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Avant de miser sur l’IA, les entreprises doivent devenir « data first », selon le CEO de Medianet

02. Juli 2026 um 15:02

L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans tous les secteurs d’activité. Pourtant, pour de nombreuses entreprises, la priorité n’est pas encore d’adopter les derniers outils d’IA, mais de construire des bases solides autour de leurs données. C’est le principal message défendu par Iheb Beji, CEO de Medianet, qui estime que la compétitivité des entreprises dépendra désormais de leur capacité à collecter, structurer et exploiter leurs données avant même d’intégrer l’intelligence artificielle.

Pour le dirigeant, beaucoup d’organisations abordent encore leur transformation numérique par le mauvais angle. Elles investissent dans de nouveaux logiciels ou cherchent à intégrer des solutions d’IA sans disposer de données fiables ni d’une véritable stratégie. « Une entreprise doit d’abord devenir data first avant de devenir AI first », résume-t-il.

Selon lui, cette approche consiste à placer la donnée au cœur de toutes les décisions de l’entreprise. Chaque activité génère des informations précieuses : les ventes, les visiteurs, les clients, les performances commerciales, la consommation énergétique ou encore les ressources humaines. Ces données doivent être collectées, organisées et analysées afin de guider les décisions stratégiques.

Pour illustrer cette démarche, Medianet a développé des tableaux de bord qui permettent notamment de suivre le nombre de visiteurs accueillis dans ses locaux, leur profil, leur motif de visite ou encore la consommation énergétique des bâtiments. L’analyse de ces données a permis d’identifier des pistes d’optimisation parfois inattendues. L’entreprise a, par exemple, évalué l’impact de la température des bureaux sur le confort des collaborateurs et sur la facture énergétique. Une simple augmentation d’un degré des climatiseurs peut représenter plusieurs milliers de dinars d’économies par an, tout en restant compatible avec les standards internationaux de confort au travail.

La donnée est également utilisée pour améliorer la prise de décision dans les ressources humaines. En analysant les préférences des collaborateurs, l’entreprise adapte certains paramètres de son environnement de travail afin d’améliorer le bien-être et, à terme, la productivité.

Mais disposer de données ne suffit pas. Encore faut-il les préparer avant de les exploiter. Le CEO de Medianet compare ce processus à celui d’une chaîne de production. Les données passent d’abord par un premier niveau brut, qu’il qualifie de « Bronze ». Elles sont ensuite nettoyées, enrichies et structurées pour atteindre le niveau « Silver », avant d’être consolidées dans une version « Gold », seule réellement exploitable pour la prise de décision ou l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle.

Cette phase de préparation est souvent négligée alors qu’elle représente une condition essentielle à la réussite de tout projet d’IA.

Autre idée reçue que le dirigeant remet en question : la transformation digitale ne peut pas être confiée à une seule personne. De nombreuses entreprises créent aujourd’hui un poste de responsable de la transformation numérique, pensant résoudre ainsi le problème. Selon lui, cette approche constitue l’une des principales causes d’échec.

La transformation digitale n’est pas un projet porté par un département, mais un changement qui concerne l’ensemble de l’organisation. Chaque direction doit partager les mêmes objectifs, contribuer à la qualité des données et adapter ses méthodes de travail. Isoler cette responsabilité sur une seule personne crée au contraire des résistances internes et ralentit l’adoption des nouveaux processus.

Ces résistances représentent d’ailleurs, selon lui, le principal obstacle à la transformation des entreprises. Cette transformation nécessite également du temps. Les entreprises espèrent souvent obtenir un retour sur investissement rapide après l’achat d’une solution numérique. Or, selon Iheb Beji, construire une véritable culture de la donnée demande plusieurs années. Les premiers résultats opérationnels peuvent apparaître relativement vite grâce à certains cas d’usage, mais une transformation profonde nécessite généralement deux à trois ans pour produire tout son potentiel.

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Une interconnexion électrique de 770 millions d’euros entre l’Italie et la Tunisie entre en phase décisive

02. Juli 2026 um 13:47

Un contrat d’environ 770 millions d’euros vient d’être attribué à Hitachi Energy pour construire les stations de conversion du projet Elmed, la première interconnexion électrique directe entre la Tunisie et l’Italie. Cette étape marque un tournant: le processus d’approvisionnement est désormais bouclé pour ce câble sous-marin stratégique reliant l’Europe et l’Afrique du Nord.

Le projet est porté conjointement par Terna, gestionnaire du réseau électrique italien dirigé par Pasqualino Monti, et par la STEG. Il s’agit d’une infrastructure HVDC (courant continu haute tension) de nouvelle génération, pensée pour transporter jusqu’à 600 MW sur environ 220 km, dont une grande partie sous la Méditerranée, à des profondeurs pouvant atteindre 800 mètres dans le détroit de Sicile.

Dans les faits, deux stations de conversion seront construites: l’une à Partanna en Sicile, l’autre à Mlaabi (région de Menzel Temime) en Tunisie. Elles seront réalisées avec la participation de D’Agostino Costruzioni Generali SpA côté italien et Orascom Construction SAE côté tunisien, notamment pour les travaux de génie civil et les installations techniques.

