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Michket Slama reçoit les DG des banques tunisiennes: le budget de l’État et les bons du Trésor au programme

01. Juli 2026 um 14:07
L’encours des bons du Trésor assimilables en Tunisie a augmenté de 72% sur un an, à 28,4 milliards de dinars en septembre 2025. L’État tunisien est de plus en plus dépendant de ces BTA alors que les banques et compagnies d’assurance sont les principaux souscripteurs.
C’est dans ce contexte que la ministre des Finances, Michket Slama, s’est entretenue, mardi, au siège du ministère, avec l’ensemble des directeurs généraux des banques et institutions financières.
Cette rencontre s’est articulée autour du rôle du secteur bancaire et financier dans l’appui au budget de l’État. L’objectif est d’inciter les différents acteurs du secteur à adhérer au programme d’emprunts prévu pour le deuxième semestre 2026 tout en soutenant les indicateurs de solidité financière et les normes de gestion prudente.
La ministre s’est également attardée, lors de cette rencontre, sur la position centrale du secteur bancaire et financier dans la mise en œuvre des différents plans de développement et la réforme de l’économie nationale.
Les banques et institutions financières tunisiennes se doivent de soutenir les entreprises tunisiennes et en particulier les petites et moyennes entreprises (PME) qui sont confrontées à des difficultés financières et structurelles. Plusieurs mécanismes sont, en ce sens, disponibles pour que les banques puissent contribuer à la croissance du tissu économique national.
Les représentants du secteur ont répondu présent à l’appel de la ministre en insistant sur leur engagement continu auprès de l’État tunisien. Le secteur bancaire tunisien est prêt à participer pleinement au maintien de la stabilité financière du pays.
 

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Afrique – Investissement: vers le rapprochement des institutions du COMESA avec les acteurs économiques tunisiens

01. Juli 2026 um 13:49
Dans le cadre de la semaine du COMESA du 29 juin au 3 juillet 2026, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, s’est entretenu, mardi, à Tunis, avec la secrétaire générale du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), Chileshe Mpundu Kapwepwe.
Les deux parties se sont accordées sur la création d’un comité conjoint qui sera chargé de la concrétisation des engagements commerciaux, structurels et de connectivité régionale. La libre circulation des entrepreneurs, le développement des infrastructures logistiques ainsi que l’investissement dans les énergies vertes ont également été au programme de cette rencontre.
Le ministre tunisien des Affaires étrangères a rappelé en ce sens que la Tunisie fêtera bientôt le dixième anniversaire de son adhésion au COMESA, une adhésion dont l’objectif initial était de contribuer activement à l’intégration économique du continent africain. Le chef de la diplomatie tunisienne a ainsi annoncé la mise en place prochaine d’une mission technique du COMESA examinant les initiatives concrètes touchant aux infrastructures frontalières pour fluidifier la circulation des marchandises.
Les deux responsables ont également passé en revue les résolutions du 24e sommet du COMESA qui s’est tenu à Nairobi en octobre 2025. Mohamed Ali Nafti a insisté sur l’adhésion de la Tunisie à la feuille de route régionale et son engagement dans la concrétisation de projets stratégiques fidèles à l’esprit du COMESA, à l’instar de la plateforme de paiement numérique pour le commerce électronique transfrontalier et de la gouvernance de l’intelligence artificielle.
Les progrès économiques de la Tunisie ont été salués par la secrétaire générale du COMESA, qui a rappelé que les exportations tunisiennes vers la zone COMESA ont atteint 3 milliards de dollars en 2025. Le prochain sommet du COMESA aura lieu au Zimbabwe et traitera du plan stratégique 2026-2030, qui s’articulera autour de l’industrialisation, de l’autonomisation des femmes et des jeunes et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Chileshe Kapwepwe s’est également rendue à l’Académie diplomatique internationale de Tunis où elle a déclaré que le COMESA a amorcé le rapprochement de ses institutions des acteurs économiques tunisiens. L’objectif est de stimuler l’investissement et les partenariats d’affaires tout en boostant l’activité commerciale dans la région.   

