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Gestern — 31. Mai 2026Actualités Tunisie webdo.tn

Visas : Entre frais de service et absence de recours, les consommateurs haussent le ton

13. Mai 2026 um 06:48

Prendre un rendez-vous, déposer un dossier, attendre. Pour des milliers de Tunisiens candidats au visa Schengen, ces démarches ont un coût qui peut rapidement s’alourdir autour du prix du visa lui-même — sans aucune garantie de l’obtenir. L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) a dénoncé mardi ce qu’elle présente comme un système opaque, dominé par quelques prestataires privés et insuffisamment contrôlé.

Dans un communiqué, l’OTIC pointe des frais jugés excessifs, un manque de transparence, l’absence de concurrence réelle et des risques liés à la protection des données personnelles. Elle dénonce un secteur où la domination d’un nombre limité d’acteurs privés prive les citoyens de toute alternative, tout en générant, selon elle, des profits importants à partir de prestations à faible valeur ajoutée : prise de rendez-vous, collecte de dossiers, réception des demandes.

Sur le plan juridique, l’OTIC s’appuie sur la loi n°36 de 2015 relative à la concurrence et aux prix, qui autorise l’intervention des autorités publiques en cas de hausses injustifiées des tarifs, pour appeler à une réaction du ministère du Commerce.

Une alerte déjà lancée en 2025

Cette prise de position s’inscrit dans un débat déjà ancien. En janvier 2025, le président de l’OTIC, Lotfi Riahi, avait appelé à encadrer les frais de traitement des demandes de visa après la réception de nombreuses réclamations, notamment pour l’espace européen. Il avait jugé ces frais « très élevés » et « non justifiés », et posé la question du remboursement en cas de refus, estimant que le demandeur ne devait pas supporter l’intégralité du coût lorsque la procédure n’aboutit pas.

Le sujet avait également pris une tournure parlementaire en mars 2026. Le député Marouane Ziane, membre du Conseil national des régions et des districts, avait annoncé le lancement d’une initiative législative visant à restituer 50 % des frais de service payés par les citoyens tunisiens en cas de refus de visa. Cette proposition visait notamment à distinguer plus clairement les frais consulaires, relevant des ambassades, des frais de service perçus par les sociétés intermédiaires, tout en renforçant le contrôle des centres de collecte de dossiers opérant en Tunisie.

Lire aussi: Tunisie : Visa refusé ? Une initiative pour rembourser 50 % des frais

Des frais qui s’accumulent, sans filet

Les tarifs publics disponibles donnent un ordre de grandeur. Pour un visa Schengen, les frais consulaires s’élèvent à 90 euros pour un adulte et 45 euros pour un enfant de 6 à moins de 12 ans, depuis juin 2024. En Tunisie, France-Visas indique que les frais de service perçus par TLScontact pour un dossier France sont fixés à 28 euros par dossier déposé — non remboursables.

À ces montants s’ajoutent déplacements, documents administratifs, photos, assurance, et services optionnels. C’est précisément cette accumulation que l’OTIC juge problématique : en 2024, selon le porte-parole de l’ambassade de France en Tunisie, Henri d’Aragon, 21 % des demandes de visa déposées par des Tunisiens ont été refusées — souvent pour dossier incomplet. Autant de frais engagés, sans retour. Le même responsable avait dénoncé la vente de rendez-vous par certaines agences à des prix élevés, qualifiant ces pratiques d’inacceptables.

Ce débat intervient dans un contexte de renchérissement plus large des démarches de mobilité vers la France. Depuis le 1er mai 2026, la première délivrance de certains titres de séjour est passée de 225 à 350 euros, et le tarif minoré applicable notamment aux étudiants de 75 à 150 euros, selon Service-public.fr. Cette réforme ne concerne pas directement les visas court séjour, mais elle alimente le sentiment d’un coût croissant des démarches de mobilité.