Au-delà de l’infrastructure, Elmed s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large: renforcer les échanges énergétiques euro-méditerranéens et accélérer l’intégration des réseaux électriques. Le projet est présenté comme un levier clé pour faciliter l’absorption des énergies renouvelables et sécuriser les approvisionnements dans un contexte de transition énergétique mondiale.

Financièrement, le chantier global de l’interconnexion est estimé à 1,42 milliard d’euros, dont 307 millions d’euros financés par la Commission européenne via le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, géré par CINEA. C’est une première: l’Union européenne finance ici une infrastructure reliant directement un État membre à un pays tiers. Le projet bénéficie aussi du soutien d’institutions comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la KfW, renforçant son poids géopolitique autant qu’énergétique.

 

 

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Export vers l’Afrique: normes, information et financement, les trois défis des entrepreneures

02. Juli 2026 um 12:36

«Toutes les entreprises ne sont pas prêtes à exporter. Aller sur un marché sans préparation peut même mettre une entreprise en danger». C’est le principal avertissement lancé par Naila Abbas, experte en facilitation de l’accès aux marchés à l’UNIDO, lors d’un panel consacré au commerce numérique, à l’accès aux marchés de la Zlecaf et à la préparation des entreprises dirigées par des femmes à l’export, organisé dans le cadre de la 7e COMFWB Regional Trade Fair and Business Conference à Tunis.

Pour l’experte de l’ONUDI, l’ouverture du marché africain représente une opportunité considérable. La Zlecaf constitue «la plus grande zone de libre-échange au monde», avec plus d’un milliard de consommateurs et un PIB combiné de 2 500 milliards de dollars. Pourtant, de nombreuses PME, en particulier celles dirigées par des femmes, peinent encore à tirer parti de ce potentiel.

Selon elle, les obstacles ne sont pas différents de ceux rencontrés par les hommes, mais ils pèsent davantage sur les entreprises féminines, généralement de plus petite taille et disposant de ressources plus limitées. La première étape consiste donc à s’assurer que l’entreprise est réellement prête à exporter. Cela passe notamment par la conformité des produits aux normes sanitaires et de qualité, l’obtention des certifications exigées, la mise en place de systèmes de traçabilité ainsi qu’une capacité de production suffisante pour répondre à une commande internationale.

«Trouver un acheteur ne suffit pas. Il faut aussi être capable de produire les volumes demandés et disposer du financement nécessaire pour honorer les commandes», a souligné Naila Abbas, évoquant le cas d’une entrepreneure incapable de répondre à un important contrat faute de capacité de production.

L’experte a également insisté sur le manque d’information dont souffrent encore les entreprises africaines. Des consultations menées auprès de plus de 120 associations de femmes entrepreneures ont montré qu’il est parfois plus simple de commercer avec l’Europe ou la Chine qu’avec un pays africain voisin, faute d’informations fiables sur les marchés du continent. Pour y remédier, elle recommande de s’appuyer sur les outils numériques, les plateformes d’intelligence de marché de l’International Trade Centre (ITC) ainsi que sur l’intelligence artificielle afin d’identifier les marchés porteurs, comprendre les réglementations locales et préparer une stratégie d’exportation.

Au-delà de l’information, la formation reste un enjeu majeur. Les entrepreneures doivent maîtriser les mécanismes de fixation des prix à l’export, les Incoterms, les coûts logistiques, les assurances ou encore les procédures douanières avant de se lancer sur un marché étranger. L’accès au financement progresse toutefois, selon Naila Abbas. Elle a indiqué que plusieurs bailleurs internationaux financent désormais directement les PME à travers des appels à projets offrant des subventions comprises entre 10 000 et 200 000 euros. Ces financements permettent d’investir dans les équipements, d’améliorer la qualité des produits ou encore de financer la prospection commerciale. Grâce à cet accompagnement, une dizaine d’entreprises accompagnées par l’ONUDI sont désormais prêtes à exporter vers la Côte d’Ivoire, notamment dans les secteurs des cosmétiques, des huiles essentielles et des épices.

De son côté, Jihene Bouzguine, CEO de JOWA, femme entrepreneure, a partagé son expérience d’entrepreneure en identifiant quatre principaux obstacles à l’export: le financement, les aspects juridiques, les ressources humaines et l’accès à l’information. «Ce qui fait la différence entre deux entrepreneurs, c’est la capacité à trouver l’information», a-t-elle estimé. Elle a rappelé que de nombreux programmes internationaux financent les voyages de prospection, les formations ou les démarches d’internationalisation, mais que beaucoup d’entreprises ignorent encore leur existence.

L’entrepreneure a également insisté sur la nécessité de sécuriser les transactions internationales en maîtrisant les réglementations propres à chaque pays, en formalisant les contrats et en vérifiant la fiabilité des partenaires commerciaux avec l’appui d’organismes spécialisés tels que les agences de promotion des exportations ou les représentations diplomatiques.