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“L’IA n’est ni une menace ni une solution miracle. C’est un puissant levier”

15. Juni 2026 um 08:51

À l’heure où l’intelligence artificielle redessine les métiers, bouscule les organisations et rebat les cartes de la prise de décision, une question s’impose: comment former les talents de demain dans un monde en constante mutation? Amina BouzguendaZeghal, directrice générale du Campus tunisien de l’Université Paris-Dauphine-PSL, décrypte les grands bouleversements à l’œuvre sur le marché de l’emploi et explique la manière dont Dauphine Tunis anticipe déjà ces transformations. Entre intégration de l’IA dans les cursus, évolution des compétences attendues et rôle stratégique de l’université, elle livre une vision claire: faire de Dauphine Tunis un acteur régional de référence dans la formation et l’apprentissage intelligent pour les métiers de demain. Interview.

L’intelligence artificielle transforme aujourd’hui de nombreux métiers. Comment Dauphine Tunis prépare-t-elle ses étudiants à cette révolution?

Le rôle d’une université aujourd’hui ne se limite plus à transmettre des connaissances académiques. Nous devons préparer les étudiants à évoluer dans un environnement professionnel en transformation permanente, où les compétences techniques doivent être accompagnées d’agilité, d’esprit critique et de capacité d’adaptation. L’IA est un enjeu transversal qui impacte tous les secteurs: finance, audit, conseil, ressources humaines ou encore systèmes d’information. Notre responsabilité est donc de préparer les étudiants à comprendre ces transformations et à utiliser ces technologies de manière pertinente, critique et responsable. À Dauphine Tunis, nous avons déjà intégré l’IA dans plusieurs formations, non seulement comme outil technologique, mais aussi comme sujet stratégique, éthique et organisationnel. Si nous avons pu le faire aussi tôt, c’est que nous bénéficions à la fois d’une démarche connectée au monde économique qui nous a fait sentir très tôt les besoins des entreprises et de l’expertise académique de l’Université Paris Dauphine-PSL, institution reconnue pour l’excellence de sa recherche en matière d’IA et de data science. Grâce à cette assise académique, nos programmes évoluent régulièrement pour intégrer les nouvelles réalités des entreprises: data, IA, cybersécurité, gouvernance des organisations sont des enseignements transversaux à tous les programmes de formation à Dauphine, en licence, en master ou au sein de l’offre de formation continue.

Comment cette adaptation se traduit-elle concrètement dans les formations proposées?

L’adaptation à l’IA se traduit très concrètement dans nos formations, à travers la création de programmes qui répondent directement aux nouvelles attentes du marché et aux transformations des métiers. Nous avons lancé la Licence MIA – Mathématiques et Intelligence Artificielle – qui permet aux étudiants de développer une double compétence très recherchée aujourd’hui, à l’intersection des mathématiques, de la data et de l’IA. Cette formation prépare les étudiants à comprendre ces technologies tout en développant de solides capacités analytiques. Nous proposons également le Master AIDA, dédié à l’Intelligence Artificielle, à la Data et à l’Analyse avancée. Ce programme vise à former des profils capables d’exploiter les données, de maîtriser les outils d’IA et d’accompagner les organisations dans leur transformation digitale. Les étudiants y abordent aussi bien les aspects techniques que les enjeux stratégiques, éthiques et organisationnels liés à l’IA. Enfin, nous avons totalement remodelé notre Master Ingénierie actuarielle, un programme certifié par la Society of Actuaries, l’une des principales organisations professionnelles d’actuaires au monde. L’intelligence artificielle y occupe désormais une place majeure. Cette évolution répond aux profondes transformations du métier d’actuaire, déjà fortement impacté par l’essor de l’IA, de la data et des outils prédictifs. Nos étudiants développent ainsi des compétences à la fois en actuariat, en modélisation, en analyse de données et en IA appliquée au risque et à la décision. Les diplômés de ces deux masters figurent aujourd’hui parmi les profils les plus recherchés du marché pour leur haut niveau d’expertise. Le taux d’employabilité de ces programmes, comme celui de nombreux cursus proposés à Dauphine, est d’ailleurs proche de 100%. Au-delà de ces programmes spécialisés, nous intégrons l’IA dans plusieurs formations en finance, audit, marketing ou systèmes d’information. À titre d’exemple, notre Licence en Sciences d’organisation et Management comprend également un Brevet en IA. L’objectif n’est pas seulement de former des experts techniques, mais aussi des professionnels capables de comprendre l’impact de l’IA sur les organisations, de dialoguer avec les équipes métiers et techniques, et d’utiliser ces outils de manière responsable et pertinente.

L’IA va-t-elle remplacer certains métiers ou, au contraire, créer de nouvelles opportunités?

