieur comme à l’extérieur des zones d’aménagement, complique la mise en œuvre de ce programme. Que faire, alors, pour surmonter ces obstacles ? Selon notre expert, il va falloir adopter de nouvelles méthodes plus pratiques : «Pour assurer la durabilité du projet de rénovation urbaine, il est nécessaire au préalable de mener une réflexion et de mettre en place des méthodes adaptées au contexte local. L’application de la loi est aussi recommandée, voire exigée afin de lutter contre le fléau des constructions anarchiques. Cela demande une surveillance continue, d’autant plus que les nouvelles technologies peuvent aider à le faire de manière plus pertinente».

«Au bout du compte, conclut notre expert, la deuxième génération du programme de rénovation urbaine se trouve à un tournant décisif : soit elle parvient à conjuguer amélioration des conditions de vie et fermeté face à l’illégal, soit elle risque de reproduire les mêmes déséquilibres qu’elle cherche à corriger. L’enjeu n’est plus seulement d’équiper, mais de structurer durablement la ville et d’imposer le respect des règles. Car sans gouvernance rigoureuse ni vision cohérente, la réhabilitation ne fera que repousser le problème, au lieu de le résoudre.

Kamel ZAIEM

 

 

 

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Changement climatique et souveraineté alimentaire : la Tunisie doit repenser rapidement sa carte agricole 

Von: tmps
07. Juni 2026 um 08:28

Malgré les précipitations appréciables enregistrées durant l’automne et l’hiver écoulés qui ont porté le taux moyen de remplissage des barrages à près de 60% avec un stock hydrique national d’environ 1,3 milliard de mètres cubes, soit un niveau nettement supérieur aux réserves critiques que l’on connaissait à la même période de 2024 et 2025, la situation hydrique globale reste fragile sur le moyen et le long terme. À l’instar des autres pays du Maghreb, la Tunisie est en effet une terre de transition entre les climats méditerranéen et désertique, et ne bénéficie du climat subhumide que sur une étroite bande littorale, alors que plus de 80% de son territoire est exposé aux climats semi-aride et aride. 

Selon les projections climatiques, la raréfaction des ressources hydriques devrait s’intensifier dans les décennies à venir. D’autant plus que les vagues de sécheresse deviendront de plus en plus intenses et les précipitations plus erratiques, dans un contexte global d’accélération du réchauffement climatique. D’après les prévisions des climatologues, la rive sud de la Méditerranée sera exposée à un déplacement des étages bioclimatiques vers le nord, ce qui se traduira par une montée des températures et une diminution des précipitations. Cette région devrait connaître, de ce fait, une augmentation des températures de 3 degrés d’ici à 2050 et de 5 degrés d’ici à 2100, avec des baisses de précipitations allant de 20% à 50% pour ces mêmes horizons. 

Le World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales) a également révélé dans une récente étude que la Tunisie figure parmi les 33 pays du monde qui connaîtront un stress hydrique intense à l’horizon 2040. Ce think tank américain spécialisé dans les questions environnementales a identifié les pays qui seront soumis à un stress hydrique très intense, en s’appuyant sur les données du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

«Avec moins de 400 m3 par habitant et par an, la Tunisie est déjà sous le seuil de la pauvreté hydrique (<1000 m3/habitant/an). Cette situation a été aggravée ces dernières années par les effets du dérèglement climatique, la hausse de la demande et la vétusté des infrastructures», souligne Raoudha Gafrej, experte en gestion des ressources hydriques et en adaptation au changement climatique.

Professeur à l’Institut supérieur des sciences biologiques appliquées de Tunis, Gafrej estime que les mesures d’économie d’eau, l’entretien des infrastructures et la mobilisation des ressources hydriques conventionnelles ne sont plus suffisantes, tout en appelant le gouvernement à déclarer «l’état d’urgence hydrique» et à revoir rapidement la carte agricole nationale pour l’adapter aux nouvelles contraintes climatiques. 

 

Limiter les cultures gourmandes en eau 

L’agriculture, qui représente environ 80% de l’utilisation totale de l’eau en Tunisie, repose principalement sur des pratiques d’irrigation souvent inefficaces et intensives en eau. La perte d’eau due à l’évaporation, à des infrastructures d’irrigation obsolètes et à des techniques agricoles inappropriées contribue à une gestion non durable des ressources hydriques. À titre indicatif, on cite une augmentation des superficies dédiées à la culture des tomates de 73% entre 2000 et 2015.

Une étude publiée début mai dernier par la Banque africaine de développement a également souligné cet impératif. «La carte agricole nationale, aujourd’hui largement obsolète, doit être entièrement refondée. Cette refonte doit s’appuyer sur des données actualisées –climat, disponibilité hydrique, typologie des sols, vulnérabilités locales– et prendre la forme d’une plateforme évolutive, alimentée par des données satellitaires, des indicateurs de productivité agricole et des projections climatiques», a précisé cette étude intitulée «Planification, préparation et stratégies de résilience face aux sécheresses». Et d’ajouter : «Au-delà d’un simple outil cartographique, cette carte devra servir de base pour reconfigurer les systèmes de culture en fonction de critères de durabilité écologique et de disponibilité effective des ressources en eau. Elle devra offrir une photographie fidèle de la réalité actuelle, tout en intégrant une vision prospective alignée avec une stratégie agricole nationale claire, tenant compte des tendances climatiques à moyen et long terme, ainsi que des dynamiques socio-économiques locales». Il s’agit, en d’autres termes de limiter les superficies des cultures qui nécessitent d’énormes quantités d’eau telles que les tomates, les fraises, les agrumes, les pastèques et les dattes à la satisfaction des besoins nationaux et d’interdire progressivement l’exportation de ces denrées. 

«Jusqu’à 80% des eaux disponibles en Tunisie sont utilisées pour irriguer 8% seulement des superficies agricoles. D’où la nécessité de revoir la carte de production agricole et d’interdire les cultures très gourmandes en eau. Nous ne pouvons plus exporter notre eau sous forme de produits agricoles. Cette eau doit être dirigée vers notre souveraineté alimentaire», explique Houcine Rehili, expert en développement et en ressources hydriques, recommandant l’octroi de la priorité aux grandes cultures et aux cultures fourragères pour préserver les systèmes de subsistance du pays, tels que le lait, les viandes blanches, les viandes rouges et les céréales.   

Les experts suggèrent d’autre part des investissements massifs dans le dessalement de l’eau de mer et le traitement des eaux usées, ainsi qu’une révision des tarifs de l’eau afin que l’État ne subventionne plus l’eau utilisée dans les hôtels et les usines. 

Dans les périmètres irrigués les plus exposés, l’adoption de systèmes d’irrigation intelligents constitue par ailleurs une mesure clé. L’objectif n’est pas uniquement technologique, il s’agit de bâtir un cadre opérationnel combinant capteurs de terrain, données météorologiques et automatisation, tout en assurant un transfert de compétences vers les agriculteurs. 

Walid KHEFIFI

 

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