Pour Fanja Razakaboana, COMFWB Chapter Madagascar, la digitalisation constitue désormais un levier indispensable pour accéder aux marchés africains, même si la fracture numérique demeure une réalité dans plusieurs pays. Elle a plaidé pour un accompagnement renforcé des entreprises dans leur transformation numérique et leur mise en conformité réglementaire, tout en citant l’exemple de Madagascar, qui a récemment lancé un portail numérique permettant aux entreprises d’accéder aux informations sur les procédures d’importation, d’exportation, les taxes et les réglementations commerciales.

Enfin, la représentante malgache a souligné que les réseaux régionaux comme le COMFWB constituent un atout majeur pour les entrepreneures africaines. «Seule, une femme entrepreneure ne peut pas lever toutes les barrières. En mutualisant nos efforts au sein de réseaux régionaux, nous pouvons accéder plus rapidement aux marchés et partager les informations dont nous avons toutes besoin», a-t-elle conclu.

 
 

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La Tunisie entre dans la course aux milliards de l’intelligence artificielle. Détails

02. Juli 2026 um 09:45

Les investissements dans les centres de données en Afrique devraient atteindre 8,76 milliards de dollars d’ici à 2031, un marché porté par l’essor du cloud, de l’intelligence artificielle (IA) et de la demande croissante de stockage local des données. Dans cette dynamique, la Tunisie figure désormais parmi les pays qui attirent l’attention des investisseurs internationaux, aux côtés du Maroc, selon un rapport publié le 24 juin par Arizton Advisory & Intelligence.

Jusqu’à présent, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et l’Égypte restent les principaux pôles du continent. Ces pays concentrent la majorité des investissements grâce à des réseaux télécoms plus développés, une meilleure connectivité internationale et une demande soutenue pour les services cloud et de colocation. L’Égypte se distingue également par un coût de construction estimé entre 8 et 10 dollars par watt, ce qui en fait l’un des marchés les plus compétitifs d’Afrique pour les nouveaux projets.

Le rapport souligne toutefois que la Tunisie et le Maroc gagnent en attractivité. Leur proximité avec l’Europe et leur connexion à plusieurs câbles sous-marins renforcent leur position comme futurs hubs d’interconnexion entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette évolution élargit progressivement la carte des investissements au-delà des marchés historiques.

Selon Arizton, le marché africain des data centers enregistrera une croissance annuelle moyenne de 15,76% jusqu’en 2031. Le segment des centres de données en colocation progressera encore plus vite, avec un taux de croissance annuel de 23,74%, les entreprises privilégiant des infrastructures flexibles plutôt que leurs propres installations.

Cette croissance est alimentée par l’adoption rapide de l’IA, du machine learning, du big data et de l’Internet des objets (IoT), qui nécessitent des capacités de calcul toujours plus importantes. Les grands acteurs technologiques investissent également dans cette transformation numérique en Afrique, tandis que les opérateurs développent des centres de données adaptés aux charges de travail liées à l’IA.

Le rapport met également en avant deux facteurs devenus déterminants pour les futurs investissements: l’accès à une énergie fiable et la qualité de la connectivité internationale. Face à l’augmentation de la consommation électrique des centres de données, les opérateurs misent de plus en plus sur les énergies renouvelables afin de sécuriser leur approvisionnement et de réduire leurs coûts. Parallèlement, le développement des câbles sous-marins améliore la résilience des réseaux africains et renforce l’attractivité des pays les mieux connectés, notamment en Afrique du Nord.

 

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Le Franco-Tunisien Mehdi Houas prend la présidence de Numeum

02. Juli 2026 um 08:34

Le Franco-Tunisien Mehdi Houas, fondateur et président du groupe de conseil en technologies Talan, a été élu président de Numeum, la première organisation représentant les entreprises du numérique en France. Il succède à Véronique Torner, dont le mandat de trois ans est arrivé à son terme.

Cette nomination confie les rênes du principal syndicat du secteur à un entrepreneur qui connaît déjà parfaitement l’organisation. Administrateur de Numeum depuis 2017, Mehdi Houas présidait les commissions «Finances & Fiscalité» et «Industrie du Futur». Il a également dirigé l’association Talents du Numérique entre 2022 et 2024, avant d’en rester administrateur.

Ingénieur diplômé de Télécom Paris, Mehdi Houas a débuté sa carrière chez Alcatel-Lucent, puis chez IBM, avant de créer plusieurs entreprises. Après Valoris et Chrysalead-Group, il fonde en 2002 Talan, devenu un groupe international spécialisé dans le conseil, l’innovation, la transformation numérique et la valorisation des données.

En Tunisie, Mehdi Houas a occupé les fonctions de ministre du Commerce et du Tourisme en 2011, au sein du gouvernement de transition formé après la révolution.

À la tête de Numeum, il aura notamment pour mission de porter les priorités de la filière auprès des pouvoirs publics français, de renforcer l’influence de l’organisation au niveau européen et de développer de nouveaux partenariats internationaux, notamment avec les écosystèmes numériques africains.

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