Comme toute grande révolution technologique, l’IA transforme les métiers plus qu’elle ne les supprime totalement. Certaines tâches répétitives seront automatisées, mais de nouveaux besoins émergent: analyse de données, gouvernance de l’IA, cybersécurité, audit des algorithmes, pilotage stratégique ou encore accompagnement du changement. Les entreprises auront besoin de profils capables de comprendre les outils d’IA tout en gardant une forte capacité d’analyse, de créativité et de prise de décision humaine. C’est pourquoi nous formons des étudiants capables d’utiliser l’IA comme un levier de performance et d’innovation.

 

Selon vous, quelles compétences liées à l’IA seront les plus recherchées dans les prochaines années?

Au-delà des compétences purement techniques, les entreprises rechercheront des profils capables de comprendre les usages de la data et de l’IA, d’interpréter et exploiter les résultats produits par les outils intelligents, d’intégrer les enjeux éthiques, réglementaires et sécuritaires et, enfin, de dialoguer entre métiers, directions et équipes techniques. La capacité à combiner expertise métier et compréhension des technologies sera un avantage majeur sur le marché de l’emploi; un avantage que les profils diplômés de Dauphine ont déjà.

 

L’IA modifie-t-elle également la manière d’enseigner à l’université?

Oui, profondément. L’université doit aujourd’hui apprendre aux étudiants non seulement à accéder à l’information, mais surtout à l’analyser, la vérifier, la contextualiser et développer un esprit critique. L’IA devient également un outil pédagogique permettant de personnaliser certains apprentissages, d’explorer des cas pratiques ou de développer des simulations. Mais il est essentiel de rappeler que l’IA ne remplace ni la réflexion humaine, ni la capacité de jugement, ni la créativité. La vision de notre Université est aujourd’hui celle d’un acteur académique régional de référence, engagé dans une dynamique d’excellence pédagogique à l’ère de l’IA. Notre ambition est d’intégrer des dispositifs et environnements d’apprentissage innovants, intelligents, capables de répondre aux nouvelles attentes des générations étudiantes tout en mobilisant les avancées de l’IA pour transformer les modes de transmission, d’appropriation et de valorisation des connaissances.

 

Peut-on encore se différencier professionnellement à l’ère de l’IA?

Absolument, et peut-être plus que jamais. Les compétences humaines deviennent encore plus stratégiques: créativité, leadership, communication, intelligence émotionnelle, capacité à résoudre des problèmes complexes et à prendre des décisions dans des contextes incertains. L’enjeu pour les étudiants n’est pas de concurrencer l’IA, mais de savoir travailler avec elle intelligemment. C’est cette complémentarité entre excellence académique, compétences humaines et maîtrise des technologies que nous cherchons à développer à Dauphine Tunis.

 

À l’heure des acteurs majeurs de l’IA comme Palantir Technologies ou OpenAI, et de leurs algorithmes tels que Gotham et Foundry, faut-il considérer l’IA comme une menace ou comme une opportunité pour les organisations et les managers?

L’intelligence artificielle ne doit pas être abordée sous l’angle de la peur, mais comme une transformation structurelle profonde des organisations et des métiers. Des acteurs comme Palantir Technologies ou OpenAI illustrent bien l’ampleur des avancées actuelles en matière d’algorithmes, d’analyse de données et de prise de décision augmentée. Mais l’enjeu n’est pas de savoir si l’IA est une menace ou une opportunité: elle est déjà une réalité. La véritable question est celle de la capacité des organisations à l’intégrer de manière stratégique, éthique et maîtrisée. Pour les managers, l’IA doit être envisagée comme un outil d’aide à la décision, d’optimisation des processus et d’amélioration de la performance. Elle automatise certaines tâches, mais elle renforce surtout le besoin de compétences humaines fortes: esprit critique, compréhension des enjeux, capacité d’arbitrage et leadership. Dans ce contexte, le rôle des universités est essentiel. À Dauphine Tunis, nous formons des étudiants capables de comprendre ces technologies, de dialoguer avec les experts techniques et de piloter leur intégration dans les organisations. Cela passe par des formations en data, en systèmes d’information et en intelligence artificielle, mais aussi par le développement d’une véritable culture de la responsabilité et du discernement. L’IA n’est donc ni une menace ni une solution miracle. C’est un levier puissant, dont la valeur dépend entièrement de la manière dont les organisations choisissent de l’utiliser.

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