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Affaire Chokri Belaïd : L’homme d’affaires Fathi Dammak condamné à 38 ans de prison

13. Mai 2026 um 10:20

Nouveau développement judiciaire dans l’affaire de l’assassinat du martyr Chokri Belaïd. La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi soir, l’homme d’affaires Fathi Dammak à 38 ans de prison.

Cette condamnation intervient dans le cadre du dossier de la « cellule de surveillance, de recrutement et de planification des assassinats » visant plusieurs journalistes, magistrats, responsables politiques et personnalités nationales. Le nom de Chokri Belaïd figure parmi les principales cibles mentionnées dans cette affaire.

Le tribunal a également prononcé des peines de 20, 30 et 34 ans de prison contre plusieurs autres accusés impliqués dans le même dossier. Parmi eux figurent un cadre sécuritaire relevant de la Direction des renseignements ainsi qu’un membre du bureau régional du Mouvement Ennahdha à Ben Arous.

Un dossier séparé de l’exécution de l’assassinat

Cette affaire constitue l’un des volets du vaste dossier lié à l’assassinat de Chokri Belaïd. Le juge d’instruction avait auparavant décidé de scinder l’enquête en deux dossiers distincts.

Le premier concerne les opérations de surveillance, de recrutement et de planification attribuées à une cellule organisée, tandis que le second porte directement sur l’exécution de l’assassinat de l’opposant politique tunisien, survenu le 6 février 2013.

Le comité de défense évoquait une “cellule secrète”

Le comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi avait, à plusieurs reprises, affirmé que cette cellule était impliquée dans des opérations de repérage, de collecte d’informations et de suivi de plusieurs personnalités politiques et médiatiques.

Les avocats du comité considèrent ce dossier comme l’un des principaux axes de l’enquête sur les assassinats politiques ayant marqué la Tunisie en 2013.

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Affaire Chokri Belaïd : 23 ans de prison pour Béchir Akremi, 13 ans pour Habib Ellouze

04. März 2026 um 10:09

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis a prononcé, dans la nuit de mardi à mercredi, des peines lourdes à l’encontre de deux figures impliquées dans un volet judiciaire distinct du dossier de l’assassinat du martyr Chokri Belaïd. L’ancien procureur de la République, Béchir Akremi, a été condamné à 23 ans de prison, tandis que le dirigeant du mouvement Ennahdha, Habib Ellouze, écope de 13 ans d’emprisonnement.

Un procès long et fragmenté

Le procès de Béchir Akremi et de Habib Ellouze s’inscrit dans un volet dissocié de l’affaire principale de l’assassinat de Chokri Belaïd, qui a déjà donné lieu à plusieurs procédures judiciaires depuis 2013. Ce pan du dossier concerne notamment des accusations de manipulation de l’enquête, de rétention de preuves et de faux rapports administratifs, liées à la période où Akremi occupait des fonctions judiciaires dans le cadre des investigations antiterroristes.

Avant le verdict, le procès avait connu plusieurs renvois et ajournements, notamment fin 2025, la chambre criminelle spécialisée ayant reporté l’examen du dossier pour permettre aux parties de compléter leurs observations. Akremi et Ellouze avaient même comparu par visioconférence lors d’audiences antérieures.

Les rôles de Béchir Akremi et Habib Ellouze

Béchir Akremi, ancien procureur de la République près le tribunal de Tunis, était poursuivi pour son rôle présumé dans la gestion détournée de certaines pièces et l’entrave à la procédure pendant l’enquête liée à l’assassinat politique qui a profondément marqué la Tunisie. Les accusations retenues contre lui — et qui ont été débattues au cours de nombreuses audiences — ont orienté la justice vers une qualification à caractère terroriste des faits.

Habib Ellouze, pour sa part, a été jugé dans le même dossier fragmenté. Avant sa condamnation récente, il avait notamment refusé de comparaître lors de certaines audiences, ce qui avait suscité des réactions au sein des avocats des parties.

Une condamnation qui ravive un dossier sensible

La condamnation de ces deux personnalités intervient plus d’une décennie après l’assassinat de Chokri Belaïd, un événement qui avait plongé le pays dans une crise politique majeure et déclenché de longues procédures judiciaires, scandales et controverses autour des responsabilités institutionnelles.

Ce verdict rappelle une fois de plus que l’un des dossiers politico‑judiciaires les plus sensibles de la Tunisie post‑révolution demeure loin d’être clos, avec des ramifications qui continuent de susciter débats, critiques et répercussions institutionnelles.

L’assassinat de Chokri Belaïd

Chokri Belaïd, figure emblématique de l’opposition de gauche en Tunisie, a été assassiné le 6 février 2013 devant son domicile à Tunis, un meurtre qui a plongé le pays dans une crise politique majeure.

Belaïd, avocat et dirigeant du Parti démocratique progressiste, dénonçait régulièrement la montée de l’extrémisme et critiquait le gouvernement de l’époque, dominé par le mouvement Ennahdha. Son assassinat a provoqué d’importantes manifestations et une forte tension sociale, contraignant le gouvernement à annoncer des réformes sécuritaires et judiciaires.

Depuis sa mort, le dossier judiciaire a été complexe et fragmenté, mêlant enquêtes criminelles et volet politique, avec plusieurs prolongations de procès et des implications pour des responsables institutionnels et politiques.

La condamnation de Béchir Akremi et d’Habib Ellouze s’inscrit dans ce cadre, visant à établir les responsabilités autour de la gestion de l’enquête sur cet assassinat politique.

Verdicts définitifs

Rappelons que la chambre criminelle spécialisée près de la Cour d’appel de Tunis avait prononcé, en octobre 2025, des peines allant du non-lieu jusqu’à la peine capitale par pendaison. Les jugements d’appel concernent 23 accusés impliqués dans cette affaire emblématique.

La cour a prononcé un non-lieu (non-lieu ou absence de charges suffisantes) pour neuf accusés, confirmant les verdicts de première instance rendus à leur encontre.

Deux accusés, Mohamed Aouadi et Ezzeddine Abdellaoui, ont été condamnés à mort par pendaison, assortis respectivement de 105 ans et 10 ans de prison supplémentaires. Quatre autres accusés ont été condamnés à la prison à vie, avec des peines additionnelles pour chacun d’eux.

La Cour d’appel a décidé de confirmer les jugements de première instance à l’encontre de plusieurs accusés, parmi lesquels Mohamed Akkari, Yasser Moulhi, Mohamed Ali Damak, Seifeddine Arfaoui, Houssam Mezlini, Mohamed Aouadi, Ezzeddine Abdellaoui, Mohamed Omri, Mohamed Khiari, Maher Akkari, Allam Tizaoui, Hamza Arfaoui, Kais Mechalla, Moâd Hmaïdia.

La chambre a également prononcé la prison à vie contre Mohamed Amine Guesmi, assortie de 20 ans supplémentaires, la prison à vie également pour Abderraouf Talbi. Ahmed Melki, surnommé « El Somali », a été condamné à 37 ans d’emprisonnement.

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