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Souveraineté énergétique : Cap sur le solaire et ouverture encadrée aux investisseurs

29. April 2026 um 10:08

En Tunisie, la transition énergétique s’impose comme un axe central de la politique économique nationale. Lors d’une séance plénière consacrée aux projets photovoltaïques, le ministre de l’Économie Samir Abdelhafidh a défendu une orientation présentée comme à la fois stratégique et souveraine. En toile de fond : attirer les investissements tout en garantissant la sécurité énergétique du pays.

Entre souveraineté et ouverture

Face aux députés, Samir Abdelhafidh a inscrit les accords de concession pour la production d’électricité solaire dans une logique claire : réduire la dépendance énergétique et renforcer l’autonomie nationale. Le ministre a rejeté toute lecture politique liée aux récents remaniements gouvernementaux, insistant sur la dimension strictement économique et développementale du dossier.

Dans le même temps, il a tenu à rassurer sur l’ouverture aux investisseurs étrangers. La Tunisie, a-t-il rappelé, accueille déjà des milliers d’entreprises internationales opérant dans un cadre légal strict. L’entrée de capitaux étrangers dans le secteur énergétique ne remettrait donc pas en cause la souveraineté, dès lors que les règles nationales sont respectées.

Un potentiel encore sous-exploité

Le gouvernement met en avant une progression notable des énergies renouvelables, dont la part atteint environ 9% en 2025, contre à peine 3 à 4% quelques années auparavant. Une évolution jugée encourageante, mais encore insuffisante au regard des ambitions nationales.

Objectif affiché : atteindre 35% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030. Pour y parvenir, près de 3900 mégawatts supplémentaires sont nécessaires. Les cinq projets actuellement examinés, représentant environ 600 mégawatts, constituent une étape importante mais encore loin du compte.

Dans un contexte de concurrence régionale accrue, l’exécutif appelle à accélérer les réformes et à envoyer des signaux clairs aux investisseurs afin de renforcer l’attractivité du pays.

Pression budgétaire et impératif de réforme

Au-delà des enjeux de souveraineté, la transition énergétique apparaît aussi comme une réponse à une contrainte budgétaire croissante. Les subventions aux hydrocarbures ont atteint environ 7,1 milliards de dinars en 2025, dont plus de la moitié consacrée à l’électricité.

Pour le gouvernement, le développement des énergies renouvelables permettrait à terme de réduire cette charge financière, tout en améliorant la compétitivité des produits tunisiens sur les marchés internationaux, notamment européens, sensibles à l’empreinte carbone.

La Tunisie reste en retrait par rapport à plusieurs pays de la région en matière de capacités renouvelables, avec environ 1,21 gigawatt installé selon les dernières données internationales. Dans ce contexte, l’exécutif mise sur un double levier : accélération des investissements et consolidation du cadre réglementaire, afin de transformer la transition énergétique en véritable moteur de souveraineté et de croissance.

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Transition énergétique : La Tunisie face à l’impératif de réduire un déficit de 65%

08. April 2026 um 11:54

La Tunisie n’a désormais « pas d’autre choix » que d’accélérer sa transition énergétique. C’est le message fort lancé mercredi par Belhassen Chiboub, directeur général de l’électricité et de la transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

Face à un déficit du bilan énergétique ayant atteint près de 65% en 2025, le responsable a insisté sur l’urgence de sécuriser l’approvisionnement du pays tout en soutenant une croissance économique durable.

Deux piliers pour sécuriser l’avenir énergétique

Intervenant lors d’une journée d’information sur « le rôle des médias dans le renforcement de la transition énergétique en Tunisie », organisée à l’initiative de Agence Tunis Afrique Presse, Belhassen Chiboub a expliqué que la stratégie tunisienne repose sur deux leviers majeurs : le développement de la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et la maîtrise de la consommation énergétique.

Selon lui, le dispositif national de production verte s’appuie sur trois systèmes complémentaires : l’autoproduction, le régime des autorisations et le système des concessions. Cette architecture doit permettre de répondre aux besoins croissants du pays en électricité à partir de ressources locales.

Réduire les coûts et alléger la facture de l’État

Au-delà de l’enjeu de souveraineté énergétique, le responsable a mis en avant la dimension économique stratégique de cette transition.