Données personnelles et droit au recours

Au-delà du financier, l’OTIC met en cause la nature même des données confiées à ces prestataires : informations biométriques, situation professionnelle, documents familiaux, ressources financières, historique de voyage. Elle demande l’ouverture d’un audit global sur le respect de la législation tunisienne relative à la protection des données personnelles, ainsi qu’un contrôle juridique, financier et fiscal rigoureux de ces opérateurs.

Elle appelle également à créer, au sein du ministère des Affaires étrangères, un mécanisme officiel de réclamation permettant de traiter les plaintes liées aux frais, aux retards, à l’accueil ou à la confidentialité des données.

Car c’est bien là le nœud du problème : face à des prestataires privés adossés à des procédures consulaires, le citoyen tunisien n’a aujourd’hui aucune porte claire où frapper. L’OTIC estime que cette impasse est incompatible avec les principes élémentaires de protection du consommateur — et, plus largement, avec ceux de la souveraineté nationale.

Lire aussi:

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Farine subventionnée : L’OTIC voit dans le nouvel arrêté une avancée majeure vers la réforme des aides

06. April 2026 um 14:44

L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Organisation tunisienne pour informer le consommateur) a salué l’arrêté conjoint du 2 avril 2026 encadrant les catégories de farine et les taux d’extraction, y voyant une étape décisive dans la refonte du système de subvention en Tunisie.

Publié au JORT du 3 avril 2026, ce texte intervient dans un contexte de forte pression sur les finances publiques, marqué par la hausse continue des dépenses liées aux céréales et à leurs dérivés. Pour l’OTIC, cette réforme ouvre la voie à un ciblage plus précis des aides et à une meilleure protection des deniers publics.

Un nouveau cadrage technique des farines

Le nouvel arrêté redéfinit clairement les catégories de semoule et de farine selon leurs usages et leurs caractéristiques techniques.

Les principaux taux fixés sont les suivants :

  • semoule de blé dur : taux d’extraction de 70% ;
  • farine panifiable (pain courant) : extraite du blé tendre à 85% ;
  • farine pour pain fin et confiseries : extraite du blé tendre à 71%.

Le texte précise également les seuils de teneur en cendres, afin de distinguer plus strictement les usages entre la farine destinée au pain subventionné et celle réservée aux produits boulangers de qualité supérieure.

Pour l’OTIC, cette clarification technique constitue une « transformation qualitative » dans la gouvernance du dispositif de compensation, en réduisant les zones grises qui facilitaient jusque-là les détournements.

Lutter contre les détournements de la subvention

L’organisation insiste toutefois sur le fait que la réussite de cette réforme dépendra surtout de son application rigoureuse sur le terrain.

Elle appelle à réserver effectivement la farine panifiable à la consommation familiale, avec une interdiction stricte de son usage dans des activités commerciales non concernées par la compensation, notamment les restaurants ; les hôtels ; les unités industrielles ; les activités commerciales privées.

L’OTIC propose également un marquage visuel obligatoire du pain subventionné, que ce soit par la forme, la couleur ou l’étiquetage, afin d’éviter toute confusion avec le pain haut de gamme et de fermer les circuits de fraude.

Vers une réforme élargie au lait et à l’huile

Dans son communiqué, l’organisation recommande de généraliser cette méthode à d’autres produits subventionnés, notamment le lait et l’huile végétale.

L’idée est de garantir que ces produits bénéficient réellement à la consommation des ménages, tout en limitant leur détournement vers des usages commerciaux ou industriels non justifiés.

Selon l’OTIC, une approche harmonisée permettrait de bâtir un système de subvention intégré, plus transparent et plus juste, fondé sur le ciblage réel des bénéficiaires et une consommation plus responsable.

Une réforme liée à la soutenabilité budgétaire

Cette prise de position s’inscrit dans le débat national sur la soutenabilité du système de compensation, alors que le coût des subventions céréalières a atteint des niveaux records ces dernières années.

Pour l’organisation, la réussite de ce chantier reposera sur une coordination étroite entre l’État, les professionnels de la filière et la société civile, avec un double objectif : préserver les ressources publiques et améliorer la qualité de vie du citoyen tunisien.

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