Le recours accru aux renouvelables vise à réduire le coût de production de l’électricité ; alléger les charges de compensation supportées par le budget de l’État ; diminuer les coûts pesant sur les entreprises ; renforcer leur compétitivité.

Il a également souligné l’émergence progressive d’un écosystème national des énergies renouvelables, mobilisant des compétences tunisiennes, des entreprises locales ainsi que plusieurs institutions, dont l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, le ministère de l’Industrie et Société tunisienne de l’électricité et du gaz.

L’essor de cette filière devrait aussi contribuer à réduire les importations énergétiques, soulageant ainsi la pression sur les réserves en devises et améliorant la balance commerciale.

Un impact environnemental et social attendu

Belhassen Chiboub a également insisté sur les retombées environnementales et sociales de cette mutation.

Le développement des projets solaires et renouvelables doit permettre de réduire les émissions de carbone ; créer de nouveaux emplois, notamment dans les régions intérieures ; mieux répartir les investissements sur l’ensemble du territoire.

La Tunisie ambitionne d’ailleurs de réduire de 46% les émissions de CO₂ dans le secteur énergétique et de porter à 35% la part de l’électricité produite à partir des renouvelables.

Avec un déficit énergétique estimé à 11,1 milliards de dinars en 2025, multiplié par quatre en dix ans, la transition énergétique apparaît plus que jamais comme un enjeu de souveraineté nationale.

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Automobile en Tunisie : La transition énergétique face à la montée du marché parallèle

11. März 2026 um 12:20

Le marché automobile tunisien révèle un paradoxe de plus en plus visible : alors que les autorités encouragent la transition énergétique et l’adoption de véhicules électriques et hybrides, les importations de voitures d’occasion via le marché parallèle continuent de progresser.

Intervenant mercredi sur les ondes de Mosaïque FM, Ibrahim Debbache, président de la Chambre nationale des constructeurs et des concessionnaires automobiles, a indiqué que plus de 90.000 voitures ont été importées en Tunisie en 2025. Sur ce total, 63.000 véhicules ont été introduits via les concessionnaires officiels, tandis qu’une part importante correspond à des voitures d’occasion importées via des circuits parallèles.

Un marché parallèle en expansion

D’après les données présentées par les professionnels du secteur, le phénomène s’est accentué récemment.

Au début de l’année 2026, environ 2.500 voitures ont été importées via le marché parallèle, soit une hausse de 23 % par rapport à janvier 2025.

Dans le même temps, les importations de voitures neuves par les concessionnaires ont reculé de 14 %, avec 3.300 véhicules seulement importés sur la même période.

Cette évolution traduit un déséquilibre croissant entre le marché organisé et les circuits informels. Selon Ibrahim Debbache, pour quatre voitures neuves importées légalement, une voiture d’occasion entre désormais sur le territoire via le marché parallèle.

Un impact direct sur la transition énergétique

Cette situation inquiète les professionnels du secteur automobile, car les véhicules introduits via ces circuits sont généralement âgés de quatre à cinq ans et équipés de moteurs thermiques.

Autrement dit, alors que la Tunisie cherche à réduire la dépendance aux carburants fossiles et à encourager les véhicules électriques et hybrides, l’essor du marché parallèle contribue à renforcer la présence de voitures thermiques sur les routes.

Les concessionnaires estiment que ce phénomène risque de freiner les efforts engagés par l’État pour orienter le marché vers des motorisations plus propres.

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L’hybride pourrait devancer l’électrique

Par ailleurs, les professionnels anticipent une évolution des préférences des consommateurs. Malgré les incitations prévues dans la loi de finances 2026, notamment la réduction des droits de douane sur les véhicules électriques et hybrides, l’adoption des voitures 100 % électriques pourrait rester limitée.

La principale raison avancée est le manque d’infrastructures de recharge à l’échelle nationale, qui continue de susciter des réticences chez de nombreux acheteurs.

Dans ce contexte, les voitures hybrides pourraient gagner du terrain, car elles offrent une solution intermédiaire permettant de combiner motorisation électrique et carburant traditionnel.

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Les concessionnaires appellent à une intervention

Face à cette situation, les professionnels du secteur demandent la tenue d’une réunion urgente avec le ministère du Commerce afin d’examiner les moyens de mieux encadrer le marché automobile.

Ils estiment que la régulation du marché parallèle sera déterminante pour préserver l’équilibre du secteur et accompagner les objectifs de transition énergétique fixés par les autorités.

Le marché automobile tunisien compte aujourd’hui 45 concessionnaires représentant différentes marques, dans un contexte où la demande des consommateurs évolue progressivement, notamment vers les véhicules hybrides.

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Voitures électriques : Cap sur 50 mille véhicules et 5 mille bornes à l’horizon 2030

24. Februar 2026 um 18:55

Le gouvernement tunisien enclenche une nouvelle phase de sa transition énergétique en misant résolument sur la mobilité électrique. Objectif affiché : atteindre 50 mille véhicules électriques en circulation d’ici 2030. Pour y parvenir, un dispositif fiscal et financier inédit entre en vigueur dès 2026, accompagné d’un vaste plan de déploiement d’infrastructures de recharge sur l’ensemble du territoire.

Un choc fiscal pour réduire le coût d’acquisition

Dans une communication publiée par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), les autorités détaillent un ensemble de mesures intégrées dans la loi de finances 2026, visant à rendre les véhicules électriques et hybrides rechargeables réellement compétitifs face aux modèles thermiques.

Premier levier : l’exonération totale des droits de douane et de la taxe de consommation à l’importation. À cela s’ajoute une réduction spectaculaire de la TVA, ramenée de 19% à 7%. Une baisse destinée à combler l’écart de prix à l’achat, principal frein à la démocratisation de ces véhicules.

Les avantages ne s’arrêtent pas à l’acquisition. Les propriétaires bénéficieront également d’une réduction de 50% sur les droits d’immatriculation (carte grise) et sur la vignette annuelle, allégeant ainsi le coût d’usage sur la durée.

Une prime directe et un soutien au crédit

Au-delà des incitations fiscales, le programme national de promotion de la mobilité électrique, entré en vigueur début 2026, introduit un mécanisme de soutien financier direct via le Fonds de transition énergétique (FTE).

Une prime de 10 mille dinars est accordée pour l’achat de tout véhicule électrique neuf destiné aux entreprises publiques, aux collectivités locales et aux professionnels. Une phase pilote cible en priorité les propriétaires de taxis individuels, secteur stratégique dans le paysage urbain.

Parallèlement, des facilités de financement sont prévues : l’État prend en charge une partie des marges d’intérêt appliquées aux crédits bancaires contractés pour l’achat d’un véhicule électrique. Une mesure qui vise à réduire le coût global du prêt et à encourager l’investissement des ménages comme des professionnels.

5 mille bornes pour accompagner la transition

La montée en puissance du parc électrique s’accompagne d’un plan d’infrastructures ambitieux : 5 mille bornes de recharge seront installées à travers le pays d’ici 2030. Ce maillage territorial est présenté comme une condition essentielle à l’adoption massive de la mobilité électrique, en garantissant accessibilité et autonomie aux usagers.

Derrière ces annonces, un impératif structurel : le secteur des transports pèse lourd dans le bilan énergétique national. Selon l’ANME, il représente environ 30% de la consommation finale d’énergie et plus d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en Tunisie.

En visant 50 mille véhicules électriques à l’horizon 2030, les autorités entendent ainsi réduire la dépendance aux carburants fossiles, maîtriser la facture énergétique et accélérer la décarbonation du parc automobile tunisien.

Malgré une croissance récente du nombre de voitures électriques sur les routes tunisiennes – passant d’environ 250 en 2024 à quelque 570 à la fin du premier semestre 2025 – le parc demeure marginal. Seuls quelques centaines de véhicules électriques ont été vendus jusqu’à fin octobre 2025, sur un marché où des dizaines de milliers de voitures neuves continuent d’être importées et immatriculées chaque année.

Le nombre de véhicules électriques vendus a plus que doublé, mais il reste encore très limité alors que l’ambition affichée par les autorités est d’atteindre 125.000 voitures électriques et 12.000 bornes de recharge publiques à l’horizon 2035, selon Abdelhamid Gannouni, directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur des transports à l’ANME, et responsable du projet de mobilité électrique en Tunisie.

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